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Le Sénégal ouvre un Musée des civilisations noires, idée lancée il y a 50 ans

Le Musée des civilisations noires (MCN) à Dakar, le 27 novembre 2018.

Le Sénégal inaugure jeudi à Dakar un musée consacré aux "civilisations noires" depuis l'aube de l'humanité, un projet "panafricain" concrétisé un demi-siècle après son lancement par Léopold Sédar Senghor, au moment où progresse l'idée d'une restitution au continent de son patrimoine culturel.

A l'image de ce Musée des Civilisations noires (MCN), la réhabilitation ou la construction de musées modernes à travers l'Afrique bat en brèche l'argument du manque d'infrastructures adaptées, souvent opposé aux demandes de restitution, que des pays comme la France affirment vouloir faciliter.

Sept ans après le début des travaux sous le président Abdoulaye Wade (2000-2012), le ruban sera coupé vers 10 heures (GMT et locales) par son successeur Macky Sall.

Le Sénégal ouvre un Musée des civilisations noires
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D'une architecture monumentale inspirée notamment de la case ronde de Casamance, une région du sud du Sénégal, le MCN fait face au Grand Théâtre, aux portes du quartier administratif et des affaires de Dakar.

D'une surface de 14.000 m2, il pourra accueillir 18.000 pièces, allant de vestiges des premiers hominidés, apparus en Afrique il y a plusieurs millions d'années, aux créations artistiques actuelles, selon son directeur, Hamady Bocoum.

Sa construction et son aménagement ont été financés par la Chine pour plus de 30 millions d'euros.

Sans dévoiler précisément les objets qui seront exposés lors de l'ouverture, M. Bocoum a évoqué la présence de crânes, d'outils en pierre, de peintures, sculptures et autres masques.

"C'est un projet panafricain. Il y aura une facette de chaque partie de l'Afrique", a-t-il souligné, en assurant que le musée pourra accueillir des oeuvres d'autres pays du continent moins bien dotés.

L'ouverture du MCN est une "contribution importante au tissu des musées en Afrique de l'Ouest", a abondé le Béninois Alain Godonou, responsable du patrimoine pour la nouvelle Agence de promotion du tourisme de son pays, interrogé par l'AFP.

Cette inauguration intervient alors qu'un rapport remis le 23 novembre au président français Emmanuel Macron, rédigé par deux universitaires, la Française Bénédicte Savoy et le Sénégalais Felwine Sarr, préconise de faciliter les restitutions d'oeuvres aux anciennes colonies.

Capacité de conservation

Une évolution saluée par le ministre sénégalais de la Culture, Abdou Latif Coulibaly. Si les responsables français décident "de restituer définitivement, nous trouverons des moyens pour récupérer ces oeuvres", a-t-il dit la semaine dernière.

"S'ils ont décidé une autre forme de restitution, dépôt ou prêt, nous sommes disposés à trouver des solutions avec la France", a ajouté M. Coulibaly, se disant prêt à en récupérer le plus grand nombre possible, sans pouvoir l'estimer.

Le MCN "revendique le statut de musée moderne" où "l'on peut maîtriser le température et l'humidité dans chacune des salles", a précisé M. Bocoum.

"Le Bénin arrive aussi", avec l'ouverture prévue en 2020 de quatre musées modernes dans des villes historiques, a souligné Ousmane Aledji, chargé de mission auprès de la présidence de son pays, auquel M. Macron a annoncé dès la remise du rapport la restitution de 26 oeuvres réclamées par Cotonou.

Ce type de projets "vient aussi vider de leur contenu un certain nombre de petits débats sur l'Afrique", a estimé M. Aledji, en référence aux doutes exprimés par certains experts sur les conditions d'accueil de ces oeuvres.

"Si ces biens appartiennent aux Africains, de quoi les Occidentaux se mêlent de savoir si l'Afrique sait les garder ou non?", s'est interrogé avec véhémence le recteur de l'Université Cheikh Anta-Diop de Dakar, tenant son nom d'un intellectuel sénégalais qui a contribué à réhabiliter l'apport des populations noires à la culture mondiale.

"La question est fausse, puisque la réponse est déjà donnée par les Africains qui les ont produits et gardés pendant des siècles dans d'excellentes conditions hors des musées", a ajouté la semaine dernière le recteur de la principale université du Sénégal, Ibrahima Thioub.

L'idée d'un musée des civilisations noires avait été lancée par le poète Senghor, premier président sénégalais (1960-1980), lors du premier Festival mondial des arts nègres en 1966 à Dakar.

Un demi-siècle plus tard, le MCN voit le jour et "tout le monde y sera, pour démontrer notre ouverture et notre capacité à dire aux autres: 'Nous existons, mais nous existons avec vous et en compagnie de vous'", a affirmé le ministre de la Culture.

Le MCN veut mettre en exergue "la contribution de l'Afrique au patrimoine culturel et scientifique", souligne M. Bocoum. Mais son objectif est "surtout de se projeter" vers l'avenir. "Nous n'allons pas rester dans la contemplation", a-t-il promis.

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La justice confirme la condamnation du maire de Dakar à deux ans de prison

Le maire de Dakar, Barthélémy Dias.

La justice sénégalaise a confirmé la condamnation du maire de Dakar Barthélémy Dias à deux ans de prison, dont six mois ferme, après son jugement en appel pour la mort d'un homme tué par balle en 2011 dans un contexte de violence politique. 

Le tribunal "confirme le jugement dans toutes ses dispositions, déboute la partie civile dans toutes ses demandes".

Barthélémy Dias, farouche opposant au pouvoir, est devenu maire de Dakar en février pour le compte d'une coalition nationale conduite par Ousmane Sonko, prétendant déclaré à la présidentielle de 2024.

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De nombreux policiers et gendarmes avaient pris position dans et autour du palais. Des véhicules anti-émeutes ont été disposés à différents carrefours de la capitale. L'édile, élu également député lors des législatives de fin juillet, n'a cessé de crier au procès politique.

"L'implication majeure, c'est que son mandat de maire n'est pas menacé", a affirmé son avocat, Me Demba Ciré Bathily. Concernant son mandat de parlementaire, "les implications ne sont pas à l'ordre du jour parce que la décision n'est pas définitive". Son avocat a dit qu'il allait conseiller à son client d'introduire un pourvoi en cassation.

Son procès en appel avait été reporté à de multiples reprises ces dernières années avant de se tenir le 2 mars. Le parquet général y avait requis cinq ans de prison ferme, une peine qui aurait interrompu la carrière de M. Dias.

M. Dias, 46 ans, jugé avec une douzaine d'autres à l'époque, avait été condamné en 2017 à deux ans de prison, dont six mois ferme, pour "coup mortel" porté en 2011 à Ndiaga Diouf, un lutteur décrit par l'opposition comme un nervi du régime.

Ndiaga Diouf avait été abattu par balle lors de l'assaut donné à la mairie de Mermoz Sacré-Coeur, une des communes constituant la capitale et dont M. Dias était alors maire, par de supposés sympathisants du Parti démocratique sénégalais, au pouvoir. Les violences s'étaient produites dans un contexte de contestation grandissante contre une candidature du président sortant Abdoulaye Wade à un troisième mandat en 2012.

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