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Nouveau gouvernement congolais à quelques heures de la fin du mandat de Kabila


Samy Badibanga, Premier ministre de la RDC

Un nouveau gouvernement, issu de l’accord boycotté par la majeure partie de l’opposition, a été publié lundi tard dans la soirée à Kinshasa, à quelques heures de la fin du dernier mandat du président Joseph Kabila.

Une équipe de 67 ministres et vice-ministres constitue le gouvernement de Samy Badibanga, Premier ministre issu de l’opposition, nommé en octobre dernier, mais rejeté par sa composante.

L’équipe reprend quelques noms du gouvernement précédents : Alexis Thambwe Mwamba garde sa place comme ministre de la Justice, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, et Modeste Bahati Lukweko, à l’Economie nationale.

Ce gouvernement compte trois vice-premiers ministres : Léonard She Okitundu aux Affaires étrangères et Intégration régionale, Emmanuel Ramazani Shadari est chargé de l'Intérieur. José Makila s’occupe des Transports et des Communications.

Le gouvernement comprend sept ministres d’Etat. Il a dans ses rangs des membres de la frange de l’opposition qui avait pris part au dialogue de septembre et octobre derniers.

Avant sa nomination, Samy Badibanga était député national, membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti de l’opposant historique Etienne Tshisekedi. Mais sa famille politique a déclaré qu’il s’était auto-éjecté dès lors qu’il avait pris part au dialogue avec la majorité au pouvoir boycotté par une bonne partie de l’opposition.

La nomination de ce gouvernement intervient au moment où un deuxième dialogue se tient sous la direction des évêques catholiques. Les travaux de ce dialogue, suspendus vendredi, devraient reprendre mercredi. Mais de profondes divergences persistent entre le pouvoir et le Rassemblement, plate-forme constituée autour de Tshisekedi et le Front pour le respect de la Constitution, qui a pour axe central le Mouvement pour la libération du Congo (MLC) de l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba.

La situation est tendue en RDC, les élections n’ayant pas été organisées avant le 19 décembre, date de la fin du dernier mandat du président Kabila, au pouvoir depuis 2001.

La Constitution limite à deux le nombre des mandats présidentiels, interdisant ainsi à Kabila de se représenter.

Des tirs

Des tirs d'armes à feu ont été entendus lundi soir dans plusieurs quartiers de Kinshasa, la capitale, alors que le président Joseph Kabila entend se maintenir au pouvoir après l'échéance de son mandat mardi, selon des journalistes de l'AFP.

L'origine précise de ces tirs, entendus dans deux quartiers du nord de la capitale, était encore inconnue. Peu avant, plusieurs quartiers de la mégapole congolaise, transformée en ville morte durant la journée de lundi, avaient résonné de concerts de sifflets, symboles du "carton rouge" que l'opposition veut infliger à M. Kabila.

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