Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Tchad

Publication d'un rapport sur les conflits intercommunautaires tchadiens

De gauche à droite, Mahamat Nour Ibédou, secrétaire-général de la CTDH et Me Midaye Guerimbaye, président de la LTDH, à N’Djamena, le 24 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Un rapport de la mission d’enquête sur "les conflits intercommunautaires" dans quatre provinces a été publié par quatre organisations de la société civile tchadienne. Le document incrimine notamment les autorités administratives et les hommes politiques.

Selon le rapport rendu public par quatre ONG nationales de défense des droits de l’Homme, près de 150 personnes ont perdu la vie dans quatre provinces en moins de deux ans.

Publication d'un rapport sur les conflits intercommunautaires tchadiens
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:29 0:00

Les décès ont été observés dans les villages situés dans les provinces du Mayo Kebbi Ouest et de la Tandjilé dans le Sud du pays, et les provinces du Ouaddaï et du Sila dans l’Est.

Des milliers des cases ont été incendiées, des personnes déplacées, de nombreux champs détruits et des centres de santé fermés. Les blessés qui nécessitent des opérations chirurgicales se cachent par peur d’être arrêtés sur les lits d’hospitalisation.

Maïtre Midaye Guerimbaye président de la LTDH, à N’Djamena, le 24 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Maïtre Midaye Guerimbaye président de la LTDH, à N’Djamena, le 24 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Pour le président de la Ligue tchadienne des droits de l’Momme Me Midaye Guerimbaye, qui a conduit la mission dans les provinces du Sud, c’est l'exploitation de la gestion du terroir par des hommes politiques qui a causé toutes ces drames.

Pour lui, "les règles de gestion du terroir sont déterminées par la loi", mais quand les "hommes politiques disent à leurs chefs de village au moment des campagnes électorales que s’ils sont élus, ils vont ériger le village en chef-lieu du gouvernorat ou chef-lieu du département, comment voulez-vous que ces gens ne les suivent pas?" Me Midaye Guerimbaye estime que les autorités administratives ont failli à leur devoir.

"Mais on se tue pour laisser la place à qui?" S’interroge-t-il.

Le président Idriss Déby Itno reconnaît que ces conflits prennent une autre tournure qu’il faut combattre à tout prix.

"Les conflits intercommunautaires ne sont pas simplement localisés dans une seule province du Tchad mais pratiquement sur l’ensemble du territoire. C’est un phénomène qui est quelque part initié ici à N’Djamena par des hommes politiques. Je pense que nous devrions engager une guerre totale contre ceux qui portent des armes illégalement et contre ceux qui sont à l’origine des morts d’homme dû à ces conflits sur l’ensemble territoire", a déclaré le président tchadien.

Pour Nadji Doudering Azina, un natif du village Kolong, province de la Tandjilé, ce qui s’était passé les 4 et 5 juillet 2019 dans son village est une tuerie organisée et non un conflit intercommunautaire, moins encore un conflit éleveur/agriculteur, car dit-il, les éléments des forces de défense et de sécurité ont tiré à bout portant sur les gens, tuant une dizaine de personnes.

La justice a été saisie et des présumés auteurs ont été arrêtés. Mais Nadji Doudering Azina n’attend rien de cette justice.

"Au moment où nous parlons, il y a une trentaine de personnes qui sont arrêtées on ne sait pas pourquoi. S’il y a bagarre, il y a toujours deux camps. Mais arrêter les gens d’un camp et les autres sont en liberté, vous parlez de quelle justice ? La justice divine peut-être, mais pour le moment on n’attend rien de la justice du Tchad", déplore M. Nadji Doudering Azina.

Djimet Arabi ministre la Justice, à N’Djamena, le 24 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Djimet Arabi ministre la Justice, à N’Djamena, le 24 août 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le ministre de la Justice, Djimet Arabi, assure l’opinion nationale que les gens qui ont été interpellés lors de ce conflit ont fait l’objet d’auditions et de procès-verbal des officiers de la police judiciaire.

Mais étant donnant que ces gens ont été transférés à N’Djamena, le ministre de la justice affirme avoir instruit le dessaisissement du tribunal de Pala au profit de celui de N’Djamena pour que les responsabilités soient établies.

"Les gens qui ont été interpellés et transférés à N’Djamena. Les deux parties belligérantes font partie de cette liste et c’est notre justice qui va juger. Il n’y a pas une autre justice qui va le faire à notre place", a-t-il souligné.

Le rapport des ONG recommande aux instances de l’Etat de faire obligation à tous les responsables politiques et les députés d’intégrer dans leurs cultures des projets politiques la dimension nationale plutôt que de privilégier leur vision étriquée de régionalisme et d’éthnicisme.

Les ONG recommandent de rendre obligatoire la sédentarisation des enfants des éleveurs, et aussi de mettre en place des écoles et collèges mixtes où seront admis les enfants des différentes communautés.Elles exigent aussi du gouvernement la nomination à la tête des unités administratives, de la gendarmerie, de la police et des gardes nomades, de personnes instruites, formées dans le domaine du maintien de l’ordre.

Ces ONG demandent au gouvernement d’instruire les autorités administratives et sécuritaires de réprimer toute tentative d’instrumentaliser la population, de revoir la politique de gestion du terroir, d'assure l'indépendance des magistrats et de faciliter l’accès du monde rural à la justice.

Toutes les actualités

Reprise d'un procès pour trafic de drogue présumé impliquant des officiers

Reprise d'un procès pour trafic de drogue présumé impliquant des officiers
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:54 0:00

Reprise du procès pour trafic de drogue impliquant des officiers tchadiens

Les locaux du Palais de justice de N'Djamena, Tchad, le 4 octobre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Le procès de onze Tchadiens, dont quatre hauts responsables de l'armée et des services de renseignement, jugés pour leur participation à un trafic de drogue vers la Libye a repris vendredi matin, a indiqué à l'AFP le parquet de N'Djamena. 

"Le procès s'est ouvert ce vendredi. Les personnes accusées sont présentement à l'audience", a déclaré le premier substitut du procureur de la République, Gérard Nedeou.

En janvier, 246 cartons de Tramadol - un puissant antidouleur également utilisé comme drogue dans plusieurs pays africains - avaient été découverts dans un véhicule en partance vers la Libye et plusieurs personnes arrêtées, selon une source judiciaire interrogé par l'AFP.

La valeur du chargement était évaluée à environ 12,3 milliards de francs CFA (18,8 millions d'euros), selon cette source.

Une forte présence de forces de l'ordre était visible vendredi devant le palais de justice de N'Djamena où il n'était pas possible d'accéder à la salle d'audience sans avoir une convocation, a constaté un journaliste de l'AFP.

Il s'agit d'une affaire sensible, puisque trois officiers de l'armée tchadienne - un général et deux colonels - ainsi qu'un responsable de l'Agence nationale de Sécurité (ANS, services de renseignement) figurent parmi les accusés.

Le général de l'armée tchadienne, Tougout Abassolo, est accusé notamment de "trafic de drogue" et de "blanchiment d'argent". Les deux colonels et le responsable de l'ANS sont accusés d'"association et tentative de trafic de drogue", selon le parquet. Des chefs d'accusation passibles jusqu'à 10 ans d'emprisonnement, selon la loi tchadienne.

Une première audience s'était ouverte fin juin, mais le procès avait ensuite été ajourné, car "le président du tribunal était malade", a indiqué à l'AFP le ministre de la Justice, Djimet Arabi. "Le procès s'est ouvert vendredi et va se poursuivre", a-t-il précisé.

Le Tchad partage au nord de son territoire une frontière avec la Libye longue de 1.000 kilomètres. La région est une zone de non-droit, où opèrent des bandes criminelles, orpailleurs illégaux et rebelles. Une grande partie échappe au contrôle des forces de sécurité.

Minute Eco: Modernisation du réseau tchadien de télécommunications

Minute Eco: Modernisation du réseau tchadien de télécommunications
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:28 0:00

Au moins huit soldats tchadiens tués dans une explosion

Au moins huit soldats tchadiens tués dans une explosion
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:46 0:00

Les vendeuses de poisson formées aux techniques de conservation moderne à N’Djamena

La commercialisation de vente de poisson frais sera modernisée au Tchad, le 8 juillet 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Les autorités du ministère en charge de la formation professionnelle au Tchad, en collaboration avec les partenaires, veulent moderniser la vente de poisson frais. Environ une centaine de vendeuses sont en formation sur les techniques de conservation et de commercialisation du poisson.

Au Tchad, les autorités du ministère en charge de la formation professionnelle en collaboration avec les partenaires veulent moderniser la vente de poisson frais. Environ une centaine de vendeuses sont en formation sur les techniques de conservation et de commercialisation du poisson.

Formation sur les techniques de commercialisation du poisson
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:50 0:00


Au pays des grillades de viande de bœuf et de chameau, l’idée de moderniser la vente de poisson arrive au moment où la principale source de production, le Lac Tchad, se dessèche sous les effets du changement climatique.

Il faut réorganiser le secteur en formant les vendeuses, comme l’explique une bénéficiaire : "Auparavant nous ne savions pas comment conserver nos poissons. On les exposait à l’air libre mais maintenant c’est une bonne chose pour nous pour le développement notre commerce".

Des kits mobiles pour la conservation et la commercialisation du poisson frais au Tchad, le 8 juillet 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Des kits mobiles pour la conservation et la commercialisation du poisson frais au Tchad, le 8 juillet 2020. (VOA/André Kodmadjingar)

Une autre bénéficiaire dénonce le manque de matériels pour conserver les poissons. "Il n’y a pas de congélateur et les poissons sont exposés au soleil, à la merci des mouches, et quand les consommateurs voient les mouches sur le poisson, ils n’ont pas envie d’acheter", a-t-elle déploré.

Pour le conseiller technique du ministère en charge de la formation professionnelle et du petit métier, Baday Guelkoussi, la réorganisation de ce secteur aura un impact économique. Puisque, précise-il, des kits mobiles pour une bonne conservation du poisson seront distribués à ces femmes.

Baday Guelkoussi, conseiller technique du ministère de la formation professionnelle, le 8 juillet 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Baday Guelkoussi, conseiller technique du ministère de la formation professionnelle, le 8 juillet 2020. (VOA/André Kodmadjingar)


"Avec ses chariots et les techniques de la commercialisation apprise, les femmes peuvent être mobile, cibler leurs clients privilégiés par carré ou par recoins, qui a un moment donné peuvent appeler directement pour demander de poissons de bonne qualité", a souligné Baday Guelkoussi.

Parmi les vendeuses de poisson, il y a des veuves et celles qui doivent nourrir et éduquer des enfants. Elles rencontrent toutes d’énormes difficultés.

Fyl Agoïd présidente de l'Union des Organisations des Femmes Vendeuses de poisson du Tchad, le 8 juillet 2020. (VOA/André Kodmadjingar)
Fyl Agoïd présidente de l'Union des Organisations des Femmes Vendeuses de poisson du Tchad, le 8 juillet 2020. (VOA/André Kodmadjingar)


Fyl Agoïd, présidente de l’Union des organisations des femmes vendeuses de poisson du Tchad, informe "qu’au niveau du marché moderne de Viaduc, dans la commune du 6e arrondissement, des chambres froides sont construites pour la conservation des poissons mais elles ne fonctionnent pas, faute de la capacité de groupe électrogène. Au lieu d’installer un groupe de 250 kw, ils ont installé celui de 110 kw".

Pour Baday Guelkoussi, les kits mobiles de conservation qui seront donnés à ces femmes seront une solution à ce problème."Ces kits, comme c’est un genre frigo mobile, pourraient aider les vendeuses de poisson à fournir de poisson de meilleure qualité aux consommateurs", explique-t-il.

Le projet d’appui aux femmes vendeuses de poisson dans la ville de N’Djamena date de 2019. Plus d’une centaine de vendeuses de poisson dont 10 par arrondissement de la ville N’Djamena sont ciblées pour cette formation.

Voir plus

XS
SM
MD
LG