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Sénégal

Décès d'une figure du Parti socialiste ségalais

President of the High Council of Collective Territories Ousmane Tanor Dieng arrives for the inauguration ceremony of the Blaise Diagne International Airport on December 7, 2017 in Diass, east of Dakar.

Le dirigeant socialiste sénégalais Ousmane Tanor Dieng, allié du président Macky Sall et ancien collaborateur de ses prédécesseurs Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf, est décédé lundi en France, à 72 ans, des suites de maladie.

Ousmane Tanor Dieng, né en janvier 1947, est décédé à Bordeaux (sud-ouest de la France) où il était soigné, a-t-on précisé dans son entourage.

Responsable de la coalition présidentielle, il dirigeait le Haut Conseil des collectivités locales, une institution issue de la révision constitutionnelle de 2016 à la tête de laquelle l'avait nommé le chef de l'Etat.

M. Sall a salué dans un communiqué "un homme d'Etat d'une dimension exceptionnelle", ainsi qu'un "allié éminent et loyal, un grand militant du Sénégal".

Ousmane Tanor Dieng était le secrétaire général du Parti socialiste (PS), formation appartenant à la coalition au pouvoir et qui a mené le Sénégal à l'indépendance en 1960 et l'a dirigé jusqu'en 2000, date de l'élection du libéral Abdoulaye Wade.

Ce diplomate de formation, issu de l'Ecole nationale d'administration et de magistrature de Dakar (Enam), a été conseiller diplomatique de Senghor (1960-1980) avant de devenir, comme ministre d'Etat à la présidence, le principal collaborateur et homme de confiance du président Diouf (1981-2000). Il a été un opposant irréductible à Abdoulaye Wade (2000-2012).

Cet homme d'Etat placide, ancien député et ancien responsable de l'Internationale socialiste, était loué par plusieurs responsables sénégalais pour ses qualités de républicain.

Ousmane Tanor Dieng n'était pas un grand tribun, étant plutôt réputé pour sa belle plume, une raison pour laquelle le président-poète, Senghor, l'avait appelé à ses côtés, selon des membres du PS.

Ses détracteurs lui ont imputé le déclin depuis 2000 du PS, dont il a été à deux reprises le candidat malheureux, aux présidentielles de 2007 et 2012, et qui ne joue plus les premiers rôles au Sénégal. M. Dieng s'en est toujours défendu.

Ils lui ont notamment reproché de n'avoir pas soutenu l'ex-maire de Dakar, Khalifa Sall, un dissident du PS en détention depuis mars 2017 et dont les partisans attribuent les difficultés judiciaires à sa volonté de se présenter contre Macky Sall en 2019.

Khalifa Sall, exclu du PS, a été condamné en août 2018 en appel à cinq ans de prison pour "escroquerie portant sur les deniers publics" d'environ 2,5 millions d'euros prélevés entre 2011 et 2015 sur les caisses de la Ville de Dakar. Son recours contre sa révocation de la mairie de Dakar a été rejeté la semaine dernière par la Cour suprême.

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La société civile sénégalaise prévoit de nouvelles manifestations

Les forces de sécurité prennent position le 5 mars 2021 lors d'affrontements avec des partisans du leader de l'opposition Ousmane Sonko, qui a été arrêté suite à des accusations d'agression sexuelle, à Dakar, au Sénégal.

Le Sénégal va au-devant de nouvelles journées à hauts risques à partir de lundi, un collectif formé après l'arrestation du principal opposant au pouvoir ayant appelé samedi à de nouvelles manifestations.

Après avoir connu pendant trois jours ses pires troubles depuis des années, le pays habituellement considéré comme un îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest et sa capitale Dakar ont connu une relative accalmie samedi, jour de relâche d'ordinaire.

Des actes de saccage et de pillage ont cependant continué à être rapportés, y compris contre des enseignes françaises.

La tension n'est pas retombée pour autant. Le collectif Mouvement de défense de la démocratie (M2D), comprenant le parti de l'opposant arrêté, des partis d'opposition et des organisations contestataires de la société civile a appelé "à descendre massivement dans les rues" à partir de lundi.

Le même jour, le député Ousmane Sonko, dont l'arrestation a mis le feu aux poudres mercredi, doit être présenté à un juge. La décision du magistrat de le relâcher ou de l'écrouer s'annonce lourde de conséquences.

Ousmane Sonko, le 3 février 2019.
Ousmane Sonko, le 3 février 2019.

Le collectif réclame "la libération immédiate de tous les prisonniers politiques illégalement et arbitrairement détenus", le rétablissement du signal suspendu de deux chaînes de télévision accusées d'avoir diffusé "en boucle" des images des troubles, et une enquête sur ce qu'il appelle un "complot" du pouvoir.

Usure

Le collectif, donnant lecture d'un communiqué dans les locaux du parti de M. Sonko, s'en est durement pris au président Macky Sall, qualifié "d'apprenti dictateur". Il a perdu "l'autorité morale" pour rester président, a dit un des leaders du mouvement, Cheikh Tidiane Dieye. Il s'en est tenu à ces mots quand la presse lui a demandé si le collectif appelait les Sénégalais à réclamer la démission de M. Sall, président depuis 2012.

Le Sénégal est le théâtre depuis mercredi d'affrontements entre jeunes et forces de sécurité, de pillages et de saccages. L'arrestation de M. Sonko, troisième de la présidentielle de 2019 et pressenti comme un des principaux concurrents de celle de 2024, a provoqué la colère de ses partisans, mais aussi, disent de nombreux Sénégalais, porté à son comble l'exaspération accumulée par la dégradation, au moins depuis le début de la pandémie de Covid-19 en 2020, des conditions de vie dans un pays déjà pauvre.

Un garçon passe devant un graffiti sur un mur d'un supermarché Auchan saccagé, sur lequel on peut lire "Macky dégage", à Dakar, Sénégal, le 5 mars 2021.
Un garçon passe devant un graffiti sur un mur d'un supermarché Auchan saccagé, sur lequel on peut lire "Macky dégage", à Dakar, Sénégal, le 5 mars 2021.

Quatre personnes ont été tuées, disent les autorités, chiffres difficilement vérifiables d'autres sources alors que prolifèrent les informations non-vérifiées.

M. Sonko a été arrêté officiellement pour trouble à l'ordre public, alors qu'il se rendait en cortège au tribunal où il était convoqué pour répondre à des accusations de viol portées contre lui par une employée d'un salon de beauté dans lequel il allait se faire masser pour, dit-il, soulager ses maux de dos.

Personnalité au profil antisystème, le député crie au complot ourdi par le président pour l'écarter de la prochaine présidentielle.

Les manifestations croient au "complot". Ils expriment individuellement l'usure des épreuves quotidiennes et la lassitude vis-à-vis du pouvoir. Un certain nombre montrent la France du doigt, premier partenaire commercial vu comme l'un des principaux soutiens étrangers de M. Sall.

Appels au dialogue

Le Mouvement de défense de la démocratie a désigné les "parrains étrangers" à qui Macky Sall s'emploierait à "faire plaisir".

Le président élu sur la promesse de mettre son pays sur la voie de l'émergence a démenti fin février avoir quoi que ce soit à voir avec les ennuis judiciaires de M. Sonko. Il a depuis gardé le silence, mais la pression augmente pour qu'il prenne la parole.

Samedi, c'est son ministre de l'Intérieur Antoine Félix Abdoulaye Diome qui a tenu un langage vigoureux. ​"Toutes les personnes auteures d'actes criminels seront recherchées, arrêtées, poursuivies et traduites devant la justice", a-t-il menacé.

La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a appelé "toutes les parties à la retenue et au calme". L'Union africaine a exprimé sa "préoccupation" et son attachement à un solution "par la voie pacifique, le dialogue et dans le strict respect de l'ordre".

Un couple d'ingénieurs lance une marque d'aliments bio pour bébés

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Affaire Ousmane Sonko: situation "plus que chaotique" à Dakar

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Affrontements au Sénégal alors que le chef de l'opposition est détenu

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Troubles au Sénégal: le député Sonko chez le juge sans ses avocats

Des Sénégalais marchent devant le palais de Justice à Dakar, le 21 septembre 2015.

Le député sénégalais Ousmane Sonko, principal opposant au pouvoir, était vendredi matin dans le cabinet d'un juge à Dakar pour être interrogé après deux jours de troubles consécutifs à son arrestation, ont indiqué ses avocats.

"Ousmane Sonko est entré dans le bureau du doyen des juges. On a refusé l'accès à ses avocats", a dit Me Abdoulaye Tall à des journalistes près du palais de justice. M. Sonko a été amené au juge en vertu d'un mandat délivré dans l'enquête sur des viols dont il est accusé et qu'il réfute, selon ses avocats.

Mais la confusion règne quant à savoir si c'est bien dans cette procédure qu'il était interrogé.

Plusieurs quartiers de la capitale et différentes villes du pays réputé comme un îlot de stabilité en Afrique de l'Ouest ont été le théâtre d'affrontements entre jeunes et forces de police, de saccages et de pillages de magasins, en particulier sous enseigne française, après l'arrestation de M. Sonko mercredi.

M. Sonko a été arrêté officiellement pour trouble à l'ordre public, alors qu'il se rendait en cortège au tribunal où il était convoqué pour répondre à des accusations de viol.

L'arrestation du troisième de la présidentielle de 2019, pressenti comme un des principaux concurrents de celle de 2024, a provoqué la colère de ses partisans. Elle a aussi, disent de nombreux Sénégalais, porté à son comble l'exaspération accumulée dans ce pays pauvre face à la dureté de la vie depuis au moins un an et le début de la pandémie de Covid-19.

Affaire Ousmane Sonko: fumée noire et jets de pierres à Dakar
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Après deux jours de détention dans les locaux de la gendarmerie et de tensions grandissantes, "Ousmane Sonko est entré dans le bureau du doyen des juges. On a refusé l'accès à ses avocats", a dit Me Abdoulaye Tall à des journalistes près du palais de justice.

Entre son interrogatoire et un appel à manifester en sa faveur lancé dans tout le pays par un collectif, la journée de vendredi s'annonçait lourde de menaces.

Un important dispositif de police entourait le palais de justice dans le quartier du Plateau, centre névralgique du pouvoir. A quelques centaines de mètres, les abords de la présidence ont été bouclés par des barrières derrière lesquels ont été positionnés des blindés.

L'un des avocats de M. Sonko, Me Bamba Cissé, a dit redouter que son client ne soit écroué à l'issue de son audition, un acte susceptible de redoubler la colère.

L'autoroute pour cible

M. Sonko, 46 ans, fait l'objet depuis début février d'une plainte pour viols et menaces de mort déposée contre lui par une employée d'un salon de beauté dans lequel il allait se faire masser pour, dit-il, soulager ses maux de dos.

Personnalité au profil antisystème et au discours impétueux, le député réfute ces accusations. Il crie au complot ourdi par le président Sall pour l'écarter de la prochaine présidentielle.

Le président a démenti fin février, mais gardé le silence depuis sur l'affaire, alors que les incidents se sont poursuivis dans la nuit en banlieue de Dakar et ailleurs et menaçaient de reprendre vendredi.

Les manifestations ont fait au moins un mort jeudi dans le sud du pays.

Jeudi soir, des manifestants ont attaqué les locaux du quotidien gouvernemental le Soleil et de la radio RFM, appartenant au groupe de presse privé du chanteur et ancien ministre Youssou Ndour, jugés proches du pouvoir.

Des témoins ont rapporté que des manifestants s'en prenaient dans la nuit du haut des passerelles aux automobilistes sur l'autoroute dans la banlieue de Dakar. Les locaux de plusieurs enseignes françaises, dont Auchan, ont été attaqués depuis mercredi. Les écoles françaises dans le pays ont fermé. L'agence d'Air France dans le centre avait tiré le rideau.

Le gouvernement a prévenu qu'il prendrait "toutes les dispositions nécessaires au maintien de l'ordre public". Il a aussi mis en garde "certains médias" contre les conséquences de leur couverture "tendancieuse".

Dès jeudi soir, les autorités ont annoncé suspendre le signal de deux chaînes de télévision privées coupables selon elles d'avoir diffusé "en boucle" des images de violence.

Les réseaux sociaux ont rapporté des perturbations sur internet, à l'instar de celles observées dans un certain nombre de pays à l'initiative des gouvernants dans les périodes de crise.

Netblocks, observatoire qui surveille de telles coupures, a confirmé des restrictions sur les réseaux sociaux et les applications de messagerie, affectant le partage de photos et de vidéos sur Facebook, YouTube, WhatsApp et Telegram selon lui.

Les autorités ont interdit la circulation des deux-roues à moteurs jusqu'à samedi soir. Les défenseurs des droits s'émeuvent de la réponse apportée par les autorités aux évènements.

"Les autorités sénégalaises doivent immédiatement cesser les arrestations arbitraires d'opposants et d'activistes, respecter la liberté de réunion pacifique et la liberté d'expression, et faire la lumière sur la présence d'hommes armés de gourdins aux côtés des forces de sécurité", a déclaré Amnesty International dans un communiqué.

La fédération nationale de football a annoncé suspendre toutes les compétitions "jusqu'à nouvel ordre" en raison de "l'indisponibilité plus que probable" des forces de sécurité.

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