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Guinée Équatoriale

Sipopo, la vitrine dorée et déserte du régime équato-guinéen

Un homme passe devant une affiche électorale du parti d'opposition PCSD-Baboro de la coalition social-démocrate à Malabo le 23 avril 2016.

"Ici, on n'entend que le bruit de ses pas” : à Sipopo, station balnéaire construite en banlieue de Malabo pour accueillir un sommet de l'Union africaine en 2011, règne un calme absolu. Avec peu de voitures et encore moins de piétons, l'endroit peine à attirer hommes d'affaires et touristes.

"C'est absolument fantastique, je n'avais jamais vu ça dans la région", s'exclame un conseiller d'un ministère d'Afrique centrale venu pour une réunion régionale et tout juste débarqué dans la capitale de la Guinée équatoriale.

Le long des seize km d'autoroute qui relie Malabo à Sipopo, il contemple le paysage, émerveillé. Un à un, des ministères ultra-modernes, des sculptures spectaculaires et des logements sociaux flambant neufs défilent.

Sur la trois-voies, aucune voiture ou presque ne circule.

Pays d'un peu plus d'un million d'habitants devenu le troisième producteur subsaharien de pétrole, la Guinée équatoriale s'est lancée grâce à ses pétro-dollars dans une ambitieuse politique de grands travaux.

C'est dans ce cadre, et pour accueillir le 17e sommet de l'Union africaine, que Sipopo avait été construite ex-nihilo. Avant, il n'y avait que de la forêt ; deux ans de travaux et 600 millions d'euros ont suffi à transformer la zone en un écrin doré.

Pour l'occasion, 52 villas pour les présidents -toutes équipées de piscine-, un monumental centre de conférence, un hôtel de luxe avec golf et une gendarmerie sont sortis de terre.

Un projet pharaonique, décrié à l'époque dans un pays où la majorité de la population reste pauvre et où le régime est régulièrement dénoncé par des organisations de défense des droits de l'homme pour l'ampleur de la corruption qui s'y pratique.

- "C'est déprimant" -

Après le sommet, Sipopo sera une "importante destination touristique", avait annoncé à son inauguration le président Teodoro Obiang Nguema, 76 ans, qui dirige le pays d'une main de fer depuis qu'il est arrivé au pouvoir en 1979.

Mais huit ans plus tard, en dépit de la végétation luxuriante, la station balnéaire a des airs de plaine désertique.

"Il n'y a jamais personne", constate un Equato-guinéen. Il explique le peu de touristes par le fait qu'"il est très difficile d'avoir un visa".

Malabo a récemment annoncé vouloir assouplir les démarches d'obtention de visa et renforcer le secteur touristique, alors que le pays, en crise économique depuis la chute des cours du pétrole en 2014, cherche à diversifier son économie.

L'Organisation mondiale du tourisme ne dispose d’aucun chiffre sur le tourisme en Guinée équatoriale et le gouvernement n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.

Durant le week-end de Pâques, hormis un couple espagnol en lune de miel, quelques familles en vacances et les participants de la réunion régionale d'une banque de développement, les 200 chambres de l'unique hôtel semblent bien vides.

"C'est déprimant, il n'y a personne", lâche un client en voyage d'affaires.

L'hôtel a bien accueilli des équipes de football africaines lors de la Coupe d'Afrique (CAN) qu'organisait Malabo en 2015, ou encore Julio Iglesias, venu pour un concert en 2012.

Mais aujourd'hui, dans le hall vide du palace, seul le regard du président Obiang, dont un immense portrait peint en noir et blanc est accroché au mur, veille sur la réception.

Tout avait pourtant été prévu pour accueillir les touristes : un centre commercial en brique rouge avait été construit en 2014 pour abriter 50 magasins, un bowling, deux salles de cinéma et un espace de jeu pour enfants, selon son site internet.

"Pas encore ouvert", indique un employé de l'hôtel de luxe. "Si vous voulez acheter un souvenir, il faudra aller à Malabo !”

- Femme du président -

Pour se restaurer, un complexe abritant plusieurs restaurants a été aménagé. "Mais il faudrait vérifier qu'ils sont bien ouverts en ce moment", souffle un autre employé, peu sûr de lui.

Un hôpital a aussi été construit, juste après les villas présidentielles - “vides depuis", selon plusieurs personnes interrogées par l'AFP

L'une de ces villas avait accueilli l'ex-président gambien Yahya Jammeh au moment où il avait été contraint de fuir son pays en 2015.

En contre-bas, se trouve "le seul endroit à Sipopo où il y a un peu de monde", une plage publique.

Elle "offre aux couples équato-guinéens la possibilité de se détendre, en toute discrétion", raconte un habitué du coin. Mais "il faut avoir les moyens pour venir ici", tempère un autre.

Il faut débourser "au moins 6.000 francs (9 euros) pour un aller-retour en taxi, plus le péage" de l'autoroute.

La nuit tombe sur Sipopo, et pointe à l'horizon un peu d’animation : une à une, des berlines de luxe et autres voitures rutilantes arrivent dans la cité balnéaire et se garent sur le parking d'un restaurant, de luxe lui aussi.

Le lieu a l'habitude d'accueillir les diners officiels. A Sipopo, il se dit qu'il appartient à la femme du président, Constancia Mangue de Obiang.

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Londres sanctionne le vice-président équato-guinéen, indignation à Malabo

Teodorin Obiang Nguema, vice-président et fils du president Teodoro Obiang Nguema, aux côtés sa compagne danoise Christina D. Mikkelsen, ancienne miss Danemark, lors d'une distribution de jouets aux enfants défavorisés à Malabo, le 23 décembre 2014.

La Guinée équatoriale a rejeté des sanctions "unilatérales et illégales" imposées par le Royaume-Uni contre un haut dignitaire de ce pays d'Afrique centrale, selon un communiqué rendu public samedi par les autorités équato-guinéennes.

La dénonciation de Malabo intervient 48 heures après que Londres a annoncé des sanctions contre le vice-président Teodorin Obiang Mangue, qui est par ailleurs un fils du président Teodoro Obiang Nguema Mabosogo, au pouvoir depuis 1979.

Les autorités britanniques ont justifié les sanctions contre M. Obiang Mangue, 46 ans, en évoquant des allégations de "détournement de fonds publics" et des pots-de-vin qui lui auraient permis de financer un train de vie somptueux.

Il aurait consacré plus de 500 millions de dollars à l'acquisition de résidences de luxe à travers le monde, d'un jet privé, de voitures et d'objets de collection liés au chanteur Michael Jackson.

Malabo arrête la construction d'un mur à la frontière
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"Les sanctions sans fondement imposées par le gouvernement britannique trouvent leur justification dans les manipulations, les mensonges (...) que promeuvent certaines organisations non gouvernementales contre la bonne image de la Guinée équatoriale", selon le communiqué des autorités, qui évoque des sanctions "unilatérales et illégales".

Le vice-président "n'a réalisé aucun investissement au Royaume-Uni", poursuit le communiqué.

Ces sanctions, qui prévoient un gel des avoirs et des interdictions d'entrée au Royaume-Uni, ont été prises dans le cadre d'un régime de sanctions anticorruption qui avait déjà permis de punir en avril 22 individus de six pays différents, dont la Russie.

Les autorités équato-guinéennes rejettent "des sanctions juridiquement infondées", exigent "que celles-ci soient levées dans les plus brefs délais" et perçoivent "comme un geste inamical l'attitude du gouvernement britannique".

"Les mesures que nous avons prises aujourd'hui ciblent des individus qui se sont enrichis aux dépens de leurs citoyens", a déclaré jeudi le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, dans un communiqué.

Le vice-président de Guinée équatoriale a été sanctionné notamment pour avoir "détourné de l'argent public sur son compte en banque personnel" et pour avoir "sollicité des pots-de-vin".

Ce n'est pas la première fois que des allégations de corruption pèsent sur le vice-président. Par le passé, son nom a été dans des affaires dites des "biens mal acquis" en France, en Suisse et aux États-Unis. Des accusations qu'il rejette.

L'OPEP va relever le plafond de production pétrolière de 5 pays

Un pompiste remplit une voiture d'essence dans le quartier central des affaires d'Abuja, au Nigeria, le 1er avril 2020.

L'OPEP et les pays alliés, réunis au sein de l’OPEP+, ont convenu dimanche de relever les limites de production imposées à cinq pays, mettant fin à un différend qui avait fait chavirer les prix mondiaux de l'énergie.

Le désaccord, déclenché par la demande des Émirats arabes unis d'augmenter leur propre production, avait temporairement bouleversé une précédente réunion du cartel. Dans un communiqué publié dimanche, le cartel a annoncé que l'Irak, le Koweït, la Russie, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis verraient leurs limites augmenter.

Bonus pour l'Algérie et le Nigeria

Selon les nouvelles limites de production, les Émirats arabes unis pourraient produire jusqu'à 3,5 millions de barils de pétrole brut par jour à partir de mai 2022. Ce chiffre est inférieur aux 3,8 millions de barils par jour qu'ils cherchaient à obtenir au départ. La limite de l'Arabie saoudite, qui est de 11 millions de barils par jour, passerait à 11,5 millions, tout comme celle de la Russie. L'Irak et le Koweït ont connu des augmentations moins importantes.

En Afrique, le Nigeria et l'Algérie pourraient également voir leurs plafonds revus à la hausse.

En perte de vitesse depuis quelques années, l'OPEP a du mal à s’imposer comme dans les années 1970. Lorsque les États-Unis, qui ne font pas partie du Cartel, ont commencé à augmenter leur propre production pétrolière, l’OPEP a dû faire appel à des pays tiers comme la Russie pour diminuer ensemble l’offre pétrolière sur le marché et stabiliser le prix du baril.

C’est ainsi que naît en 2016 ce que l'on appelle l'OPEP+.

Les pays membres de l'OPEP sont l'Algérie, l'Angola, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, l'Iran, l'Irak, le Koweït, la Libye, le Nigeria, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Venezuela. Les membres de l'OPEP+ sont l'Azerbaïdjan, Bahreïn, Brunei, le Kazakhstan, la Malaisie, le Mexique, Oman, la Russie, le Soudan et le Sud-Soudan.

Avec Reuters et Associated Press.

Explosions meurtrières de Bata: 35 et 50 ans de prison pour deux militaires

Un homme blessé assisté par des militaires à Bata, en Guinée équatoriale le le 7 mars 2021. (Photo by - / TVGE / AFP)

Deux militaires en Guinée équatoriale ont été condamnés à 35 et 50 ans de prison pour négligences dans des explosions qui avaient fait 107 morts et 615 blessés en mars dans un camp de l'armée et ses environs, a annoncé samedi la radio-télévision d'Etat.

Le tribunal militaire de Bata, la capitale économique de ce petit pays d'Afrique centrale, "a condamné vendredi à 35 ans de prison le lieutenant-colonel Valentin Nzang Ega et à 50 ans le caporal José Antonio Obama Nsue", a énoncé la radio-télévision d'Etat (TVGE).

Le 7 mars, au moins trois explosions avaient littéralement ravagé le camp de Nkoa-Toma de Bata et de nombreux quartiers voisins d'habitations après qu'un incendie provoqué par un écobuage mal maîtrisé avait mis le feu à l’arsenal et l'armurerie de l'emprise militaire.

Le lieutenant-colonel Nzang Ega, le chef de ce camp abritant des forces spéciales et des gendarmes ainsi que leurs familles, et le soldat Obama Nsue ont été reconnus coupables par le tribunal militaire qui les jugeait à huis-clos d'"homicides, dommages, incendie, négligence, imprudence punissable ayant provoqué des décès".

Le parquet militaire avait requis 70 ans de prison contre le caporal et 30 ans contre le lieutenant-colonel.

Les deux hommes ont en outre été condamnés à payer 10 millions de francs CFA (environ 15.000 euros) à chaque famille des victimes. Les verdicts des tribunaux militaires ne sont pas susceptibles d'appel ni de recours en cassation.

L'inamovible président Teodoro Obiang Nguema, qui dirige à 79 ans le pays d'une main de fer depuis près de 42 ans, avait annoncé quelques jours après le drame l'ouverture d'une enquête et accusé les responsables du camp de "négligences". Mais rien n'a filtré depuis sur l'enquête, ni sur les faits exacts reprochés aux deux condamnés.

Les très puissantes déflagrations, espacées de plusieurs minutes, avaient rasé les édifices du camp et éventré ou aplati d'innombrables maisons des quartiers environnants.

La ville de Bata abrite environ 800.000 des quelque 1,4 million d'habitants de ce petit État riche de son pétrole et de son gaz, mais où la grande majorité de la population vit sous le seuil de pauvreté.

L'armée est toute puissante et choyée par ses dirigeants dans ce pays à l'économie en berne en raison de la chute des cours des hydrocarbures depuis 2014, dont elle dépend à 90%. La Guinée Equatoriale avait consacré 95 milliards de francs CFA à la Défense (140 millions d'euros) dans son budget 2020 contre 59 milliards à l'Éducation (90 millions d'euros).

Les 15 marins enlevés dans le golfe de Guinée ont été libérés

Le Bataillon camerounais d'intervention rapide près de la péninsule de Bakassi, dans l'ouest du Cameroun, près de la frontière nigériane, le 5 mai 2009.

Les 15 membres d'équipage d'un navire-citerne enlevés par des pirates il y a plus d'un mois au large du Bénin, en Afrique de l'Ouest, ont été libérés a annoncé mercredi soir la compagnie maritime néerlandaise qui les emploie.

"De Poli Tankers est heureux d'annoncer que les 15 membres d'équipage kidnappés sur leur navire Davide B dans le golfe de Guinée le 11 mars dernier ont été libérés et sont maintenant en sécurité", a fait savoir Chiara de Poli, PDG de la compagnie, dans un communiqué.

"Les marins sont sains et saufs et peuvent retourner dans leurs familles en Europe de l'Est et aux Philippes et commencer à se remettre de cette expérience traumatisante", a-t-elle ajouté.

Le Davide B, Transportant des produits chimiques, avait été pris d'assaut par des pirates alors qu'il naviguait à quelque 210 milles nautiques (389 kilomètres) au sud de Cotonou, au Bénin.

Le golfe de Guinée, qui longe les côtes d'Afrique de l'Ouest, du Sénégal à l'Angola est devenu la route commerciale maritime la plus dangereuse au monde et les attaques de navires et les enlèvements contre rançons, perpétrés par des pirates nigérians, sont devenus très fréquents.

L'année dernière, 130 des 135 enlèvements de marins recensés dans le monde ont eu lieu dans ce golfe, soit plus de 95%, selon un récent rapport du Bureau international maritime.

Le premier transporteur maritime mondial, l'armateur danois Maersk, a appelé début mars au déploiement rapide d'une importante opération internationale pour lutter contre la piraterie dans le Golfe de Guinée.

Explosions de Bata: Distribution de repas pour les sinistrés

Cette image du 24 mars 2021 montre des dommages à un bâtiment situé dans le camp militaire de Bata où une explosion a eu lieu le 7 mars, tuant 107 personnes et provoquant des dommages importants dans les quartiers voisins.

Ils crient, chahutent, tendent les bras. Près de deux cents enfants se bousculent pour récupérer leur plat de pâtes, à quelques centaines de mètres du camp militaire dont les arsenaux ont explosé le 7 mars, tuant 107 personnes et ravageant Bata, la capitale économique de Guinée équatoriale.

Entassés sous une tente, dans une chaleur étouffante, certains enfants pleurent, d'autres se chamaillent dans un fort brouhaha. Il y a ceux qui s'occupent de leur petit frère, qui tiennent des nourrissons dans leurs bras, et ceux qui se laissent balloter calmement par le flot, dans le but d'arriver devant la maigre barrière de bois, et saisir enfin ce qu'ils attendent avidement: le repas journalier transmis par les volontaires de l'ONG espagnole Remar.

Depuis les très puissantes explosions qui ont fait selon un bilan officiel 107 morts et 615 blessés, cette association espagnole aide la population locale, fournissant chaque jour plus de 500 repas chauds aux sinistrés.

Situé à près de 300 mètres du camp militaire ravagé par les déflagrations, le siège de cette association chrétienne n'est pas sorti indemne. Des tôles du plafond se sont effondrées, les fenêtres ont été soufflées. La distribution se déroule donc sous des tentes, dans la cour de l'établissement.

"Nous n'avons rien"

"Je suis venu parce que j'ai faim", clame le petit Justo Ela, deux ans seulement, venu avec plusieurs de ses frères. Les enfants sont en première ligne. Un peu plus loin, les adultes, principalement des femmes et quelques personnes âgées, attendent patiemment leur tour.

"Remar nous sauve de la faim, nous n'avons rien et ils nous donnent à manger", remercie avec ferveur Blandina Eva, une jeune fille de 16 ans.

Bata abrite environ 800.000 des quelque 1,4 million d'habitants de ce petit pays d'Afrique centrale riche de son pétrole et de son gaz, mais où la grande majorité de la population vit sous le seuil de pauvreté.

De nombreux sinistrés n'ont plus rien. Et ils ont déserté très vite les abris temporaires, essentiellement des écoles et collèges, ouverts par les religieux juste après le drame, où tout manquait selon des témoins, pour les logements de proches ou pour retourner au village.

Les bénéficiaires de l'ONG Remar, créée en 1982 pour venir en aide aux plus vulnérables, vivaient déjà pour la plupart dans la précarité avant la catastrophe. Ils ont perdu le peu qu'ils avaient dans l'explosion.

"Ici, nous n'avons reçu aucune aide depuis qu'il y a eu les explosions. Heureusement que Remar nous distribue le repas car nous n'avons plus rien dans nos maisons", se désole Felicidad Obono, 46 ans.

Cette capture vidéo obtenue par l'AFPTV auprès de TVGE le 7 mars 2021 montre un homme blessé assisté par des militaires à Bata, en Guinée équatoriale.
Cette capture vidéo obtenue par l'AFPTV auprès de TVGE le 7 mars 2021 montre un homme blessé assisté par des militaires à Bata, en Guinée équatoriale.

Grande précarité

"Nous essayons d'aider, nous distribuons chaque jour à midi cinq à six cents repas aux gens, qui viennent de plus en plus nombreux", souligne à l'AFP Rufino Dyombe, un volontaire de l'association.

Le gouvernement a assuré avoir débloqué 10 milliards de francs CFA, soit environ 15 millions d'euros, en faveur des victimes, mais les sinistrés qui viennent chercher de quoi manger à Remar assurent ne rien avoir reçu.

Dans la rue, les maisons sont éventrés, de nombreux habitants de Bata ont déserté la ville. Ceux qui sont restés cherchent à reprendre leur vie d'avant, mais ne peuvent souvent pas retourner dans leurs habitations dont les murs menacent de s'écrouler, quand ils ne sont pas déjà à terre. Les travaux coûtent trop chers pour les ménages modestes.

A quelque 300 mètres de là, un barrage policier contrôle les entrées et sorties sur le site militaire, littéralement rasé par l'explosion. Des pelleteuses déblayent encore d'innombrables gravats.

L'inamovible président Teodoro Obiang Nguema, qui dirige la Guinée équatoriale d'une main de fer depuis près de 42 ans, avait lancé une enquête, affirmant que le sinistre avait pour origine un feu d'écobuage mal maîtrisé par un fermier à proximité des dépôts d'explosifs et de munitions.

Il avait aussi accusé les militaires responsables du camp de "négligences", pour avoir stocké sans protection ni surveillance autant d'explosifs au beau milieu de quartiers d'habitations.

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