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Le siège des villes syriennes est "un crime de guerre", selon le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon

Des habitants de la ville assiégée de Madaya au nord-ouest de Damas, en Syrie le 11 janvier 2016.

"Soyons clairs: utiliser la famine comme arme de guerre est un crime de guerre" a déclaré Ban Ki Moon évoquant le sort de Madaya et d'autres villes assiégées par les belligérants en Syrie. Paris, Londres et Washington ont demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU.

Cette réunion -- qui pourrait se tenir dès vendredi -- vise à "alerter le monde sur le drame humanitaire qui se joue à Madaya et dans d'autres villes assiégées de Syrie", a déclaré François Delattre. Il s'agit de "mettre chacun devant ses responsabilités".

Une telle initiative vise aussi "à contribuer à créer des conditions plus favorables pour une reprise du dialogue intersyrien" à dix jours de l'ouverture prévue de négociations de paix à Genève.

Outre les trois pays, cette initiative est aussi soutenue par la Nouvelle-Zélande et l'Espagne, membres non permanents du Conseil.

Le Comité international de la Croix-Rouge a estimé jeudi que l'aide apportée à la ville rebelle de Madaya pourrait ouvrir la voie à la levée des sièges d'autres villes syriennes.

Pour le directeur des opérations du CICR, Dominik Stillhart, "il y a sans doute une ouverture à la suite de cet événement positif qui permettrait de faire des progrès importants vers la levée de ces sièges et de mettre fin à cette tactique médiévale qui consiste à assiéger villes et villages et à les priver d'aide humanitaire".

Il a évoqué lors d'une conférence de presse des négociations pour "maintenir ouvertes les voies d'approvisionnement" et a fait valoir qu'il n'était pas possible de négocier "village par village".

Un nouveau convoi de camions remplis de nourriture et de médicaments est entré jeudi dans Madaya, la ville assiégée par l'armée syrienne devenue le symbole des souffrances de la population civile.

Ce convoi de 44 véhicules est le deuxième, après celui de lundi, à parvenir à Madaya pour y secourir dans l'urgence les habitants affamés. La ville, située à une quarantaine de kilomètres de Damas, est coupée du monde depuis six mois.

Le CICR prévoit de retourner à Madaya dimanche pour livrer du carburant, a indiqué M. Stillhart.

Le levée des sièges de villes syriennes est réclamée depuis des mois par le Conseil de sécurité de l'ONU, en vain jusqu'ici. Il s'agit selon des diplomates d'une mesure de confiance susceptible de faciliter des pourparlers de paix intersyriens qui doivent en principe s'ouvrir le 25 janvier à Genève.

Selon l'ONU, 4,5 millions de Syriens sont dans des zones difficiles d'accès pour les organisations humanitaires et près de 400.000 sont assiégés par les forces du régime ou les groupes armés d'opposition.

Avec AFP

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Stellantis, nouveau géant automobile, met le turbo pour ses premiers pas à la Bourse

Les logos des groupes automobiles Peugeot PSA et Fiat Chrysler formant le nouveau géant Stellantis.

Le titre Stellantis, issu du mariage des constructeurs PSA et Fiat Chrysler, s'affichait en forte hausse sur les Bourses de Paris et Milan à l'occasion de la première cotation sur les marchés de ce groupe automobile mondial.

Le titre Stellantis est en hausse à la Bourse de Paris selon les données d'Euronext, et également en nette progression sur celle de Milan. Le titre sera également coté à partir de mardi à Wall Street.

"Une nouvelle compagnie, un nouveau départ, c'est une performance historique pour nous tous", a déclaré le président du conseil d'administration de Stellantis, John Elkann, avant de sonner symboliquement la cloche à la Bourse de Milan.

"Aujourd'hui est un grand jour, le jour de la naissance de Stellantis", s'est félicité de son côté Carlos Tavares, directeur général du nouveau groupe.

"À partir de ce jour, nous allons tirer parti des avantages de cette fusion de 25 milliards d'euros pour réaliser une performance solide et accroître encore de la valeur pour les actionnaires en nous appuyant sur nos avantages concurrentiels exceptionnels", a-t-il ajouté, cité dans le communiqué d'Euronext.

Les groupes PSA et FCA se sont officiellement unis samedi pour former Stellantis, quatrième groupe automobile mondial.

Les 14 marques du groupe représentent environ 9% du marché automobile mondial, pour 8 millions de véhicules vendus en 2019.

FCA a apporté à Stellantis les marques italiennes et américaines Abarth, Alfa Romeo, Chrysler, Dodge, Fiat, Jeep, Lancia, Maserati et Ram. Fiat s'était séparé de Ferrari en 2016.

PSA avait dans sa besace les françaises Peugeot, Citroën et DS, ainsi que l'allemande Opel et la britannique Vauxhall, rachetées en 2017 à General Motors.

Les actionnaires de PSA ont reçu 1,742 action Stellantis pour chaque titre détenu. Les actionnaires de FCA ont obtenu de leur côté une action du futur ensemble pour chaque titre détenu.

Les Biden, nouvelle Première famille des Etats-Unis

Le nouveau président américain Joe Biden (3e avant à d), sa femme, le Dr Jill Biden (3e à g), et d'autres membres de la famille marchent le long de la route nationale nommée d'après son défunt fils Joseph R. «Beau» Biden III, à Sojevo, Kosovo, le 17 août 2016. (AP/Visar Kryeziu)

Les Etats-Unis s'apprêtent à accueillir la nouvelle première famille, les Biden. C'est une famille soudée, unie notamment par les drames, qui fait son entrée à la Maison Blanche.

Au cours de sa longue carrière politique, Joseph Robinette Biden Jr a pu compter sur le soutien de ses proches mais a aussi dû surmonter plusieurs disparitions.

La Première dame

Jill Biden, la nouvelle Première dame, est sa première alliée.

Elle et Joe Biden se sont mariés en 1977, cinq ans après un tragique accident de voiture qui avait emporté la première épouse de celui qui était alors sénateur du Delaware, Neilia, et leur fille Naomi de 13 mois, laissant leurs deux fils Beau et Hunter grièvement blessés.

Ce sont ces derniers qui lui suggèrent d'épouser celle qui les considère comme ses propres enfants, et avec qui il aura une seconde fille, Ashley.

Jill Biden, 69 ans, connaît bien les couloirs de la Maison Blanche: elle les a parcourus pendant 8 ans, lorsque son mari était le vice-président de Barack Obama.

Titulaire d'un doctorat en sciences de l'éducation, elle enseigne dans une université du nord de la Virginie, près de Washington, où elle veut continuer à travailler pendant le mandat de Joe Biden, comme du temps où elle était "Second Lady".

Elle sera ainsi la première Première dame à poursuivre sa carrière professionnelle, à l'exception de Hillary Clinton, élue sénatrice à la fin du mandat de son mari Bill.

Les enfants Biden

L'histoire de Joe Biden est indissociable de celle de ses enfants, pour le meilleur comme pour le pire. Après la mort de sa première épouse et de sa fille, le natif de Scranton (Pennsylvanie) tout juste élu au Sénat multiplie les allers retours en train depuis le Delaware, à deux heures de Washington, pour élever ses deux fils survivants, Beau et Hunter.

Beau, enfant brillant, intègre l'armée puis devient procureur général du Delaware. On lui prédit un destin national mais il est emporté en 2015 par un cancer fulgurant, laissant Joe Biden fou de douleur.

Hunter, cadet difficile ayant longtemps lutté avec des addictions à l'alcool et à la drogue, n'en a pour autant pas moins le soutien de son père, qui le défend bec et ongles face aux attaques des républicains lors de la campagne électorale de 2020.

Devenu avocat et lobbyiste, Hunter Biden a siégé au conseil d'administration du groupe gazier ukrainien Burisma lorsque son père était numéro deux de Barack Obama, ce qui vaut aux deux d'être accusés de corruption par Donald Trump.

Ashley Biden, 39 ans, milite pour les questions de droits sociaux.

Des soutiens supplémentaires

Mais Joe Biden ne serait rien sans sa soeur Valerie. Celle qui l'aida notamment à élever Beau et Hunter après le décès de sa première épouse, a été de tous ses combats.

Valerie Biden a passé sa vie à porter la carrière politique de son frère, menant toutes ses campagnes électorales -- y compris délégué de classe au lycée -- jusqu'à laisser la place pour celle de 2020, au cours de laquelle elle a continué à l'accompagner, l'aidant entre autres à se préparer aux débats contre Donald Trump.

Chiens et chat

Le 20 janvier, deux bergers allemands devraient trotter aux côtés du démocrate lors de son installation à la Maison Blanche: Champ, dans la famille depuis 2008, et Major, adopté en 2018 dans un refuge.

Et la famille Biden pourrait encore s'agrandir: selon la chaîne CBS, Joe et Jill pourraient adopter un chat, le premier à la Maison Blanche depuis le départ de George W. Bush.

Les États-Unis bientôt de retour dans l'Accord de Paris

Une raffinerie à Port Arthur, Texas, le 2 décembre 2009.

Dès le premier jour de son mandat, Joe Biden veut faire revenir les Etats-Unis au sein de l'Accord de Paris sur le climat. Le président sortant, Donald Trump, était sorti de l'accord en 2019.

Joe Biden avait déjà annoncé qu'il introduirait auprès des Nations Unies la demande du retour des Etats-Unis dans l’Accord de Paris dès le début de son mandat, soit le 20 janvier 2021. Toutefois, conformément au processus, le pays devrait attendre 30 jours avant sa réintégration officielle dans l'accord.

L’accord vise à limiter sous les 2°C l'augmentation de la température moyenne sur Terre, provoquée par l'activité humaine selon le consensus scientifique. Il s’appuie sur des engagements volontaires des Etats de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Toutefois, c’est le premier accord universel et juridiquement contraignant sur le changement climatique. Le texte a été soumis lors de la Conférence de Paris sur le climat (COP21) en décembre 2015. Il a été signé par 197 pays et ratifié par 188 d’entre eux.

Les Etats-Unis, deuxième émetteur mondial, sont le seul pays à être sorti de l’accord.

Pour l'administration Trump, la limite sur le taux d'émissions de carbone imposé par l'accord risquait d'entraver la croissance économique des États-Unis. Washington voyait aussi d'un mauvais oeil les dérogations accordées à certains pays en voie de développement, notamment l'Inde et la Chine.

Le retour des États-Unis dans l'accord fait partie de la première vague d'actions envisagées par Biden dans le but d'annuler les décisions de son prédécesseur jugées extrêmes. D'autres décrets attendus concernent l'immigration, la vaccination anti-coronavirus et la politique étrangère.

Selon le quotidien Politico, un mémo sur les priorités publié samedi par le chef de cabinet de Biden, Ron Klain, ne mentionne pas le retour des États-Unis comme pays membre de l'Organisation mondiale de la santé. L'année dernière, l'administration Trump avait retiré les États-Unis de l'OMS et gelé des millions dollars destinés à cette agence onusienne.

L'opposant russe Navalny attend en cellule de connaître son sort

Le chef de l'opposition russe Alexei Navalny à un point de contrôle des passeports à l'aéroport Sheremetyevo de Moscou, en Russie, le 17 janvier 2021. Les forces de l'ordre s'entretiennent avec lui avant de l'emmener. REUTERS / Reuters TV

Aussitôt atterri, aussitôt interpellé! Le principal opposant russe, Alexeï Navalny, a été arrêté par les services pénitentiaires dimanche dès son arrivée à Moscou depuis l'Allemagne, où il se trouvait en convalescence après un empoisonnement présumé. Il attend toujours pour savoir plus sur son sort.

Charismatique militant anti-corruption et ennemi juré du Kremlin, M. Navalny, 44 ans, est recherché depuis fin décembre par le FSIN, le service en charge des prisons en Russie, qui lui reproche d'avoir violé les conditions d'une peine avec sursis dont il a écopé en 2014.

Alors qu'il s'apprêtait à donner son passeport pour le contrôle à la frontière, aux côtés de sa femme Ioulia, l'opposant a été approché par plusieurs policiers en uniforme qui l'ont emmené. "Il restera en détention jusqu'à la décision du tribunal" sur son cas, a indiqué le FSIN, sans préciser à quelle date elle pourrait avoir lieu.

"Ici, c'est chez moi. Je n'ai pas peur (...) car je sais que j'ai raison et que les affaires criminelles lancées contre moi sont fabriquées de toutes pièces. Je n'ai peur de rien et je vous appelle à n'avoir peur de rien", a déclaré M. Navalny peu avant son arrestation.

Réactions des dirigeants américains et européens

Le président du Conseil européen Charles Michel dénonce comme "inacceptable" l'interpellation de M. Navalny, exigeant sa libération "immédiate". La Lituanie appelle à adopter de nouvelles sanctions contre Moscou et la Pologne à une "réponse rapide et sans équivoque au niveau de l'UE".

Le futur conseiller à la sécurité nationale du président élu américain Joe Biden, Jake Sullivan, a également appelé à la libération de l'opposant et à "tenir responsable" les auteurs de son empoisonnement en août.

Le ministère des Affaires étrangères britannique s'est dit lundi dans un communiqué "profondément préoccupé" par l'arrestation de l'opposant russe Alexei Navalny dimanche à son retour en Russie, plusieurs mois après son empoisonnement présumé.

"C'est effarant qu'Alexey Navalny, victime d'un crime odieux, soit détenu par les autorités russes", a ajouté le ministre des Affaires étrangère Dominic Raab dans un tweet, appelant la Russie à chercher comment "une arme chimique a été utilisée sur (son) sol" plutôt que "de persécuter M. Navalny", dont il appelle à la"libération immédiate".

Alexei Navalny, rétabli après un empoisonnement présumé en août, "a pris la décision consciente de retourner en Russie qu'il considère comme sa patrie personnelle et politique", et le fait qu'il ait été arrêté par les autorités russes dès son arrivée "est totalement incompréhensible", selon M. Maas.

Reconnaissant que la Russie est liée par sa propre constitution et par des obligations internationales à l'égard de l'état de droit et de la protection des droits civils, le ministre social démocrate a ajouté: "bien entendu, ces principes doivent également être appliqués" à Alexei Navalny, qui "devrait être libéré immédiatement".

Alors qu'une "grave attaque empoisonnée" a été commise sur le sol russe à l'égard de M. Navalny, charismatique militant anti-corruption et ennemi juré du Kremlin, l’Allemagne appelle la Russie à "enquêter de manière approfondie sur cette attaque et traduire les auteurs en justice", a encore dit M. Maas.

Alexei Navalny, 44 ans, est recherché depuis fin décembre par le FSIN, le service en charge des prisons en Russie, qui lui reproche d'avoir violé les conditions d'une peine avec sursis dont il a écopé en 2014.

Le chef de file de l'opposition russe était subitement tombé dans le coma en août, alors qu'il revenait d'une tournée électorale en Sibérie. D'abord hospitalisé à Omsk, il avait finalement été évacué vers un hôpital berlinois sous la pression de ses proches.

Trois laboratoires européens ont depuis conclu que l'opposant avait été empoisonné par un agent innervant de type Novitchok, développé à l'époque soviétique à des fins militaires, conclusion confirmée par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) malgré les dénégations de Moscou.

Plus de 150 morts en une semaine de combats au Yémen

Les forces yéménites pro-gouvernementales ont tiré une mitrailleuse lourde au sud de l’aéroport d’Hodeida, dans la province d’Hodeida, au Yémen, le 15 juin 2018.

Quelque 150 rebelles Houthis et soldats progouvernementaux ont été tués en une semaine de combats au sud de la ville stratégique de Hodeida au Yémen, selon un bilan recueilli lundi par l'AFP de sources militaires et médicales.

Selon une source militaire progouvernementale, ces combats ont été provoqués par des attaques des rebelles, qui tiennent la ville portuaire de Hodeida (sud-ouest) et cherchent à étendre leur contrôle plus au sud où sont positionnées les forces loyalistes.

Les affrontements sont les plus violents depuis l'entrée en vigueur d'une trêve négociée par l'ONU en décembre 2018, ont rapporté des habitants, indiquant qu'ils n'avaient pas donné lieu à une avancée des rebelles.

"Le bilan des pertes des deux parties a atteint en une semaine environ 150 morts et 260 blessés", a déclaré à l'AFP un responsable des forces loyales au gouvernement.

Ce bilan a été confirmé du côté rebelle par l'un des chefs locaux des insurgés.

Les combats, dont on ignore s'ils ont fait des victimes civiles, ont baissé d'intensité lundi, après des affrontements violents samedi et dimanche.

Les forces progouvernementales "ont contré plusieurs assauts des rebelles, tuant 44 d'entre eux au prix de 27 morts dans leurs propres rangs", ont précisé deux autres sources au sein du pouvoir.

Des médecins et des secouristes ont avancé quant à eux un bilan de 70 morts et de dizaines de blessés des deux côtés pour les seules journées de samedi et dimanche.

Médecins sans frontières a fait état sur Twitter d'un "regain des affrontements sur les lignes de front dans le sud de Hodeida". L'ONG a ajouté qu'elle travaillait à la mise en place d'un plan pour "répondre à l'afflux de blessés" dans les centres de santé.

Début janvier, cinq femmes ont péri dans le tir d'un obus sur une salle de mariages proche de l'aéroport de Hodeida, situé sur la ligne de front.

Avec des dizaines de milliers de morts, des millions de déplacés et une population au bord de la famine, la guerre a ravagé le Yémen. Et les prédictions de l'ONU pour 2021 restent pessimistes, évoquant notamment "16 millions de personnes qui vont souffrir de la faim".

Le conflit qui oppose depuis 2014 les Houthis, soutenus par l'Iran, au gouvernement, appuyé par l'Arabie saoudite, a plongé ce pays pauvre de la péninsule arabique dans la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU.

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