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Niger

Six établissements privés de santé fermés pour "violation" de la réglementation

Le ministre de la Santé Idi Illiassou, à Niamey, le 7 juin 2017. (VOA/Abdoul-Razak Idrissa)

Le gouvernement nigérien a ordonné la fermeture de six établissements privés de santé, pour diverses "violations" de la réglementation, a indiqué jeudi le ministre de la Santé.

"Les six établissements ont été fermés pour violation flagrante de la loi et pour non respect des textes régissant le secteur de la santé", a déclaré à l'AFP le ministre de la Santé Idi Illiassou.

Ces sanctions ont été prises après des contrôles menés en juillet et août dans des cabinets de soins de la capitale, Niamey, selon les décisions de fermeture signées par le ministre. Les contrôles ont relevé que certains centres de soins sont exploités "sans autorisation" ou dirigés par des agents de la santé déjà "fonctionnaires de l'Etat".

Or la loi nigérienne stipule que "l'exercice de la profession de santé à titre privé est incompatible avec tout emploi de la fonction publique", selon le ministère.

D'autres établissements sont dirigés par des "agents non qualifiés" avec des "infirmiers y exerçant sans autorisation" alors que les "consultations sont faites par des étudiants en médecine". Deux des cabinets de soins incriminés se sont dotés irrégulièrement d'un bloc opératoire et d'un laboratoire d'anatomie pathologie, deux spécialités médicales pour lesquelles ils n'avaient pas d'autorisation.

En 2017, le ministère avait fermé quatorze établissements privés pour des infractions à la réglementation, dont des pharmacies, des cliniques et des maternités.

Des centres de l'ONG britannique Marie Stopes International au Niger avaient également été fermés en 2018 pour pratique illégale de l'interruption volontaire de grossesse.

M. Illiassou a plusieurs fois dépeint ces dernières années "une situation alarmante" dans le secteur privé de la santé du Niger, déplorant que "la réglementation, la législation et les procédures d'ouverture des établissements ne soient pas respectées" et promettant de "remettre de l'ordre".

Au Niger, une majorité des 20 millions d'habitants est très pauvre et dans l'impossibilité de s'offrir des soins de qualité. D'importantes quantités de faux médicaments pharmaceutiques sont souvent interceptées par les autorités.

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Le président nigérien Mahamadou Issoufou lauréat du Prix Mo Ibrahim 2020

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou (en blanc), participe à une réunion à Pékin, en Chine, le 28 mai 2019.

Le président sortant du Niger, Mahamadou Issoufou, qui laissera sa place à un nouveau président début avril, a remporté lundi le prix Mo Ibrahim 2020, qui récompense une "gouvernance exceptionnelle" en Afrique.

"Le Comité du Prix souligne le leadership exceptionnel du président Issoufou, à la tête d'un des pays les plus pauvres au monde, confronté à un cumul de défis apparemment insurmontables", selon un communiqué de la Fondation Mo Ibrahim.

Mahamadou Issoufou, 68 ans, a été président du Niger pendant 10 ans, renonçant à un troisième mandat. Il est le premier dirigeant de l'espace francophone à remporter ce prix d'excellence.

Dans l'histoire nationale rythmée par les coups d'Etat, la dernière présidentielle de fin 2020 et début 2021, a été la première transition démocratique entre deux présidents élus.

Mohamed Bazoum, dauphin de M. Issoufou, a été élu après un second tour fin février aux résultats contestés par l'opposition, occasionnant des troubles dans Niamey qui ont fait deux morts.

Sur Twitter, le président nigérien a remercié la Fondation.


Fondé par Mo Ibrahim, riche entrepreneur des télécommunications d'origine soudanaise, le prix récompense un ancien chef d'Etat ou de gouvernement d'un pays d'Afrique subsaharienne pour son travail dans l'intérêt du public ou son action en faveur du développement durable.

M. Issoufou est le sixième lauréat du prix Mo Ibrahim, richement doté, qui n'avait été plus été décerné depuis 2017, faute de candidat réunissant les qualités requises.

Outre le président du Niger, cinq anciens présidents africains ont été récompensés depuis 2007, quand le prix a été accordé pour la première fois: le Mozambicain Joaquim Chissano (2007), le Botswanais Festus Gontebanye Mogae (2008), le Capverdien Pedro De Verona Rodrigues Pires (2011), le Namibien Hifikepunye Pohamba (2014), et la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf (2017).

L'ancien président sud-africain Nelson Mandela, icône de la lutte contre l'apartheid, avait été fait lauréat honoraire du prix en 2007.

Les lauréats du prix Mo Ibrahim reçoivent cinq millions de dollars, versés sur dix ans, puis une allocation à vie annuelle de 200.000 dollars.

Saisie de 17 tonnes de cannabis à Niamey

Une photo prise le 25 février 2021 montre de la résine de cannabis saisie à des revendeurs locaux lors d'une visite du ministre français de l'Intérieur à Marseille, dans le sud de la France.

Dix-sept tonnes de résine cannabis d'une valeur marchande de 20 milliards de FCFA (plus de 30,4 millions d'euros) en provenance du Liban, via le port togolais de Lomé, ont été interceptées par les autorités nigériennes, une saisie record dans ce pays.

"C'est une très grosse quantité de 17 tonnes évaluée à près de 20 milliards de FCFA qui a été saisie dans un entrepôt de Niamey", a expliqué Alkache Alhada, ministre nigérien de l'Intérieur au cours d'une cérémonie de présentation de la drogue saisie à la presse.

C'est la première fois qu'autant de drogue, en provenance du Liban, est saisie au Niger, a-t-il commenté, précisant que treize personnes, onze Nigériens et deux Algériens, avaient été arrêtées et écrouées.

La drogue, soigneusement conditionnée dans des emballages étanches, a été saisie le 2 mars dans un quartier de la périphérie de Niamey. Chacun des milliers de petits paquets contenant la drogue portait le nom d'un destinataire précis.

Cette cargaison avait quitté le Liban et a transité par le port de Lomé grâce à une société indienne, avant d'être acheminée à Niamey dissimulée dans un camion-citerne immatriculé au Bénin et censé contenir des hydrocarbures, selon la police nigérienne.

La drogue était destinée à la Libye et devait passer par Agadez, la grande ville du nord du Niger, a-t-elle souligné.

Au Niger, les saisies record de stupéfiants et de médicaments contrefaits se sont enchaînées depuis 2017.

En juin 2018, trois tonnes de résine de cannabis, estimées à trois milliards de FCFA (4,5 millions d'euros) en provenance du Maghreb, ont été interceptées à Niamey. La drogue était dissimulée dans des caisses de fruits et légumes.

Une partie de la drogue est écoulée localement, mais l'essentiel est généralement camouflé dans des sacs d'aliments pour bétail, puis réexporté vers les marchés des pays de la région, selon les autorités.

En mai 2018, la police nigérienne avait également saisi plus de 29 tonnes de faux médicaments.

Le mariage des enfants se poursuit au Sahel

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Une dizaine de chefs d'accusation contre Hama Amadou

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L'opposant Amadou Hama emprisonné à Niamey après sa garde à vue

Un homme se tient devant une affiche de campagne du candidat présidentiel Hama Amadou à Niamey le 27 février 2016.

L'opposant Amadou Hama été emprisonné lundi à Niamey après trois jours de garde à vue pour son rôle présumé dans les troubles ayant suivi la proclamation des résultats de la présidentielle au Niger, ont annoncé à l'AFP les services du procureur.

Amadou Hama "a été placé sous mandat de dépôt à (la prison de) Filingué" à Niamey sous "beaucoup de chefs d'accusation", dont "sa complicité" dans des manifestations et destructions de biens, selon ces services.

M. Hama, ancien Premier ministre et ancien président de l'Assemblée nationale, est également accusé "de propagande régionaliste" et "de propos de nature à dresser les gens les uns contre les autres".

"D'autres personnes" détenues en lien avec les troubles ayant suivi la proclamation des résultats provisoires du second tour la présidentielle du 21 février "ont également été placées sous madat de dépôt", selon les services du procureur, qui n'ont pas cité leurs noms.

M. Hama s'était présenté de lui-même vendredi à la police de Niamey où il a passé trois jours en garde à vue avant d'être emprisonné sur décison du doyen des juges d'instruction chargé de son dossier.

Le ministre de l'Intérieur, Alkache Alhada, l'avait accusé la veille "d'être le principal auteur" des troubles ayant éclaté à Niamey après l'annonce le 23 février par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de l'élection de Mohamed Bazoum au second tour de la présidentielle.

Ces troubles ont fait deux morts, entraîné des pillages de commerces, des destructions d'infrastructures et de biens privés, et ont conduit à l'interpellation de 468 personnes, selon le ministre de l'Intérieur.

La victoire de M. Bazoum, dauphin du président sortant Mahamadou Issoufou, avec 55,7% des voix, est contestée par l'opposant et ancien chef d'Etat Mahamane Ousmane. Celui-ci s'est proclamé vainqueur, revendiquant 50,3% des voix.

Lundi, la coalition de l'opposition Cap 20/21 et ses alliés ont annoncé leur détermination à "défendre" la "victoire" de l'opposant Mahamane Ousmane "par tous les moyens de droit".

La coalition "exige" la "libération sans condition" des personnes interpellées, dont Amadou Hama.

Considéré comme un sérieux challenger à la présidentielle, Amadou Hama n'a pas pu se présenter à l'élection en raison de sa condamnation à un an de prison pour une affaire de trafic de bébés, affaire qu'il a qualifiée de "complot" pour l'écarter du scrutin.

Il avait apporté son soutien à Mahamane Ousmane.

Parmi les personnes arrêtées figure également l'ancien chef d'état-major des armées Moumouni Boureima, proche de Amadou Hama, accusé d'être l'un des "meneurs" des troubles à Niamey.

Selon la presse locale, Djibrilla Baré Maïnassara, candidat au premier tour qui a soutenu M. Ousmane et frère de l'ex-président Ibrahim Baré Maïnassara, assassiné lors d'un coup d'Etat en 1999, fait aussi partie des personnes détenues.

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