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Un fablab togolais veut créer un réseau d'innovateurs au sein de la communauté


Sénamé Koffi Agbodjinou, architecte togolais et créateur de Woelab à Lomé, au Togo.

Séduit par l’idée des Fablab (combinaison de fabrication et laboratoire), Sénamé Koffi Agbodjinou a lancé Woelab à Lomé, un espace de créativité ouvert à tous. C’est dans cet environnement qu’est créé la première imprimante 3D entièrement construite à base de déchets.

Autour de lui, à Lomé, il ne voit pas seulement une ville. Il y voit de nombreux déchets, et en particulier, des déchets informatiques. “L’imprimante 3D adresse directement une solution à la problématique des déchets informatiques” explique Sénamé Koffi Agbodjinou, un Togolais de 37 ans.

L'imprimante 3D inventée au Woelab à Lomé, au Togo.
L'imprimante 3D inventée au Woelab à Lomé, au Togo.

Son aventure technologique commence en 2012 avec Woelab. Après des études brillantes à Paris dans les meilleures écoles d’art, de design et d’architecture, le Togolais revient à Lomé.

Se considérant architecte avant tout, il focalise son travail sur l’utilisation de dynamique locale et des matériaux à disposition.

“L’idée de notre projet, c’est de développer la ville de demain avec les citoyens eux-mêmes en mettant un laboratoire de fabrication dans chaque quartier”, raconte le jeune homme.

Il a ensuite lancé un autre fablab à deux kilomètres, et ainsi de suite, pour créer un réseau de laboratoire innovant dans toute la ville de Lomé.

“L’idée est que chaque lab que l’on créé doit trouver des solutions dans son périmètre pour gérer la question des déchets, de l’alimentation, ou de l’énergie par exemple”, explique-t-il.

Une première mondiale

Grâce à Woelab, Afate Gnikou, géographe de formation, a réussi à développer son idée d'une imprimante 3D conçue à partir de déchets électroniques à Lomé.

“C’était un projet parfait car il permet de trouver une solution aux déchets informatiques qui s’entassent, mais aussi un programme qui donne l’accès à la fabrication d’objet aux habitants de notre quartier”, confie Sénamé Koffi Agbodjinou.

En 2014, le projet de Afate Gnikou a reçu le Global Fab Award, le prix de la meilleure invention sortie d’un fablab des dix dernières années. D’autres projets ont suivi, comme la participation du fablab en 2013 au Nasa Space App Challenge.

“Sur plus de 700 groupes, nous sommes arrivés dans le Top 30”, se remémore fièrement Sénamé Koffi Agbodjinou.

Un incubateur de start-ups

L’idée de Woelab évolue et se transforme petit à petit.

“À partir de fin 2013, nous avons commencé à nous développer de plus en plus en incubateur”, explique-t-il, avant de poursuivre : “à ce jour, nous avons 11 start-ups incubées. L'incubateur permet de donner un espace aux jeunes qui ont des idées afin de transposer leur projet dans la réalité.

Pour les jeunes, l’idée est de développer “une sorte de Silicon Valley” qu'il appelle entre eux la "Silicon Villa" dans ce territoire particulier, Djidjolé, une bande de terre abandonnée par la ville de Lomé et située tout près de la frontière du Ghana. Les membres de Woelab, situé à la Villa 227, qui y voit un espace où tout est possible.

Cet espace innovant ne passe pas inaperçu au Togo. La ministre togolaise des Postes et de l'Économie numérique, Cina Lawson, a encouragé la fablab à poursuivre dans cette direction.

Pour aller plus loin :

Qu’est-ce qu’un ‘fablab’?

Le mot fab lab est la contraction des mots anglais fabrication laboratory (fabrication et laboratoir en français). C’est habituellement un lieu ouvert au public où il est mis à sa disposition toutes sortes d'outils, notamment des machines-outils pilotées par ordinateur, pour la conception et la réalisation d'objets.

Cette espace s’adresse aux entrepreneurs, artistes, designers et autres bricoleurs qui veulent passer de la phase de concept à la fabrication de la prototype. La mise en place de ce système a été créé par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) à partir d’une charte qui doit être respectée pour être reconnu comme une fablab.

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