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Selon un ministre, le Maroc ne "reconnaitra jamais" la RASD


Une manifestation contre l'ONU sur la question de sa partialité dans le Sahara à Rabat, Maroc, le 13 mars 2016.

Le Maroc, qui vient de faire son retour à l'Union africaine (UA), ne "reconnaîtra jamais" la République arabe sahraouie démocratique (RASD), a déclaré à la presse le ministre marocain délégué aux Affaires étrangères.

"Non seulement le Maroc ne reconnaît pas -et ne reconnaîtra jamais- cette entité fantoche mais il redoublera d'efforts pour que la petite minorité de pays, notamment africains, qui la reconnaissent encore, fassent évoluer leur position dans le sens de la légalité internationale et des réalités géopolitiques", a affirmé Nasser Bourita dans un entretien dimanche avec le site d'info en ligne Le Desk.

Le retour du Maroc au sein de l'UA "ne changera rien dans nos positions immuables concernant la marocanité du Sahara" occidental, a souligné M. Bourita, cheville ouvrière de la diplomatie marocaine.

Le Maroc a réintégré l'UA lundi à Addis Abeba où 39 chefs d'Etat africains sur 54 se sont prononcés en faveur de ce retour.

Le royaume avait quitté l'organisation en 1984 pour protester contre l'admission de la République arabe sahraouie démocratique, proclamée par le Front Polisario au Sahara occidental, un territoire que Rabat contrôle dans sa grande majorité et considère comme sien.

Le sommet d'Addis Abeba a donné lieu à une intense bataille diplomatique, les principaux soutiens du Polisario -Algérie et Afrique du Sud en tête- ayant tenté de s'opposer à la réintégration du Maroc.

Ces pays "ont tout fait pendant des mois pour contrer notre retour, et ce jusqu'à la dernière minute", a commenté à l'AFP une source diplomatique haut placée.

"Le sommet d'Addis a été pour eux un camouflet, ils rament aujourd'hui pour présenter cet échec comme un succès", a ironisé cette source.

Le Polisario et ses alliés affirment que le retour du Maroc au sein de l'UA vaut une reconnaissance des frontières de la RASD.

"Il s'agit d'un non sens du point de vue du droit international et de la pratique des Etats", a rétorqué M. Bourita selon lequel la reconnaissance d'un pays "est un acte libre, éminemment souverain" de la part d'un Etat.

"Le fait pour un Etat de siéger dans une enceinte internationale en présence d'une entité non reconnue, ne peut impliquer une reconnaissance par lui de cette entité", explique-t-il.

"Ainsi, la majeure partie des pays arabes", ou encore l'Iran, qui siègent à l'ONU en présence d'Israël "ne reconnaissent pas" l'Etat hébreu. "Est-ce que l'Algérie reconnaît Israël du seul fait qu'elle siège à l'ONU à ses côtés?", souligne M. Bourita.

"Le problème de la RASD n'est pas seulement avec le Maroc, mais avec les deux tiers des Etats membres de l'UA qui ne reconnaissent pas cette entité", a par ailleurs ajouté la source diplomatique déjà citée.

"Cette situation anormale est aujourd'hui dévoilée, le retour du Maroc est un défi direct à la présence du Polisario au sein de l'UA", selon cette source.

"Le Maroc continuera de se mobiliser pour délégitimer la RASD. Il le fera dans le cadre bilatéral, comme il l'a fait jusqu'à présent", a ajouté cette même source, sans autre précision.

Avec AFP

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