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Niger

Rentrée universitaire et état des lieux de l'enseignement supérieur

L'entrée de l'université à Niamey, le 4 septembre 2019. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

A l'occasion de la rentrée universitaire au Niger, VOA Afrique fait un état des lieux de l'enseignement supérieur public du Niger qui a connu des crises multiformes ces dernières années.

Lamine Souleymane travaille actuellement sur un projet de thèse doctorale en médias et sécurité à la faculté des sciences juridiques et politiques de l'université de Niamey.

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Pour ses recherches, le jeune doctorant rencontre beaucoup de difficultés.

Souleymane Lamine, doctorant, à Niamey, le 4 septembre 2019. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)
Souleymane Lamine, doctorant, à Niamey, le 4 septembre 2019. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

"Nous n'avons pas accès facilement à des documents'', se désole-t-il. Les étudiants du troisième cycle peinent aussi à trouver des encadreurs, souligne Lamine. "Vous pouvez faire un an avec votre projet de thèse assez fourni sans avoir quelqu'un pour vous encadrer".

A tout cela s'ajoute l'éternel problème du financement de la recherche. "Depuis mon cycle de master je n’ai jamais bénéficié de bourse", regrette Lamine.

Amadou Bounty Diallo, enseignants chercheur au département de philosophie, à Niamey, le 4 septembre 2019. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)
Amadou Bounty Diallo, enseignants chercheur au département de philosophie, à Niamey, le 4 septembre 2019. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

Les enseignants chercheurs font face également aux dificultés de financement des travaux, reconnait Bounty Diallo du département de philosophie : "Ce ne sont pas des problèmes qu'on peut cacher. Que l'on soit un officiel ou un enseignant-chercheur sans responsabilité".

Les autres défis de l'enseignement supérieur au Niger ont pour noms surpopulation dans les campus, insuffisance du corps enseignant et manque d'infrastructures. Tout cela concourt à la baisse généralisée du niveau des étudiants.

L'autre problème majeur, selon les observateurs, c'est que le système LMD d'enseignement n'est pas suffisamment maitrisé par tous les intervenants. "Beaucoup d'acteurs sont dans le système sans la maitrise, et on constate que le produit fini n'est pas a la hauteur'', souligne M. Diallo.

Le Niger compte huit universités publiques. Celle de Niamey est la plus ancienne et la plus peuplée avec, en 2018, un effectif de plus 23.000 étudiants suivi par quelque 500 enseignants et chercheurs.

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Niger: 15 militaires tués et 6 portés disparus après une attaque

Des soldats nigériens participent à un exercice d'entraînement conjoint avec des soldats américains lors de l'exercice Flintlock 2017 à Diffa, au Niger.

Quinze militaires nigériens ont été tués samedi et six autres sont "portés disparus", après une attaque "terroriste" dans le département de Torodi (sud-ouest) proche du Burkina Faso, a annoncé dimanche soir le ministère nigérien de la Défense.

Le ministère a expliqué que les forces de sécurité qui étaient en mission de ravitaillement avaient d'abord été prises dans une "embuscade tendue par des groupes armés terroristes" avant que les militaires tentant d'évacuer les blessés ne tombent "sur un engin explosif improvisé".

Le bilan total de cette attaque qui s'est produite samedi vers 10H00 GMT (11H00 locales) est de "15 militaires décédés, 7 blessés, 6 portés disparus", précise le communiqué.

"Un large ratissage de la zone" par des forces terrestres "appuyées par l'aviation militaire" a été engagé afin "de mettre la main sur les terroristes", poursuit le texte.

Le département de Torodi est situé dans le sud-ouest de la région de Tillabéri qui se trouve dans la zone dite des "trois frontières" entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali.

Cette zone, est le théâtre de fréquentes attaques de groupes jihadistes sahéliens dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaïda).

Les attaques des jihadistes présumés ciblent de plus en plus les civils dans région de Tillabéri, un vaste espace aride et enclavé.

33 villageois ont été tués dans deux attaques distinctes, dimanche dernier et mercredi, plus au nord, près de la frontière malienne.

Un contingent de 1.200 soldats de l'armée tchadienne, réputée la plus aguerrie de la région, a été déployé dans la zone des trois frontières, dans le cadre de la force multinationale antijihadiste du "G5 Sahel" regroupant cinq pays (Mauritanie, Mali, Burkina, Niger, Tchad).

Inondations au Niger: 35 morts et plus de 26.000 sinistrés depuis juin

Un enfant patauge dans l'eau dans une rue inondée du quartier de Kirkissoye à Niamey, le 3 septembre 2019.

Les dégâts matériels sont importants avec plus de 2.500 habitations détruites.

Les fortes pluies qui s'abattent depuis juin sur le Niger ont fait 35 morts et plus de 26.500 sinistrés, ont indiqué samedi les autorités de ce pays sahélien au climat habituellement très sec.

Selon le bilan de la Protection civile, transmis samedi à l'AFP, 20 personnes sont mortes dans l'effondrement de leurs maisons, 15 par noyade et 24 ont été blessées. Quelque 26.532 personnes sinistrées ont été par ailleurs recensées.

Les régions les plus touchées sont celles de Maradi, dans le sud-est (10 morts), d'Agadez dans le nord désertique (10 décès) et la capitale Niamey (8 morts) selon ces données officielles.

Les dégâts matériels sont également importants avec plus de 2.500 maisons et cases détruites, une cinquantaine de classes d'école, de mosquées, de boutiques et de greniers à céréales endommagés. 708 têtes de bétail ont aussi péri.

En dépit de sa courte durée, de trois mois maximum, et de la faiblesse des précipitations, la saison des pluies est régulièrement meurtrière depuis plusieurs années, y compris dans les zones désertiques du Nord. Un paradoxe dans ce pays où les mauvaises récoltes sont habituellement dues à la sécheresse.

En 2020, les inondations avaient fait 73 morts et créé un crise humanitaire avec 2,2 millions de personnes nécessitant une assistance, selon l'ONU. En 2019, 57 personnes étaient mortes.

Une affaire de détournement de fonds publics fait la une de l'actualité au Niger

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Au moins 18 morts dans une attaque au Niger

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Tabaski: au Sahel, le commerce de moutons mis en péril par la "maudite" guerre

Bata Doucoure, un vendeur de moutons basé à Bamako, se tient avec ses moutons au marché aux moutons de Lafiabougou à Bamako le 13 juillet 2021.

"Il y a une pénurie comme on n'en a jamais connu à cause de cette maudite crise sécuritaire!". Les traits tirés, la tête enveloppée dans un turban bleu, le vendeur de moutons nigérien Ali Zada ne décolère pas.

Son travail: acheter des moutons dans sa région, Tillabéri (dans la région en conflit dite des "trois frontières" entre Mali, Burkina Faso et Niger), puis les revendre dans la capitale du Niger.

Mais cette année, rien ne va: "Avant, je pouvais amener à Niamey jusqu'à 500 têtes de moutons, mais regardez...", dit-il en se tournant.

Rencontré jeudi, à peine trente animaux squelettiques le suivaient alors timidement. Il espérait les avoir revendus d'ici mardi, jour de la fête musulmane du Sacrifice, l'Aïd al-Adha, qu'on appelle Tabaski en Afrique de l'Ouest, où les fidèles partagent en famille et avec leurs voisins un mouton sacrifié le jour même.

Comme lui, ils sont des millions d'éleveurs, revendeurs, et en fin de course acheteurs, à se lamenter de l'impact de la guerre sur "la grande fête" : des moutons moins nombreux, et des prix qui s'envolent.

Depuis 2012 et l'émergence d'un conflit indépendantiste dans le nord du Mali, celui-ci s'est métastasé et étendu dans les trois pays du Sahel central (Mali, Burkina Faso et Niger). Des violences communautaires et jihadistes - de groupes affiliés à l'Etat islamique ou à Al-Qaïda - endeuillent désormais quotidiennement ces pays.

En plus d'avoir largement recruté parmi ces populations pastorales marginalisées par les Etats centraux, les jihadistes prélèvent dans les zones où ils sont puissants l'impôt islamique (zakat), souvent sous forme de bétail. Et les pasteurs sont aussi victimes des sécheresses répétitives du Sahel qui ont décimé les cheptels.

Troupeau volé, cousin abattu

A ces pressions jihadiste et climatique s'ajoutent enfin l'essor du banditisme et de groupes armés locaux autoproclamés d'autodéfense. Au fil des ans, le vol de bétail est ipso facto devenu un élément central de l'économie de la guerre.

"Les éleveurs n'ont plus la liberté de leur pleine mobilité", résume Abdoul Aziz Ag Alwaly, cadre du Réseau Billital Maroobé, association ouest-africaine de défense des intérêts des pasteurs.

"Sur le parcours entre le lieu d'élevage et le point de vente, il y a de plus en plus de risques et de 'frais'", explique-t-il, en référence aux attaques de groupes armés ou au racket de bandits.

"Tu élèves tes animaux pendant des mois et un bandit vient les arracher en quelques minutes", dit Mamane Sani, membre d'une association locale de consommateurs nigérienne.

Alors beaucoup d'éleveurs n'ont pas fait le trajet pour la fête, et les marchés des centres urbains ne sont pas bondés comme à l'ordinaire.

Au Sahel, chacun connaît quelqu'un à qui il est arrivé malheur. Pour Issa Ouédraogo, vendeur de 33 ans rencontré sur le marché de Tanghin à Ouagadougou au Burkina Faso, c'était un de ses fournisseurs. "Il s'est vu arracher plus de deux cent têtes de bovins, et son cousin qui gardait les bêtes a été abattu", raconte-il.

La mort et l'insécurité "sont devenue la norme pour des millions de Sahéliens, et particulièrement nous autres éleveurs, il faut que les gens s'en rendent compte", souligne un membre d'une association pastorale à Bamako, anonymement.

"C'est plus du double!"

A Toukarou, principal marché à bétail de Niamey, le percepteur de la taxe d'entrée des bêtes en ville Moussa Abdou regrette le passé et ses "incessantes navettes de camions chargés de moutons".

En ce moment, dit-il, il y a "un ou deux camions avec quelques dizaines de bêtes par jour, c'est tout!".

Plus loin dans les rues de la capitale nigérienne, sous les 45 degrés du milieu de journée, Maazou Zakou traine les pieds entre ses quinze béliers. "Je suis bien éreinté et les bêtes ne veulent plus avancer", explique l'éleveur, transpirant à grosses gouttes.

Il essaie sans succès de les écouler depuis le matin mais ne veut pas se résoudre à baisser le prix de vente.

Partout, on entend le même discours pour expliquer la flambée des prix: du côté des vendeurs, on plaide l'insécurité et les soucis rencontrés sur la route vers le lieu de vente pour augmenter le prix. Les acheteurs, eux, ne peuvent débourser plus que de raison dans un contexte économique délétère.

"Les moutons que l'on payait à 35.000 (53 euros) sont passés à 80.000 (121 euros), c'est plus du double!", explique Ahmed Cissé à Ouagadougou, venu acheter le sien pour la fête. "Les prix sont trop élevés pour la bourse d'un fonctionnaire".

Au Mali, le gouvernement a lancé une "vente promotionnelle" à quelques jours de la Tabaski pour "permettre aux populations les plus défavorisés d'acheter un mouton", selon le ministre de l'Elevage, Youba Ba.

L'insécurité a fait monter les prix, reconnait-il, mais il affirme que l'armée a "sécurisé" des corridors pastoraux pour permettre l'acheminement des bêtes. Il se veut rassurant: tout a été fait pour que "chaque Malien ait un mouton à égorger mardi".

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