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Procès Obiang: les accusations fracassantes d'un mercenaire contre Soros et Bourdon

  • VOA Afrique

Le Président de la Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo lors du 26e sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba, Ethiopie, 31 janvier 2016. (epa / SOLAN KOLLI)

Le mercenaire anglais Simon Mann, impliqué dans une tentative de coup d'Etat en 2004 contre le président équato-guinéen Teodoro Obiang, a accusé lundi le financier américain Georges Soros et l'avocat de Transparency William Bourdon d'avoir voulu renverser le régime.

Simon Mann, 65 ans, était cité par la défense de Teodorin Obiang, fils du président équato-guinéen, jugé à Paris dans l'affaire des biens mal acquis, devant le tribunal correctionnel de Paris.

Condamné à 34 ans de prison en Guinée équatoriale pour la tentative de coup d'Etat, Simon Mann a été gracié par le président Obiang puis libéré en 2009.

"Je n'ai pas de preuve écrite", a-t-il averti avant de livrer son récit. A la barre, le sexagénaire en costume sombre a affirmé avoir en 2011 "averti" le président Obiang que le financier américain "George Soros et William Bourdon", ainsi que deux autres protagonistes du coup d'Etat raté de 2004, l'opposant en exil Severo Moto et l'homme d'affaires Ely Khalil, "avaient l'intention de renverser le gouvernement".

"J'ai expliqué au président que ça pouvait être par n'importe quel moyen", a-t-il poursuivi. Selon lui, le président Obiang lui a alors produit un courriel de 2007, "du bureau d'Ely Khalil à M. Bourdon, qui mettait en cause le comportement du vice-président", Teodorin Obiang.

Parlant avec calme mais semblant bouillir de l'intérieur, William Bourdon, qui défend l'ONG Transparency international France, partie civile au procès, a dénoncé un "procédé qui atteint le paroxysme de la salissure", un procédé d'une "extrême gravité". Il a demandé que ces mises en cause soient actées, annonçant qu'il se réservait la possibilité d'engager des poursuites.

Selon Simon Mann, ceux qu'il a désignés envisageaient "toutes les options, y compris légales". Questionné par la présidente, il a affirmé qu'il n'avait pas été payé pour sa déposition devant le tribunal, mais défrayé.

L'avocat de Teodorin Obiang, Me Emmanuel Marsigny, a ensuite versé aux débats le fameux courriel de 2007, expliquant qu'il l'avait obtenu car il se trouvait dans les pièces de la défense du CCFD Terre Solidaire, qui avait été poursuivi par le président équato-guinéen en diffamation.

William Bourdon a alors souligné que son contradicteur procédait ainsi en sachant qu'il n'avait "pas la liberté" de se défendre, sauf à violer le secret qui s'impose à lui dans le cadre d'un incident disciplinaire entre avocats survenu il y a plusieurs années.

Avec AFP

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