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Rabat justifie l'extradition en 2015 d'un responsable saoudien


Un avion militaire arrive de la capitale marocaine Rabat à l'aéroport de Ouarzazate le 5 avril 2015.
Un avion militaire arrive de la capitale marocaine Rabat à l'aéroport de Ouarzazate le 5 avril 2015.

Le Maroc a confirmé vendredi avoir arrêté puis extradé en 2015 vers Ryad un responsable saoudien "recherché par Interpol", démentant toute "disparition", sur fond de tensions autour de l'affaire Khashoggi, le journaliste saoudien disparu en Turquie.

"Il ne s'agit pas d'une disparition, comme ont pu l'écrire certains médias, mais d'une procédure normale", a affirmé à l'AFP le ministre marocain de la Justice Mohamed Aujjar.

Turki ben Bandar ben Mohamed ben Abderrahmane al-Saoud, un ancien haut responsable de la police saoudienne, avait été arrêté le 11 novembre 2015 à l'aéroport de Casablanca, où il tentait d'embarquer pour Paris, "en vertu d'un mandat d'arrêt international émis (le même jour) par Ryad pour troubles à l'ordre public via internet et crimes financiers", a pour sa part indiqué à l'AFP une source diplomatique marocaine.

"Recherché par Interpol", il a été extradé le 16 novembre vers l'Arabie saoudite, a précisé le ministère de la Justice.

"Les deux phases judiciaire et administrative ont été respectées après son interpellation motivée par un mandat d'arrêt d'international", a souligné le ministre.

L'affaire a ressurgi en raison de la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, un éditorialiste critique du pouvoir de Ryad, qui n'a plus donné signe de vie depuis son entrée au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul le 2 octobre.

Des responsables turcs ont affirmé qu'il y avait été assassiné par des agents saoudiens. Ryad dément, affirmant que le journaliste a quitté le bâtiment.

Jeudi, le journal français Le Monde a publié un article sur les "disparitions de dissidents saoudiens" en citant le cas de M. ben Bandar. Selon le quotidien, il était opposé à la famille royale saoudienne en raison d'un "contentieux foncier" et parce qu'il "postait des vidéos sur YouTube appelant à des réformes".

Il a "été discrètement arrêté au Maroc par les autorités locales, puis transféré vers l'Arabie saoudite", a indiqué le journal.

"Selon des enquêtes convergentes du Guardian et de la BBC, en l'espace de cinq mois, entre septembre 2015 et février 2016, trois princes saoudiens, qui vivaient en exil en Europe, ont été ramenés de force dans leur pays et ne sont pas réapparus depuis", a rapporté Le Monde.

D'après le journal anglais The Guardian, M. ben Bandar avait fait une demande d'asile en France.

"Le Maroc tient à rappeler que tous les actes d'extradition se fondent toujours sur une décision de justice, conformément aux procédures internationales et dans le respect total de la législation nationale", a précisé le ministère marocain de la Justice dans un communiqué publié vendredi.

"La demande d'extradition de M. ben Bandar a été examinée par la Cour de cassation qui a donné son aval et le décret afférent signé par le chef de gouvernement" de l'époque, Abdelilah Benkirane, a détaillé pour l'AFP le ministre marocain de la Justice.

Le ministre saoudien de l'Intérieur, le Prince Abdelaziz Ben Saoud Ben Nayef Ben Abdelaziz, se trouvait à Rabat mercredi pour des entretiens consacrés à la coopération bilatérale. Il a rencontré le roi Mohamed VI à cette occasion, selon l'agence officielle MAP.

Avec AFP

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