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Khashoggi : Erdogan et Trump mettent la pression sur Ryad

Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan au sommet de l'Otan à Bruxelles, Belgique, le 11 juillet 2018.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu que son pays ne resterait pas silencieux après la disparition à Istanbul du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, imputée à l'Arabie saoudite à laquelle Donald Trump continue de réclamer des explications.

L'éditorialiste critique du pouvoir saoudien et collaborateur du Washington Post n'a plus donné de signe de vie depuis son entrée le 2 octobre au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Des responsables turcs ont affirmé qu'il y avait été assassiné par des agents saoudiens. Ryad dément et maintient, sans preuve à l'appui, qu'il a quitté le bâtiment.

Le président des États-Unis a déclaré que des enquêteurs américains travaillaient avec la Turquie et l'Arabie saoudite, mais cette participation a été démentie par des sources diplomatiques turques.

"Nous allons étudier cela très, très sérieusement. Je n'aime pas cela du tout", a réaffirmé Donald Trump. "C'est un précédent terrible, terrible", a-t-il estimé.

Mais à ce stade, les pressions américaines se bornent à demander des explications à l'Arabie saoudite, allié traditionnel des États-Unis avec lequel l'administration Trump a encore renforcé les liens. La Maison Blanche et le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo se sont entretenus avec le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Washington a aussi demandé à l'ambassadeur saoudien, rentré dans son pays, "d'apporter des informations à son retour aux États-Unis", a dit la porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert. Elle a appelé, malgré "l'extrême préoccupation" aux "plus hauts niveaux" du gouvernement, à se méfier des "rumeurs" et "spéculations" qui circulent.

En revanche, le président américain a d'ores et déjà exclu un gel des ventes d'armes américaines en guise de sanctions.

- "Une montagne de preuves" -

Les Saoudiens "dépensent 110 milliards de dollars en équipements militaires et sur des choses qui créent des emplois (...) dans ce pays. Je n'aime pas l'idée de mettre fin à un investissement de 110 milliards de dollars aux États-Unis" qu'ils risqueraient de "dépenser en Russie ou en Chine", a-t-il lancé depuis la Maison Blanche.

"Si cela s'avère finalement aussi mauvais que cela semble en avoir l'air, il y a certainement d'autres moyens de gérer la situation", a-t-il ajouté.

Mais Donald Trump est lui-même sous la pression croissante du Congrès américain. D'influents sénateurs de son propre camp républicain affichent une extrême fermeté à l'égard du royaume sunnite, et soulignent qu'ils peuvent bloquer les ventes d'armes si les pires soupçons concernant le journaliste se confirment.

Selon le Washington Post, les services de renseignement américains avaient connaissance d'un projet saoudien, impliquant le puissant mais controversé prince héritier, jusqu'ici soutenu par les États-Unis, consistant à attirer Jamal Khashoggi dans un piège pour l'arrêter.

Mais le département d'État américain a démenti que Washington ait eu des informations à l'avance sur sa disparition.

Le même journal a également avancé qu'Ankara aurait affirmé à Washington détenir des enregistrements audio et vidéo montrant comment Kashoggi a été "interrogé, torturé puis tué" à l'intérieur du consulat, avant que son corps ne soit démembré.

L'AFP n'était cependant pas en mesure de vérifier ces informations et les responsables du département d'État n'ont pu être joints pour les commenter.

"Mohammed ben Salmane doit immédiatement dévoiler toutes les preuves et informations dont disposerait l'Arabie saoudite", a plaidé Human Rights Watch, évoquant "une montagne de preuves mettant en cause" Ryad.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, a lui prévenu les autorités saoudiennes qu'elles s'exposeraient à de "graves conséquences" en cas de responsabilité dans sa disparition ou son éventuel assassinat.

Côté turc, des images de vidéosurveillance tournées à l'extérieur du consulat ont déjà été diffusées par les médias, montrant le journaliste y entrer puis un va-et-vient de véhicules. Les Saoudiens ont rétorqué que les caméras de la mission diplomatique ne fonctionnaient pas ce jour-là.

Se montrant sceptique, le président Erdogan a souligné que l'Arabie saoudite avait les systèmes de vidéosurveillance "les plus avancés". "Si un moustique sort, leurs systèmes de caméras vont l'intercepter", a-t-il ironisé.

"Cet incident s'est déroulé dans notre pays. Nous ne pouvons rester silencieux", a-t-il prévenu.

Son porte-parole a affirmé jeudi soir qu'un "groupe de travail" turco-saoudien serait formé à la demande de l'Arabie pour tenter d'élucider le mystère de la disparition de Jamal Khashoggi.

Le journaliste s'est exilé en 2017 aux États-Unis, après être tombé en disgrâce à la cour du prince héritier.

Depuis le début de l'affaire, des comptes Twitter pro-saoudiens accusent pêle-mêle le Qatar, rival régional de Ryad et allié d'Ankara, la Turquie, les Frères musulmans ou encore sa fiancée turque de mener une machination pour discréditer l'Arabie saoudite.

Après la publication mercredi par le quotidien progouvernemental turc Sabah du nom, de l'âge et des photographies de quinze hommes présentés comme l'"équipe d'assassinat" dépêchée par Ryad, des médias et comptes sur les réseaux sociaux ont pu identifier une grande partie d'entre eux comme étant des officiers des services de sécurité ou des proches du prince héritier.

Avec AFP

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Washington et Londres déplorent les décisions de la Cour Constitutionnelle congolaise

Le Président de la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo, Noël Funga (C), à Kinshasa, le 15 janvier 2019.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse et le Canada, ont déploré vendredi "l'aggravation des tensions politiques en République démocratique du Congo" dues aux "récentes décisions de la Cour constitutionnelle" qui a invalidé l'élection de députés de l'opposition.

"Les récentes décisions de la Cour constitutionnelle, prises en dehors des échéances prescrites par la loi, nuisent à un climat politique apaisé", indique une "déclaration commune" des quatre chefs de mission à Kinshasa.

"Nous regrettons vivement l'incertitude et la méfiance créées par ces décisions", insistent Washington, Londres, Berne et Ottawa.

"Nous condamnons les confrontations récentes et appelons les acteurs politiques du pays à proscrire l'usage de toute forme de violence", ajoute leur déclaration commune.

La Cour constitutionnelle a annulé cette semaine les élections de plus de 30 parlementaires, "la plupart d'entre eux étant des membres de l'opposition", est-il rappelé.

Ces parlementaires sont plus particulièrement membres de la coalition Lamuka de l'opposant Martin Fayulu, qui revendique la victoire à l'élection présidentielle du 30 décembre et refuse de reconnaître l'élection de son ex-allié dans l'opposition, Félix Tshisekedi, proclamé vainqueur de l'élection.

En réaction aux décisions de la Cour constitutionnelle, M. Fayulu a annoncé "la suspension des activités parlementaires de tous les parlementaires de Lamuka (sa coalition) jusqu'à nouvel ordre".

Lamuka a organisé jeudi un sit-in devant la Cour constitutionelle à Kinshasa et prévoit d'autres actions dans tout le pays le dimanche 30 juin, jour de la fête de l'Indépendance.

M. Fayulu a accusé l'actuel chef de l'Etat, Félix Tshisekedi, et son prédécesseur, Joseph Kabila, de "forfaiture" et d'avoir "assassiné l'Etat de droit".

L'Union européenne (UE) ne s'est pas associée à la déclaration commune alors qu'elle a dans le passé signé des prises de position communes sur la RDC avec les quatre pays signataires.

L'UE a sanctionné une quinzaine de personnalités congolaises début 2017 à l'époque où l'ancien président Kabila était encore au pouvoir au-delà de la fin de son mandat constitutionnel.

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