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Rentrée éprouvante en Floride, deux semaines après la tuerie

Les élèves du lycée Marjory Stoneman Douglas en Floride, le 20 février 2018.

Le lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, en Floride, va tenter de retrouver un semblant de normalité en rouvrant ses portes, deux semaines après la fusillade qui a fait 17 morts et poussé les survivants à réclamer un durcissement des lois sur les armes à feu.

Depuis le drame, l'émotion n'est pas retombée autour de l'établissement qui a perdu 14 élèves et trois enseignants sous les balles d'un ancien étudiant, Nikolas Cruz. Agé de 19 ans, il avait acheté légalement un fusil semi-automatique malgré des problèmes psychologiques qui avaient fait l'objet de plusieurs signalements à la police.

"Je vais être forte", a affirmé à l'AFP Jenna Korsten, une élève du lycée âgée de 17 ans. "Nous devons être forts dans ce genre de situation car nous sommes une famille".

>> Lire aussi : Les parlementaires républicains réticents à une nouvelle loi sur les armes

"J'ai peur, mais je suis aussi content de retrouver un sentiment de normalité", a expliqué Tanzil Philip, 16 ans et en classe de Seconde. "Je ne sais pas ce que je vais ressentir avant d'y retourner sans mes parents et de m'asseoir" dans la salle de classe, a-t-il expliqué, ajoutant que cette journée devrait être "très triste".

Au coin du lycée de Parkland, au nord de Miami, dix-sept croix blanches ont été érigées en mémoire des victimes.

'Echec colossal'

La fusillade, la plus meurtrière en milieu scolaire depuis plus de cinq ans, illustre le fossé entre les partisans d'une règlementation plus stricte des ventes d'armes et leurs adversaires qui invoquent le droit constitutionnel de chaque Américain à porter une arme.

Plusieurs rescapés de la tuerie ont rencontré les parlementaires, en Floride et à Washington, pour tenter de les convaincre de l'urgence d'une réforme.

Mais les bonnes intentions se heurtent à la résistance des élus et de la National Rifle Association (NRA), le puissant groupe de pression pro-armes.

>> Lire aussi : Trump assure qu'il aurait agi pendant la fusillade en Floride

Certaines mesures, comme l'amélioration du processus de vérifications des antécédents avant toute vente d'armes, semble faire consensus. D'autres, comme le relèvement de l'âge légal pour l'achat d'une arme de 18 à 21 ans, sont combattues par la NRA.

Le président Donald Trump, qui a aussi reçu une délégation d'élèves, s'est dit favorable à ce que l'achat de "certaines armes" soit interdit avant 21 ans. Il pourrait préciser sa pensée en rencontrant mercredi des parlementaires républicains et démocrates.

Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a fustigé mardi "un échec colossal dans le système localement", rappelant que l'antenne floridienne du FBI avait "échoué à enquêter sur une information claire" après été averti en janvier des intentions du tireur.

"Permettez-moi de dire que nous ne devrions pas interdire les armes à feu aux citoyens respectueux de la loi, mais nous devrions veiller à ce que les citoyens qui ne devraient pas se procurer d'armes à feu ne les obtiennent pas", a-t-il ajouté.

"Alors que les gens pensent à de nouvelles lois, il faut d'abord regarder le nombre de lois qui n'ont pas été mises en application, qui ne sont pas appliquées de la bonne manière", a affirmé Steve Scalise, numéro trois des républicains de la Chambre des représentants.

Il s'est dit opposé à toute interdiction spécifique, comme le semi-automatique de type AR-15 utilisé par Cruz, plaidant pour que les personnels des écoles soient armés. Une idée que refusent des responsables politiques et une partie du monde éducatif.

Plan d'action

M. Scalise avait été grièvement blessé en juin 2017 lorsqu'un homme a ouvert le feu sur l'équipe de baseball républicaine du Congrès.

L'élu de Louisiane a rappelé que son assaillant avait été tué par un policier en faction. "J'aurais souhaité que cela arrive au lycée où, clairement, il y avait un policier sur place qui s'est caché au lieu d'affronter le tueur", a-t-il accusé.

Scot Peterson, ce policier vilipendé depuis le massacre, s'est défendu lundi en affirmant qu'il avait suivi la procédure.

Le gouverneur de Floride, Rick Scott, a dévoilé mardi un "plan d'action" prévoyant le déblocage de 500 millions de dollars pour la sécurité dans les écoles de l'Etat, qui a l'une des législations les plus favorables du pays pour la détention et l'usage des armes à feu, et l'amélioration du suivi psychologique.

L'Assemblée de Floride doit étudier cette semaine une série de propositions, notamment le relèvement de l'âge légal pour acheter une arme et l'allongement du délai de vérification des antécédents.

Mais le Sénat de l'Etat a retoqué un amendement interdisant des armes semi-automatiques, une idée pourtant jugée cruciale par les rescapés du lycée de Parkland.

Avec AFP

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Au Mur des Lamentations, Pompeo offre à Netanyahu une image symbolique

Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo devant le Mur des Lamentations

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo est devenu jeudi le premier haut responsable américain à visiter le Mur des Lamentations avec un Premier ministre israélien, une image symbolique et un coup de pouce à Benjamin Netanyahu, engagé dans une bataille incertaine pour sa réélection.

L'administration américaine de Donald Trump semble vouloir mettre tout son poids dans la balance pour soutenir le Premier ministre d'Israël à l'approche des élections législatives du 9 avril.

En plein déplacement de son secrétaire d'Etat, M. Trump s'est prononcé sur Twitter pour la reconnaissance de "la souveraineté d'Israël" sur la partie du Golan syrien occupée en 1967 par Israël puis annexée.

"Merci président Trump!", a aussitôt réagi Benjamin Netanyahu sur Twitter, en saluant une décision "courageuse".

Le chef du gouvernement israélien avait encore réclamé la veille, en présence de Mike Pompeo, que la communauté internationale fasse ce pas au nom de sa sécurité. Reconnaître formellement l'annexion du Golan serait une nouvelle entorse à la tradition diplomatique américaine et au consensus international.

Mike Pompeo a en tout cas rompu avec la pratique lors de sa visite à Jérusalem. Devant les caméras, il s'est recueilli avec Benjamin Netanyahu face au Mur des Lamentations, le site de prière le plus sacré pour les juifs. Les deux hommes ont ensuite, chacun à leur tour, glissé leur prière inscrite sur un petit papier entre les pierres de l'imposante muraille.

"Il est important" et "symbolique qu'un haut responsable américain s'y rende avec un Premier ministre d'Israël", a expliqué le chef de la diplomatie américaine, évoquant un "lieu très important pour de nombreuses religions".

- Une aura -

Mais ce geste apparaît surtout comme une nouvelle étape dans la révision de la position américaine à l'égard de Jérusalem engagée par Donald Trump, qui avait lui-même été en 2017 le premier président des Etats-Unis en exercice à se rendre au Mur des Lamentations.

Ce site se trouve en effet à Jérusalem-Est, dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer.

La communauté internationale juge illégale cette annexion, et renvoie le statut final de la Ville sainte à des négociations de paix.

Mais Donald Trump a lui reconnu unilatéralement fin 2017 Jérusalem comme capitale d'Israël, ce qui lui vaut les remontrances de nombreux autres pays, la colère des Palestiniens, mais aussi une aura particulière auprès des Israéliens.

Le sort de la ville est une des clés de toute résolution du conflit israélo-palestinien, puisque l'Etat hébreu la considère comme sa capitale "indivisible" alors que les Palestiniens revendiquent sa partie orientale comme capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

- Netanyahu à Washington -

Tous ces gestes américains "devraient être accompagnés de déclarations montrant que les Etats-Unis envisagent aussi qu'à l'issue d'éventuelles négociations, la capitale d'un Etat palestinien puisse voir le jour dans Jérusalem-Est", estime Dan Shapiro, ambassadeur en Israël de l'ex-président Barack Obama. Ce qui n'est pas le cas.

Aaron David Miller, ancien diplomate américain, juge que la visite Pompeo-Netanyahu au Mur des Lamentations vise à montrer clairement "que cette administration est la plus pro-israélienne de l'histoire".

"A moins de trois semaines des élections israéliennes, pas besoin d'être un grand spécialiste du Moyen-Orient pour comprendre que l'administration fait tout son possible, en surfant sur la popularité de Trump en Israël, pour démontrer que Netanyahu est indispensable", dit à l'AFP cet expert du cercle de réflexion Wilson Center à Washington.

Le Premier ministre israélien, au pouvoir depuis une décennie, multiplie de son côté les occasions de s'afficher auprès des dirigeants américains, et se rendra la semaine prochaine à Washington auprès du locataire de la Maison Blanche. Ce nouveau voyage sera aussi l'occasion pour Benjamin Netanyahu de s'afficher à la grand-messe du puissant lobby pro-Israël Aipac.

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