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Sénégal

Dakar fait un triomphe à son ancien maire, gracié et libéré

Khalifa Sall devant la presse, le 19 mars 2009 à Dakar.

L'ex-maire de Dakar Khalifa Sall, en prison depuis deux ans et demi, a retrouvé la liberté dimanche à la faveur d'une grâce présidentielle, et a été acclamé par une foule en liesse lors d'une traversée nocturne de la capitale sénégalaise.

La remise en liberté de Khalifa Sall, réclamée par les soutiens de cet adversaire du chef de l'Etat sénégalais Macky Sall, a surpris les Sénégalais, bien qu'elle intervienne dans contexte de décrispation politique orchestrée par des chefs religieux musulmans.

Dès la nouvelle connue, ses partisans se sont massés devant la prison de Rebeuss à Dakar, d'où Khalifa Sall est sorti vers 20H00. Ils ont ensuite accompagné son convoi à travers plusieurs quartiers de la capitale, dont Grand Yoff, bastion électoral de ce socialiste de 63 ans au visage juvénile, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Acclamé au long du trajet, l'ex-maire s'asseyait par moment sur la portière de sa voiture, levant les bras en signe de victoire. Après un court arrêt devant la nouvelle grande mosquée de Dakar, inaugurée vendredi, le convoi est arrivé en milieu de nuit dans le quartier des Parcelles Assainies, où vit la mère de l'édile, selon les médias sénégalais.

Khalifa Sall, sans lien de parenté avec le président Macky Sall, a bénéficié d'une "remise totale des peines principales" pour lesquels il avait été définitivement condamné en août 2018, selon un décret publié dans l'après midi de dimanche.

Deux de ses anciens collaborateurs, condamnées en même temps que lui, ont également été graciés.

Khalifa Sall avait été condamné pour "faux en écriture et escroquerie portant sur les deniers publics" dans l'affaire dite de la "caisse d'avance", portant sur la gestion de la mairie de Dakar, qu'il avait remportée en 2009 et 2014.

Il a été reconnu coupable du détournement d'environ 2,5 millions d'euros, prélevés entre 2011 et 2015 sur les caisses de la ville. Il nie ces accusations, arguant que les maires de Dakar ont toujours eu à leur disposition une somme destinée à leur action politique.

- "Dignité" -

Khalifa Sall, dont les ennuis judiciaires ont débuté lorsque qu'il s'est désolidarisé de la coalition bâtie autour du président Macky Sall, a toujours considéré que ces poursuites visaient à l'empêcher de se présenter à la présidentielle de février 2019, ce qu'avaient démenti les responsables de la majorité.

Interpellé en mars 2017, il avait fait campagne depuis sa cellule pour les législatives de juillet de la même année. Elu, il n'a pas pu siéger. Il a aussi été révoqué de ses fonctions de maire et n'a pu se présenter à la présidentielle de 2019, remportée dès le premier tour par Macky Sall, au pouvoir depuis 2012.

"Je remercie le chef de l'Etat, qui m'avait promis cette libération. Il l'a fait", a salué une de ses proches, Sowam Wardini, qui lui a succédé à la mairie.

L'opposant Ousmane Sonko, arrivé troisième lors de la présidentielle a fait part de sa "joie immense". "Je salue sa dignité et souhaite son rétablissement plein dans ses droits civiques", a ajouté le député.

"Je lui souhaite un bon retour au sein de sa famille et un heureuse reprise de ses activités auprès des forces vives de la nation qui luttent pour son émancipation", a twetté un autre opposant, Madické Niang.

S'il bénéficie d'une grâce, Khalifa Sall n'est pas pour autant amnistié. L'amende à laquelle il a été condamné reste due et sa condamnation n'est pas effacée, ce qui ne lui permet en principe pas de recouvrer ses droits civils, notamment celui de se présenter à une élection.

- Décrispation -

L'Alliance Pour la République (APR), le parti présidentiel, s'est félicité de cette "décision courageuse et républicaine qui s'inscrit dans la volonté du président de décrispation et de consolidation de la paix sociale".

Le processus de main tendue à l'opposition s'est accéléré sous l'égide du chef spirituel de la puissante confrérie des mourides, qui a présidé à la spectaculaire réconciliation entre Macky Sall et son prédécesseur, Abdoulaye Wade, à l'occasion de l'inauguration de la nouvelle grande mosquée à Dakar.

Selon une source proche du dossier, il concerne également le dossier d'un autre opposant, fils et ex-ministre d'Abdoulaye Wade, Karim. Ce dernier avait été condamné en 2015 à six ans de prison et à plus de 210 millions d'euros d'amende pour "enrichissement illicite", ce qu'il a toujours nié.

Après trois ans de prison, il a bénéficié d'une grâce présidentielle et a été libéré le 24 juin 2016, mais il vit à l'étranger et reste sous la menace d'une nouvelle arrestation s'il rentre au Sénégal sans payer son amende.

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Musulmans et chrétiens sénégalais doivent désormais prier chez eux

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La foi des Sénégalais à l'épreuve du coronavirus

À Dakar, les mosquées sont fermées à cause de l’état d’urgence, le 29 mars 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Dans une société sénégalaise très religieuse, musulmans et chrétiens ne peuvent plus aller prier dans les lieux de cultes. A cause de l'interdiction des rassemblements décidée par les autorités pour lutter contre le covid19. Situation inédite que la majorité comprend et accepte.

Après une première semaine mouvementée au Sénégal marquée par des affrontements entre forces de l'ordre et fidèles autour de plusieurs mosquées du pays, le calme est finalement revenu avec l'instauration de l'état d'urgence.

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Les guides religieux demandent désormais aux fidèles de prier chez eux. Pour certains, c'est à contrecœur que ces injonctions sont suivies.

C’est le cas de Pape Diop, un habitant de Dakar pour qui la prière collective est primordiale. « La prière chez les musulmans c’est quelque chose de sacré », souligne-t-il. « Le fait de ne pas prier, c’est très stressant, mais bon vu que ce sont des mesures d’hygiène on est obligé de les respecter ».

Sa vision des choses n'est pas totalement partagée par Ibrahima Kouyaté qui va à la mosquée depuis 20 ans sans discontinuité. Pour lui, l'état d'urgence impose des mesures exceptionnelles auxquelles tout le monde doit se plier.

"Un musulman sain d’esprit qui comprend les choses n’a pas à avoir peur ni à être affecté psychologiquement par la fermeture des mosquées. C’est un mal nécessaire en fait parce que déjà on voit que dans les pays les plus développés ils n’ont pas assez d’outils sanitaires à plus forte raison nous autres pays sous-développés", dit-il.

Du côté de la communauté chrétienne, les autorités ont pris les devants en annulant toutes les messes et célébrations religieuses bien avant l'instauration de l'état d'urgence. Une nouvelle donne qui ne change rien pour les fidèles comme Gustave Sadio.

"La foi c’est dans le cœur, la foi, c’est de l’amour. On est dans une période où il faudra adorer Dieu en esprit", clame-t-il. "La seule chose qui importe pour nous c’est la santé , la santé de tout un chacun parce que ça fait partie de notre quotidien et cela fait partie de prier Dieu et d’adorer le Père", précise-t-il.

L'état d'urgence décrété par le président Macky Sall a eu pour conséquence la fermeture des lieux de culte dans tout le pays afin d'éviter les rassemblements qui peuvent favoriser la propagation du nouveau coronavirus.

Pour les Sénégalais qui sont très ancrés dans la croyance religieuse, c'est une mesure difficile mais que la majorité comprend et accepte comme un sacrifice nécessaire dans la lutte contre le covid19.

Le Sénégal compte 162 cas confirmés de coronavirus à ce jour.

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