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RDC

Prochaine cible de l'internationale djihadiste en Afrique ?

Les habitants des quartiers périphériques du centre-ville fuient après une attaque meurtrière à la machette, à Beni, Nord-Kivu, 15 août 2016.

Plus grand pays d'Afrique sub-saharienne, l'instable République démocratique du Congo est-elle dans le viseur de l'islam radical ou des mouvements affiliés à l'internationale djihadiste qui opèrent dans de nombreux pays sur le continent, du Mali à la Somalie?

La question vient de se reposer dans l'est du pays, où l'agence de propagande de l'État islamique (EI) a revendiqué pour la première fois une attaque dans la province agitée du Nord-Kivu près de la frontière avec l'Ouganda. Au moins deux soldats congolais ont été tués le 16 avril dans cette attaque à Kamango, dans le territoire de Beni.

"Nous prenons au sérieux ce genre de déclarations", a commenté lundi la cheffe de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), Leila Zerrougui.

"On sait, nous, que l'attaque a été menée par les ADF", a-t-elle ajouté, en faisant allusion aux Forces démocratiques alliées (ADF), historiquement des musulmans ougandais qui luttent contre leur président Yoweri Museveni et qui sont implantés dans cette zone du Congo depuis 1995.

Sans chef, ni mot d'ordre, les ADF sont accusés d'avoir massacré depuis octobre 2014 plus de 1.000 civils, et d'avoir tué 15 Casques bleus tanzaniens dans un raid contre la base de Semuliki en décembre 2017.

"Nous avons expliqué les tentatives de rapprochement des ADF avec les groupes terroristes internationaux", affirme à l'AFP le porte-parole de l'armée congolaise dans la région, Mak Hazukai, pour qui la revendication de l'EI "n'est pas une nouveauté".

Les ADF tentent de rallier "d'autres groupes djihadistes", avance aussi le Groupe des experts sur le Congo (GEC) dans un rapport de novembre.

A l'appui de leur thèse, les experts mentionnent l'arrestation en juillet 2018 d'un Kényan, Waleed Ahmed Zein, présenté comme un "conseiller financier" de l'État islamique en Irak et en Syrie.

"La police kényane a prétendu qu'il était responsable du transfert de plus de 150.000 dollars via un réseau lié à l'ISIS (Etat islamique) qui couvrait de nombreux pays, y compris la RDC", écrit le GEC.

"Des responsables ougandais affirment que Zein était en contact avec les ADF, et une déserteuse des ADF a déclaré au GEC qu'un homme répondant à ce nom lui avait envoyé de l'argent à Kampala", poursuit le GEC.

"Des sources proches du gouvernement des États-Unis ont également confirmé que Zein avait envoyé de l'argent aux ADF", assure le GEC.

En visite à Washington début avril, le nouveau président congolais Félix Tshisekedi a agité la "menace islamiste" pour consolider l'appui que lui apportent les États-Unis. Il a dit redouter que les djihadistes vaincus en Irak et en Syrie ne viennent "se redéployer" en RDC.

Un discours convenu, pour le chercheur français Thierry Vircoulon: l'islam radical dans la région est une "menace utile" pour "les régimes dictatoriaux qui ont besoin de justifier leur répression interne et de s'attirer les bonnes grâces des puissances du Nord", écrivait-il avant l'élection de M. Tshisekedi, à la fin des années Kabila.

L'armée congolaise traque les ADF (vidéo)
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"Une menace réelle"

En novembre, en pleines tensions pré-électorales, l'ambassade des États-Unis à Kinshasa avait fermé pendant plusieurs jours en raison d'une "possible menace terroriste", sans autre précision.

Pays laïc de quelque 80 millions d'habitants très majoritairement chrétien, la RDC compte 10% de musulmans, d'après la Communauté islamique au Congo (Comico), leur représentation légale.

La Comico fait l'objet d'une lutte pour le pouvoir depuis fin 2018. En octobre, son siège a été pris d'assaut par des imams d'un "Conseil théologal national" qui ont nommé un "comité de crise" pour renverser l'ancien comité directeur.

Les "putschistes" ont affirmé vouloir "purifier" le siège "de toutes les impuretés trouvées ici sur place", selon un message de leur chef de file Cheikh Idi Ngoma sur le site d'information spécialisé dkm-tv.com.

Il s'agit d'"une bande de personnes sans droit ni qualité agissant véritablement comme une milice", a accusé le représentant légal de la Comico, Cheikh Ali Mwinyi, joint par l'AFP.

Dans une lettre datée du 8 décembre adressée au ministre de l'Intérieur, il affirme que ce groupe "représente une menace réelle pour la sécurité nationale".

Sur dkm-tv.com, Cheikh Mwinyi estime que derrière les "putschistes" se trouve une ONG financée par l'Arabie Saoudite, l'ACPDEC, l'Association caritative pour la promotion et le développement communautaire.

Sur sa page Facebook, l'ACPDEC a posté des photos de mosquées construites ou restaurées par ses soins dans la province du Bandundu (ouest). Une journaliste de l'AFP a aussi constaté en février que plusieurs mosquées toutes neuves avaient été construites le long de la route entre Kinshasa et Kikwit.

A Kikwit, chef-lieu du Bandundu, "le nombre de mosquées est passé de 1 à 5" en trois ans dans cette ville d'environ deux millions habitants, dont 4.000 musulmans, selon Idi Lisaka, un imam et responsable de la radio musulmane locale. Les nouvelles mosquées sont construites par l'ACPDEC, a-t-il confirmé.

"Ces mosquées ne sont pas contrôlées par la communauté islamique", insiste le représentant légal de la Comico, Cheikh Ali Mwinyi.

Historiquement, l'islam est entré dans l'est du Congo avec les caravanes des commerçants esclavagistes arabes venus de Zanzibar au XIXe siècle.

Des expatriés libanais et indiens en RDC sont également de confession musulmane. La société Congo Futur d'un homme d'affaires libanais établi en RDC, Ahmed Tajedden, a été sanctionnée en 2010 par le Trésor américain pour financement présumé du Hezbollah, considéré comme un groupe terroriste par Washington.

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Démission du ministre de la Justice en RDC

Le ministre de la Justice Célestin Tunda ya Kasende, à Kinshasa, le 3 mars 2020. (Facebook/Célestin Tunda Ya Kasende)

Le ministre de la Justice de la République démocratique du Congo, Célestin Tunda Ya Kasende, a annoncé samedi sa démission, quinze jours après sa brève arrestation en pleine crise politique au sein de la coalition au pouvoir.

M. Tunda Ya Kasende a présenté sa démission au Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, après avoir fait "un examen personnel de la situation", a-t-il indiqué.

"En cette occasion pathétique, j'ai pu présenté au chef du gouvernement tous mes remerciements, et mes remerciements également au président de la République", a-t-il ajouté dans un message vidéo diffusé à la presse.

"Je pars du gouvernement avec la conviction que mon action au sein du ministère de la Justice a apporté une pierre à la consolidation de l'Etat de droit dans notre pays", a-t-il conclu.

Il s'agit de la première démission au sein du gouvernement de coalition qui regroupe des partisans du président de la République Félix Tshisekedi, et de son prédécesseur, Joseph Kabila.

Ce gouvernement pléthorique avait été annoncé le 26 août, après huit mois de tractations entre MM. Tshisekedi, vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre 2018, et Kabila, qui avait quitté le pouvoir en gardant une confortable majorité au Parlement.

Avocat de profession, M. Tunda Ya Kasende est un membre du Front commun pour le Congo (FCC, pro-Kabila), comme la majorité des 67 membres du gouvernement.

Il y a deux semaines, M. Tunda Ya Kasende avait été arrêté par la police à son domicile et conduit au parquet où il a été entendu pendant quelques heures avant d'être relâché.

La veille en Conseil des ministres, le président Tshisekedi lui avait sévèrement reproché d'avoir transmis à l'Assemblée nationale l'avis du gouvernement sur trois propositions de loi très controversées, sans consulter personne.

Une "initiative personnelle", avait relevé le compte-rendu du Conseil des ministres.

Sa brève interpellation avait été fortement dénoncée par les partisans de M. Kabila.

Le parti du président Félix Tshisekedi manifeste contre le nouveau president de la CENI

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Manifestations en RDC: "Non à Malonda"

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Destitution du seigneur de guerre congolais Shimiray Mwisa Guidon

Des membres présumés de groupes armés présentés à la presse à Goma, RDC, 1er août 2016. (VOA / Charly Kasereka)

Shimiray Mwisa Guidon, chef de guerre d'un des groupes armés les plus importants à l'est de la République démocratique du Congo, a été destitué par ses lieutenants. C'est ce qu'annonce cette milice dans un communiqué et que confirment des experts des Kivu.

Le "haut commandement du mouvement politico-militaire Nduma defense of Congo/Renové" a annoncé dans un communiqué qu'il destituait "Shimiray Mwisa Guidon du poste de commandant en chef du mouvement".

Il est remplacé par un certain Gilbert Bwira, d'après ce communiqué daté du 8 juillet.

Se présentant comme un groupe d'auto-défense, le NDC/R prétend lutter contre les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans les micro-conflits du Nord et du Sud-Kivu. Des conflits qui continuent à tuer des dizaines de civils et contraindre des milliers d'autres à fuir.

"Le NDC-R est le groupe armé qui contrôle la plus vaste étendue de territoire du Kivu", selon les experts du "Baromètre sécuritaire du Kivu" (KST en anglais) répertoriant chaque mois les victimes de ces conflits dans une région riche en minerais très prisés comme le coltan.

Cette destitution a entraîné des combats au sein du groupe, ajoute sur Twitter le KST, évoquant "sept morts du côté #Guidon et deux du côté Bwira, selon un bilan provisoire".

Dans son communiqué, l'état-major du groupe armé reproche à son chef destitué un "comportement déviationniste à l'endroit des idéaux" du groupe, qui "donnent un sens à la lutte que nous menons contre les génocidaires rwandais FDLR".

Lui sont également reprochées "des violations graves du droit international humanitaire", qui lui ont valu "des sanctions des Nations unies en 2018" et un mandat d'arrêt de la justice militaire congolaise en juin 2019.

Le haut commandement du groupe réitère sa volonté de "déposer les armes et de quitter la brousse le plus tôt possible", en espérant que le gouvernement congolais acceptera ses conditions, notamment l'intégration de ses combattants à l'armée régulière.

Impayés depuis 3 mois, des médecins congolais en grève

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