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Côte d'Ivoire

Retour événement du peintre Ouattara Watts à Abidjan

Sans titre de Jean-Michel Basquiat, 1982

Peindre "le cosmos", peindre "pour comprendre la vie": à 61 ans, le célèbre peintre ivoiro-américain Ouattara Watts expose pour la première fois dans son pays natal, la Côte d'Ivoire, un retour événement.

Celui qui noua une amitié brève, intense et décisive pour sa carrière avec Jean-Michel Basquiat, quelques mois avant la mort de celui-ci en 1988, ne cache pas son "émotion" d'exposer enfin à Abidjan.

Un retour au pays longtemps différé, à cause de la longue crise politico-militaire qu'a traversée la Côte d'Ivoire pendant la décennie 2000.

Deux galeries accueillent ses toiles grand format en même temps pendant deux mois dans la capitale économique ivoirienne, la Rotonde des Arts et la galerie Cécile Fakhoury.

Longtemps absent, Ouattara Watts est ravi de retrouver dans son pays une "scène artistique dynamique". "La Côte d'Ivoire a besoin d'art, d'ouverture", dit-il.

"J'ai tellement envie de rencontrer les jeunes artistes ivoiriens, d'échanger avec eux", confie l'artiste, parti à 19 ans étudier l'art à Paris, avant de s'installer, 12 ans plus tard à l'invitation de Basquiat, à New York où il vit et travaille depuis.

La rencontre, un mot-clé chez cet homme serein, qui se dit "toujours à l'aise partout", comme "citoyen du monde".

"Son arrivée était très attendue, les gens ne connaissent pas son travail ici, c'est un événement", explique la galeriste Cécile Fakhoury, pour qui Watts est "le plus coté des peintres ivoiriens".

Chaos et énergie

Documenta de Kassel, Whitney Museum (New York), biennales de Venise et de Dakar, Ouattara Watts a exposé dans nombre de grands rendez-vous mondiaux de l'art contemporain, ainsi que dans des galeries réputées, telles que celle de Larry Gagosian à New York, ou encore à Paris, en Italie, au Japon...

"Ouattara est un architecte, le bâtisseur de la ville du XXIe siècle. Une ville d'union", avec en fond "un univers de chaos autant que d'énergie". Voilà comment l'historien de l'art Robert Farris Thompson décrit les toiles de Watts, dans le catalogue publié par la galerie Fakhoury.

Le peintre confirme: sa vision est "universelle", elle "n'est pas reliée à un pays ou un continent, elle dépasse les frontières et tout ce qu'on peut repérer sur une carte". "C'est le cosmos que je peins", dit-il.

Ses immenses toiles abstraites, aux couleurs éclatantes, présentent "des figures géométriques, des myriades de symboles, des formes biomorphes, souples et flexibles, mais aussi des formes nettes et coupantes", écrit la critique d'art Gaya Goldcymer dans le catalogue de la galerie Fakhoury. "Dans l'atelier, une magie s'opère."

Jazz et chants pygmées

Ouattara Watts se dit influencé par aussi bien par Rothko que par Goya. "La peinture, l'art, c'est pour comprendre la vie", analyse-t-il.

S'il revendique une vision "universelle", il reconnaît aussi dans ses toiles "des références aux cultures africaines".

Mais "Ouattara Watts n'est classé dans aucune école ni mouvement, il n'a jamais voulu être labellisé artiste noir américain ou africain, rentrer dans un carcan", commente Cécile Fakhoury. "Il a toujours gardé sa liberté. Il est inclassable, comme Basquiat".

La musique est une autre clé de l'oeuvre de Watts, mélomane éclectique qui peint en écoutant du jazz (John Coltrane, Miles Davis, Sun Ra), mais aussi de l'afrobeat de Fela Kuti, du reggae ou des chants polyphoniques pygmées.

Montrant l'une des toiles exposées, intitulée "Oté-fê", il explique : "Je l'ai peinte après avoir écouté le dernier album (éponyme) d'Alpha Blondy". La peinture évoque "la dégradation de l'Afrique, le pillage de ses matières premières".

"Sons, notes, silences, rythmes, la complexité des morceaux de jazz dont il est féru se retrouve dans ses toiles", estime Cécile Fakhoury. Son exposition est d'ailleurs intitulée : "Before looking at this work, listen at it" (Avant de regarder cette oeuvre, écoutez-la).

Les vastes espaces de ses toiles se veulent une référence aux espaces sans limite de la savane de sa jeunesse dans le nord de la Côte d'Ivoire.

"J'ai besoin de respirer", conclut Watts.

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Bombardement de Bouaké en 2004 : pas de poursuites judiciaires contre les ministres français

Member of Les Republicains (LR) right-wing party Michele Alliot-Marie smiles as she attends a national council of LR party at the "Palais de l'Europe" in Menton, southeastern France, on June 30, 2018. (Photo by VALERY HACHE / AFP)

La commission des requêtes de la Cour de justice de la République (CJR), seule habilitée à juger les actes des ministres dans l'exercice de leurs fonctions, a décidé le 17 mai qu'il n'y avait pas lieu de saisir la commission d'instruction de la Cour, selon cette source.

Cette décision n'est pas susceptible de recours.

Le bombardement, le 6 novembre 2004, du camp de Bouaké par les forces du président ivoirien d'alors Laurent Gbagbo avait causé la mort de neuf militaires français et d'un civil américain, et blessé 38 soldats. L'armée française avait immédiatement détruit l'aviation ivoirienne, provoquant une vague de manifestations antifrançaises.

Peu après, quinze mercenaires russes, bélarusses et ukrainiens avaient été arrêtés à Abidjan par l'armée française, mais relâchés quatre jours plus tard. Puis, le 16 novembre 2004, huit Bélarusses avaient été arrêtés au Togo, parmi lesquels deux pilotes des avions Sukhoï-25 qui avaient mené le bombardement. Gardés à la disposition des autorités françaises, ils avaient pourtant été libérés.

Au cours de l'enquête, la juge d'instruction avait pointé le rôle des trois ministres dans les dysfonctionnements ayant permis ces libérations. Michèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin et Michel Barnier étaient alors ministres de la Défense, de l'Intérieur et des Affaires étrangères.

Ne pouvant instruire sur leurs actes, la juge avait demandé en février 2016 la saisine de la CJR. Mais le procureur général d'alors, Jean-Claude Marin, s'était abstenu.

Finalement saisie en janvier par son successeur François Molins, la commission devait se prononcer sur l'éventualité d'ouvrir une enquête contre les ministres pour "recel de malfaiteurs", "entrave à la manifestation de la vérité" et "non-dénonciation de crime".

Mais, selon la source judiciaire, la commission a estimé que l'inaction des ministres ne suffisait pas à constituer l'infraction de recel, que l'entrave supposait un acte positif, ici non démontré, et que la non-dénonciation impliquait de pouvoir prévenir ou limiter les effets du crime.

En janvier, François Molins avait lui aussi estimé que "les éléments constitutifs de l'infraction n'étaient pas là". Toutefois, "par souci d'impartialité" - il fut directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie au ministère de la Justice -, il avait saisi la commission des requêtes pour qu'elle se prononce à son tour.

Le 7 janvier, un ex-mercenaire bélarusse et deux officiers ivoiriens, qui n'ont jamais été remis à la France, ont été renvoyés aux assises dans ce dossier.

18 interpellations pour violences communautaires

Policemen patrol, on May 18, 2019 in Beoumi, two days after violence erupted between members of the Baoule local community and northern ethnic group Dioula people. - Fighting erupted between people of the Baoule and Dioula tribes Wednesday at Beoumi, a to

Dix-huit personnes ont été interpellées à la suite des affrontements intercommunautaires qui ont fait 11 morts la semaine dernière à Béoumi, au centre de la Côte d'Ivoire, a annoncé jeudi le procureur de la République de Bouaké, Braman Koné.

"A ce jour, 18 personnes, des deux camps, ont été interpellées" dans le cadre de l'enquête confiée à la section de recherche de la brigade de gendarmerie de Bouaké, a déclaré le procureur lors d'une conférence de presse.

Une altercation entre un chauffeur de taxi-brousse malinké et un conducteur de moto-taxi baoulé est à l'origine de ces violences qui ont dégénéré en bataille rangée dans la ville de Béoumi, faisant 11 morts, 108 blessés et 300 déplacés selon le dernier bilan officiel.

Les deux chauffeurs "se sont mis à l'abri, mais ils seront interpellés tôt ou tard", a affirmé Braman Koné.

Le procureur a souhaité coupé court aux rumeurs faisant état de l'utilisation d'armes de guerre pendant le conflit, indiquant qu'"au stade actuel de l'enquête, aucune arme de guerre n'a été utilisée. Les armes utilisées sont exclusivement des fusils de chasse traditionnelle".

Mettant en garde "tous ceux qui propagent des discours de haine", le procureur a également déclaré que le parquet de Bouaké n'hésiterait pas "un seul instant à arrêter toute personne qu'elle soit homme politique, chef religieux ou traditionnel qui incite une ethnie à attaquer une autre par des propos haineux".

Les affrontements intercommunautaires, parfois meurtriers, sont fréquents en Côte d'Ivoire, pays de 25 millions d'habitants qui compte plusieurs dizaines de peuples.

Violences communautaires : le bilan s'alourdit à 11 morts

A man holds a machete while angry residents burn tires and block the street where security forces loyal to Ivory Coast's strongman, Laurent Gbagbo, opened fire on demonstrators, killing at least six women, on March 3, 2011 in Abobo, a working class neighb

Onze personnes ont été tuées et 108 blessées lors des affrontements intercommunautaires survenus la semaine dernière à Béoumi, une petite ville du centre de la Côte d'Ivoire, selon un nouveau bilan communiqué mercredi par le gouvernement.

"Le bilan actualisé de cette crise fait état de 11 personnes décédées, 108 personnes blessés, 300 personnes déplacées et d'importants dégâts matériels", a déclaré le porte-parole du gouvernement Sidi Tiémoko Touré à l'issue du conseil des ministres.

Le précédent bilan des violences ayant opposé les 15 et 16 mai des membres de la communauté baoulé à des Malinké était de 10 morts et 84 blessés.

"La mise en place d'un dispositif sécuritaire (...) et l'engagement des chefs traditionnels ont permis d'arrêter les hostilités", selon M. Touré. Les unités de forces de sécurité déployées dans le département de Béoumi en raison de la crise seront maintenues pendant deux semaines.

Une altercation entre un chauffeur de taxi-brousse malinké et un conducteur de moto-taxi baoulé est à l'origine de ces violences qui ont dégénéré en bataille rangée dans la ville de Béoumi puis dans des villages avoisinants, selon des témoins.

Les affrontements intercommunautaires, parfois meurtriers, sont fréquents en Côte d'Ivoire, pays d'environ 25 millions d'habitants qui compte plusieurs dizaines de peuples.

"Sublime Côte d'Ivoire"

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18 millions d'euros de la France pour l'académie antiterroriste en Côte d’Ivoire

Le président ivoirien Alassane Ouattara, à gauche, salut le commandant en chef de la gendarmerie nationale ivoirienne, Nicolas Kouadio Kouakou, accompagné du directeur général de la police ivoirienne, Youssouf Kouyate, à droite, à Abidjan, le 4 janvier201

La France contribuera à la construction de l'Académie internationale contre le terrorisme, en Côte d'Ivoire, à hauteur de 18 millions d'euros, a déclaré lundi le ministre français de l'Intérieur Christophe Castaner en visite à Abidjan.

Depuis l'annonce du projet, né lors du sommet UE-Afrique de 2017, le flou était entretenu autour de la part de financement assumée par la France.

Le montant de la participation de la Côte d'Ivoire n'a pas été confirmé, mais le ministre ivoirien de la Défense Hamed Bakayoko, chiffrait en octobre à environ 20 millions d'euros le coût total de l'Académie qui doit être située dans la station balnéaire de Jacqueville, à une cinquantaine de km d'Abidjan.

"Ce projet d'académie est un projet majeur (...) parce que la formation est essentielle pour lutter contre le fléau du terrorisme : formation au renseignement, formation pour les forces d'intervention, d'interpellation, de sanction", a souligné M. Castaner.

Le chantier, qui devrait durer 12 mois, a pris du retard, mais "la première pierre devrait être posée" au dernier trimestre 2019, a indiqué Christophe Castaner.

L'académie comprendra une école à vocation régionale, un centre d'entraînement pour les unités d'intervention avec notamment un champ de tir ainsi qu'un centre de prospective et d'analyse de la menace terroriste qui s'étend à différents pays d'Afrique de l'Ouest.

La Côte d'Ivoire a été elle-même la cible d'une attaque djihadiste en mars 2016 où 15 personnes ont été tuées dans la station balnéaire de Grand-Bassam, proche d'Abidjan.

Après deux jours à Abidjan où il a notamment travaillé sur l'immigration et la lutte anti-terroriste, Christophe Castaner devait rejoindre Dakar lundi en fin d'après-midi.

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