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Une dizaine de morts à Lubumbashi suite aux manifestations anti-Kabila


La police a tiré du gaz lacrymogène et procédé à des arrestations pour disperser un rassemblement de l’opposition samedi après-midi à Lubumbashi, RDC, le 29 octobre 2016. (VOA/Narval Mabila)

Une dizaine de morts ont été enregistrés dans la capitale de l’ex-province du Katanga alors que la police tirait à balles réelles pour disperser des manifestants qui exigeaient le départ du pouvoir du président Joseph Kabila dont le dernier mandat est arrivé à terme.

Notre correspondance sur place affirme avoir vu certains de corps.

Une des personnes qu’il interviewait a été touchée par balle en sa présence.

Des sources policières ont, sous anonymat, confirmé la mort de trois policiers mardi.

Les autres morts seraient des civils qui tentaient de piller une boulangerie située en face d’un camp militaire, ont indiqué les mêmes sources.

Plusieurs blessés par balles sont également enregistrés surtout aux alentours d’une station-service qui appartiendrait à la mère du président gardée par la garde présidentielle.

Une maternité a été saccagée. Un camion brulé. Une autre station-service incendiée.

Certains policiers se livrent à des tracasseries militaires arrachant téléphone, chaussures et habits, se sont plaint les manifestants.

Le gouverneur du Haut-Katanga dont Lubumbashi est le chef-lieu, Jean-Claude Kazembe, n’a confirmé que deux morts et trois blessées.

"Parmi les morts, il y a un manifestant tué par balle et un policier lynché par les manifestants", a expliqué Jean-Claude Kazembe.

"Les deux blessés sont des journalistes rattachés au gouvernorat et un enfant qui a reçu une balle perdue", a-t-il ajouté.

Entre-temps, des crépitements de rafale se poursuivent.

Les tirs ont commencé vers 09H15 (07H15 GMT) dans un quartier du sud de cette ville du sud-est du pays, selon ce journaliste passé peu avant dans cette zone, théâtre d'affrontements entre des manifestants et la police dont témoignaient plusieurs pneus brûlés abandonnés sur une chaussée jonchée de pierres.

Le correspondant de l'AFP a entendu des rafales nourries pendant une vingtaine de minutes qui ont ensuite fait place à des tirs par intermittence jusque peu après 10H00.

Dans la commune de Matuba, où le journaliste avait trouvé plus tôt les traces d'affrontements, un officier supérieur de la police lui a indiqué que ses hommes avaient fait face à des "groupes de manifestants" hostiles de cinq ou dix personnes.

Jean-Claude Kazembe, gouverneur du Haut-Katanga, province dont Lubumbashi est la capitale, a déclaré à l'AFP que "parmi les manifestants (à Katuba), on en a repérés trois qui sont armés".

"C'est ce qui justifie que la police tire des balles réelles en l'air pour disperser des civils", a ajouté le gouverneur.

Lubumbashi est le fief de l'opposant en exil Moïse Katumbi, candidat à la présidentielle qui devait avoir lieu cette année mais qui a été reportée sine die.

M. Kabila, dont le mandat s'achève mardi, est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Le chef de l'État entend se maintenir au pouvoir jusqu'à ce que soit élu quelqu'un pour lui succéder.

L'opposant congolais historique Étienne Tshisekedi a appelé dans la nuit de lundi à mardi le peuple "à ne plus reconnaître" le président.

La situation est très tendue en RDC depuis 48 heures. La plupart des grandes villes du pays sont sous la coupe réglée des forces de l'ordre et la population reste massivement chez elle.

Avec AFP

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