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L'ONU "alarmée" par la fermeture planifiée des médias sociaux en RDC


Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, le 13 septembre 2016.

L'arrêt planifié des médias sociaux en RDC à partir de dimanche soir, avant la fin du mandat du président Joseph Kabila, conjugué à une interdiction permanente des manifestations de la société civile et de l'opposition, est profondément alarmant selon le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Zeid Ra'ad Al Hussein.

"Nous sommes particulièrement inquiets car lundi marque aussi les trois mois depuis que 54 personnes sont mortes à Kinshasa, quand les forces de défense et de sécurité ont utilisé une force excessive contre les personnes demandant que les délais constitutionnels soient respectés et que le président Kabila démissionne à la fin de son deuxième et dernière mandat. Personne n'a jusqu'à présent été tenu responsable de cette répression violente des manifestations ", a déclaré Zeid.

Depuis début décembre, le Bureau commun des droits de l'homme des Nations Unies en RDC a documenté au moins 45 arrestations de personnes essayant d'exercer leur droit de réunion pacifique.

Parmi eux, au moins 16 personnes ont été détenues à Bunia, Kinshasa et Goma dans le cadre de la campagne "Bye Bye Kabila" organisée par les mouvements de jeunesse Filimbi et Lucha.

Vingt-six autres personnes auraient été arrêtées pour leurs liens politiques ou parce qu'elles appartiennent à des mouvements de citoyens.

"Intimider et cibler les adversaires et la société civile n'est pas la réponse. Faire taire leurs opinions et les empêcher de protester n'est pas la solution. En réalité, cela est davantage susceptible de les pousser à recourir à la violence", a-t-il poursuivi.

"Nous demandons au gouvernement, et plus particulièrement à ses forces de sécurité, de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir les droits à la liberté d'association et de réunion pacifique. Nous les exhortons à faire preuve de retenue conformément aux obligations qui leur incombent en vertu du droit international relatif aux droits de l'homme concernant l'usage de la force pendant les manifestations. Tous les responsables, à tous les niveaux, pour les violations des droits de l'homme doivent également être tenus responsables", a-t-il souligné.

En vertu d'un accord conclu avec certains membres de l'opposition, les élections ne devraient pas avoir lieu avant avril 2018, M. Kabila envisageant de rester en fonction au-delà du 19 décembre.

Des pourparlers médiatisés par l'Église catholique ont eu lieu à Kinshasa pour tenter de trouver un moyen négocié d'aller plus loin et d'éviter la violence. Le respect de la Constitution et des principes et normes des droits de l'homme doit être la pierre angulaire de tout accord conclu lors de ces entretiens, a déclaré le Haut Commissaire.

"J'exhorte tous les Congolais à poursuivre leurs efforts pour parvenir à un accord sur la prochaine période de transition qui respecte la Constitution et les droits de l'homme de tous", a-t-il conclu.

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