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La RDC en suspens après l'annonce d'un nouveau report des élections

Fiston Adumba, partisan de l'opposition, réagit à l'annonce par Corneille Nangaa du report des élections générales à Kinshasa, le 20 décembre 2018.

La République démocratique du Congo a accueilli dans le calme, jusqu'à présent, l'annonce d'un nouveau report des élections générales qui doivent désigner le successeur du président Joseph Kabila au pouvoir depuis près de 18 ans.

La vie était quasi-normale à Kinshasa et Goma vendredi au lendemain de l'annonce de la commission électorale nationale indépendante (Céni) d'un report d'une semaine des élections, du dimanche 23 au dimanche 30 décembre.

"C'est Dieu qui décide. Nous ne voulons plus de ce pouvoir car il nous prend pour des enfants", soupire Bienfait, électronicien à Goma (Est).

A Goma, les activistes du mouvement anti-Kabila Lutte pour le changement (Lucha) ont renoncé à un sit-in devant l'antenne locale de la Céni face à un déploiement d'importants renforts policiers, a constaté un journaliste de l'AFP.

La Céni a expliqué ce nouveau report par des retards logistiques qui auraient empêché l'organisation du vote dans la capitale Kinshasa (plus de 10% des habitants et des électeurs inscrits en RDC).

Les questions logistiques ont fait de nouveau parler d'elles indirectement vendredi, avec la mort de six personnes dans le crash d'un avion Antonov 26 affrété par la Céni.

L'avion de la compagnie privée Gomair s'est écrasé en phase d'atterrissage à l'approche de l'aéroport N'Djili de Kinshasa après avoir livré du matériel électoral (fiches de résultats) à Tshikapa (centre), selon la Céni.

Si les élections sont reportées, la campagne électorale s'arrête elle en revanche dès ce vendredi conformément au calendrier initial, a précisé le président de la Céni, Corneille Nangaa.

Le parti d'opposition Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) du candidat Félix Tshisekedi a prévu de réagir devant la presse dans la journée.

L'autre candidat d'opposition Martin Fayulu n'a annoncé aucune communication et reste injoignable depuis l'annonce d'un nouveau report.

Révélation de la campagne, l'outsider Fayulu demandait le départ du président Joseph Kabila et de celui de la Céni en cas de nouveau report.

Le président sortant reste aux affaires jusqu'à "l'installation effective d'un nouveau président élu", selon la Constitution congolaise.

- "Coup dur" -

Le gouvernement congolais a rencontré vendredi matin les diplomates en poste à Kinshasa, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Dites à vos capitales respectives qu'il n'y aura pas de chaos après les élections du 30 décembre 2018", leur a lancé le ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba, chef de la diplomatie par intérim.

"Je peux vous assurer que la police sera en nombre suffisant, je peux vous assurer que l'armée a été également préparée pour pouvoir assurer la sécurité de Kinshasa et du pays", a-t-il insisté.

"On n'aura pas besoin de demander une assistance militaire de quelque pays que ce soit, de quelque organisation que ce soit", a-t-il insisté.

Kinshasa veut organiser ses élections sans l'aide financière ni l'appui logistique de ses "partenaires" étrangers occidentaux (ONU, UE), ni de leur mission d'observation électorale.

Les Nations unies, présentes depuis 20 ans en RDC, et les partenaires occidentaux de Kinshasa sont restés très discrets, voire silencieux, jusqu'à présent.

La Mission des Nations unies au Congo a répété qu'elle proposait ses bons offices à "toutes les parties" pour "un processus électoral pacifique, transparent et crédible".

"Nous aurions souhaité que les élections se tiennent à la date prévue", glisse une source onusienne. "Nous prenons acte de ce report de sept jours et demandons à tout le monde de rester calme".

L'incendie d'un entrepôt de la Céni le 13 décembre à Kinshasa a porté un "coup dur" au processus électoral, s'est justifiée la centrale électorale.

Après l'incendie, la Céni affirme avoir commandé en Corée du Sud cinq millions de bulletins pour ses "machines à voter", qui n'arriveront en totalité que samedi à Kinshasa.

"Les problèmes en province sont énormes. Les retards d'arrivée du matériel sont colossaux. On ne voit pas trop comment ils arriveront à faire tout cela en une semaine, même en mettant les bouchées doubles", s'interroge un observateur averti de la situation congolaise.

Le dernier mandat du président Kabila, au pouvoir depuis 2001, s'est officiellement achevé en décembre 2016.

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Échange téléphonique entre Félix Tshisekedi et Emmanuel Macron

Le président Félix Tshisekedi et son homologue français France Emmanuel Macron se saluent au Palais de l'Elysée, Paris, 11 novembre 2019. (Facebook/Présidecene RDC)

Le président français Emmanuel Macron s’est déclaré satisfait du développement de la situation en RDC où une décision de son homologue Félix Tshisekedi est attendue après des consultations pour résoudre la crise au sein de la coalition au pouvoir.

"Le Président Emmanuel Macron a manifesté toute sa satisfaction concernant le développement de la situation politique en RDC et a exprimé son soutien en faveur d’un Congo démocratique et prospère", indique un tweet de la présidence de la RDC posté après la conversation de deux présidents mercredi.

Le président Tshisekedi devrait s'adresser à la nation, après des consultations auxquelles ont refusé de prendre part le camp de l’ancien président Joseph Kabila, avec lequel il s'était mis en alliance de gouvernement au sortir des élections de 2018.

Martin Fayulu, candidat à cette élection dont il dit être le véritable vainqueur, dénonce le deal entre MM. Tshisekedi et Kabila. Il a aussi refusé de prendre part à ces consultations.

Le camp de M. Kabila et celui de M. Fayulu soutiennent que le dialogue doit se faire dans un cadre différent et selon la Constitution. Pour M. Kabila et son camp, le FCC (front commun pour le Congo), au sein des institutions et pour M. Fayulu, en dehors des institutions et sous la conduite des chefs religieux et de la communauté internationale.

M. Tshisekedi, proclamé vainqueur à la présidentielle, avait accepté de composer dans une coalition avec M. Kabila et son camp, majoritaire au parlement et aux collectivités régionales.

Mais le Chef de l’État congolais a, début novembre, exprimé sa lassitude envers cette coalition qui au bout de deux ans n’a pas permis au pays d’avancer.

Le Premier ministre et la plupart des ministres, tout comme la majorité des membres de deux chambres du parlement, tous membres du FCC, ne se sont pas présentés à la prestation de serment de juges constitutionnels que M. Tshisekedi a nommé.

Pour M. Kabila et son camp, M. Tshisekedi s’est illustré dans une série de violations de la Constitution.

Certains ont même évoqué la possibilité d’initier une procédure de mise en accusation du président congolais qui pourrait conduire à sa destitution.

C’est sur ces entrefaites que M. Tshisekedi a dénoncé le deal et appelé à "une union sacrée de la nation" pour "le salut du peuple".

"Aucun arrangement particulier quelle soit que sa nature, ne peut être au-dessus de la Constitution et de mes prérogatives constitutionnelles", avait déclaré M. Tshisekedi dans son discours convoquant lesdites consultations.

Sur le terrain, la tension est montée d'un cran.

Samedi, un communiquant du FCC a été arrêté, jugé et condamné en flagrance pour avoir réagi dans une émission télévisée en invoquant "une balle" en parlant du président Tshisekedi.

Les commandements de l’armée et de la police ont réitéré mardi leur loyauté à M. Tshisekedi au cours d’un entretien où il leur a demandé de ne pas se laisser manipuler par les politiques.

La veille, le commandant de la garde présidentielle avait aussi mis en garde ses soldats dont la plupart ont servi sous M. Kabila, de se garder de comploter contre le chef de l’Etat.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a, dans un rapport au Conseil sécurité, exhorté toutes la parties congolaises au dialogue.

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