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Rome menace de renvoyer des migrants en Libye

Des migrants sont assis devant le centre d’immigration sur l’île de Lampedusa, dans le sud de l’Italie, le 19 février 2015.

Le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini a menacé dimanche de renvoyer vers la Libye les quelque 180 migrants bloqués depuis trois jours au large de l'île de Lampedusa si aucune solution euroéenne n'était trouvée.

Cette éventualité a toujours été catégoriquement exclue par les autorités européennes, qui considèrent que la Libye n'offre pas de port "sûr", une condition requise par le droit maritime international.

"Ou l'Europe décide sérieusement d'aider l'Italie concrètement, à partir par exemple des 180 migrants à bord du navire Diciotti, ou nous serons contraints de (...) raccompagner dans un port libyen les personnes secourues en mer", a déclaré dimanche M. Salvini, qui est aussi le chef de la Ligue (extrême droite) et vice-Premier ministre.

Ce navire des garde-côtes italiens est bloqué depuis jeudi devant l'île italienne de Lampedusa, faute d'autorisation pour accoster, le gouvernement populiste italien réclamant de Malte qu'elle prenne en charge ces migrants.

Le gouvernement maltais, qui avait laissé mercredi accoster l'Aquarius avec 141 migrants à bord après un accord pour les répartir dans plusieurs pays européens, a répliqué que les migrants avaient refusé l'aide d'une vedette maltaise parce qu'ils voulaient gagner l'île italienne de Lampedusa.

L'intervention du Diciotti n'avait rien d'un sauvetage mais visait plutôt à empêcher l'embarcation transportant ces migrants à parvenir dans les eaux italiennes, a affirmé dimanche le ministre maltais de l'Intérieur, Michael Farrugia, sur Twitter.

"L'interception d'un navire qui exerce son droit à la liberté de navigation en haute mer n'est pas considérée comme un sauvetage", a souligné le ministre maltais.

La réaction maltaise a rendu furieuses les autorités italiennes, déjà très irritées par l'opération lancée par les garde-côtes italiens, sans l'aval de Rome, selon M. Salvini.

"Le comportement de Malte est encore une fois inadmissible et mérite des sanctions", a affirmé dimanche sur Twitter le ministre italien des Transports, Danilo Toninelli.

En juillet, des garde-côtes italiens envoyés surveiller de loin des dizaines de migrants entassés sur une barque de pêche avaient déjà commencé à les secourir sans attendre le feu vert de Rome, où le gouvernement leur demandait d'attendre que Malte s'en charge.

"Tous les bateaux utilisés par les migrants quittant la Libye ne sont pas adaptés pour ce voyage et sont automatiquement considérés comme en détresse, même s'ils ne sont pas en train de couler au moment du sauvetage", a fait valoir jeudi Flavio Di Giacomo, porte-parole en Italie de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

En juillet, ces migrants étaient restés trois jours à bord du Diciotti, le même navire qui est intervenu cette semaine, jusqu'à ce que l'Italie accepte leur arrivée après avoir obtenu que d'autres Etats européens en accueillent une partie.

Avec AFP

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L'Australie sur le pied de guerre pour faire face aux incendies

La ville de Sydney est enveloppée par une fumée provenant d'incendies dans le nord de la ville, en Australie, le 11 novembre 2019.

Des milliers de pompiers ont été déployés mardi dans l'est de l'Australie pour faire face aux incendies qui devraient s'intensifier en raison d'une combinaison de facteurs: des vents violents, des températures caniculaires et une végétation sèche.

Alors que des dizaines de feux de brousse n'étaient toujours pas maîtrisés, des températures atteignant les 40 degrés, des vents soufflant à 60 km/h sont attendus dans certaines régions de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est).

Les pompiers ont prévenu qu'une vaste région située autour de Sydney était menacée par ces conditions "hors normes".

Depuis vendredi, les incendies sur la côte est de l'Australie ont déjà fait trois morts, détruit plus de 150 habitations et contraint des milliers d'habitants à fuir.

Shane Fitzsimmons, responsable des pompiers de l'Etat de Nouvelles-Galles du Sud (sud-est), a affirmé que dans les conditions actuelles, "si un incendie se déclare et s'établit ... nous ne l'arrêterons pas".

"Nous avons déjà d'importants incendies sur la côte nord de la Nouvelle-Galles du Sud. Certains couvrent à eux seuls une superficie de plus de 100.000 hectares, soit un périmètre d'un millier de kilomètres", a-t-il ajouté.

Les vents qui soufflent d'ouest en est et la végétation qui souffre d'une intense sécheresse risquent de propager les feux de brousse en direction des foyers de population vivant sur le littoral.

A titre préventif, environ 600 écoles ont été fermées, ainsi que de nombreux parcs nationaux et, par endroits, les habitants ont été invités à envisager de quitter leurs domiciles.

La police et l'armée apportent un appui logistique aux pompiers qui ont également reçu le soutien aérien de plus de 80 appareils.

"Maintenant, il est temps de réfléchir à partir, partez tôt et allez dans un endroit sûr", a conseillé M. Fitzsimmons.

Le rallye d'Australie, dernière manche du championnat du monde des rallyes de la FIA, qui devait débuter jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, a été annulé mardi par les organisateurs.

"Il n'est pas opportun d'organiser le rallye", a déclaré dans un communiqué Andrew Papadopoulos, le président de cet événement, invoquant notamment des raisons de sécurité.

- "Les feux sont partout" -

Dans la petite ville de Taree, au nord de Sydney, des dizaines de personnes ont trouvé refuge dans un parc d'exposition.

Caroline Watson, 59 ans, est arrivée lundi soir avec son époux et leur chien.

"Les feux sont absolument partout ", a-t-elle dit à l'AFP. "Ils ne nous ont pas demandé de partir, mais on s'est dit que ça viendrait."

Dans les Blue Mountains, à l'ouest de Sydney, Alan Gardiner, un pompier de Winmalee, a indiqué que les habitants étaient "terrifiés et à bout de forces".

La ville porte encore les stigmates de l'incendie de 2013 qui avait détruit 200 habitations et la population est parfaitement consciente du fait, qu'en raison du peu d'axes routiers dans cette zone montagneuse, ils doivent envisager de partir avant qu'il ne soit trop tard.

Mais M. Gardiner veut encore croire que "la journée sera très calme. (...) S'il y a un incendie, ce sera catastrophique".

Les autorités ne pensent pas que la ville de Sydney, qui compte plus de quatre millions d'habitants, soit menacée mais elles ont lancé une alerte sanitaire en raison de l'épais nuage de fumée toxique qui recouvre la ville.

La présence de ces nuages de fumée, liés aux incendies de la semaine dernière, a été signalée jusqu'en Nouvelle-Calédonie, à près de 1.500 kilomètres de l'autre côté de la mer.

Sue Johnson, qui vit dans le nord de Sydney, a participé à l'évacuation de chevaux qui se trouvaient dans des zones menacées aux environs de Sydney.

"J'ai emmené deux chevaux au milieu de la nuit", a-t-elle expliqué, avant de préciser qu'elle a coupé la végétation autour de sa maison.

"J'espère que rien de tout cela ne sera nécessaire, a-t-elle souligné, mais les habitants ont "peur, très peur".

De tels incendies se produisent chaque année sur l'immense île-continent pendant le printemps et l'été en Australie. Cette année, elle a été particulièrement précoce et violente. Elle pourrait être l'une des pires qu'ait connue l'Australie.

En Nouvelle-Galles du Sud, un million d'hectares ont déjà brûlé, soit déjà trois fois plus que l'an dernier.

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