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Mauritanie

Présidentielle: de joyeuses soirées sous la tente rythment la campagne

Aminetou Mint Yarg avec des membres de sa famille, Dar El Barka, Mauritanie, le 20 octobre 2018.

La campagne pour l'élection présidentielle du 22 juin en Mauritanie permet aux habitants de cet immense pays sahélien de renouer avec la tradition des soirées électorales sous la tente, événements festifs où les candidats défendent leur programme au son de la musique des griots.

Ils sont six à espérer succéder au président Mohamed Ould Abdel Aziz, au pouvoir depuis 10 ans et interdit de troisième mandat par la Constitution.

Un favori émerge: l'ex-général Mohamed Ould Ghazouani, compagnon de toujours du président sortant, crédité samedi de 29,5% des intentions de vote par un sondage du Centre mauritanien des études et des recherches stratégiques (Cmers) réalisé à Nouakchott, où vit près d'un quart de la population.

Le candidat du pouvoir est suivi par l'ancien chef de gouvernement de transition (2005-2007), Sidi Mohamed Ould Boubacar, crédité de 23%, qui espère le pousser au moins à un second tour, le 6 juillet.

M. Ould Boubacar est soutenu par une coalition comprenant le parti islamiste Tewassoul, principale force d'opposition, et par l'homme d'affaires franco-mauritanien en exil Mohamed Ould Bouamatou, bête noire du régime.

Comme eux, le militant antiesclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid (9,5% dans le sondage), l'opposant historique Mohamed Ould Moloud (3,7%), le journaliste Baba Hamidou Kane (2,6%) et le néophyte Mohamed Lemine El-Mourteji El-Wavi (2,1%) se sont lancés dans la campagne pour le premier tour du 22 juin.

- "Plaisirs partagés" -

A Nouakchott, les partisans de Mohamed Ould Ghazouani ont dressé leur tente traditionnelle à côté de celle des soutiens de Sidi Mohamed Ould Boubacar.

Une occasion pour les deux camps d'attirer du monde et de faire passer leur message, alors qu'aucun débat télévisé n'est prévu jusqu'au premier tour.

Vêtue d'un "voile de campagne" aux couleurs de son candidat, Salka Mint Cheikh raconte que les militants de la tente d'à côté "ne se privent pas d'assister à nos soirées dansantes". "Nous ferons sans doute la même chose s'ils organisent la leur".

Nagi Ould Ahmed, jeune partisan du candidat du pouvoir, affirme ne rater aucun de ces rendez-vous électoraux nocturnes, les qualifiant de "belles occasions de plaisirs partagés, qui ont fait notre spécificité depuis belle lurette".

"C'est aussi l'occasion d'une redistribution d'argent dont seule la campagne électorale possède le secret", relève l'étudiant, adossé au mât de la tente, au milieu d'un assourdissant concert de musique.

"Tous y trouvent leur compte", poursuit-il, en citant les "restaurateurs qui alimentent les lieux, les griots et les chanteurs qui les animent" et tous les "petits travailleurs" chargés de l'organisation. Et c'est sans compter les "calligraphes, photographes et imprimeurs", dont les affaires prospèrent également.

- Chefs de tribus très courtisés -

Avant de terminer leur campagne jeudi à Nouakchott, les candidats ont sillonné le pays, en commençant par les régions pastorale de l'Est et agricole du Sud-Ouest, viviers convoités d'électeurs dans ce pays de 4,5 millions d'habitants deux fois grand comme la France.

Dans ces régions, les chefs de tribus et de clans sont particulièrement courtisés. Agissant comme des "grands électeurs", ils peuvent mobiliser autour d'un candidat, tant dans les villes que dans les campagnes, souvent pauvres et désoeuvrées.

Les prétendants ont promis une amélioration des conditions de vie, alors que la croissance économique, de 3,6% en 2018, continue sa reprise progressive tout en restant insuffisante comparée à la croissance démographique, selon la Banque mondiale.

Dans le camp du candidat du pouvoir, qui jure de "ne laisser personne au bord de la route", on estime que l'affluence à ses meetings a "constitué un plébiscite" et démontré sa "force de conviction".

L'un de ses porte-parole, Saleh Ould Dehmache, a toutefois dénoncé la diffusion sur les réseaux sociaux d'enregistrements "peu scrupuleux" mettant en cause la moralité du candidat, les qualifiant de "montages grossiers".

L'opposition a mis en garde contre un "hold-up" électoral, réclamé en vain la présence d'observateurs étrangers et accusé la Commission électorale nationale indépendante (Céni) d'être "totalement acquise au candidat du pouvoir".

Le président de cette institution assure toutefois que "tout sera fin prêt" pour une élection "dont la transparence sera assurée, même en l'absence d'observateurs".

Avec AFP

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Les Mauritaniens se pressent à la mosquée après l'assouplissement des mesures

Un homme marche devant une mosquée, au centre de la capitale, à Nouakchott, le 2 février 2008.

Des centaines de fidèles se sont pressés vendredi dans la plus grande mosquée de Nouakchott, sans guère se soucier de précaution contre le coronavirus, après l'assouplissement par le gouvernement de restrictions pénibles pendant le Ramadan.

"Vraiment, cette pandémie nous avait mis dans un trou", dit Ly Almamy, fonctionnaire, "avec cette ouverture de la mosquée, on a encore espoir. On peut prier, on peut demander Dieu, que Dieu exauce nos prières et qu’il nous enlève en fait tout ce qui est arrivé aux musulmans".

La Mauritanie, peu touchée par le Covid-19, a annoncé mercredi alléger les mesures vigoureuses prises contre la pandémie, avec une réouverture des marchés à partir de jeudi et une reprise des prières collectives vendredi. Les autorités ont officiellement déclaré huit cas de contamination, dont six guéris et un décès. Une seule personne est officiellement sous traitement.

La grande mosquée de Nouakchott était certes restée ouverte ces dernières semaines, y compris pour les cinq prières quotidiennes. Mais celles-ci ne drainent pas les foules et ne tombaient pas sous le coup de l'interdiction. En revanche, la grande mosquée a été privée vendredi de la grande prière hebdomadaire, en plein mois de jeûne sacré.

Aussi Dia Mamadou est-il venu allègre ce vendredi et s'est-il empressé de prendre place aux premiers rangs. "Comme on a besoin de pain pour notre survie physique, nous avons besoin de prière pour nourrir notre esprit et notre foi", lâche-t-il, ses dernières paroles perdues derrière le masque et dans le brouhaha de la foule se massant dans la plus grande mosquée du pays, construite par l'Arabie Saoudite dans les années 1980.

Le gouvernement avait énoncé des conditions, comme "le port des masques, la distanciation sociale, le lavage des mains", sous peine de réévaluer l'allègement des restrictions.

En réalité, Dia Mamadou était un des rares à se couvrir le visage.

Beaucoup étaient comme d'habitude enturbannés mais gardaient la bouche et le nez découverts. Avec l'affluence la distanciation est largement demeurée un vain mot. L'appel de l'imam Abdallahi Ould Lemrabott dans son prêche à respecter les consignes s'est perdu dans le tapage.

"C'est un jour mémorable. Je ne saurais concevoir un vendredi sans prière collective", s'émeut Youssef Ould Mebrouk, sans masque ni turban mais les larmes aux yeux à la fin du sermon consacré aux préceptes du Ramadan et aux "châtiments" réservés aux pécheurs.

Les autorités ont aussi décidé de reculer de deux heures le couvre-feu, désormais en vigueur de 23H00 à 6H00 (locales et GMT).

Les restaurants vont rouvrir mais uniquement pour des plats à emporter.

Les frontières avec les pays voisins restent fermées ainsi que les écoles, les aéroports et la circulation entre les 13 régions.

L'Union européenne va examiner l'annulation de la dette africaine

Les ministres des affaires étrangères des pays du G 5 Sahel ont tenu une vidéo conférence pour parler de la situation sécuritaire au Sahel et du COVID-19

L'Union européenne a accordé mardi un financement de 194 millions d'euros aux pays du G5 Sahel pour renforcer leurs forces de sécurité et elle s'est engagée au cours d'une vidéoconférence à examiner la demande d'une annulation de la dette africaine.

"Nous avons discuté avec les dirigeants des pays du G5 Sahel d'actions concrètes pour les aider à faire reculer la menace terroriste", a annoncé le président du Conseil européen Charles Michel au cours d'un point de presse après cette visioconférence avec les dirigeants du Mali, du Niger, du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Tchad.

"Nous avons annoncé 194 millions d'euros additionnels pour renforcer les forces de sécurité et de défense intérieure et accélérer le redéploiement de l’Etat et la délivrance de services de base dans les zones fragiles", a précisé sur son compte Twitter le chef de la diplomatie européenne, l'Espagnol Josep Borrell, qui a participé à cette réunion.

L'effort est porté dans la région dite des "trois frontières" entre Mali, Niger et Burkina Faso, en proie à de fréquentes attaques jihadistes.

"La pandémie de Covid-19 ne peut nous faire oublier à quel point la situation se détériore sur tous les fronts, dans une région dont les défis sont aussi les nôtres", a expliqué M. Borrell.

L'Union européenne et les 5 membres du G5 Sahel ont formellement lancé la coalition pour le Sahel annoncée en janvier lors du sommet de Pau, dans le sud-ouest de la France.

"Nous cherchons à convaincre d'autres partenaires à se joindre à la coalition", a expliqué Charles Michel.

Cette coalition va aider les pays du G5 sur les plans militaire, civil (police et justice) et économique, avec l'aide au développement.

L'UE a accordé 4,5 milliards d'euros à la région au cours des six dernières années, a précisé Charles Michel.

Les dirigeants du G5 ont demandé une "annulation pure et simple de la dette africaine" pour les aider à affronter les coûts sanitaires et économiques de la lutte contre la pandémie.

"Nous sommes convenus de mener le débat sur cette demande au sein de l'Union européenne et avec d'autres partenaires internationaux", a expliqué le président du Conseil européen, qui a notamment cité le Fonds monétaire international (FMI).

"Une nouvelle réunion sera organisée endéans les trois mois sous forme de vidéoconférence pour faire un point", a annoncé Charles Michel.

L'UEMOA suspend son plan de convergence pour faire face à la crise du coronavirus

Des camions en file indienne au port de Lagos, le 31 janvier 2018. (Photo: AFP / Stefan HEUNIS)

Les huit pays de l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) ont décidé de suspendre leur pacte de convergence lors d'un sommet extraordinaire afin de faire face à la crise du coronavirus.

"La suspension du pacte de convergence a été actée", a affirmé à l'AFP une source de la présidence nigérienne.

"Le monde va devoir faire face à une crise économique sans précédent depuis celle de 1929. Les pays de notre union (...) ne seront pas épargnés. En agissant unis et solidaires nous renforcerons notre résilience face à cette crise. Voilà pourquoi je salue la mise en place d’une stratégie communautaire" dont "la suspension temporaire du pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité, a affirmé le président Issoufou lors du sommet par visioconférence.

Le pacte comprenait notamment la limitation de la dette, de l'inflation ou d'arriérés de paiement.

Le président, qui avait déjà appelé il y a quelques semaines à un plan Marshall pour l'Afrique, a aussi soutenu "le recours à court terme aux avances statutaires de la BCEAO ou toute autre solution pour appuyer les Etats membres" ainsi que "la production d’un document de plaidoyer en vue de l’annulation de la dette".

Le président français Emmanuel Macron avait appelé à "aider" l'Afrique en "annulant massivement sa dette" mais pour le moment il n'est question que d'un moratoire.

Les budgets des pays de l'UEMOA sont très sollicités dans cette crise. Le total des plans de riposte au coronavirus des huit pays représente 5.285 milliards de F CFA, soit 8 milliards d'euros, a indiqué lundi le président ivoirien Alassane Ouattara, lors d'un sommet extraordinaire de l'organisation sur le Covid-19.

Les "mesures urgentes et les plans de riposte" sont évalués aujourd’hui à "environ 5.285 milliards de F CFA (8 milliards d'euros) pour l’ensemble des pays membres de l’UEMOA, en vue de limiter l’impact de cette crise sanitaire sur les populations, l’emploi et le secteur productif", selon un communiqué de la présidence ivoirienne qui assure la présidence de l'union.

Sur le plan sanitaire, la zone (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo) a enregistré 3200 cas confirmés, 105 décès et un taux de létalité de 3,3%, selon le communiqué de la présidence ivoirienne.

La Mauritanie a enregistré son premier cas de COVID-19

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