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Syrie : le groupe Etat islamique enlève 400 civils à Deir Ezzor après une tuerie

La province de Deir Ezzor, en Syrie.

Parmi ces civils figurent des femmes, des enfants et des membres de familles de combattants pro-régime. Le groupe EI contrôle désormais environ 60 % de Deir Ezzor.

L'organisation Etat islamique (EI) a enlevé au moins 400 civils dans la ville syrienne de Deir Ezzor après y avoir tué des dizaines de personnes, la plupart exécutées, dernière atrocité en date du groupe jihadiste dans le pays en guerre.

Alors que la population continue de payer le lourd tribut de la guerre, 40 civils dont huit enfants ont péri samedi dans des raids aériens sur Raqa, bastion de l'EI dans l'est de la Syrie, a rapporté dimanche l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le même jour, au moins 400 personnes étaient kidnappées à Al-Bgheliyeh, banlieue nord-ouest de la ville de Deir Ezzor (est) et dans des secteurs alentours, selon l'ONG.

Tous de confession musulmane sunnite comme l'EI et parmi lesquels "figurent des femmes, des enfants et des membres de familles de combattants prorégime", les 400 civils ont été emmenés vers des régions aux mains de l'EI dans la province éponyme riche en pétrole et dans celle voisine de Raqa, selon l'OSDH.

Le directeur de cette ONG, Rami Abdel Rahmane, a dit craindre que l'EI "n'exécute les civils ou ne réduise les femmes à l'esclavage sexuel comme il l'a fait plusieurs fois dans le passé".

Samedi, l'EI a lancé une offensive d'envergure sur plusieurs secteurs de Deir Ezzor, qui lui a permis d'en contrôler environ 60%.

Des combats intermittents opposaient dimanche les jihadistes aux pro-régime, alors que la banlieue d'Al-Bgheliyeh a été la cible de raids de l'aviation de la Russie, alliée fidèle du régime, selon l'OSDH.

Avant d'enlever les civils, les combattants de l'EI ont tué à Al-Bgheliyeh au moins 85 civils et 50 combattants prorégime, la plupart exécutés, selon l'OSDH qui a aussi fait état de 42 jihadistes tués.

40 civils tués à Raqa

L'agence officielle syrienne Sana a dénoncé un "massacre" et parlé de "300 civils tués".

Si ce bilan était confirmé, il serait l'un des plus élevés pour une seule journée dans ce conflit déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations pacifiques réclamant des réformes, qui a dégénéré en guerre civile complexe avec plusieurs protagonistes.

L'EI, qui a profité du chaos en Syrie pour s'emparer de vastes territoires, est responsable d'atrocités -exécutions, viols, rapts, nettoyage ethnique- aussi bien en Syrie qu'en Irak voisin et a revendiqué de nombreux attentats particulièrement meurtriers dans d'autres pays.

Accusé par l'ONU de crimes contre l'Humanité et cible depuis des mois des frappes d'une large coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, le groupe jihadiste a mené plusieurs exécutions de masse en Syrie dans le passé, dont l'une avait coûté la vie à 900 membres de la tribu des Chaitat à Deir Ezzor en 2014.

L'organisation ultraradicale a également massacré quelque 200 soldats syriens en août 2014 quand elle avait pris la base militaire de Tabqa dans la province de Raqa, dont le chef-lieu éponyme est la capitale de facto de l'EI.

Dans ce bastion jihadiste, 40 civils dont huit enfants ont péri dans des raids aériens. L'OSDH n'était pas en mesure de dire si les raids avaient été menés par les avions russes ou ceux du régime à Raqa.

Efforts diplomatiques

Plus au nord-ouest, dans la province voisine d'Alep, les prorégime ont mis en échec une attaque de l'EI contre leur position près de la ville d'Al-Bab, sous la couverture de raids russes.

Les combattants prorégime tentent de reprendre Al-Bab à l'EI après s'être emparés de villages alentours et espèrent ainsi affaiblir les jihadistes qui contrôlent une partie de la province d'Alep.

L'armée tente en outre "d'élargir sa zone de sécurité autour de la ville" d'Alep divisée et d'empêcher les rebelles notamment islamistes de se réapprovisionner depuis les environs, selon une source de sécurité.

Le régime a repris l'offensive après l'intervention militaire le 30 septembre dans le conflit de la Russie.

Depuis le début du conflit il y a près de cinq ans, plus de 260.000 personnes sont mortes et des millions ont été poussées à la fuite.

Alors que jusqu'à présent les efforts pour une solution politique ont échoué, l'ONU tente de réunir à partir du 25 janvier en Suisse régime et opposition pour des négociations sur un cessez-le-feu et une transition politique. Pour les préparer, le chef de la diplomatierusse Sergueï Lavrov rencontrera mercredi à Zurich son homologue américain John Kerry.

AFP

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Le projet de Facebook Libra est essentiel à la "prédominance du système financier américain" selon Zuckerberg

Illustration dela monnaie virtuelle de Facebook "Libra" - 21 juin 2019.

Le projet de monnaie numérique de Facebook, Libra, permettrait de "perpétuer la prédominance du système financier américain" dans le monde, a argumenté Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, dans un discours qu'il doit prononcer mercredi devant une commission parlementaire américaine.

Dans ses remarques préliminaires publiées mardi, il décrit la Libra comme une innovation financière majeure, nécessaire notamment pour prémunir le pays contre la montée en puissance de la Chine dans le secteur des cryptomonnaies.

Prévue pour être lancée en 2020, la Libra fait face à une levée de boucliers de la part de nombreux gouvernements dans le monde, qui y voient une menace pour la souveraineté économique des Etats.

"Pendant que nous débattons, le reste du monde n'attend pas. La Chine se prépare activement à lancer des idées similaires dans les mois qui viennent", considère Mark Zuckerberg.

"La Libra sera essentiellement adossée aux dollars, et je pense qu'elle va perpétuer la prédominance du système financier américain ainsi que nos valeurs démocratiques dans le monde. Si l'Amérique n'innove pas, notre prédominance financière n'est pas garantie", insiste-t-il.

Le jeune milliardaire a reconnu que les bévues de Facebook sur le respect de la vie privée et la protection des données personnelles peuvent donner l'impression que le réseau social "n'est pas le messager idéal en ce moment".

Mais il a rappelé l'objectif affiché du projet - soutenir les personnes exclues du système bancaire actuel, notamment les migrants -et la structure de la gouvernance prévue, à savoir un conseil indépendant composé d'entreprises et d'organisations à but non lucratif.

"Les gens payent un prix trop élevé, et doivent attendre beaucoup trop longtemps, pour envoyer de l'argent à leur famille à l'étranger", détaille-t-il.

"Le projet Libra doit permettre une meilleure inclusion financière, à bas prix (...). La recherche montre que l'accès aux services financiers peut aider à sortir les gens de la pauvreté. Nous pensons que ce problème peut être résolu, et nous voulons faire partie de la solution", continue-t-il.

Le ministre des Finances américain Steven Mnuchin a réitéré mardi son opposition pour l'heure à ce projet, estimant que de nombreux sujets d'inquiétude n'étaient pas réglés, comme "la question du blanchiment d'argent".

Les saoudiennes autorisées à intégrer les forces armées

Soldats saoudiens à Marib au Yémen, 26 janvier 2018.

Dans le cadre d’un vaste programme de réformes économiques et sociales, les saoudiennes ont été autorisées le 9 octobre à intégrer les forces armées du royaume.

Ryad a récemment multiplié les décisions en faveur des femmes dans ce pays qui applique une version rigoriste de l'islam, mais les organisations de défense des droits humains l'accusent de réprimer parallèlement les militantes.

"C'est un nouveau pas vers l'émancipation", a écrit le ministère des Affaires étrangères sur Twitter, précisant que les femmes pourront seulement accéder aux rangs de soldat de première classe, caporal, sergent et sergent-chef.

L'Arabie Saoudite a autorisé l'année dernière les femmes à intégrer des postes au sein des forces de sécurité.

Sous la houlette du prince héritier Mohammed ben Salmane, plusieurs réformes visant à octroyer des droits aux femmes ont été engagées ces dernières années, comme l'autorisation de conduire ou de voyager à l'étranger sans l'accord préalable de leur "gardien".

Au cours de la même période, une vague de répression a visé plusieurs militantes des droits humains. Certaines d'entre elles restent détenues, comme Loujain al-Hathloul.

Depuis la chute des cours du pétrole ces cinq dernières années, l'Arabie Saoudite, premier exportateur de brut, tente d'améliorer son image à l'étranger pour attirer les investisseurs et les touristes.

Une jihadiste fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion en France

Esquisse d'Inès Madani devant le tribunal correctionnel de Paris lors de son procès pour préparation d'actes de terrorisme le 11 avril 2019.

Inès Madani a fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion pour avoir tenté de faire exploser une voiture près de la cathédrale Notre-Dame à Paris en 2016.

Cette jeune femme de 22 ans, déjà condamnée en avril par la justice à huit ans de prison pour des faits plus anciens, encourait la perpétuité. La cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels et non de jurés, a suivi les réquisitions du parquet en la condamnant le 14 octobre à 30 ans de réclusion criminelle. Les magistrats n'ont cependant pas mentionné de période de sûreté.

"C'est une décision qui s'adresse à l'opinion et qui ne tient compte ni de la réalité des faits, ni de la jeunesse de l'accusée", a déclaré son avocat Laurent Pasquet-Marinacce.

Les parties ont dix jours pour interjeter appel mais bénéficient d'un délai supplémentaire de cinq jours si l'une d'elles fait appel. Les autres accusées ont donc jusqu'à mardi prochain pour se décider.

Les accusées étaient devenues, selon l'expression du parquet, le "visage du jihad au féminin".

Elles ont été condamnées pour avoir voulu lancer des attaques terroristes, en suivant les consignes de Rachid Kassim, propagandiste du groupe État Islamique et inspirateur en 2016 de l'assassinat d'un policier et de son épouse à Magnanville, en région parisienne.

Inès Madani et Ornella Gilligmann (condamnée à 25 ans de réclusion) ont tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, devant des restaurants situés près de Notre-Dame de Paris, en essayant de l'incendier avec du gasoil. Seul le choix de ce carburant, difficile à enflammer, avait permis d'éviter l'explosion.

Après l'échec de cet attentat, Inès Madani s'était retranchée dans l'appartement d'Amel Sakaou (condamnée à 20 ans de réclusion), en région parisienne. Toutes deux avaient été rejointes par Sarah Hervouët (condamnée à 20 ans de réclusion), originaire du sud de la France.

Se sachant traquées, les trois jeunes femmes avaient quitté précipitamment leur appartement le 8 septembre, armées de couteaux de cuisine. Sur le parking, Sarah Hervouët avait porté un coup de couteau à un policier en civil de la DGSI (sécurité intérieure). Inès Madani avait pour sa part couru vers un policier, qui l'avait blessée par balles aux jambes.

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