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Sean Hannity, roi des chaînes d'info et soutien indéfectible de Trump

  • VOA Afrique

Sean Hannity (à droite) interviewant Donald Trump, Jr., fils aîné du président américain, Fox News, New York, le 11 juillet 2017.

Depuis l'élection de Donald Trump, le présentateur de Fox News et animateur radio Sean Hannity s'est érigé en figure centrale des médias américains, tant il semble en symbiose avec le président et avoir l'oreille de son électorat.

"Trois millions de téléspectateurs ! Quatorze millions d'auditeurs ! Vous ne pouvez pas acheter ce genre de publicité !"

La phrase est tirée du récent film "Let There Be Light" ("Que la lumière soit"), film d'inspiration religieuse co-produit par Sean Hannity lui-même, qui y joue son propre rôle.

Rien de tel qu'un peu d'auto-promotion pour renforcer encore la marque Hannity, qui a déjà le vent en poupe.

Un peu plus de six mois après le départ de son collègue Bill O'Reilly, débarqué après des accusations de harcèlement sexuel, l'émission quotidienne de Hannity sur Fox News est largement en tête des audiences des chaînes d'informations, tous créneaux confondus, avec des pointes à près de quatre millions de téléspectateurs certains soirs.

Raie toujours impeccable, mâchoire carrée et regard rassurant, ce conservateur aux idées très arrêtées se défend d'être un journaliste, ce qui lui offre une totale liberté de ton.

En 30 années sur les ondes et 23 à l'écran, ce New-Yorkais de 55 ans s'est façonné l'image du héraut de l'Amérique conservatrice, celle des grands oubliés des médias généralistes, dans un style moins abrasif néanmoins qu'O'Reilly ou le pape de la radio, Rush Limbaugh.

En phase avec Trump

Mais ce qui lui donne aujourd'hui un ascendant sur ses rivaux, c'est son alignement quasi-parfait avec Donald Trump.

Début 2016, avant même que la primaire républicaine ne soit jouée, Sean Hannity prenait déjà parti pour l'ancien promoteur immobilier, qui est aussi son ami.

"Il a compris très tôt que son audience réagissait à Donald Trump, que son discours portait chez eux", explique Brian Rosenwald, chercheur à l'université de Pennsylvanie, qui prépare un livre sur les talk-shows politiques à la radio.

Depuis, tous les soirs sur Fox News, Hannity défend bec et ongles, sans aucune distance, les faits et gestes du président, qui lui a déjà accordé deux interviews depuis sa prise de fonction, quand CNN en attend toujours une.

Ses attaques, car il sait fort bien être offensif, sont dirigées contre les démocrates en général et Hillary Clinton en particulier, voire certains républicains et les médias, reprenant ainsi les grandes lignes de la communication de son président.

"A part moi et quelques autres qui le traitons honnêtement, ils sont tous contre lui", expliquait-il encore lors de son émission de radio vendredi au sujet des médias "corrompus".

Hannity a décliné une demande d'entretien de l'AFP. Mais selon plusieurs médias, dont le New York Times, il a l'oreille du président et n'hésite pas à lui faire part de ses vues sur divers sujets.

"Sa capacité à avoir accès à de hauts responsables de l'administration Trump, y compris au président lui-même, montre à quel point il a la confiance de ceux qui sont au pouvoir, et les gens le respectent énormément pour ça", estime Dante Mazza, jeune étudiant républicain de l'université Columbia à New York.

"Même si je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il dit, je pense qu'il représente très bien l'état d'esprit et les impressions des conservateurs américains", ajoute Dante Mazza.

Craint par certains républicains

M. Rosenwald lui ne veut pas qualifier le discours de Sean Hannity de propagande, un mot "un peu chargé", "mais je peux vous garantir qu'il reçoit tous les jours des informations de la Maison Blanche".

Roi de l'audience, Sean Hannity est cependant plus craint par certains élus républicains que par les démocrates, qui l'abhorrent.

Il a plusieurs fois pris parti pour des candidats lors de primaires républicaines locales et s'est montré capable de faire bouger les lignes, selon Rosenwald.

Sean Hannity puise aussi souvent dans les théories complotistes, pour discréditer les démocrates ou dévoiler les forces occultes supposément à l'oeuvre pour affaiblir le président.

Ainsi, après avoir défendu fin mai la thèse, jamais étayée par aucune preuve formelle, d'un complot démocrate pour assassiner un jeune employé du parti, Seth Rich, il a fini par renoncer, à la demande de la famille.

Plusieurs annonçeurs de son émission ont reçu, à cette occasion, des lettres de protestation, finalement sans conséquences.

"Il rappelle souvent aux gens qu'il n'est pas journaliste, qu'il n'est pas là pour ne donner que des faits exacts ou pour poser les questions les plus délicates", analyse Brian Rosenwald. "C'est un animateur" et "son but est de proposer, chaque jour, le meilleur produit".

Avec AFP

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