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Décès d'un pionnier de la presse privée sénégalaise

Le journaliste sénégalais et directeur du groupe de presse Walfadjiri, Sidy Lamine Niasse, à une conférence de presse, le 16 juillet 2004 dans un hôtel de Dakar.

Le patron du groupe de presse Wal Fadjri, Sidy Lamine Niasse, un des pionniers de la presse privée au Sénégal et défenseur de la cause palestinienne, est décédé mardi à Dakar à l'âge de 68 ans, a annoncé le groupe qu'il avait fondé en 1984.

Wal Fadjri (Aurore en langue arabe) compte actuellement le quotidien Walf, une radio, un site d'information et une télévision, Walf TV, qui consacrait mardi une émission spéciale d'hommage à son Pdg, dont les causes du décès n'ont pas été précisées.

Le président sénégalais, Macky Sall, a fait part sur Twitter de son "émotion" et salué "un grand nom de la presse sénégalaise, témoin actif des mutations et des luttes démocratiques de notre société".

Le Sénégal "perd un pionnier de la presse privée, un témoin des grandes mutations démocratiques de notre pays et un infatigable défenseur de l'islam, des libertés individuelles et collectives", a indiqué le gouvernement dans un communiqué distinct.

"Il a été un des précurseurs de la presse privée dans ce pays", alors balbutiante, a souligné Madiambal Diagne, patron du groupe de presse Avenir Communication, éditeur du journal Le Quotidien, qui a salué "son sens de l'initiative, son courage, son engagement et son patriotisme".

"Il a marqué son temps et a été à la pointe de tous les combats", a ajouté M. Diagne, qui s'exprimait sur RFM, la radio du Groupe Futurs Médias du chanteur et homme politique Youssou Ndour.

Intellectuel arabophone et islamologue, Sidy Lamine Niasse était une voix écoutée au Sénégal, un pays majoritairement musulman dont la langue officielle est le français.

Dans des articles, des livres ou à la télévision et la radio, il a critiqué tous les présidents sénégalais depuis l'indépendance de 1960, de Léopold Sédar Senghor à l'actuel chef de l'Etat Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, contre qui il avait organisé une manifestation.

Guide religieux issu d'une famille de Kaolack (centre), né d'une mère mauritanienne, il a été également un défenseur de la cause palestinienne et participé à plusieurs manifestations contre l'Etat d'Israël.

Au début de Walf Quotidien, le journal portait en exergue une phrase attribuée à l'imam Khomeini, fondateur de la République islamique d'Iran: "Si chaque musulman versait une bouilloire d'eau sur Israël, l'Etat juif s'évanouirait". La phrase a été retirée quand le journal, au départ un mensuel militant, ensuite hebdomadaire puis quotidien, s'est professionnalisé dans les années 1990.

Sidy Lamine Niasse est auteur de plusieurs livres portant notamment sur la vie politique sénégalaise et sur l'islam.

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Au Sénégal, la friperie, c'est chic et pas cher

Un grossiste transporte un sac de vêtements de seconde main à son stand du marché de Colobane, le plus grand marché de vêtements de seconde main de la capitale sénégalaise, le 25 juin 2019.

Sur le marché de Colobane, place tentaculaire au coeur de Dakar, les marchands de fripe négocient depuis l'aube au milieu de centaines de petites échoppes de "feugue-diaye", terme qui désigne en wolof les vêtements de seconde main importés par milliers de tonnes chaque année au Sénégal.

Les Etats-Unis sont en tête du classement mondial des exportateurs de fripes, avec plus de 756.000 tonnes en 2018. La France, en neuvième position, a exporté l'an passé 69.000 tonnes de vêtements usagés vers l'Afrique, son premier marché.

"Si tu veux des vêtements de marque pas chers, c'est ici qu'il faut venir", lance Mamadou Sarr, un grossiste de 23 ans qui dès cinq heures du matin défait sur son étal en bois des balles de vêtements recyclés. "Tout ça vient d'Angleterre", sourit-il en désignant une pile de jeans délavés.

Pour obtenir ces pantalons, vendus par petite balle de 45 kg, l'ancien vendeur ambulant a déboursé entre 50.000 et 70.000 francs CFA (entre 76 et 106 euros).

Mamadou Sarr, 23 ans, grossiste en vêtements d'occasion prépare son stand au marché de Colobane, le plus grand marché de vêtements d'occasion de la capitale sénégalaise, Dakar, le 25 juin 2019.
Mamadou Sarr, 23 ans, grossiste en vêtements d'occasion prépare son stand au marché de Colobane, le plus grand marché de vêtements d'occasion de la capitale sénégalaise, Dakar, le 25 juin 2019.

Les détaillants qui s'affairent parmi les quelque 300 tables des grossistes, invisibles de la rue, cherchent la perle rare, comme les maillots de football, très prisés par la jeunesse africaine.

"Le vendeur qui m'achète un T-shirt à 300 francs CFA (0,45 euro), il peut le revendre à 500, 700, 800 dans sa boutique", à l'autre bout du marché, déclare le jeune Sénégalais.

Après avoir payé les intermédiaires, les frais de douane et de transport, Mamadou et son grand frère peuvent gagner jusqu'à 450.000 francs CFA (environ 675 euros) "pour les meilleurs mois", soit plus de huit fois le salaire minimum sénégalais.

Vocation sociale

Au Sénégal, les grossistes s'approvisionnent notamment auprès du "Relais", qui leur fournit quelque 500 tonnes par an de vêtements triés en France.

Acteur majeur du secteur en France, cette entreprise à vocation sociale est également implantée depuis 2006 à Diamniadio, à une trentaine de kilomètres de la capitale, où ses 51 employés se chargent de trier de 200 à 250 tonnes de vêtement supplémentaires.

"Ce sont des balles de vêtements mélangés qui arrivent ici dans notre entrepôt", explique à l'AFP la numéro deux du groupe au Sénégal, Virginie Vyvermans.

Les pièces sont triées selon leurs catégories (robes, chemises, etc.), puis en fonction de leur qualité et de leur niveau d'usure. "Il y a des marchandises qui n'ont pas forcément de valeur, mais nous voulions créer de l'emploi avant tout", souligne Mme Vyvermans.

Une photo prise le 25 juin 2019 montre des ballots de vêtements de seconde main prêts à être envoyés à des grossistes au centre de recyclage de textiles de l'entreprise sociale française "Le Relais" à Diamniadio, au Sénégal.
Une photo prise le 25 juin 2019 montre des ballots de vêtements de seconde main prêts à être envoyés à des grossistes au centre de recyclage de textiles de l'entreprise sociale française "Le Relais" à Diamniadio, au Sénégal.

Les bénéfices sont investis dans des projets locaux de développement et dans les salaires des employés, majoritairement des femmes, toutes en CDI.

"Cela m'a permis d'inscrire mes enfants à l'école privée et d'acheter un terrain pour ma maison", explique l'une d'elles, Marie-Hélène Marome.

A l'ouverture du centre de tri du Relais, Aliou Diallo, un ancien épicier de 34 ans originaire de la ville voisine de Thiès, s'est reconverti.

"Pour moi, c'était une chance", explique le chef d'entreprise, qui emploie 30 personnes dans ses sept boutiques de Thiès et dans des entrepôts disséminés au Sénégal.

"On peut acheter des robes, des jeans, des T-shirts à bas prix, de grandes marques. Ils sont plus résistants que ceux de fabrication chinoise", commente Binta, 29 ans, une habituée, en fouillant parmi les tas de vêtements qui débordent de cartons entreposés à même le sol.

"Travail risqué"

Depuis les années 1980, "les tarifs douaniers ont été considérablement abaissés et les restrictions quantitatives supprimées, ce qui a ouvert la porte à des importations massives de friperie", souligne l'économiste Ahmadou Aly Mbaye, professeur à l'Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar.

Dans le même temps, les entreprises du secteur textile et de l'habillement "ont disparues du Sénégal et des autres pays de la sous-région", dit-il, en soulignant que s'il fallait relancer un secteur "dynamique" de la confection, "les importations massives de friperie seraient un obstacle total".

Surtout présents dans le secteur informel, les métiers du vêtement recyclé n'offrent pas que des avantages, relève encore l'économiste, en citant un "niveau de précarité élevé", des revenus "plus réduits que dans le secteur formel" et de plus grands risques d'accidents du travail.

Une pile de vêtements de seconde main au centre de recyclage du textile de l'entreprise sociale française "Le Relais" à Diamniadio, au Sénégal, le 25 juin 2019
Une pile de vêtements de seconde main au centre de recyclage du textile de l'entreprise sociale française "Le Relais" à Diamniadio, au Sénégal, le 25 juin 2019

La rubrique économie du 25 juin avec Claire Morin-Gibourg

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Démission du frère de Macky Sall

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Soupçonné de corruption, le frère de Macky Sall démissionne

Aliou Sall, frère du président sénégalais Macky Sall, lors d'une conférence de presse à Dakar, au Sénégal, le 3 juin 2019.

Le frère du président sénégalais Macky Sall a annoncé lundi avoir démissionné de son poste à la tête de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) après avoir été mis en cause dans une affaire de corruption par une enquête de la BBC diffusée au début du mois.

Selon la chaîne britannique, une société dirigée par Aliou Sall a touché en 2014 un pot-de-vin de 250.000 dollars de Frank Timis, un homme d’affaires australo-roumain dont la société, Timis Corporation, a remporté deux contrats gaziers.

L’affaire a fait les gros titres de la presse sénégalaise ces dernières semaines et provoqué des manifestations à Dakar, jetant une ombre sur le début du deuxième mandat de Macky Sall. La justice sénégalaise a ouvert une enquête.

Ce scandale a des implications internationales, le géant pétrolier britannique BP ayant accepté en 2017 de verser 250 millions de dollars à Timis Corporation pour obtenir une participation dans les gisements de gaz naturel. BP a assuré avoir pris toutes ses précautions avant de signer le contrat. Timis nie toute malversation.

Aliou Sall, qui nie avoir accepté un pot-de-vin, a dénoncé dans un communiqué une campagne de dénigrement visant à faire de lui “l’ennemi public numéro un”.

Avec Reuters

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