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République du Congo

A Pointe-Noire, les autorités ordonnent la fermeture des lieux de quarantaine non reconnus

Des Pontenegrins appellent les autorités à une meilleure prise en charge des cas de Covid-19, le 22 juin 2020. (VOA/Arsène Séverin)

Les autorités congolaises appellent à la fermeture immédiate des centres privés entretenus par les sociétés pétrolières.

Depuis plusieurs semaines, des centres de mise en quarantaine privés poussent comme des champignons à Pointe-Noire, la deuxième ville de la république du Congo. Certaines cliniques médicales huppées de la ville font également la prise en charge des personnes atteintes de la maladie COVID-19. Une situation qui déplait aux autorités, pour qui ces centres doivent tous fermer.

"Dans les 48 heures, tous ces sites disséminés çà et là doivent intégrer les sites de l'Etat, faute de quoi les contrevenants s'exposent sous le coup de la loi.", déclare le préfet Alexandre Honoré Packa​. "L'objet est de mettre fin à tout ce désordre constaté dans la multitude des sites de mise en quarantaine des cas atteints de Covid-19", précise-t-il.

L'armée et les forces de l'ordre se disent disponibles pour appuyer l'action de la préfecture.

Le général Olessongo, commandant de la zone militaire de Pointe-Noire, estime qu'il est inconcevable que 14 sites de mise en quarantaine échappent au contrôle de l'Etat. "Nous ne devrons pas privilégier la puissance financière au détriment de la santé de nos concitoyens", tranche-t-il.

Fermeture des sites de quarantaine informels à Pointe-Noire
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Selon les sociétés pétrolières, il ne s'agit pas créer des structures parallèles. Les hôtels et certaines villas au centre-ville n'ont été mises à contribution que pour faire passer la quarantaine aux employés qui s'apprêtent à monter sur les plateformes.

Ainsi pendant 14 jours, un médecin passe prélever la température de ces employés avant leur déploiement sur les plateformes pétrolières. "A 38°, vous ne montez pas sur le bateau", indique un employé de Total. "Il n'y a pas de mal à cela", ajoute-t-il.

Les deux centres de prise en charge des cas covid-19 ouverts par les autorités à Pointe-Noire, A. Cissé et Mouissou Madeleine, ont beaucoup de manquements, affirme un autre employé d'une sous-traitance pétrolière.

La population de Pointe-Noire a son propre regard sur cette situation et la présence de la pandémie.

"C'est une bonne décision que ces centres privés soient fermés. Il y a beaucoup de malades souvent déclarés sur les plateformes, mais qui se retrouvent dans les cliniques privées et non dans les centres de prise en charge officiels", dénonce Auguste Nguembo, un habitant de la ville.

"On se pose mille et une questions, les chiffres ne font qu'augmenter", explique Gabriel Mavanga, un autre Ponténegrin. "Sinon, on ne sait pas exactement où on va. Si quelqu'un manifeste les signes de coronavirus, il a même peur d'aller à l'hôpital, parce qu'il ne sait pas ce qu'il va trouver là-bas", confie-t-il.

Avec 1013 cas dont 28 décès, la république du Congo connaît une situation de la pandémie encore en croissance.

Vu que le nombre de guéris, 456, est proche de la moitié des cas au total, le gouvernement a décidé d'alléger plusieurs mesures, notamment l'ouverture des lieux de culte, des restaurants et des hôtels. Les voyages entre Brazzaville et Pointe-Noire reprennent également. Mais la fermeture des frontières et le couvre-feu restent en vigueur.

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Congo: appel à la création d'une commission d’enquête sur les victimes du référendum de 2015

Une affiche de campagne du président congolais réélu Denis Sassou Nguesso est photographiée à l'extérieur du siège du Parti congolais du travail (PCT) au pouvoir à Brazzaville le 23 mars 2021.

Une ONG congolaise a réclamé vendredi la mise en place d’une commission d’enquête indépendante "pour rendre justice" aux personnes tuées durant la campagne du référendum de 2015, qui avait permis au président Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat en 2016.

"Ce qui s’est passé en 2015, ce sont des crimes extrêmement graves et il est incompréhensible que six ans après justice ne soit pas rendue", a déclaré à l’AFP Trésor Nzila, directeur exécutif du Centre d’actions pour le développement (CAD).

"Nous voulons coûte que coûte une commission d’enquête indépendante sur les victimes de la campagne référendaire, pour que la justice s’enclenche", a-t-il ajouté.

En octobre 2015, le Congo est en pleine campagne référendaire. Deux camps s'opposent: d’un côté les partisans du pouvoir qui militent pour le changement de la constitution adoptée en 2002, de l’autre les opposants qui appellent au boycott. Les manifestations de ces derniers sont réprimées par la force publique.

Le bilan établi par les autorités faisait état de quatre morts et dix blessés par balles dont trois membres des forces de l’ordre.

"Ce bilan est largement sous-estimé, des sources indépendantes ont enregistré une trentaine de morts", a souligné Trésor Nzila. "La contradiction des chiffres fait obligation à ce qu’il y ait une commission d’enquête indépendante", a-t-il insisté.

En 2018, le gouvernement congolais s’était engagé devant la Commission des droits de l’homme de l’ONU à mettre en place une commission devant faire la lumière sur ces évènements.

"Mais, trois ans après, cette commission ne voit toujours pas le jour", a encore déploré M. Nzila.

Une fois adoptée en 2015, la nouvelle constitution avait fait sauter le verrou de la limitation des mandats à deux, permettant ainsi à Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat en 2016, puis un quatrième en mars dernier.

Le président Sassou Nguesso, 78 ans, a la possibilité de se présenter (pour la dernière fois) en 2026.

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