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Santé du président Bongo : 4 dirigeants syndicaux arrêtés

Ali Bongo à Libreville le 5 février 2017.

Quatre responsables de la principale coalition syndicale du Gabon on été interpellés depuis mercredi, a affirmé leur organisation qui avait déclaré début juillet que le président gabonais Ali Bongo Ondimba était mort.

Une "répression contre les leaders de la Confédération Syndicale Dynamique Unitaire par le gouvernement gabonais s'est enclenchée depuis ce mercredi", a déclaré vendredi la coalition syndicale dans un communiqué.

Quatre de ses responsables "ont été enlevés à leur domicile (...) par des agents cagoulés de la police judiciaire et de la gendarmerie nationale", a-t-elle affirmé.

Sollicité par l'AFP, le parquet de Libreville n'était pas joignable vendredi en fin d'après-midi pour confirmer ces arrestations.

Début juillet, le président de Dynamique Unitaire Jean Rémy Yama, avait déclaré lors d'une conférence de presse que son organisation "avait l'intime conviction que le chef de l'Etat Ali Bongo Ondimba est mort. Il n'existe plus".

Après ces déclarations, le gouvernement gabonais avait menacé le responsable syndical de "poursuites pénales pour propagation de fausses informations".

Le président Bongo a été victime fin octobre 2018 d'un accident vasculaire-cérébral (AVC) dont il se remet actuellement.

Après cinq mois de convalescence à l'étranger, Ali Bongo est rentré le 23 mars à Libreville pour un "retour définitif".

Ce retour devait notamment faire taire l'opposition qui réclame que la vacance du pouvoir soit déclarée et s'interroge sur la capacité du président Bongo à diriger le pays.

Hormis deux discours enregistrés et retransmis à la télévision, le chef de l'Etat gabonais ne s'est pas exprimé en public depuis son AVC.

Après son retour, il a toutefois multiplié les entretiens au palais présidentiel avec des chefs d'Etat africains. Vendredi, il s'est entretenu avec le président équatoguinéen Teodoro Obiang Nguema.

Jeudi, il a effectué un déplacement dans les rues de Libreville, installé sur le siège passager d'une voiture décapotable, selon la presse locale.

Les arrestations des quatre leaders syndicaux ont été dénoncées par plusieurs membres de l'opposition, dont Jean Ping, candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2016 qui revendique toujours sa victoire.

"Nous condamnons fermement cette énième violation des droits fondamentaux des Gabonais", a-t-il déclaré à l'AFP, estimant qu'il s'agissait d'une "volonté d'un pouvoir rejeté par les Gabonais de se maintenir par la force et par l'intimidation".

Petit pays pétrolier d'Afrique centrale, le Gabon est dirigé depuis 2009 par Ali Bongo Ondimba. Il avait succédé à son père, Omar Bongo Ondimba, arrivé au pouvoir en 1967.

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Le bois précieux à l'origine d'un scandale va être vendu aux enchères

Les gens visitent la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG) à Owendo, port de Libreville le 11 octobre 2012.

Cent-vingt-cinq conteneurs de kevazingo, un bois précieux très prisé en Asie, dont la saisie fin février au Gabon avait créé un scandale politique, vont être vendus aux enchères, a annoncé le ministre de l'Environnement.

Les autorités gabonaises ont transféré dimanche vers un parc à bois 125 des 353 conteneurs de kevazingo qui avait été saisis au port d'Owendo à Libreville, selon un communiqué du gouvernement publié dimanche soir.

Sous l'autorité du ministre de la forêt et de l'environnement, Lee White, ces 1.500 m3 de bois vont être "revalorisé puis vendus au bénéfice de l'Etat", ce qui pourrait rapporter 45 milliards de francs CFA (environ 40,6 millions d'euros) à l'Etat gabonais, selon le ministère.

En transférant le kevazingo du port au parc à bois, les autorités ont "pour objectif de convertir ce bois illégal en bois légal autorisé à la vente", a expliqué le ministre dans un communiqué.

La coupe de kevazingo est en effet interdite. La découverte de ces conteneurs de bois illégaux fin février, puis leur disparition quelques semaines plus tard, avaient mis à jour la complicité de plusieurs hauts responsables politiques et mené aux limogeages du vice-président du pays et du ministre des Eaux et forêts.

Après ce scandale, le président Ali Bongo Ondimba avait procédé à un remaniement ministériel, nommant notamment M. White, un Britannique naturalisé gabonais réputé pour être un écologiste intransigeant, à la tête du ministère des Forêts.

Le kévazingo est un bois rare d'Afrique centrale, considéré comme sacré par certaines communautés locales et très apprécié en Asie, notamment pour la réalisation de parquets, escaliers, meubles de luxe.

Représentant 60% du PIB (hors hydrocarbures), le secteur forestier est l'un des piliers historiques de l'économie du Gabon, un pays recouvert à près de 80% par la forêt.

Le président Bongo à une cérémonie 10 mois après son AVC

Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba au 10ème sommet du BRI, à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 27 juillet 2018

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a assisté vendredi à une cérémonie commémorative à Libreville, sans faire de discours mais en présence des médias internationaux, une rare apparition depuis son AVC il y a dix mois, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Il s'agit de sa première apparition publique, hors de son palais et filmée par d'autres organes que ceux de la communication de la présidence ou des médias d'Etat hors de son palais présidentiel, au moment où une partie de l'opposition relance le débat sur sa capacité à exercer ses fonctions.

Les détracteurs du chef de l'Etat appellent d'ailleurs les Gabonais à venir massivement se faire leur avis sur la question samedi, lors du défilé militaire pour le 59e anniversaire de l'indépendance, auquel M. Bongo assiste chaque année.

Le président a également prononcé vendredi soir un discours de quelque 11 minutes, enregistré et diffusé à la télévision gabonaise, comme il l'avait déjà fait début juin.

Assis derrière le bureau présidentiel, M. Bongo a demandé "des efforts" à son gouvernement et à sa population avant d'annoncer des investissements dans les infrastructures, avec notamment le début, en septembre, d'une route de 780 km, la "transgabonaise", qui devra relier deux des plus grandes villes du pays, Libreville à l'ouest et Franceville à l'est.

Dans la matinée, M. Bongo, 60 ans, souriant, a échangé quelques mots avec des officiers des forces de sécurité, avant de déposer une gerbe au mausolée du premier président gabonais, Léon Mba.

Le chef de l'Etat se déplaçait avec une canne et son aide de camp l'a aidé à gravir quelques marches d'un escalier, ont constaté des journalistes de l'AFP assistant à la cérémonie, qui a duré une demi-heure, sur un parcours écourté par rapport aux années précédentes.

Le chef de l'Etat avait été hospitalisé d'urgence le 24 octobre 2018 à Ryad, où il devait assister à un forum économique.

La présidence avait dans un premier temps affirmé qu'il avait eu "un malaise" dû à une "fatigue sévère". Ce n'est que le 9 décembre que Libreville a parlé officiellement d'un AVC.

M. Bongo a séjourné longuement au Maroc pour sa convalescence avant de rentrer définitivement au Gabon fin mars. Depuis l'AVC, ses apparitions publiques sont millimétrées, entre photos prises par les services de la présidence, publiées sur les réseaux sociaux, et discours diffusés en différé.

Dix personnalités de l'opposition ont déposé fin mars un recours devant la justice pour demander un examen médical du président pour déterminer s'il est en capacité de diriger le pays.

Une audience est prévue devant la cour d'Appel de Libreville le 26 août mais, en attendant, le défilé militaire de samedi pour la fête nationale sera déjà "l'occasion pour le citoyen lambda de se faire sa propre opinion", résume Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, un des dix signataires de "Appel à Agir", le collectif qui a déposé la demande d'expertise médicale.

Pour Florence Bernault, historienne à Sciences Po spécialiste du Gabon, ces rumeurs doivent leur survie à "la peur du faux" des Gabonais, qui n'ont toujours pas digéré la victoire - contestée par l'opposition - d'Ali Bongo aux élections de 2016.

Le président gabonais Bongo à une cérémonie 10 mois après son AVC

Le président du Gabon, Ali Bongo (C), passe en revue les troupes lors d'une cérémonie à Libreville le 16 août 2019 au Mausolée du pays.

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba a assisté vendredi à une cérémonie commémorative à Libreville, sans faire de discours mais où il a été filmé par des médias internationaux pour la première fois depuis son AVC il y a dix mois, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Il s'agit de sa première apparition publique, hors de son palais et filmée par d'autres organes que ceux de la communication de la présidence ou des médias d'Etat, au moment où une partie de l'opposition relance le débat sur sa capacité à exercer ses fonctions.

Les détracteurs du chef de l'Etat appellent d'ailleurs les Gabonais à venir massivement se faire leur avis sur la question samedi, lors du défilé militaire pour le 59ème anniversaire de l'indépendance, auquel M. Bongo assiste chaque année. Le président doit aussi s'adresser à la Nation dans un discours diffusé par les télévisions gabonaises vendredi soir.

M. Bongo, 60 ans, souriant, a échangé quelques mots avec des officiers des forces de sécurité, avant de déposer une gerbe au mausolée du premier président gabonais, Léon Mba. Le chef de l'Etat se déplaçait avec une canne et son aide de camp l'a aidé à gravir quelques marches d'un escalier, ont rapporté des journalistes de l'AFP assistant à la cérémonie, qui a duré une demi-heure, sur un parcours écourté par rapport aux années précédentes.

Le chef de l'Etat avait été hospitalisé d'urgence le 24 octobre 2018 à Ryad, où il devait assister à un forum économique. La présidence avait dans un premier temps affirmé qu'il avait eu "un malaise" dû à une "fatigue sévère". Ce n'est que le 9 décembre que Libreville a parlé officiellement d'un AVC. M. Bongo a séjourné longuement au Maroc pour sa convalescence avant de rentrer définitivement au Gabon fin mars. Depuis l'AVC, ses apparitions publiques sont milimétrées, entre photos prises par les services de la présidence, publiées sur les réseaux sociaux, et discours diffusés en différé.

Dix personnalités de l'opposition ont déposé fin mars un recours devant la justice pour demander un examen médical du président pour déterminer s'il est en capacité de diriger le pays.

Une audience est prévue devant la cour d'Appel de Libreville le 26 août mais, en attendant, le défilé militaire de samedi pour la fête nationale sera déjà "l'occasion pour le citoyen lambda de se faire sa propre opinion", résume Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, un des dix signataires de "Appel à Agir", le collectif qui a déposé la demande d'expertise médicale.

Pour Florence Bernault, historienne à Sciences Po spécialiste du Gabon, ces rumeurs doivent leur survie à "la peur du faux" des Gabonais, qui n'ont toujours pas digéré la victoire --contestée par l'opposition-- d'Ali Bongo aux élections de 2016.

Le président gabonais Bongo à une cérémonie depuis son AVC

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