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Reprise des activités dans des villes camerounaises frontalières avec le Nigeria


Des bus venus du Nigeria stationnent à Mora dans la région de l’extrême-Nord au Cameroun, le 15 mars 2021.

Les autorités des deux pays ont fait ce constat lors de la récente cérémonie de départ volontaire des réfugiés nigérians dans leur pays. Un début de retour à la normale marqué aussi par la relance des échanges commerciaux à certains postes frontaliers.

A Amchidé, une ville frontalière dans la région de l’Extrême-nord avec le Nigeria, le gouvernement camerounais a organisé la cérémonie de rapatriement de 400 réfugiés nigérians.

Amchidé, à l'instar de Kolofata et Fotokol, avaient été dépeuplées à cause des attaques, enlèvements, pillages, vols et viols perpétrés par Boko Haram.

"Depuis le début de crise qui a profondément meurtri Amchidé et notre département, nous avons aujourd’hui la première visite d’un membre du gouvernement", s’est réjoui Seini Boukar Lamine, maire de Kolofata.

L’élu local salue aussi les activités qui reprennent vie "malgré l’existence des attaques résiduelles somme toutes minimes".

Une reprise qui se conjugue avec espoir dans cette localité. "Nous rêvons du développement, avec la reprise normale des activités pastorales agricoles et commerciales mais il nous faut des routes, et continuer à avoir la pression sécuritaire pour qu’on soit complètement débarrassé de ce mal", conclut le maire.

Certains postes douaniers du département du Mayo-Sava voisin au Nigeria ont relancé leurs activités après des années de fermeture. La circulation des personnes et des marchandises sur le corridor Mora-Amchidé en allant vers le Nigeria est désormais possible.

Ibrahim, un ressortissant nigérian, a emprunté la frontière terrestre à Amchidé pour retourner dans son pays. "Nous sommes ici depuis 8 années déjà, maintenant nous rentrons directement", dit-il.

C’est le même sentiment de joie qui anime Mohamed: "nous retournons chez nous dans la paix et avec la manière, merci à tous les Camerounais", confie-t-il à VOA Afrique.

Pour sa part, Babagana Zulu, gouverneur de l’Etat voisin de Borno, pense qu’il est temps de rouvrir les frontières du côté du Nigeria, "pour permettre aux activités économiques de reprendre immédiatement et effectivement entre les deux pays".

Les villes frontalières entre le Cameroun et le Nigeria ont payé le plus tribut des attaques de Boko Haram. Mais l’Etat Camerounais a entrepris la reconstruction des édifices détruits par la guerre et le renforcement de la sécurité dans la zone.

"Je tiens à remercier le général Bouba de la force multinationale mixte et féliciter les forces de défense et de sécurité pour leur encadrement grâce auquel nous sommes aujourd’hui à Kolofata", a lancé Paul Atanga Nji, ministre de l’administration territoriale.

En six ans de conflits, le tissu commercial aux frontières du Cameroun avec le Nigeria a été affaibli, des milliers de commerçants ont pour la plupart pris la direction de N’Djaména au Tchad, Bertoua ou Douala au Cameroun.

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