Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Afrique

Les manifestations étouffées et des arrestations signalées en RDC

Des militants de l'opposition manifestent contre le président Joseph Kabila, à Kinshasa, en RDC, le 19 décembre 2016.

Parmi les personnes arrêtées, le député d'opposition Franck Diongo. Il a été appréhendé à son domicile alors que la police a dispersé lundi matin quelques manifestations à Kinshasa et dans d’autres villes du pays.

Franck Diongo est le seul opposant à avoir lancé un appel à manifester pour réclamer le départ du pouvoir du président Joseph Kabila au 19 décembre en dépit du dialogue en suspens jusqu’au 21 décembre.

Georges Kapimaba joint par Eddy Isango
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:17 0:00

"Son arrestation est liée à cet appel-là puisqu’il avait refusé de participer au dialogue et a plusieurs fois critiqué ses amis du Rassemblement d’avoir trahi la volonté du peuple", a indiqué à VOA Afrique Georges Kapimaba, défenseur des droits de l’homme et coordonnateur de l’Association congolaise pour l'accès à la justice. L’opposant transféré au parquet, risque d’être jugé en flagrance, a-t-il prévenu.

Plusieurs autres arrestations ont été enregistrées, selon lui.

"A Lubumbashi, six personnes ont été arrêtées mais quatre ont été relâchées. A Goma, 24 opposants formellement identifiés et un membre de Lucha (Lutte pour le changement) ont également été arrêtés", a relaté M. Kapiamba.

A Lubumbashi, les forces de sécurité ont dispersé lundi soir une manifestation à la commune de Mashipisha et la commune de la Kenya. Un policier a été grièvement blessé après une altercation avec un groupe des militaires. Le policier est entre la vie et la mort.

Comme lui, d’autres sources signalent que des échauffourées ont éclaté dans la matinée à l’Université de Kinshasa où la police a fini par disperser un groupe d’étudiants qui tentaient de lancer un mouvement de protestation.

"Un groupe de trois étudiants a été brièvement interpellé", a pour sa part déclaré Patient Ligodi journaliste à Kinshasa.

Deux chaînes de télévision ont vu leur signales coupés, la CCTV de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba et la Ralik.

Depuis la nuit dernière, les Congolais sont privés des réseaux sociaux. Les autorités avaient ordonné leur coupure vendredi dernier.

L’opposition n’a pas lancé de mot d’ordre car elle attend les conclusions du dialogue conduit par les évêques catholiques qui ont suspendu les plénières jusqu’à mercredi, pour aller voir le pape.

Faute d’un accord sur l'avenir politique du président Joseph Kabila dont le dernier mandat arrive à la fin le 19 décembre et sur l'étendue des pouvoirs devant être les siens pendant la transition points, les travaux du dialogue n’ont pas été clôturés vendredi comme attendus.

À Goma, toujours selon les informations de VOA Afrique, au moins neuf membres issus des partis de l'opposition auraient également été arrêtés.

À Bukavu, tout est presque à la normal excepté pour les banques et institutions financières qui n’ont pas ouvertes. La circulation est fluide, particulièrement au centre-ville ou les marchés ont ouvert.

Dans la commune de Kadutu, le grand marché n’a pas ouvert. La circulation est très faible. À certains endroits, des policiers sont déployés.

Reportage de Narval Mabila, correspondant à Lubumbashi pour VOA Afrique
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:42 0:00

Dans la cité Uvira, tout est à l'arrêt. Pas d’école, ni de travail. La plupart des gens sont restés chez eux.

Dans la cité de Baraka, en territoire de Fizi, la circulation est normale et une bonne partie des activités se sont déroulées à la normale, tout comme à en territoire de Mwenga.

Coupure internet et solidarité sur les réseaux sociaux

À la veille du 19 décembre, les différents opérateurs ont réduit l'utilisation de certains applications internet. Face à ce bloquage, les Congolais ont trouvé une solution : utiliser un VPN (réseau privé virtuel) pour faire croire que leur appareil n'est pas en RDC, afin d'avoir accès au réseau.

​Sur Twitter, par exemple, les Congolais se passent le mot pour rester connecté.

Dans un communiqué, les experts de l'ONU rappelle que qu’ "une mesure de cette ampleur empêche les citoyens d’accéder à leurs droits à l’information et à la communication. Ce droit est particulièrement essentiel en période de débat public et de choix démocratique".

Sur Twitter, un membre de l'équipe de Human Rights Watch en RDC a mis en ligne un tableur qui récapitule ce qui marche ou pas selon l'opérateur, indiquant que cela sera sûrement modifié.

21 décembre pour la reprise du dialogue

Samedi soir, les évêques catholiques de la Conférence épiscopale nationale du Congo ont annoncé la suspension de leur médiation en vue de permettre une sortie apaisée de la crise politique qui ronge le pays depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011.

Appelés à Rome pour une visite au pape prévue de longue date, les évêques congolais ont annoncé une reprise des négociations mercredi, après leur retour.

En RDC, l'accord tant attendu avant le 19 décembre n'a pas été signé. Et les évêques de la Cenco ont renvoyé au mercredi 21 décembre les discussions.

De nombreux points de divergences subsistent en effet entre les signataires de l'accord du premier dialogue et le Rassemblement, coalition de l'opposition qui n'a pas pris part à ce dialogue facilité par le Togolais Edem Kodjo.

Si, côté opposition, on parle d'un échec et on appelle la population à s'assumer, côté majorité présidentielle, on reste confiant quant à l'aboutissement heureux des travaux.

Reportage de Thierry Kambundi, de notre station partenaire TOP CONGO FM à Kinshasa
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:59 0:00

Chasser Kabila du pouvoir ?

Âgé de 45 ans, M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, et la Constitution lui interdit de se représenter. Ses détracteurs l'accusent d'avoir tout fait pour torpiller le processus électoral et de vouloir se maintenir au pouvoir à vie.

Les négociations sous l'égide des évêques sont destinées à permettre l'instauration d'une période de transition politique associant le pouvoir et l'opposition jusqu'à l'élection d'un nouveau président. Elles n'ont avancé sur aucun des points de contentieux les plus importants, et sont censées reprendre mercredi.

Depuis l'annonce de la suspension de la médiation épiscopale, Kinshasa est dans l'expectative de ce qui va se passer, par craintes de violences.

Avant l'ouverture de ces pourparlers, la coalition du Rassemblement constituée autour de l'opposant historique Étienne Tshisekedi avait menacé de jeter la population dans la rue le 19 décembre dans tout le pays pour chasser M. Kabila du pouvoir en cas d'échec des négociations.

Le Rassemblement n'a cependant donné aucun mot d'ordre en ce sens après la suspension des discussions.

Dimanche, sur Twitter, une liste des prisonniers politiques a été publiée :

L'ONU regarde la RDC avec attention

Lundi, les experts de l’ONU ont exhorté le gouvernement à lever les restrictions "abusives" imposées aux manifestants pour éviter la violence.

Des experts des Nations Unies ont demandé aux autorités de lever les restrictions politiques qui, selon eux, portent atteinte aux droits des peuples à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’association.

Comme le rappelle le communiqué, "ces restrictions incluent une interdiction de facto de tous les rassemblements et réunions publics dans les principales villes du pays".

"Récemment, ces mesures ont touché les mouvements de jeunes citoyens LUCHA et Filimbi, qui visent à promouvoir la participation politique et qui ont lancé une campagne de sensibilisation au respect de la Constitution il y a peu", ont déclaré les experts de l’ONU.

"Ces mesures constituent une violation des conventions internationales relatives aux droits de l’homme auxquelles le gouvernement de Kinshasa est signataire et violent la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’homme", ont-ils souligné.

"La répression ciblée des voix dissidentes de la société civile et des défenseurs des droits humains est contraire aux principes démocratiques", ont expliqué les experts. "Si la société civile n’est pas autorisée à exercer les droits à la liberté d’expression, à la liberté d’association et à la réunion pacifique, les manifestants vont inévitablement recourir à la violence, pour laquelle seules les autorités devront être blâmées".

Les experts de l’ONU ont déclaré déplorer le fait que les autorités de Kinshasa appliquent deux points deux mesures, permettant aux jeunes pro-gouvernementaux de mener des activités publiques tout en réprimant les voix dissidentes.

Avec Charly Kasereka, envoyé spécial à Kinshasa

See all News Updates of the Day

Les combats continuent en Libye après le début de l'offensive du maréchal Khalifa Haftar

Les combats continuent en Libye après le début de l'offensive du maréchal Khalifa Haftar
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:01 0:00

Crise soudanaise : des pays africains demandent une transition d'ici trois mois

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi participe à un sommet consultatif réunissant plusieurs États africains pour discuter de l'évolution de la situation au Soudan et en Libye, au Caire (Égypte), le 23 avril 2019.

Des chefs d'Etat africains réunis sous la houlette de l'Egypte ont appelé mardi à une "transition pacifique et démocratique" d'ici trois mois au Soudan, où le pouvoir militaire fait face à une contestation, réclamant un gouvernement civil, qui ne faiblit pas.

Les pays réunis au Caire appellent le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine (UA) à assouplir sa position et "à prolonger de trois mois le délai accordé au pouvoir soudanais" pour parvenir à une telle transition.

Le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union africaine avait menacé le 15 avril de suspendre Khartoum si l'armée ne quittait pas le pouvoir d'ici 15 jours au profit d'une "autorité politique civile".

Deux sommets africains au Caire sur les crises au Soudan et en Libye
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:57 0:00

Les pays présents ont aussi convenu de "l'urgence d'un rétablissement d'un système constitutionnel par le biais d'une transition politique démocratique menée par les Soudanais eux-mêmes", a affirmé le chef de l'Etat égyptien Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l'UA.

Selon la présidence égyptienne, M. Sissi avait convié ses homologues Idriss Déby (Tchad), Ismaïl Omar Guelleh (Djibouti), Paul Kagame (Rwanda), Denis Sassou-Nguesso (Congo), Mohamed Abdullahi Mohamed (Somalie) et Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud). L'Ethipoie, le Soudan du Sud, l'Ouganda, le Kenya et le Nigeria étaient représentés par de hauts responsables.

Le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki, était aussi au Caire, après une récente visite à Khartoum.

Les Soudanais ne lâchent pas
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:49 0:00

"Stabilité régionale"

Les dirigeants africains ont en outre exprimé "le soutien total de l'Union africaine et des pays voisins au Soudan face à ses défis économiques, politiques et sécuritaires" et ont promis de l'aider à maintenir la "stabilité régionale".

Le Conseil militaire de transition au Soudan, qui dirige le pays depuis la destitution le 11 avril du président Omar el-Béchir sous la pression de la rue, a jusque-là résisté aux appels du mouvement de contestation à un transfert immédiat du pouvoir à une autorité civile.

Ce Conseil a toutefois déclaré lundi étudier "une proposition" des chefs de la contestation.

Les militaires soudanais restent sous forte pression de manifestants installés depuis plus de deux semaines aux abords du QG de l'armée à Khartoum. L'armée exige le démantèlement des barrages installés sur les voies d'accès, sans faire fléchir les protestataires qui ont reçu mardi le renfort d'un train rempli de centaines de personnes venues du centre du pays.

De nombreuses personnes sont arrivées sur les toits des wagons, agitant des drapeaux soudanais et scandant "Liberté, paix, justice", a constaté un photographe de l'AFP.

Des groupes de journalistes, de médecins, d'ingénieurs ou encore de vétérinaires ont également marché dans les rues de Khartoum pour réclamer un pouvoir civil.

Dans l'est du pays, des centaines de personnes se sont rassemblées devant un bâtiment militaire dans la ville de Kassala, pour réclamer que les responsables de la mort de manifestants soient traduits en justice.

La réunion du Caire sur le Soudan se double d'une autre plus tard dans la journée, consacrée à la crise en Libye, également voisine de l'Egypte.

Ces deux réunions sont les premières de dirigeants africains de ce niveau sur les troubles dans ces deux pays du continent.

Relancer le processus politique

La réunion sur la Libye abordera "les moyens de relancer le processus politique ainsi que l'élimination du terrorisme", selon la présidence égyptienne.

Cette rencontre doit comprendre, autour du chef de l'Etat égyptien, les présidents du Rwanda et d'Afrique du Sud ainsi que celui du Congo, M. Sassou-Nguesso, également président de la commission sur la Libye à l'UA, et le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki.

Des combats opposent les forces loyales au Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et siégeant à Tripoli, aux troupes du maréchal Khalifa Haftar aux portes de la capitale libyenne.

Les forces de l'homme fort de l'Est, soutenu notamment par l'Egypte, ont lancé le 4 avril leur offensive sur Tripoli. Plus de 260 personnes ont péri dans les violences, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les combats piétinent depuis quelques jours.

La Libye, pays riche en pétrole, est plongée dans le chaos depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi renversé par une révolte populaire.

L'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a multiplié les mises en garde contre un "embrasement généralisé", réclamant une réaction urgente de la communauté internationale, pour le moment divisée.

Début du procès du marabout Cheikh Bethio Thioune et de ses disciples

Début du procès du marabout Cheikh Bethio Thioune et de ses disciples
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:27 0:00

Des milliers d'enseignants "contractuels" manifestent à Rabat

Des enseignants manifestent pour de meilleures conditions de travail à Rabat, au Maroc, le 24 mars 2019.

Plusieurs milliers d'enseignants marocains dits "contractuels" ont défilé mardi dans les rues de la capitale Rabat pour réclamer le statut de fonctionnaire au sein du ministère de l'Education.

"Non au démantèlement de l'école publique", "l'intégration ou le blocage", "non à la contractualisation", ont notamment scandé ces enseignants du secteur public, venus de plusieurs villes du pays.

Portant pour la plupart des blouses blanches, ils ont défilé de la place Bab el-Had, près de la médina, vers le Parlement, dans le centre de la capitale.

Cette manifestation marque la reprise du mouvement de protestation des enseignants dits "contractuels" après une courte accalmie, alors qu'une réunion avec le ministère de l'Education initialement prévue mardi et censée aboutir à des solutions, a été annulée.

La rencontre devait être la deuxième entre les "contractuels" et le ministère depuis le lancement de leur mouvement de grève en mars, accompagné d'importantes manifestations dans plusieurs villes.

Le mouvement concerne 55.000 enseignants recrutés dès 2016 sur la base de contrats à durée déterminée (CDD) puis intégrés au sein des Académies régionales. Ils réclament le statut de fonctionnaire au ministère, gage de sécurité de l'emploi, selon eux.

La réunion prévue mardi a été annulée par le ministère, qui a accusé dans un communiqué les enseignants grévistes de ne pas "honorer leurs engagements".

Mi-avril, après une première rencontre entre les deux parties, des représentants des enseignants grévistes avaient annoncé la suspension de la grève.

Mais "certains" des enseignants n'"ont pas respecté les engagements pris par leurs représentants", a accusé le ministère, en précisant qu'il ne poursuivrait pas le dialogue tant que les enseignants grévistes n'auront pas repris le travail.

Les enseignants, eux, ont décidé de réinvestir la rue et de poursuivre la grève. Ils reprochent au ministre de l'Education, Saïd Amzazi, de ne pas vouloir céder sur leur principale revendication, à savoir l'obtention du statut de fonctionnaire au sein du ministère.

Quelque 300.000 élèves ont pâti des absences des enseignants, selon un récent bilan officiel.

L'enseignement public marocain fait l'objet de critiques récurrentes: bas niveau des élèves, fort abandon scolaire, classes surchargées, ou encore privatisation continue du secteur.

Les attaques persistent sur l'axe Bouar - Garoua - Boulaï

Les attaques persistent sur l'axe Bouar - Garoua - Boulaï
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:18 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG