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Des "bons de caisse" pour démasquer les fonctionnaires fictifs au Gabon

Le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet lors de la cérémonie présidentiel à Libreville, au Gabon, le 7 mai 2018.

Le gouvernement gabonais a instauré un système de "bons de caisse" pour débusquer les fonctionnaires fictifs, des "bons" que les salariés de l'Etat tentent avec difficulté de récupérer.

Des centaines de fonctionnaires se pressaient sur les sites de retrait de ces bons de caisse dans la capitale Libreville, après le début de l'opération lundi.

Mais, c'était "la croix et la bannière" pour trouver son bon de caisse, note le quotidien pro-gouvernemental L'Union.

Un site Internet a également été mis en place pour pouvoir retirer ces documents permettant ensuite d'aller toucher son salaire à la banque.

>> Lire aussi : Réduction de 40% des effectifs à la présidence au Gabon

"Il faut que nous soyons fixés sur la présence réelle des agents au poste pour lequel ils sont payés", a récemment déclaré le Premier ministre Emmanuel Issoze-Ngondet, indiquant que cette opération durerait jusqu'au 24 juillet.

"Beaucoup de fonctionnaires sont soit morts, soit à l'étranger, et des gens continuent de toucher leur salaire" et s'attaquer a ces pratiques "est un vaste chantier", a ajouté une source proche de la présidence, interrogée par l'AFP.

Avec l'appui du Fonds monétaire international (FMI), le Gabon vise à faire passer la masse salariale du public en dessous de 500 milliards de FCFA (762 millions d'euros) par an contre 720 milliards de FCFA (1,1 milliard d'euros) par an en 2017.

>> Lire aussi : Le Gabon veut réformer son secteur public "dégradé"

Parmi les mesures d'austérité drastiques adoptées en juillet, les fonctionnaires les mieux payés verront à partir de la fin du mois leurs salaires réduits, en proportion du montant touché. Le nombre de fonctionnaires travaillant à la présidence et au gouvernement a également été réduit de 40% et 50%.

Selon les syndicats, ces mesures vont "précariser les agents publics qui croupissent déjà sous le poids de l'impôt et de la vie chère". "Il ne revient pas à l'agent public de supporter le poids de la mauvaise gestion, des détournements, de la gabegie dont est responsable l'équipe dirigeante", estiment-ils.

Sur une population officielle de 1,8 million d'habitants, il y a au Gabon 105.851 fonctionnaires contre 73.345 en 2009 lors de la première élection du président Ali Bongo Ondimba, soit une augmentation de 45% en neuf ans.

Riche principalement de son pétrole, de ses ressources minières et de sa forêt, le Gabon traverse depuis 2015 une passe économique difficile - aggravée par la baisse des prix du brut -, se traduisant par du chômage, des grèves, des entreprises qui tournent au ralenti ou mettent la clé sous la porte.

Avec AFP

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La contestation soudanaise refuse "l'immunité absolue" des généraux

Une image diffusée à la télévision soudanaise le 11 juillet 2019 montre le général Jamal Omar (C), membre du Conseil militaire de transition du Soudan, prononçant un discours à Khartoum.

Le mouvement de protestation soudanais s'est dit opposé à l'octroi d'une "immunité absolue" aux généraux au pouvoir, qui pourraient faire l'objet de poursuites après les violences survenues pendant les manifestations.

Une nouvelle rencontre entre les deux parties pour finaliser un accord sur la transition après la chute d'Omar el-Béchir le 11 avril, était en cours mardi soir.

Les meneurs de la contestation et les généraux se sont accordés le 5 juillet sur le principe d'un partage du pouvoir pendant une période de transition qui doit durer environ trois ans.

Mais les pourparlers sur les derniers détails de l'accord ont été repoussés à plusieurs reprises ces derniers jours.

​Selon la protestation, l'un des principaux désaccords porte sur l'"immunité absolue" des militaires. "Nous refusons l'immunité absolue que les militaires au pouvoir ont demandée", a déclaré aux journalistes Ismaïl al-Taj, porte-parole de l'Association des professionnels soudanais (SPA) qui fait partie de la contestation.

"La SPA estime que cet article nuirait au document constitutionnel", l'accord sur le partage du pouvoir, a-t-il poursuivi. M. Taj a toutefois dit s'attendre à ce que ce point soit résolu mardi.

Un des meneurs du mouvement, Ahmed al-Rabie, a également confirmé que les militaires ont demandé une "immunité absolue", clause qui ne figurait pas dans les termes de l'accord conclu la semaine dernière et mis sur pied par les médiateurs de l'Union africaine (UA) et de l'Ethiopie.

"Lorsque nous avons conclu le projet d'accord, ça n'y figurait pas", a déclaré M. Rabie à l'AFP. "Un nouveau texte a été présenté par l'UA dans lequel cet article a été ajouté, proposant une immunité absolue au Conseil militaire. Nous le rejetons totalement".

Il n'était pas clair si l'immunité demandée par les généraux concernait les violences lors des manifestations qui ont suivi la chute d'Omar el-Béchir le 11 avril, ou également celles commises avant.

Cette divergence ne devrait toutefois pas empêcher la poursuite des négociations, a-t-il assuré.

Cet accord est un premier pas vers un gouvernement civil, principale revendication des contestataires. Suspendues en mai faute d'accord, les négociations avaient repris grâce à une médiation intense de l'Union africaine et de l'Ethiopie.

La tension entre militaires et protestataires était montée d'un cran après la brutale dispersion du campement de plusieurs milliers de manifestants installés depuis avril devant le siège de l'armée à Khartoum, qui a fait des dizaines de morts et des centaines de blessés le 3 juin.

Johnny Clegg, "le Zoulou blanc" et chantre anti-apartheid, a tiré sa révérence

Johnny Clegg en concert à Johannesburg le 6 novembre 2010.

Musicien engagé, Johnny Clegg incarnait avec ses chansons, mélange inédit de rythmes zoulou et de pop occidentale, la résistance à l'apartheid puis la réconciliation. Le "Zoulou blanc" sud-africain s'est éteint mardi à l'âge de 66 ans.

Longtemps victime de la censure en Afrique du Sud, il a connu le succès à l'étranger avant d'accéder au statut de star dans son pays.

Pendant les pires heures du régime raciste, ses chansons ont été interdites. Pour contourner la censure, il a été contraint de se produire - avec son groupe Juluka, formé avec le musicien zoulou Sipho Mchunu - dans les universités, les églises, les foyers de migrants et chez des particuliers.

"Nous devions faire preuve de mille et une astuces pour contourner la myriade de lois qui empêchaient tout rapprochement interracial", racontait-il à l'AFP en 2017.

Malgré tout, l'intraitable police de l'apartheid a interdit certains de ses concerts et le chanteur a été à plusieurs reprises arrêté, accusé de violer les lois sur la ségrégation raciale.

Le gouvernement raciste blanc ne pouvait pas non plus tolérer qu'un des siens puise son inspiration dans l'Histoire et la culture zoulou.

A l'étranger pourtant, et notamment en France, Johnny Clegg a rapidement trouvé un public.

"Les gens étaient très intrigués par notre musique", expliquait le chanteur et danseur, adepte de concerts très physiques.

Une musique révolutionnaire où les rythmes zoulou endiablés cohabitent avec guitare, clavier électrique et accordéon.

- 'Choc' -

En 1982, la sortie de son album "Scatterlings of Africa" le propulse en tête des hit-parades en Grande-Bretagne et en France.

Cinq ans plus tard, il s'affirme comme un artiste "politique" avec le titre "Asimbonanga" ("Nous ne l'avons pas vu", en langue zoulou), tube planétaire dédié à Nelson Mandela, le héros de la lutte anti-apartheid alors emprisonné à Robben Island (Afrique du Sud).

La seule évocation du chef du Congrès national africain (ANC) est alors strictement interdite. Le régime de Pretoria bannit le titre.

Quelques années après la fin de l'apartheid, l'auteur et le héros de cette chanson, désormais libre, s'étaient retrouvés sur scène à Francfort (Allemagne) pour un concert aussi magique qu'inattendu.

Alors que Johnny Clegg chantait "Asimbonanga", le public s'était levé comme un seul homme.

"J'ai aperçu du coin de l'oeil quelqu'un derrière moi qui était en train de monter sur la scène, en dansant (...). C'était Mandela ! Ça a été un choc. Je ne savais même pas qu'il était là", avait raconté Johnny Clegg à l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur.

A la fin de la chanson, Mandela avait lancé de sa voix posée, au micro : "C'est la musique et la danse qui me mettent en paix avec le monde."

- 'Né deux fois' -

Né en 1953 au Royaume-Uni d'un père britannique et d'une mère zimbabwéenne, chanteuse de jazz de cabaret, Johnny Clegg débarque à l'âge de 7 ans dans une Afrique du Sud où la minorité blanche règne en maître absolue sur la majorité noire.

Initié aux cultures locales par son beau-père journaliste, Johnny Clegg assure que son refus de l'apartheid n'a rien de politique.

"Je n'étais pas motivé politiquement mais culturellement. J'aime la musique et la danse", expliquait-il simplement.

Les yeux ouverts dans un pays borgne, il se glisse dès 15 ans dans les foyers de travailleurs noirs, au mépris des interdits. Là, il découvre les danses et les mélodies zoulou et s'invite secrètement pour danser avec les troupes traditionnelles.

Quand l'apartheid tombe définitivement en 1994, "c'est comme si nous étions tous nés une seconde fois", confiera-t-il.

Quelques années plus tard, l'enthousiasme cédera la place aux doutes. "La lutte était plus simple autrefois. On vivait ici dans un tunnel, coupés du reste du monde, on se définissait +contre+, menant une bataille qui masquait toutes les autres."

"Aujourd'hui (...) on est aux prises avec tout une série d'enjeux et de conflits liés à la pauvreté, la construction d'une nation, le sida, la mondialisation", ajoutait le musicien.

Après une nouvelle rémission d'un cancer du pancréas diagnostiqué en 2015, il se lance deux ans plus tard dans une tournée mondiale d'adieu dont il réussira à honorer toutes les dates, les dernières en 2018.

"J'ai eu une carrière gratifiante à bien des égards (...) en réussissant à rassembler des gens grâce à des chansons, surtout à un moment où cela semblait complètement impossible", se félicitait le musicien qui a vendu plus de 5 millions d'albums.

Epidémie ebola : risques de contamination après le décès du pasteur

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Les étudiants algériens marchent pour la 21e semaine d'affilée

Manifestations à Alger le 1er mai 2019.

Plusieurs centaines d'étudiants et enseignants algériens ont manifesté mardi pour la 21e semaine d'affilée contre le régime, en réclamant notamment la libération des "détenus politiques", a constaté un journaliste de l'AFP.

"Algérie, libre et démocratique", "Système dégage !", "Un Etat civil, pas un Etat militaire", a scandé, reprenant les slogans habituels, le cortège qui a défilé sans incident dans le centre d'Alger au milieu d'un important déploiement policier.

Sur les pancartes, on pouvait lire notamment "Le pouvoir au peuple", "Arabe et Kabyle sont frères" ou "Non à une presse aux ordres".

Les étudiants qui ont promis de protester "tout l'été", malgré la chaleur et les vacances universitaires, ont également assuré qu'ils manifesteraient deux fois vendredi : dans l'après-midi pour la traditionnelle grande marche hebdomadaire et en soirée après la finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN-2019) opposant au Caire l'Algérie au Sénégal.

"On va faire les deux pour rendre ce pouvoir fou", a lancé Abdou, étudiant en droit.

A l'occasion du "22e vendredi" de manifestation contre le régime depuis le début le 22 février du mouvement inédit de contestation en Algérie, "nous espérons que la joie soit dédoublée: victoire de l'Algérie et départ du système" au pouvoir, explique Ismail Toukali, enseignant à l'université d'Alger.

Les manifestants ont également réclamé "la libération des manifestants arrêtés lors des marches".

Plusieurs manifestants ont été récemment placés en détention préventive à Alger pour avoir contrevenu à l'interdiction de porter le drapeau culturel amazigh (berbère) dans les manifestations, édictée par le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah.

Le général Gaïd Salah, véritable homme fort du pays depuis la démission du président Abdelaziz Bouteflika le 2 avril face au mouvement de contestation, a été visé mardi par de nombreux slogans.

Il refuse depuis des semaines les revendications du mouvement de contestation: la mise en place d'instances de transition, débarrassées de tous les fidèles d'Abdelaziz Bouteflika, dont il a fait partie durant 15 ans.

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