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Sénégal

Le président Macky Sall tente l'apaisement dans une passe ardue

Le président du Sénégal Macky Sall, à la 74ème AG de l'ONU, New York, le 24 septembre 2019.

Le président sénégalais Macky Sall vient d'accomplir coup sur coup deux gestes spectaculaires de réconciliation avec ses adversaires pour atténuer la contestation dans ce pays communément cité en exemple de fonctionnement démocratique en Afrique.

Mais Macky Sall prend le risque de voir certains opposants sortir du purgatoire et revenir disputer son leadership, soulignent des analystes.

Le premier acte s'est joué vendredi à Dakar lors de l'inauguration de ce qui est présenté comme la plus grande mosquée d'Afrique de l'Ouest. L'évènement à caractère religieux et social a pris une tournure politique quand, sur l'entremise d'un des plus éminents guides spirituels du pays, M. Sall a serré la main de son prédécesseur Abdoulaye Wade, des retrouvailles tout sauf fortuites et abondamment photographiées.

MM. Wade et Sall ne se parlaient plus. L'ancien président (de 2000 à 2012) tient l'actuel (depuis 2012) pour responsable du sort de son fils et héritier politique, Karim Wade.

Karim Wade a été condamné en 2015 à six ans de prison ferme et à plus de 210 millions d'euros d'amende pour "enrichissement illicite". Après trois ans de prison, dont deux en préventive, il a été gracié par le président et libéré en 2016. Il vit depuis en exil au Qatar.

Deuxième acte de pacification dimanche, au profit d'un autre proscrit. M. Sall gracie Khalifa Sall, détenu depuis deux ans et demi. Khalifa Sall, qui n'a aucun lien de parenté avec le chef de l'Etat, avait été condamné à cinq ans de prison sous l'accusation d'avoir détourné environ 2,5 millions d'euros en tant que maire de Dakar.

Ce sont deux anciens rivaux de Macky Sall qui étaient hors course.

A la présidentielle de février, Karim Wade avait été désigné candidat du Parti démocratique sénégalais (PDS, opposition) dirigé par son père. Mais sa candidature avait été rejetée par le Conseil constitutionnel.

"Décrispation"

Quant à Khalifa Sall, le triomphe que lui ont fait ses supporteurs à travers Dakar à sa sortie de prison rend compte de la portée de la grâce présidentielle. Lui non plus n'avait pu concourir à la présidentielle.

Depuis dimanche, le mot "décrispation" est sur toutes les bouches.

Macky Sall, réélu au premier tour en 2019 pour en principe un deuxième et dernier mandat s'achevant en 2024, "était dans une situation assez délicate", explique à l'AFP le journaliste et politologue Babacar Justin Ndiaye. "Il y a une conjoncture délétère dans le pays avec une impopularité croissante. Il avait besoin de ce grand coup".

Macky Sall, 58 ans, mène une politique de grands travaux pour mettre son pays, en pleine croissance économique, sur la voie de l'émergence. La stabilité du pays de 15 millions d'habitants et la perspective du début de l'exploitation de gaz et de pétrole en 2022 servent ses plans.

Mais la réduction des dépenses publiques et l'augmentation des prix alimentent la grogne.

Un reportage de la BBC sur l'attribution des marchés de gaz et de pétrole et la mise en cause du frère du président ont rejailli sur Macky Sall.

Les récents dégâts humains et matériels causés par la saison des pluies ont exaspéré la population.

Faille institutionnelle

La présidentielle elle-même, pourtant saluée pour une régularité rare sur le continent, a laissé des traces. Les adversaires de Macky Sall dénoncent sa dérive autoritaire.

Le quotidien gouvernemental le Soleil notait que la politique d'émergence et l'exploitation en vue des hydrocarbures nécessitaient "un climat politique apaisé et un environnement des affaires des plus attractifs".

Plus incisif, Alioune Tine, fondateur du think-tank Afrikajom Center, voit dans les récents actes du président "une bouée de sauvetage".

La question est cependant posée de l'éventuel retour de bâton. Pour l'instant, Khalifa Sall et Karim Wade restent privés de leurs droits civiques.

Mais, pour l'analyste Babacar Justin Ndiaye, le prochain fruit de la réconciliation entre Abdoulaye Wade et Macky Sall, "ce sera le retour de Karim Wade".

"Les deux cas, Khalifa Sall et Karim Wade, sont forcément liés et seront couronnés par des amnisties" leur permettant de recouvrer leurs droits civiques, assure-t-il.

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Génocide rwandais: l'ancien ministre Ngirabatware transféré au Sénégal

Augustin Ngirabatware (D), ancien ministre rwandais de l’urbanisme, est assis à côté de son avocat Cecil John Maruma (G) lors de sa première comparution devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha, le 10 octobre 2008

L'ancien ministre rwandais Augustin Ngirabatware, condamné à 30 ans de prison pour son rôle dans le génocide au Rwanda en 1994, purgera le restant de sa peine au Sénégal, a indiqué mercredi la justice internationale.

Dans un document daté du 28 mai, rendu public mercredi, le juge Carmel Agius a ordonné le transfert de M. Ngirabatware au Sénégal "pour l'exécution de sa peine dès que possible après le prononcé du jugement" dans une autre affaire.

Dans ce dossier distinct, M. Ngirabatware et trois de ses proches ont été reconnus coupables le 25 juin d'avoir cherché à soudoyer et intimider des témoins dans le but d'annuler la condamnation pour génocide à l'encontre de l'ancien ministre.

Né en 1957 à Nyamyumba, M. Ngirabatware est le gendre de l'homme d'affaires Félicien Kabuga, accusé d'être le financier du génocide et arrêté en mai 2020 près de Paris.

Ministre du Plan au moment du génocide, qui a fait 800.000 morts selon l'ONU, essentiellement des membres de la minorité tutsi, Augustin Ngirabatware a été condamné en appel en 2014 par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), pour génocide et incitation à commettre le génocide dans sa commune de Nyamyumba (nord-ouest).

La condamnation avait été confirmée en 2019 au terme d'une procédure de révision de son procès devant le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), qui a pris le relais du TPIR.

Docteur en économie formé en Suisse, M. Ngirabatware avait fui le Rwanda en juillet 1994. Il avait travaillé dans des instituts de recherche au Gabon et en France, avant d'être arrêté en Allemagne en 2007 puis transféré au TPIR un an plus tard.

Fête de la Tabaski: à Dakar, pas d'affluence chez les vendeurs de moutons

A Dakar, les points de vente sont installés un peu partout au Sénégal, le 20 juillet 2021. (VOA/Seydina Aba Gueye)

La Fête de l’Eid, communément appelée Tabaski, est l’une des célébrations religieuses les plus respectées au Sénégal avec notamment le sacrifice du mouton. Mais pour la deuxième année consécutive, elle sera célébrée en pleine pandémie de Covid-19. 

A quelques heures de la Tabaski, les éleveurs étaient installés un peu partout dans les rues et places de Dakar. D'habitude, les moutons de race sont très prisés malgré leur cherté.

Avec la conjoncture, Samba Diallo préfère ne pas en vendre cette année. Il est basé à Liberté 6, les prix de ses bêtes varient entre 100.000 et 400.000 francs. Sa moyenne de vente : 1 à 2 moutons tous les 3 jours. "Il y a de cela 3 ans nous ne vendions que des moutons de race. Cependant avec la crise sanitaire et la conjoncture, les acheteurs de moutons de race se font rares", se plaint-il.

Amadou sow est également éleveur. Il a commencé a exposer ses moutons depuis 10 jours. Il n’a vendu aucun mouton. Pourtant pour ses prix se veulent abordables et varient entre 100.000 et 350.000 f CFA.

"Les acheteurs se font rares en ce moment, sûrement c’est parce qu'ils n’ont pas d’endroit où garder le mouton. Les prix sont abordables, le moins cher coûte 100.000 F et le plus cher 350 000 francs CFA. Ils viennent demander les prix mais n’achètent pas. La preuve je n’ai pas encore vendu de mouton, une première pour moi si je compare cette opération Tabaski avec les éditions passées", se plaint-il.

Comment les Maliens ont passé la Tabaski
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Assane est un père de famille qui habite à Ouest foire, il n’a pas encore acheté le mouton de la Tabaski. Pour lui, conjoncture ou pas, il va accomplir ce rituel religieux, en bon croyant il reste optimiste et place toute sa confiance entre les mains du bon Dieu.

"C’est évident je vais acheter un mouton, même s' il faut le reconnaître les temps sont durs. Je crois en Dieu et je lui fais confiance, il va me donner de quoi faire le sacrifice d' Abraham et le fera avec tout le monde, c’est mon intime conviction, ça va aller pour tout le monde même si le contexte économique est particulier", dit-il d’un air résigné.

Le président des éleveurs a annoncé une quantité importante de moutons disponibles pour les besoins de la Tabaski. Il parle de plus de 27.000 bêtes réparties dans les régions.

A Dakar, dans chaque quartier est installé un point de vente. Seulement les éleveurs ont avoué qu'en ce moment les acheteurs viennent au compte-gouttes. La conjoncture ne leur permet pour le moment pas de prétendre acheter les moutons avec les prix actuels.

La troisième vague du Covid-19 préoccupe les autorités sénégalaise

Une rue de Dakar, la capitale du Sénégal, le 15 juillet 2021.

Une 3e vague de covid19 est annoncé sur le continent africain. Au Sénégal, si plusieurs variants ont été détectés, les mesures préventives sont plus que jamais négligées.

L'organisation mondiale de la santé (OMS) alerte depuis des semaines sur l'arrivée d'une 3e vague de Covid-19 en Afrique. Au Sénégal, l'Institut de Recherche en Santé, de Surveillance Épidémiologique et de Formations (Iressef) a confirmé la présence de variants préoccupants dont le très redouté Delta. Le directeur de l’Iressef, professeur Souleymane Mboup, conforte l'OMS et sollicite plus de vigilance.

"Avec cette épidémie on a vraiment senti une fatigue, ce qui est normal. A un certain moment, il y a eu des mesures que tout le monde respectait. Au fur et à mesure de l'évolution de la pandémie, surtout à la fin de la deuxième vague, on a senti qu'il y a eu un relâchement", souligne le scientifique. Mais l'information importante est qu'il faut se préparer à une 3e vague, d’après le Pr Souleyemane Mboup.

"Dans des pays en Afrique on voit la présence de ces variants préoccupants, le variant britannique est pour le moment majoritaire, suivi du variant indien. Et ce qu’on sait c’est qu’il se propage très rapidement", prévient-il.

Paradoxalement face à cette situation alarmante décrite par les autorités sanitaires, on constate un relâchement de la part des populations.

A Dakar, un jeune homme qui a requis l’anonymat semble minimiser l'arrivée d'une 3e vague. Nous l’avons rencontré dans la rue sans masque.

"Sincèrement je ne crois pas à l'arrivée de la 3e vague de coronavirus. Pourquoi ? parce qu’on nous avait déjà annoncé la deuxième vague avec des conséquences désastreuses pourtant rien de tout cela ne s'est produit", affirme-t-il. Le jeune homme conclut son propos en reprenant les mots des autorités. "Le président avait dit d'apprendre à vivre avec le virus. C'est ce que nous faisons. Donc avec ou sans 3e vague, la vie continue et nous allons vivre", dit-il d’un ton amusé.

Trouvé à un arrêt de bus, Ousmane Samba pense que les Sénégalais ne sont pas conscients des dangers que pose le virus.

"Nous négligeons les effets néfastes du virus. Nous entendons tous la hausse des cas mais on s’obstine à vouloir dire qu'il n'y aura pas 3e vague. De plus arrêtons d’accuser l’État de tous les maux. Nous n’avons qu'à porter des masques, respecter les gestes barrières et utiliser du gel hydro alcoolique", suggère-t-il.

Au Sénégal, le vaccin gratuit anti-covid ne fait pas courir
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Salif Diop est en phase avec Ousmane Samba. Pour lui, l'arrivée de la 3e vague est due au relâchement.

"Nous ne respectons pas les mesures préventives et nous avons tendance à baisser les bras d’où l’augmentation des cas", estime-t-il.

Malgré le relâchement constaté, certains continuent à suivre scrupuleusement les mesures barrières.

Porter son masque, se laver les mains régulièrement Ali, un sexagénaire, dit prendre toutes ces précautions pour éviter de contracter le virus. "Je vois les cas augmenter donc je continue le port du masque et le lavage fréquent des mains", affirme-t-il avec sérénité.

Malgré la découverte de vaccin, au Sénégal les cas augmentent.

Si d'aucuns pensent qu'il faut vivre avec le virus, d'autres continuent à respecter les gestes barrières et les règles d'hygiène. La seule constante est que nous assistons à une augmentation des cas notamment ceux dits communautaires.

COVID-19: A Dakar, "avec ou sans 3e vague, la vie continue"

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Un data center accueilli comme une révolution au Sénégal

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