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Moyen-Orient

Tensions dans le Golfe: l'Iran dit avoir abattu un drone américain

Le ministre iranien de la Défense, le général Amir Hatami, Moscou, Russie, le 4 avril 2018.

L'Iran a annoncé jeudi avoir abattu un "drone espion américain" qui avait violé son espace aérien dans un contexte de tensions croissantes dans le Golfe faisant redouter l'éclatement d'un conflit ouvert entre Washington et Téhéran.

L'appareil, un modèle Global Hawk (du fabricant américain Northrop Grumman), a été abattu "aux premières heures de la journée", au dessus de la province côtière d'Hormozgan, dans le sud de l'Iran, selon un communiqué des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique.

Il a été abattu par un "missile" de la force aérospatiale des Gardiens, au large de la côte face au mont Mobarak, "après avoir violé l'espace aérien iranien", ajoute le texte, sans fournir davantage de détails.

Selon la télévision d'Etat iranienne, cette zone se trouve dans le comté du port de Jask (sur la mer d'Oman).

Aucune image de l'appareil détruit n'avait été publiée par les médias iraniens en milieu de matinée.

L'incident survient dans un contexte de tensions exacerbées entre l'Iran et les Etats-Unis. La province d'Hormozgan borde le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour l'approvisionnement mondial de pétrole.

L'armée américaine a intensifié mercredi ses accusations contre l'Iran, qu'elle tient responsable de l'attaque des deux tankers touchés par des explosions le 13 juin en mer d'Oman.

Téhéran a nié toute implication dans ces attaques, laissant plutôt entendre qu'il pourrait s'agir d'un coup monté des Etats-Unis pour justifier le recours à la force contre la République islamique.

En dépit des affirmations répétées de responsables américains et iraniens selon lesquelles leur pays respectif ne cherche pas la guerre, l'escalade récente des tensions dans le Golfe fait craindre qu'une étincelle ne mette le feu au poudre.

- "Risque de guerre" -

En visite à Paris, le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a mis en garde en estimant que "le risque de guerre dans le Golfe n'était pas écarté". Paris et Berlin ont appelé à la "désescalade" via un dialogue avec toutes les parties.

Les tensions vont croissant entre la République islamique et les Etats-Unis depuis que le président américain a décidé en mai 2018 de retirer son pays de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et de rétablir de lourdes sanctions contre Téhéran, privant ainsi l'Iran des bénéfices économiques qu'il attendait de cet accord.

La tension a encore gravi un échelon avec les attaques d'origine encore inconnue contre deux navires-citernes en mer d'Oman, présentant des similitudes avec les actes de sabotage ayant endommagé un mois plus tôt quatre navires à l'entrée du Golfe, et pour lesquelles Washington tient également pour coupable l'Iran, qui dément toute implication.

Mercredi, le Centcom, état-major américain chargé des opérations de l'armée américaine de la Corne de l'Afrique à l'Asie centrale, a affirmé qu'une explosion survenue à bord du tanker japonais Kokuka Courageous, l'un des deux navires attaqués le 13 juin, avait été provoquée par une mine-ventouse "semblable à celles utilisées par l'Iran".

"La mine-ventouse est reconnaissable et ressemble en tous points aux mines iraniennes visibles dans des défilés militaires iraniens", a affirmé un officier supérieur du Centcom, pour qui "l'attaque contre le Kokuka Courageous et les dommages qu'il a subis résultent de l'emploi de mines-ventouse qui ont été posées sur sa coque".

"Ces dommages correspondent à ceux causés par une mine-ventouse. Ils ne correspondent pas à ceux que pourrait causer un engin volant touchant le navire", a estimé l'officier, chargé d'enquêter sur l'accident.

Selon son armateur, l'équipage du cargo japonais a indiqué avoir repéré un engin volant non identifié qui avait tenté une première fois d'attaquer le navire, avant de revenir trois heures plus tard et de le frapper, provoquant un trou dans la coque et un incendie.

Le général Amir Hatami, ministre de la Défense iranien, a rejeté "catégoriquement" mercredi les accusations américaines, les jugeant infondées.

Avec AFP

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Le chef de la diplomatie iranienne cette semaine à l'ONU

Le secrétaire d'État John Kerry a rencontré le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif à New York le 22 avril 2016.

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, est attendu cette semaine à l'ONU pour une réunion mercredi sur le développement durable, après avoir obtenu un visa conditionnel des Etats-Unis sur fond de tensions bilatérales.

Washington, qui a menacé récemment de prendre des sanctions contre le ministre iranien, lui a accordé un visa d'entrée aux Etats-Unis mais assorti de limites sur sa capacité à se déplacer, selon le secrétaire d'Etat Mike Pompeo.

Déjà présent à New York lundi, M. Zarif donnait des entretiens à des médias américains, selon des tweets du porte-parole de la mission iranienne auprès de l'ONU.

Mohammad Javad Zarif peut se rendre au siège des Nations unies, situé dans l'est de Manhattan, mais il doit rester dans un périmètre restreint autour de ce lieu, incluant l'immeuble abritant la mission iranienne auprès de l'ONU.

"Les diplomates américains ne se promènent pas autour de Téhéran, nous ne voyons donc aucune raison à ce que les diplomates iraniens puissent se déplacer librement à New York", a déclaré Mike Pompeo au quotidien Washington Post.

Selon lui, le chef de la diplomatie iranienne utilise les libertés d'accueil octroyées par les Etats-Unis afin "de diffuser une propagande malveillante".

Etat hôte du siège des Nations unies, les Etats-Unis ont l'obligation d'accorder rapidement des visas aux Etats qui en font la demande pour des réunions à l'ONU.

Visiteur régulier de New York où il participe à des tables-rondes et rencontre des médias américains, Mohammad Javad Zarif doit intervenir mercredi à une réunion sur les objectifs de développement durable 2030 organisée par le Conseil économique et social de l'ONU.

Le fait que les Etats-Unis n'aient pas imposé de sanctions à son encontre, comme annoncé récemment, est interprété comme le signe d'une volonté de l'administration de Donald Trump de garder un canal de communication ouvert avec l'Iran.

Mohammad Javad Zarif a indiqué récemment au quotidien New York Times que d'éventuelles sanctions ne l'affecteraient pas, ne possédant pas de biens aux Etats-Unis.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès de la mission iranienne auprès de l'ONU.

Les Etats-Unis et l'Iran n'ont plus de relations diplomatiques depuis la révolution islamique iranienne de 1979.

Indignation après l'appel d'un responsable du Hamas à "tuer les juifs"

Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah (2ème à droite) entouré de ses gardes du corps à son arrivée à Gaza, le 13 mars 2018

Des responsables israéliens et palestiniens ainsi que l'émissaire des Nations unies ont condamné lundi les propos d'un responsable du mouvement islamiste du Hamas à Gaza qui a appelé les Palestiniens à tuer les juifs "partout dans le monde".

"Si le blocus n'est pas levé, nous allons exploser à la face de nos ennemis, si Dieu le permet", a déclaré Fathi Hamad, membre d'un des appareils du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, vendredi lors d'un discours vendredi pendant les manifestations hebdomadaires le long de la barrière qui sépare l'enclave palestinienne d'Israël.

Israël impose un strict blocus depuis plus d'une décennie à l'étroite bande de terre coincée entre la Méditerranée, l'Etat hébreu et l'Egypte où vivent près de deux millions de Palestiniens dans une grande précarité.

"Sept millions de Palestiniens à l'étranger, assez de préparatifs! Vous avez des juifs avec vous, partout où vous êtes. Vous devriez attaquer tous les juifs que vous pouvez, partout dans le monde, et les tuer", a-t-il dit.

Nickolay Mladenov, l'envoyé de l'ONU pour le Proche-Orient, a condamné ces propos, les qualifiant de "discours dangereux, répugnant et incitant à la haine".

"Cela doit être condamné clairement par TOUS!", a-t-il dit sur Twitter.

"Les valeurs justes de la cause palestinienne incluent l'amour de la liberté, la justice et l'égalité. Les propos répugnants de M. Fathi Hamad sur les Juifs ne représentent rien de tout cela", a également déclaré sur Twitter Saëb Erekat,secrétaire général de l'Organisation de Libération de la Palestine, basée en Cisjordanie occupée et alliée du Fatah, parti du président palestinien.

Le Fatah et le Hamas sont à couteaux tirés depuis que le mouvement islamiste a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007 à l'issue d'une quasi-guerre civile.

Le porte-parole du gouvernement israélien en arabe, Ofir Gendelman, a estimé que les propos de M. Hamad reflétaient ce qu'"est le Hamas".

"Le Hamas est derrière les émeutes à la frontière de Gaza. Le Hamas construit des usines pour fabriquer des ceintures explosives utilisées par les garçons et les filles de Gaza. Le Hamas veut tuer des Juifs dans le monde entier", a-t-il déclaré.

"Maintenant vous comprenez pourquoi on défend notre frontière du Hamas à Gaza", a-t-il écrit sur Twitter.

Le Hamas n'était pas disponible dans l'immédiat pour commenter.

Depuis fin mars 2018, les Palestiniens de Gaza se rassemblent le long de la barrière qui les sépare d'Israël afin de protester contre le blocus israélien.

Ils réclament aussi le droit de revenir sur les terres dont leurs ancêtres ont été chassés ou qu'ils ont été contraints de fuir lors de la création d'Israël en 1948.

Depuis mars 2018, au moins 295 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, pour la grande majorité lors des heurts qui accompagnent les rassemblements le long de la frontière. D'autres sont morts dans des frappes israéliennes en représailles à des actes hostiles en provenance de l'enclave.

Sept Israéliens ont été tués depuis la même date, dont cinq civils.

Nucléaire: l'Iran appelle les Européens à prendre des mesures "efficaces"

Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan, russe Vladimir Poutine et iranien Hassan Rohani à Ankara, le 4 avril 2018.

L'Iran a appelé lundi les Européens à prendre des mesures "pratiques, efficaces et responsables" pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien, un sujet au centre d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Bruxelles.

"Nous insistons sur la réciprocité des droits et des devoirs" entre les parties à cet accord nucléaire conclu en 2015, a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères Abbas Moussavi dans un communiqué.

Il est "irréaliste" d'attendre que l'Iran "revienne aux conditions qui prévalaient avant le 8 mai 2019" sans que les Européens ne fassent "la preuve de leur volonté politique et de leur capacité" à permettre que l'Iran "bénéficie en pratique" de l'accord, a-t-il ajouté.

M. Moussavi réagissait à l'appel lancé dimanche par la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, trois Etats parties à l'accord, pour "un arrêt de l'escalade des tensions et une reprise du dialogue".

"Nous sommes préoccupés par le risque que (l'accord) ne se défasse, sous la pression des sanctions imposées par les Etats-Unis et à la suite de la décision de l'Iran de ne plus appliquer plusieurs des dispositions centrales de l'accord", ont affirmé ces trois pays.

Conclu après des années d'efforts diplomatiques, l'accord de 2015 prévoit une limitation du programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions internationales contre ce pays.

Il est menacé depuis que les Etats-Unis s'en sont retirés unilatéralement en mai 2018, avant de rétablir à partir d'août de la même année des sanctions punitives contre l'Iran, le privant ainsi des retombées économiques qu'elle attendait de l'accord.

Le 8 mai 2019, lassé d'attendre que les autres parties à l'accord ne l'aident à contourner les sanctions américaines, l'Iran a annoncé qu'il commençait à s'affranchir progressivement de certains de ses engagements pour forcer ses partenaires à agir pour sauver l'accord.

Téhéran a ainsi dépassé début juillet la limite imposée à ses réserves d'uranium enrichi, à 4,5%, soit au-delà du maximum autorisé par l'accord (3,67%).

Outre l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, la Chine et la Russie restent parties à l'accord avec l'Iran depuis le départ des Etats-Unis.

La Turquie reçoit des missiles russes au risque de représailles américaines

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Un combattant du Hamas tué par des tirs israéliens à Gaza

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