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Sissi semble incontournable malgré la crise dans le sud en Egypte

Une banderole de campagne du président Abdel Fattah el-Sissi à la présidentielle, dans le centre-ville du Caire, le 8 mars 2018.

Dans le village d'Abou Choucha, à 650 km au sud du Caire, les habitants, durement frappés par la crise économique n'envisagent guère d'autre option que de voter pour Abdel Fattah al-Sissi à l'élection présidentielle lundi.

"Nous avons la sécurité seulement depuis Sissi", élu président en 2014, affirme à l'AFP Tarek Mohamed Hafez, un marchand de bétail d'une quarantaine d'année, portant la traditionnelle galabeya du sud égyptien.

Au milieu d'un vaste champ poussiéreux, M. Hafez vend ses vaches dans ce petit village de la province de Qena, s'abritant du soleil sous un tissu tendu entre quelques piquets de bois.

"Nous n'avions aucune espèce de sécurité, les femmes ne pouvaient même pas sortir pour aller chez le docteur", raconte M. Hafez en parlant de la période de chaos qui a suivi la révolution de janvier 2011 ayant provoqué la chute du président Hosni Moubarak.

'Tout est cher'

M. Sissi, qui brigue un nouveau mandat de quatre ans dans le scrutin des 26, 27, 28 mars, aura face à lui un unique candidat, qui est aussi l'un de ses plus fervents soutiens.

>> Lire aussi : Sissi appelle à voter mais nie avoir exclu l'opposition en Egypte

Méconnu au Caire, Moussa Mostafa Moussa, l'adversaire du président, l'est davantage en Haute-Egypte. Il s'est présenté à la dernière minute après que plusieurs autres candidats ont été arrêtés ou découragés, évitant ainsi au président d'avoir à se présenter seul.

Le président sortant, ancien chef de l'armée, avait été élu la première fois en 2014 avec 96,9% des voix, un an après avoir destitué son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi à la faveur de manifestations de masse.

"Personne ne conviendra, sauf Sissi", assure le marchand de bétail tout en demandant au président de "s'occuper de la santé, car les hôpitaux tombent en ruines".

Dans ce marché du mercredi, la plupart des commerçants affichent publiquement leur soutien à M. Sissi pour le prochain scrutin.

Assis sur un banc devant sa maison face au Nil, Hussein Hafez, un retraité de la fonction publique, est du même avis. "Nous ne connaissons pas l'autre candidat, et lui-même (Mostafa Moussa) a dit qu'il voterait pour Sissi", souligne-t-il.

Indépendamment de la situation sécuritaire dans le sud, d'autres comme Adib Halim Beksamos, un mécanicien de 72 ans, évoquent leurs difficultés économiques.

"Les paysans perdent de l'argent car tout est devenu cher... l'électricité est devenue chère, de même que les pesticides", explique M. Beksamos.

En vue de l'obtention d'un prêt de la part du Fonds monétaire international de 12 milliards de dollars sur trois ans, le gouvernement de M. Sissi a décidé de laisser flotter la livre égyptienne, entraînant une forte inflation.

Selon lui, la récolte d'un feddan (0,42 hectare) de laitue se vendait, avant la dévaluation de la devise égyptienne en novembre 2016, 10.000 livres (environ 1.000 euros à l'époque) et se vend désormais 3.000 livres (environ 150 euros).

"M. Sissi est un homme bon et tout ce qu'il a fait était bon, mais la hausse des prix est terrible et je me demande s'il peut rendre (les prix) plus abordables, car les travailleurs n'ont pas assez pour vivre", déplore le septuagénaire dans sa galabeya grise de travail.

Outre la dévaluation, les autorités ont mis en place une taxe sur la valeur ajoutée, réduit les subventions d'Etat sur le gaz et l'essence, et augmenté les prix de l'électricité.

Environ 28% des 96,6 millions d'Egyptiens vivent sous le seuil de pauvreté, et le taux de pauvreté dépasse 50% dans certaines régions du sud, selon des chiffres officiels.

'Pourquoi voterais-je?'

A 70 km au nord d'Abou Choucha, à Sohag, capitale de la province du même nom, les affiches de soutien au président Sissi sont moins nombreuses qu'au Caire. Quant à celles de son adversaire, elles sont inexistantes.

>> Lire aussi : Ces Egyptiens du Printemps arabe qui n'iront pas voter

Dans cette grosse bourgade de plusieurs centaines de milliers d'habitants, nombreux sont ceux qui mettront un bulletin Sissi dans l'urne lundi.

Maher Bechai, 66 ans, vendeur de matériel cycliste, affirme qu'il votera pour lui "pour un, deux, trois ou quatre mandats, car il veut construire notre pays".

D'autres sont un peu moins enthousiastes.

"J'espérais juste pouvoir choisir entre plusieurs candidats", explique un employé de pharmacie qui a préféré garder l'anonymat pour des raisons de sécurité.

Othman, 21 ans, qui travaille dans une usine de briques, ne montre pas un grand intérêt pour l'élection. "J'ai mon travail, je soutiens (financièrement) mes frères et soeurs, ma femme... Je ne sais pas comment le pays est dirigé, donc pourquoi voterais-je et que vaudrait mon opinion?"

Avec AFP

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Référendum en Egypte: la révision constitutionnelle controversée renforçant Sissi approuvée

Un poster géant du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi au Caire, en Égypte, le 25 mars 2018.

La révision constitutionnelle controversée permettant la prolongation de la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, et renforçant les pouvoirs de l'ex-maréchal, a été approuvée par référendum à 88,83%, a annoncé mardi l'Autorité nationale des élections.

Le président de cet organisme, Lachine Ibrahim, a précisé lors d'une conférence de presse au Caire que 11,17% des électeurs "se sont prononcés contre" cette réforme et que "le taux de participation (...) a atteint 44,33%".

Les Egyptiens ont voté du samedi 20 au lundi 22 pour ou contre la modification de plusieurs articles de la Constitution de 2014, qui limitait notamment la présidence à deux mandats consécutifs de quatre ans.

Le scrutin de trois jours s'est déroulé "dans un climat démocratique stimulé par la liberté", a insisté M. Ibrahim. Mais le référendum a été organisé en un temps record, quatre jours après un vote au parlement, et sans véritable débat de fond dans les médias sur les enjeux de la réforme.

"Le référendum s'est déroulé dans un environnement tellement injuste et non libre que ses résultats ne peuvent prétendre à une quelconque légitimité", a dénoncé Michael Page, directeur adjoint de l'ONG Human Rights Watch pour l'Afrique du nord et le Moyen-Orient.

Le président Sissi a rendu hommage sur Twitter à ses concitoyens "qui ont ébloui le monde par leur conscience nationale des défis auxquels est confrontée notre chère Egypte".

L'ex-maréchal, aujourd'hui âgé de 64 ans, a été élu président en 2014 avec 96,9% des voix, un an après avoir renversé avec l'armée, à la faveur d'un mouvement populaire, le président islamiste Mohamed Morsi. Il a été réélu en 2018 à 97,08%.

La révision constitutionnelle permet de faire passer le deuxième mandat de M. Sissi de quatre à six ans, portant son terme à 2024. L'ex-maréchal pourra se représenter à un troisième mandat, de six ans, lors de l'élection de 2024.

Environ 27 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes sur les plus 61 millions enregistrés dans le pays le plus peuplé du monde arabe, selon M. Ibrahim.

- "Dangereux précédent" -

Au-delà du mandat présidentiel, la révision constitutionnelle permet le contrôle du chef de l'Etat sur le système judiciaire, avec un pouvoir de nomination des chefs de juridictions. La réforme octroie également un pouvoir politique à l'armée, pilier du régime de M. Sissi.

"Ces amendements constitutionnels renforcent l'exécutif et l'armée au détriment d'un système judiciaire et législatif affaibli", a expliqué à l'AFP Mai El-Sadany, responsable des questions juridiques au groupe de réflexion The Tahrir Institute for Middle East Policy (Timep), basé à Washington.

Selon elle, la réforme "mine la séparation des pouvoirs, porte atteinte à l'Etat de droit et réduit au silence les espaces pour la dissidence indépendante".

Pour Moustafa Kamel al-Sayed, professeur de sciences politiques à l'Université américaine du Caire, les amendements créent un "dangereux précédent".

"Le pouvoir sera concentré entre les mains d'un seul homme (le président). Il sera très difficile de revenir en arrière car qui abandonnera autant de pouvoir?", a-t-il déclaré à l'AFP.

Les partisans de la révision constitutionnelle défendent de leurs côtés sa nécessité pour la stabilité du pays, dans un pays en crise économique et voisin de plusieurs pays troublés, en Afrique et Moyen-Orient, comme le Soudan et la Libye.

Avec AFP

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33 morts dans des inondations et glissements de terrain en Afrique du Sud

Le port de Durban, en Afrique du Sud, le 25 mars 2013.

Au moins 33 personnes ont été tuées mardi par des pluies torrentielles qui ont provoqué des inondations et des glissements de terrain à Durban et dans sa province, sur la côte est de l'Afrique du Sud, ont annoncé les autorités.

"Les fortes pluies ont fait 33 morts", a déclaré Mme Nomusa Dube-Ncube, ministre de la province du KwaZulu-Natal, dont Durban est la principale métropole.

Dix enfants sont portés disparus à Durban et 42 personnes ont été blessés, a-t-elle ajouté. Parmi les morts figure un bébé de six mois et un enfant d'une dizaine d'années.

Au moins 145 personnes ont été déplacées par les inondations, selon le gouvernement.

En plus de maisons écroulées et de routes inondées, des conduites d'évacuation d'eau sont bouchées et des pylones électriques sont tombés.

Des renforts militaires ont été envoyés en soutien aux services de secours dans certaines zones particulièrement touchées par les pluies.

Les précipitations ont touché durant le week-end et la nuit de lundi à mardi tout le sud et l'est de l'Afrique du Sud.

Les services météorologiques sud-africains ont averti de la poursuite jusqu'à mercredi de cette épisode de précipitations, pouvant notamment affecter les axes routiers et les ponts situés dans les zones les plus basses du pays.

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