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Moyen-Orient

Pékin appelle Washington et Téhéran à la retenue

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, le 8 mars 2018, à Pékin.

La Chine a appelé mardi Américains et Iraniens à la retenue, après l'annonce de l'envoi d'un millier de soldats américains supplémentaires au Moyen-Orient et l'avertissement de Téhéran qu'il franchirait bientôt une limite prévue par l'accord international sur son programme nucléaire.

"Nous appelons toutes les parties à garder la tête froide (...) et à ne pas ouvrir la boîte de Pandore", a déclaré devant la presse le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, interrogé sur les renforts américains.

"Les États-Unis notamment devraient changer leur pratique de pression maximale (...) Non seulement cela ne permet pas de résoudre le problème, mais cela aggrave la crise", a-t-il indiqué.

Washington a décidé d'envoyer environ 1.000 militaires supplémentaires au Moyen-Orient dans un contexte de tensions accrues avec l'Iran, a annoncé lundi le secrétaire américain à la Défense, Patrick Shanahan.

Cette annonce est intervenue peu après la publication par son ministère de nouveaux documents accusant l'Iran d'avoir attaqué deux pétroliers en mer d'Oman la semaine dernière.

Signé par l'Iran et le Groupe des Six (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie), l'accord de 2015 conclu à Vienne vise à limiter drastiquement le programme nucléaire de Téhéran en échange d'une levée des sanctions économiques internationales.

Mais Washington s'est retiré unilatéralement du pacte en mai 2018 et a rétabli de lourdes sanctions contre Téhéran, qui presse depuis des mois les autres signataires et partenaires de l'aider à en atténuer les effets dévastateurs.

Jusqu'ici, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a certifié que l'Iran agissait en conformité avec les engagements pris à Vienne.

Mais Téhéran a annoncé que ses réserves d'uranium enrichi passeraient à partir du 27 juin au-dessus de la limite prévue par l'accord de 2015.

"L'Iran doit prendre ses décisions avec précaution, il ne doit pas abandonner cet accord à la légère", a mis en garde Wang Yi lors d'un point presse avec le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Moualem, en visite en Chine.

Semblant impuissants face aux sanctions américaines, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, signataires de l'accord de 2015, exhortent également Téhéran à continuer de respecter l'accord. Le chef de l'ONU a lancé un appel similaire.

Sur le dossier syrien, Wang Yi a indiqué à son homologue que la Chine soutenait "fermement" le pays dans "sa lutte contre le terrorisme" et "dans sa reconstruction économique".

A l'ONU, Pékin a toujours voté contre ou s'est abstenu lors de votes de projets de résolutions visant à sanctionner le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad.

"La Chine a toujours préconisé le règlement de la question syrienne par des moyens politiques", a souligné M. Wang.

Avec AFP

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Résistance acharnée des kurdes à Ras al-Aïn

Résistance acharnée des kurdes à Ras al-Aïn
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Donald Trump appelle la Turquie à mettre fin à son opération militaire en Syrie

Donald Trump appelle la Turquie à mettre fin à son opération militaire en Syrie
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Syrie: Trump durcit le ton contre la Turquie, réclame un cessez-le-feu

"Les Etats-Unis veulent que la Turquie mette fin à l'invasion, mette en oeuvre un cessez-le-feu immédiat et commence à négocier avec les forces Kurdes en Syrie", a indiqué le vice-président américain Mike Pence.

Le président américain Donald Trump a soudain durci le ton lundi face à la Turquie, l'appelant à mettre fin à son opération militaire en Syrie et annonçant une série de sanctions au moment où les troupes syriennes se déployaient dans le nord du pays.

Cibles d'une offensive turque meurtrière et abandonnées par leurs alliés américains, les forces kurdes se sont tournées vers les troupes de Damas qui se sont rapprochées lundi de la frontière.

"Les Etats-Unis veulent que la Turquie mette fin à l'invasion, mette en oeuvre un cessez-le-feu immédiat et commence à négocier avec les forces Kurdes en Syrie", a indiqué le vice-président américain Mike Pence qui a précisé qu'il se rendrait prochainement en Turquie à la demande de M. Trump.

Lancée le 9 octobre, l'opération turque a ouvert un nouveau front dans le conflit en Syrie, où interviennent acteurs régionaux et internationaux, et qui a fait depuis 2011 plus de 370.000 morts et poussé à la fuite des millions de personnes.

Lors d'un échange téléphonique avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, M. Trump s'est montré "très ferme" a affirmé M. Pence qui a assuré que le dirigeant turc s'était engagé à ce qu'il n'y ait "aucune attaque" contre la ville de Kobané.

Le chef du Pentagone Mark Esper a de son côté souligné que l'offensive militaire turque avait entraîné la libération de nombreux détenus "dangereux" du groupe jihadiste Etat islamique (EI). "Cette incursion inacceptable a sapé la mission internationale anti-EI, couronnée de succès en Syrie", a-t-il déploré.

Après une semaine d'annonces contradictoires, un responsable américain a indiqué que tous les militaires américains, environ 1.000, déployés depuis quelques années dans le nord de la Syrie pour soutenir les forces kurdes dans leur combat contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI), avaient reçu l'ordre de quitter le pays.

- Sanctions contre trois ministres -

Les sanctions américaines signées lundi par M. Trump visent les ministres turcs de l'Energie, de la Défense et de l'Intérieur. Leurs éventuels avoirs aux Etats-Unis sont gelés et leurs transactions internationales en dollars sont bloquées.

L'opération militaire turque vise à instaurer une "zone de sécurité" de 32 km de profondeur pour séparer la frontière turque des territoires contrôlés par les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde qualifiée de "terroriste" par Ankara, mais soutenue par l'Occident.

Sous la couverture de l'aviation, les forces turques et leurs alliés ont conquis une bande frontalière longue d'environ 120 km, allant de la ville de Tal Abyad jusqu'à l'ouest de Ras al-Aïn.

Lundi, les forces du régime se sont déployées au sud de Ras al-Aïn, à la périphérie de la ville Tal Tamr, où leur arrivée a été saluée par des habitants, a constaté un correspondant de l'AFP.

Des unités de l'armée sont désormais à 6 km de la frontière, a dit l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Des chars sont aux abords des villes de Tabqa et de Aïn Issa.

Et pour la première fois depuis 2012, l'armée syrienne est entrée dans la ville de Minbej, contrôlée par un conseil militaire affilié aux Kurdes, selon les médias officiels et un responsable local.

Aux abords ouest de la ville, des combattants proturcs et des véhicules militaires turcs se sont massés par centaines, selon un correspondant de l'AFP sur place.

- 160.000 personnes déplacées -

Des combats acharnés se poursuivent à Ras al-Aïn entre les troupes turques et les Forces démocratiques syriennes (FDS), coalition militaire dominée par les YPG, selon l'OSDH.

"Il y a un vaste réseau de tunnels sous Ras al-Aïn" utilisés par les forces kurdes, a affirmé à l'AFP Abou Bassam, un commandant syrien proturc, évoquant des tirs de snipers qui entravent aussi leur progression.

L'intervention du régime de Bachar al-Assad est un véritable retournement de situation illustrant la complexité de la guerre syrienne.

Le régime, qui a longtemps opprimé les Kurdes, a ensuite fustigé l'autonomie de facto instaurée par cette minorité ethnique sur près d'un tiers du territoire dans le nord et le nord-est du pays à la faveur du conflit.

"Entre les compromis et le génocide de notre peuple, nous choisirons la vie", a dit Mazloum Abdi, le haut commandant des FDS, pour justifier l'accord avec le régime.

Depuis le début de l'offensive turque, 133 combattants kurdes et 69 civils ont été tués, ainsi que 108 rebelles proturcs, selon l'OSDH. Et 160.000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU.

La Turquie a annoncé la mort de quatre soldats en Syrie et de 18 civils dans la chute de roquettes kurdes sur son territoire.

L'intervention turque a suscité de nombreuses condamnations surtout de la part de pays européens qui semblent impuissants à porter secours à leurs alliés kurdes dans la guerre contre l'EI vaincu en mars dernier en Syrie.

Selon le responsable américain, le retrait concerne "tous" les militaires américains déployés en Syrie, "sauf ceux se trouvant à Al-Tanaf", une base contrôlée par quelque 150 soldats américains dans le Sud.

Ce départ précipité pourrait pousser au repli d'autres troupes occidentales présentes dans le nord-est syrien dans le cadre de la lutte antijihadiste, dont les soldats français. Paris a dit vouloir prendre des mesures pour garantir la sécurité de ses soldats.

Avec AFP

En Syrie, Trump piétine les objectifs traditionnels de Washington

Des combattants rebelles syriens soutenus par la Turquie dans la ville frontalière de Tel Abyad, en Syrie, le 14 octobre 2019.

Des alliés lâchés, des djihadistes dans la nature, un régime de Damas qui regagne du terrain et des adversaires, Iran et Russie, prêts à renforcer leur influence: les décisions de Donald Trump en Syrie piétinent tous les objectifs traditionnels des Etats-Unis.

"Nous sommes face à une situation qui était prévisible depuis près d'un an, mais qui est gérée de telle manière que toutes les pires conséquences qui étaient à craindre deviennent réalité", constate Robert Malley, président de l'organisation International Crisis Group.

Après une semaine d'annonces contradictoires, tous les militaires américains déployés dans le nord de la Syrie, soit un millier de soldats, sont finalement en train de quitter le pays.

Le tournant remonte en fait à décembre 2018.

Le président des Etats-Unis, qui a promis de se désengager des conflits au Moyen-Orient, bat alors le rappel de toutes ses troupes stationnées en Syrie.

Mais Donald Trump se retrouve rapidement dans une situation étonnante: "Alors que le président pense prendre une décision, son équipe résiste, ignore son choix voire va à son encontre", explique à l'AFP Rob Malley.

Les diplomates et militaires américains se relayent alors auprès des alliés de Washington, et notamment des forces kurdes qui ont mené le combat antijihadistes, pour leur assurer que l'impétueux milliardaire ne pensait pas vraiment ce qu'il disait.

Sur le moment, ses conseillers parviennent à le convaincre de faire marche arrière, au nom de ce qu'ils considèrent être les intérêts américains: la lutte contre le groupe Etat islamique (EI), dont le "califat" a été rayé de la carte mais qui conserve une capacité de nuisance; la protection des miliciens kurdes que la Turquie accuse de "terrorisme"; et la nécessité de contrer l'expansionnisme de l'Iran.

- "Résurgence de l'EI" -

Dix mois plus tard, le locataire de la Maison Blanche renoue toutefois avec son instinct initial et laisse le champ libre à l'offensive de son homologue turc Recep Tayyip Erdogan contre les Kurdes en Syrie.

Seulement, faute d'avoir préparé le terrain à ce retrait, c'est un sentiment de sauve-qui-peut général qui prévaut face à l'avancée des forces turques.

Avec des répercussions néfastes pour ces mêmes intérêts que Washington voulait défendre.

"Il y a bien entendu un gros risque de résurgence de l'EI et de voir de dangereux terroristes prendre la fuite", alors que leurs geôliers kurdes sont désormais accaparés par la résistance à l'attaque turque, explique Elizabeth Dent, du cercle de réflexion Middle East Institute.

Selon elle, l'administration Trump aurait "pu se montrer plus déterminée pour éviter une incursion de la Turquie". Et même sans y parvenir, "si les Etats-Unis avaient préparé un retrait plus ordonné, on aurait pu faire en sorte que ces prisonniers soient mis en sécurité".

Autre conséquence, les Kurdes n'ont pas tardé à se tourner vers Damas.

Voilà donc le président syrien Bachar al-Assad, dénoncé comme un "dictateur brutal" par les Etats-Unis qui souhaitent son départ, regagner encore un peu plus du terrain perdu depuis le début du conflit en 2011.

"Une forme d'entente entre le régime de Damas et les forces kurdes était inévitable, dès lors que Trump clamait publiquement vouloir partir", mais la débandade américaine "renforce politiquement Assad et la possibilité de revenir contrôler des zones de Syrie perdues depuis plusieurs années lui donne de quoi peser", affirme Elizabeth Dent.

- Perte de confiance -

La volonté de désengagement de Donald Trump rencontre les intérêts de toute une série d'acteurs disparates qui espéraient un départ des Américains, de la Turquie au pouvoir syrien. En passant par la Russie et l'Iran, parrains de Damas, qui voient leur assise confortée.

L'US Army conserve certes, dans l'immédiat, 150 hommes sur la base d'Al-Tanf, dans le sud de la Syrie, souvent perçue comme stratégique pour empêcher l'Iran de boucler une sorte d'"arc chiite" vers la Méditerranée.

"Ce n'est pas la présence de 100, 1.000 ni même 2.000 soldats américains qui peut faire une quelconque différence", relativise Rob Malley, pour qui "rester en Syrie" pour contrer l'Iran était "une mauvaise raison et un objectif illusoire".

Pour autant, le départ précipité peut renforcer le malaise de certains alliés des Etats-Unis, à commencer par l'Arabie saoudite dont l'Iran est le principal ennemi. Ironie du calendrier, c'est le président russe Vladimir Poutine qui reçoit lundi un accueil royal à Ryad.

"La cote du président Trump s'effondre au Moyen-Orient tandis que celle du président Poutine s'envole", résume, un peu provocateur, Joshua Landis, spécialiste de la Syrie à l'université de l'Oklahoma. "Plus personne ne fait confiance au président Trump, tout le monde sent qu'il va finir par retirer l'Amérique du Moyen-Orient."

Au moins 160.000 personnes déplacées, selon l'ONU

L'offensive militaire turque en Syrie a provoqué en une semaine le déplacement d'au moins 160.000 personnes dont près de 70.000 enfants, selon l'ONU.

Dans un communiqué, le secrétaire général de l'Organisation, Antonio Guterres, affirme qu'il est "gravement préoccupé" par l'évolution de la situation dans le nord de la Syrie.

Il "appelle à une désescalade immédiate et exhorte toutes les parties à résoudre leurs problèmes de manière pacifique". Il leur demande aussi d'observer "le maximum de retenue", que toute opération militaire préserve les civils, et de laisser un accès sans entrave pour l'acheminement de l'aide humanitaire.

Le secrétaire général fait également part de ses craintes face à la possible remise en liberté de combattants du groupe djihadiste Etat islamique (EI).

Dans un communiqué séparé, l'agence de l'ONU pour l'enfance Unicef, basée à New York, estime à près de 70.000 le nombre d'enfants faisant partie des populations déplacées dans le nord-est de la Syrie.

Trois sites médicaux, des véhicules de secours et une école ont été attaqués, tandis qu'une station d'épuration fournissant de l'eau à 400.000 personnes a été mise hors d'usage, précise l'Unicef.

"Alors que la violence s'intensifie, l'Unicef appelle toutes les parties au conflit et les pays ayant une influence sur elles à protéger les enfants", selon le communiqué de l'agence onusienne.

Syrie: le régime veut stopper l’offensive turque

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