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L'ex-sélectionneur Halilhodzic réclame des explications au Japon


Vahid Halilhodzic lors d'une conférence de presse pendant le Mondial 2014, Brésil le 29 juin 2014.

Plus de deux semaines après son limogeage du poste de sélectionneur du Japon, Vahid Halilhodzic est toujours sous le "choc" d'avoir été privé du Mondial-2018 et veut des explications, évoquant même jeudi de possibles poursuites judiciaires.

"Même dans mes pires cauchemars, je n'ai pas pu imaginer qu'un jour il pourrait se passer cela maintenant", confie le Franco-Bosnien dans un entretien accordé à l'AFP à Tokyo.

"Si cela était arrivé il y a quelques mois...", mais, à deux mois du Mondial, il a cru à "une blague" quand le président de la Fédération japonaise de football (JFA) lui a annoncé la nouvelle début avril à Paris.

"J'étais plus que choqué, après tu te refais tout le film dans ta tête", raconte-t-il.

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C'est vrai que "l'entraîneur est le coupable idéal", mais "normalement le président convoque" avant d'annoncer une telle décision, relève Vahid Halilhodzic, visiblement meurtri.

"Or personne, jamais, ne m'a averti qu'il y avait un quelconque danger" d'être remercié, assure-t-il, dénonçant "une humiliation".

Le technicien de 65 ans est d'autant plus tombé des nues qu'au Japon, "le respect, c'est une base de fonctionnement, c'est presque idéal, presque une autre civilisation".

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- 'Je mérite des explications' -

Il nie tout problème de communication avec les joueurs, argument mis en avant par le président de la JFA Kozo Tashima, qui a aussi déploré les derniers résultats décevants en préparation (nul 1-1 contre le Mali, défaite 1-2 face à l'Ukraine).

Les médias ont de leur côté fait état d'un "manque d'unité" et "d'un sentiment grandissant de crise".

Nommé en mars 2015, Vahid Halilhodzic estime, lui, avoir rempli sa mission en qualifiant les "Samourai Blues" pour leur sixième Mondial de rang. Et dit avoir reçu de nombreuses marques de soutien de la part du public japonais.

"On est venu chercher Vahid pour ça. J'ai qualifié l'équipe, et maintenant ils m'empêchent de tenter quelque chose de plus grand", tempête l'ancien entraîneur du PSG et de Lille, privé d'une deuxième Coupe du monde après son aventure avec l'Algérie.

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"Merde, j'ai besoin d'une réponse. Je mérite des explications. Je ne veux pas quitter ce pays comme un malpropre, un incompétent", insiste le technicien qui espère une réaction de la Fédération après la conférence de presse qu'il tient vendredi dans la capitale japonaise.

S'il n'obtient pas d'éclaircissements, il envisage "d'autres procédures", se réservant la possibilité de poursuivre la Fédération pour "interruption abusive de contrat".

Vahid Halilhodzic avait déjà été évincé sans ménagement en 2010 après avoir manqué sa Coupe d'Afrique des Nations (CAN) avec la Côte d'Ivoire quelques mois avant le Mondial en Afrique du Sud, mais là le coup est plus rude encore, dit-il, décrivant l'épreuve actuelle comme "la plus dure vraisemblablement de (sa) carrière".

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Quant à son successeur, le Japonais Akira Nishino, ancien entraîneur en championnat (J-League), il lui prédit une tâche compliquée. Changer de sélectionneur "à deux mois du Mondial, ce n'est pas sérieux! Il faut de l'expérience", lance-t-il.

Le Japon a hérité d'un groupe difficile au Mondial-2018 qui aura lieu en Russie: opposé à la Colombie, le Sénégal et la Pologne, il lui faudra accomplir un exploit pour, comme en 2002 et 2010, atteindre les huitièmes de finale.


Avec AFP

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