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Six préfets toujours bloqués à Bangui

  • VOA Afrique

Le ministre de la Sécurité Publique et de l'Administration du Territoire, Jean Serge Bokassa, à Bangui, le 19 avril 2016. (VOA/Freeman Sipila)

Six préfets centrafricains, parmi les 16 nommés fin août, n'ont toujours pas réussi à rejoindre leur préfecture d'affectation faute de moyens logistiques et en raison de l'insécurité, a-t-on appris mardi auprès du ministre de l'Administration du territoire.

"Six préfets n'ont pas pu rejoindre leur préfecture. C'est des zones où règne l'insécurité, où certains groupes politico-militaires ont exprimé une hostilité à la venue des préfets", a déclaré à l'AFP le ministre Jean-Serge Bokassa joint par téléphone depuis Libreville.

Deux préfets n'ont pu rejoindre leur préfecture pour des raisons logistiques, et quatre en raison de l'insécurité.

Les préfets du Haut-Mbomou (sud-est), de la Nana Gribizi (centre), de la Haute Kotto (nord-est), de la Vakaga (extrême-nord), de la Basse-Kotto (centre-est), et de la Bamingui-Bangoran (nord) sont concernés: des groupes armés sont présents dans chacune de ces préfectures.

"Mais il y a des représentants des groupes armés au gouvernement, qui servent d'intermédiaires pour dialoguer avec les groupes armés. Des solutions ont été trouvées", a-t-il affirmé, alors qu'un remaniement ministériel mi-septembre a acté l'entrée au gouvernement de représentants de plusieurs groupes armés.

Dans la Vakaga, dans l'extrême-nord du pays, le groupe armé Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC, à la tête d'une large coalition opérant dans le nord et l'est du pays) a ainsi demandé dans un communiqué mi-octobre au gouvernement de suspendre "l'envoi des nouveaux préfets" dans la région du nord-est.

"Aucun préfet militaire ne sera installé dans nos zones, on est bien clair", a déclaré à l'AFP un proche de Nourredine Adam (chef du FPRC), Fadoul Bachar, via Whatsapp.

Parmi les seize préfets - dont deux préfètes - nommés, huit sont des militaires.

La Centrafrique peine à sortir du conflit qui a commencé en 2013 avec le renversement du président François Bozizé par l'ex-rébellion de la Séléka, entraînant une contre-offensive des milices antibalaka (antimachettes).

L'intervention armée de la France (2013-2016) et de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca, depuis 2014) a réduit considérablement les violences, qui ont repris en intensité en province depuis le départ de la force française Sangaris.

Passés les faubourgs de la capitale, Bangui, le pouvoir central peine à asseoir son autorité sur les provinces, à majorité contrôlées par groupes armés et autre milices autoproclamées "d'autodéfense".

Ceux-ci s'affrontent désormais pour le contrôle des ressources (diamants, or, bétail,) dans ce pays de 4,5 millions d'habitants, l'un des plus pauvres au monde.

Avec AFP

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