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Au Sénégal, des outils numériques simplifient la vie des micro-entrepreneurs

Un cybercafé à Dakar, Sénégal, le 10 août 2006.

Debout devant ses rayons de marchandises, Amadou Bousso tapote sur son smartphone et, aussitôt, un reçu sort d'une micro-imprimante sur le comptoir. Au Sénégal, des outils numériques permettent aux commerçants du secteur informel omniprésent de sécuriser leurs données et de mieux suivre leur clientèle.

Amadou Bousso est un utilisateur de "Weebi", une application destinée aux commerces de proximité (boutiques alimentaires, restaurants, grossistes, blanchisseurs ...). Elle a été distinguée au sommet Afrique-France en janvier à Bamako, lors d'un concours d'innovations numériques lancé par l'Agence Française développement (AFD) et Bpifrance, la banque publique d'investissement française.

Des solutions de ce type visent à offrir aux innombrables petits commerçants, qui n'ont souvent pas les moyens ou le niveau d'instruction pour utiliser des technologies plus élaborées, des outils alliant simplicité, coût abordable et fiabilité.

La mésaventure vécue en 2015 par un boutiquier d'origine guinéenne, à l'origine de "Weebi" selon ses créateurs, est un véritable cas d'école des risques de la comptabilité traditionnelle.

"J'enregistrais des données de clients quand de l'huile s'est renversée sur le cahier" où sont tenus les comptes, raconte Amadou Bawol Bah. Il dit avoir frôlé la ruine, ne parvenant pas à retracer ses opérations, dans un pays où les ménages achètent généralement à crédit et paient à la fin du mois.

C'est de là qu'est née l'idée de "créer une solution pour la sauvegarde des données des clients", explique Cheikh Sène, cofondateur et directeur commercial de cette start-up fondée avec deux autres Sénégalais et un Français.

"Weebi" - qui signifie facile en langue peule, parlée dans beaucoup de pays d'Afrique de l'Ouest, notamment parmi les commerçants - "simplifie les ventes et la facturation. La tablette et le smartphone remplacent le cahier et le stylo", ajoute-t-il. Une imprimante, pour les reçus, complète l'équipement.

Exploitation des données

Sur un créneau voisin, une autre solution, "Somtou" est en train d'émerger. Ce terminal est "un outil de gestion à destination des micro-entrepreneurs", explique Ted Boulou, son fondateur camerounais, il "permet aux acteurs du secteur informel de mieux gérer leurs activités, d'avoir une idée plus précise sur leurs revenus, leur chiffre d'affaires, leurs clients".

"Nous leur apprenons la comptabilité analytique. On regarde les informations pour les transformer en actions concrètes, en leur conseillant par exemple un prix de revient ou une promotion à tel client" en fonction de l'activité, ajoute M. Boulou.

En outre, les données collectées peuvent être utilisées par des institutions, pour des enquêtes ou un financement par exemple, mais avec l'accord préalable des commerçants concernés, assure-t-il.

Marième Assiétou Diagne, qui gère une entreprise de livraison de cuisine diététique, utilisatrice de Weebi depuis quelques mois, y voit "un gain de temps et un gain financier".

"Cela nous permet aussi de faire un suivi client, de savoir quels clients sont réguliers, le nombre de commandes, et aussi combien de plats on sort par jour", souligne-t-elle. "Et aussi de pouvoir récompenser chaque fin du mois les clients les plus fidèles".

Accessible au plus grand nombre

Le coeur de cible visé par "Weebi" et "Somtou" est immense au Sénégal, où le commerce informel est prépondérant, comme dans de nombreux pays africains.

Selon le Recensement général des entreprises (RGE) du Sénégal, publié à la fin du premier trimestre 2017, sur quelque 407.000 "unités économiques" (allant des micro-entreprises aux grands groupes) dénombrées dans le pays, plus de la moitié exercent leur activité dans le commerce.

Or "plus de 96% sont des entreprises individuelles et 97% des unités économiques recensées sont informelles", selon cette enquête réalisée par l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), à partir des données de 2015.

"Weebi" et "Somtou" s'adaptent aux besoins de la clientèle potentielle, souvent analphabète, selon leurs concepteurs.

Ainsi, pour "Somtou", l'appareil se compose "d'un socle en bois dans lequel on va mettre du matériel électronique, un écran tactile, un clavier numérique, le micro pour la reconnaissance vocale", détaille Ted Boulou.

Afin de pouvoir être manié aussi bien par des utilisateurs diplômés qu'illettrés, explique-t-il, les créateurs de "Somtou" ont "pris le pari de faire un outil qui est sans texte, basé uniquement sur la voix et la reconnaissance vocale".

Les premiers pas

Le développement des deux start-ups est encore balbutiant.

"Weebi", actuellement limité à Dakar, compte une quarantaine d'installations de l'application, téléchargeable à partir d'une plate-forme pour 55.000 FCFA (plus de 76 euros), avec l'imprimante, voire plus du double pour une "boîte" complète, avec tablette et socle, indique Cheikh Sène.

La commercialisation de "Somtou" a débuté en mai, par une dizaine d'appareils à Dakar et à Rufisque, près de la capitale, selon Ted Boulou, avec un échelonnement du paiement en fonction des moyens de chacun.

"Certains vont payer 13.000 FCFA (20 euros) par mois pendant deux ans, ou 500 FCFA (75 centimes) par jour pendant deux ans ou payer une seule fois 275.000 FCFA (420 euros). Une centaine de commandes" sont déjà enregistrées, précise-t-il.

Avec AFP

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La bonne foi des dirigeants

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Le chef d'état major des armées remplacé dans un contexte sécuritaire tendu

Arrestation de militaire au Tchad (VOA/André Kodmadjingar)

Le chef d'état major général des armées tchadiennes, en poste depuis six ans, a été remplacé vendredi soir par le président Idriss Deby, moins de 24 heures après une attaque de Boko Haram dans le sud-ouest du pays qui a fait 23 morts dans les rangs de l'armée.

Par décret présidentiel, le chef de l'Etat a procédé vendredi à plusieurs changements à la tête de l'appareil sécuritaire. Le chef d'état major des armées, Brahim Seid Mahamat, a été remercié, après six ans de service.

Il est remplacé par Taher Erda qui était jusque là chef d'état major de l'armée de terre.

Egalement ancien directeur de la police nationale, M. Erda est un très proche du président Deby, avec qui il a combattu à ses côtés avant son accession au pouvoir en 1990.

Aucune explication n'a été donnée mais ce décret intervient alors que 23 soldats tchadiens ont été tués dans la nuit de jeudi à vendredi au cours d'une attaque du groupe djihadiste nigérian Boko Haram dans le sud-ouest du Tchad.

Il s'agit de l'une des attaques les plus meurtrières essuyées par l'armée de N'Djamena depuis le début de la lutte contre les islamistes.

La réorganisation des services de sécurité touche également le cabinet militaire de la présidence.

Un général originaire du Tibesti (région du nord-est du Tchad), a notamment été nommé conseiller du chef de l'Etat chargé de la Défense nationale.

Depuis plusieurs mois, l'armée est déployée dans cette région, théâtre d'affrontements récurrents entre des orpailleurs et l'armée.

Par ailleurs, le Président Déby a également suspendu vendredi le chef d'État Major de l'armée de l'air et son adjoint.

Une annonce qui fait suite à la découverte vendredi des débris d'un hélicoptère de l'armée, qui avait disparu il y a plus d'une semaine, dans le nord du pays. Le crash, dont les causes font l'objet d'une enquête, a fait quatre morts.

Immense pays s'étendant de l'Afrique centrale à la bande sahélo-saharienne, le Tchad, allié des pays occidentaux dans la lutte anti-jdihadiste, est confronté à des défis militaires à chacune de ses frontières.

Le nord du Tchad, frontalier du Soudan, de la Libye et du Niger, est une région volatile du Sahel, désertique et peu habitée. Plusieurs groupes rebelles tchadiens ont établi leur base dans le sud libyen voisin.

Fin janvier, des rebelles tchadiens sont entrés depuis la Libye dans le nord-est du Tchad. Des frappes françaises ont stoppé l'avancée de la colonne.

Cyclone en Afrique australe: plus de 650 morts, risques d'épidémies

Une forêt au Mozambique

Le bilan du cyclone Idai au Mozambique et au Zimbabwe s'est alourdi samedi à 676 morts et devrait encore grimper au fur et à mesure de la progression des secours, qui peinent à atteindre des zones encore coupées du monde, ont prévenu les humanitaires, inquiets des risques d'épidémies.

"C'est un désastre naturel sans précédent. La zone affectée (au Mozambique) est d'environ 3.000 km2. Un désastre qui équivaut aux catastrophes majeures", a estimé samedi le ministre mozambicain de l'Environnement, Celso Correia.

"Malheureusement, personne dans la région ni dans le monde ne pouvait prédire un désastre d'une telle ampleur", a-t-il ajouté depuis Beira (centre), la deuxième ville du Mozambique, partiellement dévastée par les intempéries.

Selon le dernier bilan des autorités mozambicaines, Idai, qui a balayé la semaine dernière l'Afrique australe, a fait 417 morts au Mozambique, pays le plus touché.

Au Zimbabwe, 259 personnes ont été tuées et près de 200, dont 30 écoliers, sont toujours portées disparues.

Mais le bilan final sera "bien plus élevé" car "de nombreuses régions sont encore inaccessibles", a prévenu samedi la directrice générale de l'Unicef, Henrietta Fore.

"La situation va encore empirer avant de s'améliorer", a-t-elle mis en garde. "Les agences humanitaires commencent à peine à voir l'ampleur des dégâts. Des villages entiers sont été submergés, des immeubles rasés, des écoles et des centres de santé détruits", a-t-elle ajouté.

Les opérations de secours et d'acheminement de l'aide, avec hélicoptères, bateaux militaires, pneumatiques, de pêche, se poursuivaient samedi dans des conditions difficiles, compte tenu de l'effondrement de nombreuses routes et ponts.

"On n'a rien, les gens meurent comme des chèvres ou des poules. On n'a aucune aide. On meurt de faim", implore un habitant du district de Buzi (centre), l'un des plus touchés au Mozambique.

"Je suis en vie, mais j'ai tout perdu", témoigne Maria Maposa, évacuée en bateau de cette zone.

Samedi matin, une centaine de rescapés de Buzi sont arrivés au port de Beira, où ils ont reçu une soupe et des habits, a constaté un journaliste de l'AFP.

Nombre d'entre eux avaient besoin de soins après avoir été blessés par des tôles soulevées par des rafales de vent proches de 200 km/heure.

Au total, ce sont environ 2 millions de personnes qui sont affectées par le cyclone et ses inondations en Afrique australe.

- Risques de maladies -

"Il n'y a plus personne bloqué dans des arbres", a affirmé samedi Sebastian Stampa du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

Mais "il y a encore des gens sur les toits" qui ont refusé d'être hélitreuillés, a-t-il ajouté, expliquant qu'ils survivaient en faisant sécher de la nourriture sur des tôles ou des toits-terrasses.

La décrue se poursuivait samedi. Mais Ocha a mis en garde contre de possibles nouvelles inondations en cas de fortes pluies.

A Beira, ville d'un demi-million d'habitants, la population s'attelait à déblayer et reconstruire.

L'électricité était progressivement rétablie dans certains quartiers. L'hôpital a de nouveau été connecté au réseau, selon Celso Correia.

La principale route qui conduit à Beira devrait être accessible dimanche et la voie ferrée est de nouveau utilisable depuis vendredi, "ce qui signifie que l'aide peut arriver plus facilement", s'est-il réjoui.

Des habitants ont commencé à reconstruire avec les moyens du bord des tôles gondolées emportées par le vent, des habitations de fortune.

Dans plusieurs écoles de la ville réquisitionnées, des milliers de rescapés s'entassaient, laissant craindre des épidémies.

"La promiscuité dans les centres d'hébergement, le manque d'hygiène, les eaux stagnantes et infectées posent des risques de maladies comme le choléra, le paludisme et les diarrhées", a prévenu l'Unicef.

Des informations contradictoires circulaient sur d'éventuels cas de choléra.

Le programme alimentaire mondial (Pam), qui distribue la nourriture, a déclenché son niveau d'urgence 3, équivalent aux crises au Yémen, en Syrie ou encore au Sud-Soudan.

"Des dizaines de milliers de personnes ont tout perdu. Avec l'étendue des dégâts qui se précise, le nombre de personnes dans le besoin augmente. On doit faire plus", a estimé le porte-parole du Pam, Herve Verhoosel.

Au Zimbabwe, les rescapés continuaient ce week-end à enterrer leurs morts, tandis que 120 corps ont été emportés par les eaux au Mozambique, selon Ocha.

Cinq morts dont un vice-ministre dans une attaque des shebab à Mogadiscio

La police somalienne et d'autres agents de sécurité enquêtent sur les lieux d'un attentat suicide à la bombe dans la capitale, Mogadiscio, le 1er octobre 2018.

Cinq personnes au moins, dont un vice-ministre du gouvernement somalien, ont été tuées dans une attaque lancée samedi par les insurgés islamistes shebabs contre un complexe administratif de la capitale Mogadiscio.

"J'ai vu les cadavres de quatre personnes, l'un d'eux en uniforme de la police", a dit à l'AFP un témoin, Abdulahi Mohamed. Le sénateur Ilyas Ali Hassan a ajouté que le vice-ministre du Travail et des Affaires sociales, Saqar Ibrahim Abdalla, avait également été tué.

Un premier bilan donné par les services ambulanciers faisait seulement état de onze blessés dans l'attentat à la bombe suivi d'un assaut contre le complexe abritant les ministères des Travaux publics et du Travail. L'opération a été revendiquée par les shebabs.

Un responsable de la police, Ibrahim Mohamed, a ajouté que l'assaut avait pris fin après que la police eut tué quatre assaillants.

"Il y a eu d'autres victimes dont des membres de la police", a-t-il dit sans plus de précisions.

L'opération a commencé par deux explosions près des ministères des Travaux publics et du Travail situés sur une grande rue de Mogadiscio, selon la police et des témoins.

Des hommes armés ont ensuite pénétré dans les bâtiments d'où les forces de sécurité ont évacué de nombreux membres du personnel tandis que des affrontements avaient lieu avec les hommes armés qui avaient réussi à entrer.

L'opération a été revendiquée par le groupe islamiste des shebabs, affilé à Al-Qaïda, qui poursuit une insurrection armée en Somalie contre ce qu'il considère comme une influence hérétique et étrangère.

Les attentats combinant l'explosion de bombes et des assauts d'hommes armés sont devenus une caractéristique des insurgés.

- Attentats en série -

Début mars, au moins 20 personnes ont été tuées dans une attaque des shebabs à Mogadiscio qui avait débouché sur un siège d'environ 22 heures.

Les islamistes ont également revendiqué un attentat à la voiture piégée qui a fait quatre morts et neuf blessés le 7 mars près d'un restaurant de la capitale somalienne, à proximité du palais présidentiel.

Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebabs ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.

Ils ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 20.000 hommes de la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom).

Les Etats-Unis, qui opèrent en coopération avec l'Union africaine et les forces somaliennes, ont accru le nombre de leurs frappes aérienne contre le groupe: 35 en 2017, 47 en 2018, selon le chef du commandement américain en Afrique.

Les frappes se sont poursuivies début 2019. Début mars, le commandement américain pour l'Afrique (Africom) a annoncé avoir tué 26 shebabs dans une frappe aérienne "ciblée" dans la province de Hiran, au nord de la capitale.

L'armée américaine avait annoncé le mois dernier avoir conduit une frappe ayant fait 35 morts dans les rangs shebabs dans la région de Beledweyne (centre).

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