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La Somalie arrête un ex-jihadiste candidat à une présidence régionale


Muktar Robow (2ème, à droite), ancien dirigeant et porte-parole du groupe al-Shabab en Somalie à Mogadiscio le 14 décembre 2008.

Un ancien commandant et porte-parole des islamistes somaliens shebab, qui briguait la présidence d'un Etat fédéré du sud du pays lors d'une élection prévue le 19 décembre, a été interpellé jeudi, a annoncé le gouvernement somalien.

Le gouvernement accuse Muktar Robow, qui avait fait défection des shebab en 2017, d'avoir "organisé une milice" à Baïdoa, la principale ville de l'Etat du Sud-Ouest, afin notamment d'y "miner la stabilité".

"Ces actions indiquent qu'il n'avait jamais renoncé à ses idéologies extrémistes et est prêt à nuire à nouveau au peuple somalien", a soutenu dans un communiqué le gouvernement, qui avait jusqu'à présent tenté en vain d'empêcher M. Robow de se présenter à l'élection, au motif qu'il est encore visé par des sanctions américaines.

M. Robow a été arrêté à Baïdoa puis transporté vers la capitale Mogadiscio, où il est détenu, ont indiqué à l'AFP des sources policières, sous couvert de l'anonymat.

Des centaines de personnes sont descendues dans les rues de Baïdoa pour protester contre l'arrestation de M. Robow, qui bénéficie du soutien de plusieurs clans de sa région et est considéré comme un candidat sérieux, ont rapporté plusieurs témoins à l'AFP.

Des coups de feu sporadiques étaient par ailleurs entendus dans la ville, selon les mêmes sources.

"C'est une violation de la démocratie, Robow concourrait dans sa région et son peuple le voulait. Le gouvernement n'a donc aucun droit de l'arrêter, cela va entraîner de la violence", a déclaré Mohamed Cheikh Ali, un résident de Baïdoa, contacté par téléphone.

"Les gens brûlent des pneus et la police tirent des coups de feu pour les disperser", a décrit Osman Adan, un autre habitant de la ville. "La situation est tendue en ville en ce moment".

La candidature de Muktar Robow à la présidence de l'Etat du Sud-Ouest a une nouvelle fois exposé les vives tensions qui existent en Somalie entre les Etats fédérés, qui veulent plus d'autonomie, et le gouvernement central, soucieux de ne pas voir se diluer son pouvoir.

Robow avait fait défection des shebab en août 2017. Un temps l'objet d'une récompense de 5 millions de dollars offerte pour sa capture par le gouvernement américain, l'ex-porte-parole des shebab avait rompu en 2013 avec celui qui était alors à la tête de l'insurrection, Ahmed Abdi Godane. Il s'était ensuite réfugié dans la région de Bakool, sans toutefois rompre complètement avec les shebab.

Ces derniers, affiliés à Al-Qaïda, ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 20.000 hommes de la mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom).

Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebab ont ensuite perdu l'essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d'où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils.

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