Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Togo

Seize militants de l'opposition togolaise sortent de prison

Une manifestation antigouvernementale menée par une coalition de partis d'opposition à Lomé, 7 septembre 2017.

Seize militants du mouvement de l'opposition représenté par l'ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo ont été libérés mardi, après avoir purgé leur peine de quatre mois de prison.

"Nos 16 militants incarcérés depuis le 21 avril ont recouvré leur liberté hier, après avoir purgé leur peine", a déclaré Fulbert Attisso, cadre du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD).

"Ils sont actuellement en quarantaine dans un hôtel de Lomé", conformément aux règles sanitaires imposées par la pandémie de coronavirus", a-t-il souligné.

Ces militants de l'opposition avaient été condamnés à un an de prison, assorti de huit mois de sursis pour "flagrant délit, rébellion et complicité de rébellion".

Les responsables de l'opposition ont plusieurs fois demandé leur libération, dénonçant un procès "expédié en catimini", les médias, la partie civile ou les responsables de leur parti n'ayant pas été informés en amont de la tenue de l'audience.

La justice togolaise a émis le 10 juillet un mandat d'arrêt international contre l'opposant Agbéyomé Kodjo, arrivé deuxième à la présidentielle de février remportée par le chef de l'Etat sortant Faure Gnassingbé.

Il vit désormais dans la "clandestinité", a-t-il expliqué à l'AFP, après avoir refusé de se présenter à une convocation de la justice.

M. Kodjo, candidat du Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD), a obtenu 19,46% des suffrages le 22 février, contre 70,78% à Faure Gnassingbé, selon les résultats officiels.

Ces derniers jours, l'opposant a encore revendiqué sa victoire dans des déclarations diffusées sur les réseaux sociaux.

Il a lancé un appel à la communauté internationale à "trouver une solution à la crise post-électorale qui est transformée en une machine à broyer les vrais vainqueurs".

Toutes les actualités

Les Togolais en quête du bonheur

Des Togolaises portent un masque à Lomé, au Togo, le 17 avril 2020.

L’indice du bonheur 2020 classe le Togo à la 135ème position mondiale sur 153 pays. Ce petit pays d’Afrique de l’ouest se niche à la 30ème place continentale, derrière les Comores et devant l’Ethiopie. Les Togolais se retrouvent dans la catégorie des personnes les moins heureuses de la planète.

Etre heureux pour un Américain ou pour un Français n’a pas la même connotation que pour un Togolais. Ces derniers ont des indicateurs propres qui leur permettent de définir leur bonheur.

"Chez les Togolais, la première chose, c’est d’avoir un boulot. Parce que quand vous avez un boulot, vous avez de quoi satisfaire vos besoins primaires. Ensuite, aller vers la création d’une famille. Assurer sa progéniture. Puis il va chercher à construire sa maison. Donc les trois éléments-là, contribuent à l’appréciation du bonheur chez le Togolais", analyse le psychologue-clinicien, Komlan Yenkey.

Ces facteurs cités par le psychologue ne sont pas figés, soutient Freeman Laté Lawson, Pasteur de l’église évangélique presbytérienne du Togo. Il insiste sur le caractère relatif du bonheur.

"Etre fortuné, avoir sa maison, avoir une belle voiture, être à la mode, ne définit pas forcément le bonheur dans son ensemble. Le bonheur, c’est relatif", a commenté le Pasteur Lawson. Il définit la conception du bonheur du point de vue du christianisme. "Etre heureux comme nous nous le disons, c’est avoir cette paix du Christ, cette paix intérieure. Le bonheur c’est la liberté, c’est la paix, c’est la joie", a-t-il dit.

"Qu’est ce qui me rendrait heureux aujourd’hui, c’est peut-être le mariage. Toi, c’est peut-être le commerce. Qu’est-ce qui rendrait l’autre heureux, peut-être c’est 5 francs. Quelqu’un, on lui aurait donné un milliard et la personne serait dans un état peut être dépressif", a conclu le Pasteur Freeman Laté Lawson.

Le bonheur est un état d’esprit qui se limite dans le temps. Il est aussi subjectif car dépendant de chaque individu.

"Je suis heureux, j’ai du bonheur en moi lorsque j’arrive à faire du bien à l’autre. En ce sens, je suis heureux. Il m’arrive d’être heureux mais pas toujours à 100%. Parce que parfois le but visé n’est pas totalement atteint", a répondu Rodolfe Anoumou, étudiant en sociologie sur sa conception du bonheur.

Chaque année, il est publié un indice qui renseigne sur la perception du bonheur dans le monde. L’indice du bonheur classe les pays et généralement les pays africains se retrouvent au bas de l’échelle. Pour cette année 2020, ce sont le Zimbabwe, le Soudan du sud et l’Afghanistan qui ferment la marche.

Placé en bas de l'indice du bonheur, les Togolais relativisent
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:53 0:00


Placé en bas de l'indice du bonheur, les Togolais relativisent

Placé en bas de l'indice du bonheur, les Togolais relativisent
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:53 0:00

Minute Eco: Le Soudan veut produire plus d'électricité pour les ménages

Minute Eco: Le Soudan veut produire plus d'électricité pour les ménages
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:28 0:00

Les Togolais encouragent la consommation des produits locaux

Les Togolais encouragent la consommation des produits locaux
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:47 0:00

Octobre décrété mois de la consommation locale pour les Togolais

Façade principale du Restaurant de mets locaux Bobar, Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)

La consommation locale donne l’opportunité aux produits "made in Togo" de faire leur promotion. C’est aussi l’occasion pour les acteurs du secteur de faire des analyses critiques autour de la consommation locale dans le pays.

Durant tout ce mois d’octobre, le Togo célèbre ses produits locaux: des produits alimentaires et vestimentaires aux mets locaux et à la musique, tout ce qui est produit au Togo est mis sous les projecteurs.

L’initiative gouvernementale ne laisse pas indifférents des acteurs qui travaillent pour la promotion des produits locaux.

Eric Assigbé, responsable marketing de Togossimé à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Eric Assigbé, responsable marketing de Togossimé à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)


"​C’est une belle initiative de promotion et de valorisation des produits locaux. Parler de l’alimentation et ses enjeux à la population. Donner une visibilité aux produits togolais, des produits naturels, des produits de qualité", a commenté Eric Assigbé, Responsable marketing de la boutique de vente des produits togolais Togossimé.

Des années de sensibilisation

Il relève que pour que les Togolais arrivent à aimer des produits du terroir, il a fallu des années de sensibilisation et de conscientisation.

"Quand on a commencé, c’était très difficile. Quand on parle de produits locaux, de produits togolais aux gens, ils estiment que ce n’est pas un bon produit. C’était la mentalité. Un très bon produit togolais on le rejette mais il faut prendre ce même produit et mettre 'made in France', ou quelque chose comme cela, et vous aller voir que les gens vont aimer", confie-t-il à VOA Afrique.

"Donc c’est une question de mentalité. Et c’est ce travail là que nous faisons depuis longtemps et aujourd’hui nous avons constaté qu’il y a un déclic", ajoute M. Assigbé avec fierté.

Tata Yawo Amétoènyénou à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Tata Yawo Amétoènyénou à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)


Du côté de l’Organisation pour l'alimentation et le développement local (OADEL), c’est une satisfaction après des années d’actions de terrain.

"Depuis 2016 OADEL a entamé un plaidoyer pour qu’une seule journée soit dédiée à la promotion de la consommation au niveau national mais aujourd’hui c’est plutôt tout un mois qui est consacré à cette célébration du consommer local, je peux affirmer que nous sommes satisfaits", a déclaré Tata Yawo Amétoènyénou, directeur exécutif de l’OADEL.

"En consommant local, il y a un certain nombre d’intérêts pour le consommateur lui-même au niveau de la santé mais aussi pour l’économie du pays. Il y a aussi d’autres enjeux notamment environnemental et écologique", a fait noter ce fervent promoteur de la consommation locale.

Il soutient que les conditions ne sont pas suffisamment réunies pour faire aimer les produits locaux aux Togolais.

Le directeur exécutif de l’OADEL ajoute que "les produits locaux en comparaison aux produits importés sont encore relativement un peu plus chers. Mais le consommateur ne se dit pas que qualitativement il vaut mieux consommer local même si c’est un peu plus cher".

Une découverte pour les Togolais

Cette initiative pour inciter à la consommation locale permet à certains Togolais de découvrir des produits locaux qui leur étaient jusqu’ici inconnus.

C’est le cas de Sévérine Akakpo qui reconnait avoir découvert une panoplie de produits "made in Togo".

Sévérine Akakpo à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Sévérine Akakpo à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)


"Pendant cette période de consommation locale, nous avons vu certains produits qui sont nouveaux pour nous, en tant que Togolais mais ce sont des produits que nos compatriotes produisent mais nous nous ne connaissons pas ces produits", a-t-elle dit.

Le mois du consommer local est une opportunité que doivent saisir les unités de transformation pour valoriser les produits togolais, estime Michelle Kangni.

Michelle Kangni à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Michelle Kangni à Lomé, 7 octobre 2020. (VOA/Kayi Lawson)


"C’est une belle opportunité pour tout entrepreneur qui transforme des produits alimentaires locaux de faire connaitre et valoriser ses produits", a laissé entendre cette Togolaise, avant de soutenir que le secteur de la transformation locale a besoin d’appui de la part de l’exécutif.

"Nos produits ne sont pas valorisés tout d’abord parce que nous ne sommes pas soutenus. Les transformateurs ont réellement besoin d’un fonds de roulement. Parce qu’il y a la demande mais ils n’arrivent pas à offrir. Ils tournent sur un même fonds ce qui les empêche à produire davantage et à offrir à des coûts plus accessibles", a analysé Michelle Kangni.

Pour appuyer cette initiative, la primature, dans une note circulaire, exhorte les ministères et les sociétés d’Etat à s’approvisionner, en priorité, dans le cadre du service, en produits et services d’origine locale et à privilégier la consommation des mets locaux lors des évènements publics.

Le mouvement "consommer Togolais" gagne du terrain
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:04:11 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG