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La fermeture de Guantanamo à l'ordre du jour

Base navale de Guantanamo utilisée comme camp de détention des suspcts terroristes.(AP Photo/Charles Dharapak, File)

Ouverte en janvier 2002 pour accueillir les suspects de terrorisme, la prison et ses images de détenus enchaînés en combinaison orange ont un impact désastreux sur l'image des Etats-Unis dans le monde.

Plus de 13 ans après l'arrivée des premiers prisonniers à Guantanamo, le Pentagone va proposer des options pour déménager aux Etats-Unis la prison controversée, et appliquer enfin une promesse de campagne de Barack Obama.

Dans la dernière ligne droite de son mandat, le président américain n'a plus beaucoup de temps pour accomplir son engagement de fermer la prison de l'île cubaine, enlisé dans les imbroglios juridiques et politiques.

Ouverte en janvier 2002 pour accueillir les suspects de terrorisme, la prison et ses images de détenus enchaînés en combinaison orange ont un impact désastreux sur l'image des Etats-Unis dans le monde.

Il faut en finir avec "le premier argument dont se servent les jihadistes pour recruter", souligne Barack Obama.

Le président américain a donc demandé au Pentagone de présenter plusieurs options pour un déménagement aux Etats-Unis du camp de prisonniers, qui compte aujourd'hui 112 détenus contre plus de 700 à son apogée en 2003.

Le Pentagone doit indiquer notamment quels seraient les coûts d'un tel déménagement.

Au moins quatre sites sont envisagés: deux prisons militaires à Charleston (Caroline du sud, sud-est) et Fort Leavenworth (Kansas, centre), la prison fédérale de haute sécurité de Florence (Colorado, ouest), et un autre site à Canon City dans le même Etat.

La prison de Florence abrite déjà des détenus comme Ramzi Youssef, cerveau des premiers attentats du World Trade Center en 1993, Zacarias Moussaoui, le Français condamné en liaison avec les attentats du 11 septembre, ou Djokhar Tsarnaev, condamné à mort pour les attentats de Boston en 2013.

Mais si le rapport du Pentagone est une pièce essentielle pour faire avancer le dossier de la fermeture de Guantanamo, l'administration Obama devra encore soulever des montagnes pour parvenir à ses fins.

Le Congrès à majorité républicaine est vent debout contre toute détention des prisonniers sur le sol américain.

Les élus des Etats envisagés pour accueillir les détenus sont en première ligne, invoquant les risques d'attaques sur le futur site.

"Je ne resterai pas les bras croisés" si le président Obama "met en péril les habitants du Colorado", a déclaré l'un des sénateurs de l'Etat, Cory Gardner.

Le Congrès a interdit les transferts des détenus sur le sol américain en 2011, et vient de rajouter de nouveaux verrous dans une loi budgétaire.

Faute d'accord avec le Congrès, la Maison Blanche n'exclurait pas de le court-circuiter, en passant par un décret présidentiel à hauts risques politiques et juridiques.

Si Barack Obama "persiste, ce serait de façon flagrante inconstitutionnel, bafouant les lois votées par le Congrès", a averti cette semaine le républicain Michael McCaul, président de la commission de la Sécurité intérieure de la Chambre des représentants.

Le président Obama "s'est mis dans un vrai pétrin" en tardant trop à agir, estime David Remes, un avocat qui défend des Yéménites incarcérés à Guantanamo.

Le président aurait pu diminuer l'ampleur du problème en accélérant les départs des 53 détenus jugés transférables dans un autre pays, explique-t-il à l'AFP. "S'il avait dit à ses secrétaires à la Défense +vous serez viré si vous n'avez pas transférés 40 détenus dans douze mois+, vous pouvez être sûr qu'il y aurait eu des transferts".

Le président Obama "doit exercer le même type de pression qu'il a appliquée" pour empêcher le Congrès de bloquer l'accord sur le nucléaire iranien, ou l'accord de libre échange transpacifique (TPP), souligne-t-il.

Pour les défenseurs des droits de l'homme, un éventuel déménagement aux Etats-Unis ne réglera toutefois pas le problème des 49 prisonniers en détention "indéfinie", sans procès.

Qu'ils soient détenus à Guantanamo ou aux Etats-Unis, leur situation reste une anomalie morale et politique, estiment-ils.

"Chaque jour qui passe avec des individus en détention indéfinie est un jour où les Etats-Unis violent les droits de l'homme et perdent leur crédibilité dans la défense de ces droits", souligne ainsi Amnesty International.

Parmi les détenus de Guantanamo, seuls 10 ont fait l'objet de condamnation par la justice militaire ou sont en attente d'un procès. Parmi eux figurent Khaled Cheikh Mohamed et quatre autres co-détenus, soupçonnés d'avoir participé à l'organisation des attentats du 11 septembre.

La procédure judiciaire les concernant est complètement enlisée depuis des années.

Avec AFP

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Les féministes américaines pleurent la juge Ginsburg de la Cour suprême

Une femme allumant une bougie sur les marches de la Cour suprême à Washington, en hommage à la juge Ruth Bader Ginsburg, décédée le 18 septembre 2020. (Reiters/Joshua Roberts)

Dès l'annonce de son décès, vendredi à l'âge de 87 ans des suites d'un cancer du pancréas, les associations de défense des droits des femmes ont pleuré la perte de leur idole, une source d'inspiration pour des millions de femmes.

Devant le siège de la Cour suprême à Washington, où les deux drapeaux américains situés de chaque côté du batiment étaient en berne, des centaines de personnes, dont de très nombreux jeunes, sont venues lui rendre hommage en y déposant des fleurs et des bougies.

"Ce soir nous honorons son héritage, mais demain nous allons devoir nous battre pour préserver les idéaux qu'elle a défendus toute sa vie", a mis en garde Alexis McGill Johnson, présidente de l'organisation Planned Parenthood.

"Ruth Bader Ginsburg était une icône, une pionnière, une héroïne, une légende", son exemple "doit nous inspirer dans les dures journées qui s'annoncent", a renchéri Shaunna Thomas, directrice du groupe féministe UltraViolet.

Cette juriste brillante à la détermination inébranlable fut la seconde femme à entrer à la Cour suprême quand le président Bill Clinton l'a nommée en 1993, mais elle n'avait pas attendu cet honneur pour faire avancer la cause des femmes.

Échaudée par l'exemple de sa mère, empêchée de faire des études parce qu'elle était une fille, Ruth Bader Ginsburg avait été snobée par les cabinets d'avocats new-yorkais quand elle est sortie en 1959 de la prestigieuse université Columbia, pourtant major ex-aequo de sa promotion.

"J'avais trois choses contre moi. Un, j'étais juive. Deux, j'étais une femme. Mais, le plus grave, c'était que j'étais la mère d'un enfant de 4 ans", expliquera-t-elle plus tard, sans illusion.

Elle s'engage alors dans la lutte contre les lois qui, à l'époque, autorisent les discriminations "sur le fondement du sexe", aussi bien en matière salariale que de bénéfices sociaux ou de recrutement.

-Hommages de la classe politique-

Le président Donald Trump, en lice pour sa réélection, a été informé à la fin d'un meeting de campagne dans le Minnesota. Il a salué une "vie exceptionnelle", avant de la qualifier quelques heures plus tard de "colosse du Droit".

"Ruth Bader Ginsburg s'est battue pour nous tous, et elle était très aimée", a souligné son rival démocrate, Joe Biden, en appelant à ne pas se précipiter pour la remplacer. elle "s'est battue jusqu'au bout", "avec une foi inébranlable en notre démocratie et ses idéaux", a déclaré l'ancien président Barack Obama.

"Chaque femme, chaque fille, chaque famille en Amérique a bénéficié de son intelligence éclatante", a déclaré la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi. "On a perdu une géante dans l'histoire du pays", a renchéri la benjamine de la Chambre et représentante de l'aile gauche du parti, Alexandria Ocasio-Cortez.

Mêmes louanges à l'autre bout de l’échiquier politique. C'était "une championne du Droit" pour le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, une juriste "brillante", "admirée" et "influente" selon le ministre de la Justice Bill Barr. Le sénateur républicain Lindsey Graham, un proche du président, s'est même dit "triste" de son décès.

Le président Donald Trump, chargé de nommer les juges de la Cour suprême, a prévenu samedi qu'il comptait user de son pouvoir "sans délai", sans doute avant l'élection du 3 novembre où il brigue un second mandat. Il a déjà publié une sélection de candidats, des magistrats très conservateurs.

Selon la Constitution, une fois qu'il aura arrêté son choix, il reviendra au Sénat de l'avaliser. Son chef, le républicain Mitch McConnell a déjà fait savoir qu'il organiserait un vote, même s'il avait refusé d'auditionner un juge choisi pour ce poste par Barack Obama en 2016, au prétexte qu'il s'agissait d'une année électorale.

Selon la radio NPR, la juge "RBG" avait elle-même confié ses dernières volontés à sa petite fille, Clara Spera. "Mon voeu le plus cher est de ne pas être remplacée tant qu'un nouveau président n'aura pas prêté serment", lui a-t-elle dicté quelques jours avant sa mort.

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Décès de la juge Ruth Bader Ginsburg de la Cour suprême américaine

Ruth Bader Ginsburg, juge à la Cour suprême des États-Unis, s'exprime à l'Université de Californie à Berkeley, à Berkeley, Californie, le 21 octobre 2019. (Photo AP/archives)

La juge Ruth Bader Ginsburg, l’une des 9 de la Cour suprême, est décédée vendredi à l’âge de 87 ans d’un cancer du pancréas, selon une déclaration de la plus haute juridiction américaine.

Mme Ginsburg est morte à son domicile à Washington entourée des membres de sa famille.

Très adulée par la gauche américaine, Mme Ginsburg avait été nommée à la Cour suprême par le président Bill Clinton en 1993.

Elle a été la deuxième femme nommée à la Cour, après Sandra Day O’connor.

Elle y a siégé pendant plus de 27 ans.

"Notre nation a perdu une juriste d'une stature historique. À la Cour suprême, nous avons perdu une collègue très chère. Aujourd'hui, nous sommes en deuil, mais avec la certitude que les générations futures se souviendront de Ruth Bader Ginsburg telle que nous l'avons connue: une championne infatigable et résolue de la justice", a déclaré le juge John G. Roberts, président de la Cour suprême.

Selon les lois américaines, il revient au président américain de nommer un remplaçant, avec l’avis du sénat.

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