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Succès grandissant des start-up camerounaises dans l'agro-alimentaire


La start-up "Kenza Market" à Yaoundé, Cameroun, le 23 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Au Cameroun, deux boutiques "Kenza Market" sont opérationnelles à Yaoundé et à Douala grâce à huit employés. En Allemagne, en France et en Belgique, les produits "Kenza Market" seront bientôt dans les rayons des supermarchés.

Avec sa start-up "Kenza Market ", Gaëlle Laure Kenfack est l'une des figures de proue des start-up dans l'agro-alimentaire au Cameroun. La page facebook "Kenza market" est suivie par plus de 14.000 personnes.

"Nos produits sont également écoulés dans les supermarchés du Cameroun. Nous vendons aussi en ligne, et une fois par mois, nous envoyons par fret, les commandes à nos clients en Europe ", explique la promotrice de la start-up "Kenza Market".

Le succès est palpable, mais sa promotrice a le triomphe modeste. Tirée à quatre épingles, cette jeune et dynamique Camerounaise, originaire de la région de l'ouest, a " passé 15 ans en Allemagne, où j'ai étudié et travaillé".

"J'ai décidé de rentrer dans mon pays pour promouvoir nos produits alimentaires. Car, au Cameroun, on peut manger sain, sans ajout, sans colorant, ni additif alimentaire", souligne-t-elle.

"Notre concept est de faciliter la tâche aux femmes qui veulent cuisiner rapidement. Tout est pré-cuisiné et séché, nos huiles sont pressées à froid", explique t-elle à VOA Afrique.

Gaëlle Laure Kenfack semble avoir incité l'entrepreneuriat chez d'autres jeunes Camerounais de la diaspora. Une autre jeune Camerounaise, basée en Allemagne, est promotrice de la start-up " Kilichi 4.0 by Tendo".

Elle s'est spécialisée dans le conditionnement de la viande séchée, prête à consommer, très prisée dans la région du nord du Cameroun. Les emballages viennent d'Europe, mais le design a été conçu par un jeune Camerounais.

"Forum Afrique Genius", la start-up des jeunes Camerounais ingénieux

Trois jeunes Camerounaises travaillent, sous la coordination de Carine Claire Andela, dans " une entreprise sociale " en sa qualité de présidente de l'association des entrepreneurs ingénieux d'Afrique.

L'idée de Carine Andela est simple: "nous recherchons des jeunes capables de transformer nos produits locaux sur l'ensemble du territoire camerounais".

Carine Claire Andela, en compagnie de ses collaboratrices de la startup Forum Afrique Genius, qui promeut la transformation des produits locaux à Yaoundé, Cameroun, le 23 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Carine Claire Andela, en compagnie de ses collaboratrices de la startup Forum Afrique Genius, qui promeut la transformation des produits locaux à Yaoundé, Cameroun, le 23 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

"Nous allons aussi à la découverte des jeunes ébénistes camerounais, bien formés, ingénieux dans leurs ouvrages que nous exposons dans les grands magasins du pays ", précise-t-elle.

"Nous leur donnons une visibilité au travers de notre start-up, qui est une plateforme dénommée "Forum Afrique Genius", renchérit-elle, "l'objectif étant de leur trouver des financements".

Les résultats sont probants: 38 jeunes Camerounais sont sortis de l'anonymat grâce à "Forum Afrique Genius" qui compte aller plus loin en organisant une tournée nationale d'exposition des meilleures transformations locales.

"Un jeune Camerounais à Yaoundé transforme le cacao en savon. Un autre, basé à Bafoussam, fabrique des huiles pour l'entretien des cheveux avec les produits locaux. A Douala, un autre jeune transforme toutes les épices du Cameroun en poudre commercialisable", décrit Carine Andela.

"Start-up Academy", la moule du Cameroun

Depuis février 2016, un jeune Camerounais, Claudel Noubissié, fait parler de lui avec l'implantation de "la Start-up Academy "pour booster les jeunes Camerounais "à rechercher le business modèle qui fonctionne", affirme t-il.

Dans la série de conférences de sensibilisation qu'il organise à cet effet, Claudel Noubissié martèle un même message : "comment exploiter, optimiser et se focaliser sur un business modèle florissant, fruit de sa propre recherche".

Au Cameroun, "c'est aux jeunes de jouer ce rôle", soutient M. Noubissié dont les publications sur la page Facebook "Start-up Academy " sont suivies par plus de 13.000 personnes.

Claudel Noubissié, président de startup academy à Yaoundé, Cameroun, le 23 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Claudel Noubissié, président de startup academy à Yaoundé, Cameroun, le 23 août 2017. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Depuis février 2016, "vingt-six conférences organisées sur le modèle business des start-up, 2.096 jeunes sensibilisés, des contributions à la création, à la mise sur pied de 93 structures pour 101 personnes directes et 702 emplois indirects", rapporte Claudel Noubissié.

Sur le terrain, des actes de reconnaissance ne manquent pas.

"C'est par Start-up Academy que j'ai eu plus de visibilité sur les réseaux sociaux", reconnaît la promotrice de "Kenza Market".

En février 2017, cinq start-up camerounaises se sont distinguées dans un classement annuel des 100 start-up africaines les plus innovantes.

L'initiative de "MyAfricanStartUp" avait pour objectif de soutenir la création et l’innovation pour le développement de l’entrepreneuriat en Afrique.

Emmanuel Jules Ntap, correspondant à Yaoundé

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