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Reddition de membres présumés de Boko Haram dans le nord Cameroun


Des soldats camerounais fouillent des véhicules à la frontière entre le Cameroun et le Nigeria, 19 février 2015.

Près de 60 membres présumés du groupe jihadiste Boko Haram et leurs proches, soit au total environ 350 personnes, se sont rendus aux autorités du nord Cameroun, a constaté vendredi un journaliste.

Après avoir passé plus de deux ans au sein de Boko haram, ils ont décidé de fuir et de se rendre auprès des autorités camerounaises suite à l'appel lancé il y a six mois par le gouverneur de la région de l'Extrême Nord, Midjiyawa Bakari, ont expliqué plusieurs d'entre eux à la presse, au cours d'une cérémonie organisée par les autorités locales.

Il s'agit de 58 hommes, 86 femmes et 244 enfants, qui ont raconté avoir été pris en otages lors des différentes incursions de Boko Haram dans leurs villages et ramenés au Nigeria où ils ont été enrôlés de force dans le groupe jihadiste.

"C'est sur cette base (du message officiel les appelant à déposer les armes) qu'ils ont été mis en confiance. Nous comptons sur eux pour faire revenir également ceux qui hésitent et qui sont nombreux d'après leurs dires", a souligné le gouverneur.

Ces personnes sont des Camerounais originaires des villages de Mayo Moskota et Gosda Vrekek. Devant la presse, ils ont expliqué avoir combattu pour Boko Haram, puis avoir déposé les armes de leur propre gré.

C'est à la frontière avec le Nigeria, dans le village de Tchinéré, qu'ils ont été récupérés par des membres d'un "comité de vigilance", villageois mobilisés contre le groupe jihadiste, qui les ont conduits chez le sous-préfet de l'arrondissement de Mozogo.

"Nous les avons interceptés au niveau de Kodogo, Wosi Madagar, quand nous menions des patrouilles là-bas. Ils ont dit qu'ils sont des revenants, qu'ils se sont rendus", a raconté Ousmane Kouila, président du comité de vigilance local.

Le gouverneur de l'Extrême Nord est allé à leur rencontre, ordonnant leur transfert à distance de la frontière avec le Nigeria pour éviter des représailles de Boko Haram.

Les autorités ont pris des dispositions pour assurer leur prise en charge et envisagent de leur apporter une aide psychologique. "Ils ont fait l'objet d'un lavage de cerveau, peut-être aussi de serment sur le coran ou des pactes de sang. Nous allons voir comment trouver non seulement des médecins, mais aussi des psychiatres pour faire remonter en surface tout ce qu'ils ont dû endurer", a déclaré le gouverneur.

Avec AFP

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