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Présidentielle en Mauritanie: Amnesty demande aux candidats de s'engager pour les droits de l'homme

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz à Bamako, le 2 juillet 2017.

Amnesty International et des ONG actives en Mauritanie ont appelé lundi les six candidats à la présidentielle à signer un manifeste contenant 12 engagements en faveur des droits humains, et notamment de combattre l'esclavage et les violences faites aux femmes, à trois semaines du scrutin.

"Il faut que le prochain président mauritanien s'attaque de toute urgence à la situation déplorable du pays en matière de droits humains", ont déclaré dans un communiqué Amnesty International, le Forum des organisations nationales de droits humains (FONADH) et 31 organisations locales de défense des droits humains.

Six candidats, dont celui du parti au pouvoir, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, compagnon de toujours du président Mohamed Ould Abdel Aziz (dont le mandat s'achève en août et qui ne peut se représenter au terme de son second mandat), sont en lice pour le premier tour de la présidentielle, prévu le 22 juin.

Ce scrutin devrait marquer la première passation de pouvoir entre un président sortant et son successeur élu dans ce pays désertique d'Afrique de l'Ouest, qui a connu de nombreux coups d'Etat de 1978 à 2008 et où la charia est la source du droit.

Dans leur communiqué, ces organisations appellent tous les candidats à "signer un manifeste contenant 12 engagements en faveur de la promotion et de la protection des droits humains en Mauritanie".

Le prochain président devra adopter "une position plus ferme à l'égard de l'esclavage, de la traite des êtres humains et des attaques contre le droit à la liberté d'expression, y compris les manoeuvres d'intimidation et le harcèlement visant les défenseurs des droits humains qui dénoncent la discrimination", estime ces organisations.

Le point 3 du manifeste proposé à la signature des candidats stipule qu'une "loi pour lutter contre la violence faite aux femmes sera adoptée dès la première année du mandat", alors qu'une loi visant à mettre fin aux "discriminations liées au genre" a été rejetée par deux fois --janvier 2017 et décembre 2018-- par l'Assemblée nationale.

Officiellement, l'esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie. Mais le phénomène persiste, selon des ONG, notamment sous la forme de cession gratuite par les descendants d'esclaves d'une partie de leur récolte à leurs maîtres traditionnels, de mariage forcé d'esclaves et même de vente.

En août 2015, la Mauritanie a adopté une nouvelle loi faisant de l'esclavage un "crime contre l'humanité", réprimé par des peines allant jusqu'à 20 ans de prison.

La population de ce pays de 4,5 millions d'habitants se compose de communautés arabo-berbère, haratine (descendants d'esclaves de maîtres arabo-berbères, dont ils partagent la culture) et afro-mauritanienne, généralement de langue maternelle d'ethnies subsahariennes (Peuls, Soninkés ...).

Jusqu'à 43.000 personnes en Mauritanie étaient encore réduites en esclavage en 2016, soit environ 1% de la population totale, selon un rapport d'Amnesty publié le 22 mars, citant des estimations d'organisations spécialisées.

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L'opposition conteste les résultats lors de la proclamation de la victoire du candidat du pouvoir

Mohamed Ould El Ghazouani, donné vainqueur de la présidentielle en Mauritanie.

Le candidat du pouvoir à l'élection présidentielle en Mauritanie, Mohamed Cheikh El-Ghazouani, a été élu avec 52% des suffrages au premier tour, selon les résultats annoncés dimanche soir par la Commission électorale et récusés d'emblée par ses adversaires.

Ce scrutin doit marquer la première transition entre deux présidents élus dans ce vaste pays du Sahel secoué par de nombreux coups d'Etat de 1978 à 2008, date du putsch qui a porté Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir, avant son élection en 2009. Le président sortant ne pouvait se représenter après deux mandats.

M. Ghazouani s'est déclaré vainqueur à partir des résultats sur 80% des bureaux de vote, au terme d'une veillée électorale dans la nuit de samedi à dimanche en présence de M. Ould Abdel Aziz.

L'opposition, à laquelle appartiennent quatre de ses cinq concurrents, a qualifié cette annonce précoce de "nouveau coup d'Etat" de la part de ces deux anciens généraux, "éternels putchistes" selon elle. Ses candidats crient depuis des mois aux risques de perpétuation d'un régime "militaire" et de fraude.

Dans la soirée, la Commission nationale électorale indépendante (Céni) a confirmé la victoire de M. Ghazouani, qui remporte 52,01% des voix sur l'ensemble des bureaux. Il est suivi par quatre opposants, dont le militant anti-esclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid (18,58%) et l'ancien Premier ministre Sidi Mohamed Ould Boubacar (17,87%).

Ces résultats doivent encore être transmis pour validation au Conseil constitutionnel après examen d'éventuels recours, alors que les quatre candidats d'opposition ont annoncé qu'ils utiliseraient toutes les voies légales pour les contester.

Les quelque 1,5 million d'électeurs ont voté samedi nombreux - 62,66% de participation, selon la Céni - pour désigner leur président, qui devra préserver la stabilité chèrement conquise par la Mauritanie, mais aussi en assurer le développement économique et y faire progresser le respect des droits humains.

"Coup d'Etat" électoral

"Le pouvoir a perdu la bataille électorale", a affirmé Biram Ould Dah Ould Abeid lors d'une conférence de presse conjointe des quatre candidats de l'opposition, qui se sont engagés avant le vote à se soutenir en cas de second tour le 6 juillet.

Sidi Mohamed Ould Boubacar a dénoncé de "multiples irrégularités" qui selon lui "ôtent toute crédibilité" à cette élection. "Nous rejetons les résultats de ce scrutin et nous considérons qu'ils n'expriment nullement la volonté du peuple mauritanien", a-t-il dit, exigeant leur publication par la Céni "bureau par bureau".

M. Ould Abeid a également appelé les Mauritaniens à "résister dans les limites de la loi à ce énième coup d'Etat contre la volonté du peuple".

Des incidents ont éclaté à la suite des déclarations de M. Ghazouani, en plusieurs endroits de la capitale et à Nouadhibou, (nord-ouest), l'unique province où il ne soit pas arrivé en tête, devancé par M. Ould Abeid.

La police a dispersé les manifestants qui brûlaient des pneus et scandaient des slogans hostiles au pouvoir au moyen de gaz lacrymogènes et de matraques, selon une source de sécurité. Des sources proches de l'opposition ont fait état de blessés.

Le représentant du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, a félicité les Mauritaniens "pour la tenue paisible de l'élection présidentielle" et réitéré l'appel de M. Guterres "à résoudre tout litige éventuel" par la voie judiciaire.

M. Ould Abdel Aziz a stabilisé la Mauritanie, frappée dans les années 2000 par des attentats jihadistes et des enlèvements d'étrangers, en menant une politique volontariste: remise sur pied de l'armée, surveillance accrue du territoire et développement des zones reculées.

Mais les critiques se focalisent sur les droits fondamentaux, dans une société marquée par des disparités persistantes entre communautés arabo-berbère, haratine (descendants d'esclaves de maîtres arabo-berbères, dont ils partagent la culture) et afro-mauritanienne, généralement de langue maternelle d'ethnies subsahariennes.

La croissance économique, de 3,6% en 2018, bien qu'en amélioration, reste insuffisante par rapport à la démographie, selon un rapport de la Banque mondiale (BM) publié en mai.

La BM salue le rétablissement de la "stabilité macroéconomique", avec des projections de croissance annuelle de 6,2% en moyenne sur la période 2019-2021 mais appelle à lever les obstacles au secteur privé, en premier lieu les difficultés d'"accès au crédit" et "la corruption".

Le candidat du pouvoir fonce vers la victoire, l'opposition conteste les résultats

Mohamed Cheikh El-Ghazouani vote à Nouakchott en Mauritanie le 22 juin 2019.

Le candidat du pouvoir à l'élection présidentielle en Mauritanie, Mohamed Cheikh El-Ghazouani, a revendiqué dimanche une victoire au premier tour, une proclamation confortée au fil des heures par les résultats de la Commission électorale, rejetés d'emblée par l'opposition.

M. Ghazouani s'est déclaré vainqueur à partir des résultats de 80 % des bureaux de vote, au terme d'une veillée électorale dans la nuit de samedi à dimanche en présence du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz.

L'opposition a qualifié cette annonce précoce de "nouveau coup d'Etat" de la part de ces deux anciens généraux, "éternels putchistes" selon elle.

Les Mauritaniens se sont déplacés samedi en nombre pour élire leur président, qui devra préserver la stabilité chèrement conquise par ce vaste pays du Sahel, mais aussi en assurer le développement économique et y faire progresser le respect des droits humains.

Ce scrutin doit marquer la première transition entre deux présidents élus dans ce pays secoué par de nombreux coups d'Etat de 1978 à 2008, date du putsch qui a porté Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir avant son élection en 2009. Le président sortant ne pouvait se représenter après deux mandats.

Mais les candidats de l'opposition, soit quatre des cinq adversaires de M. Ghazouani, redoutent la perpétuation d'un régime "militaire" et des risques de fraude. Ils se sont engagés à se soutenir en cas de second tour le 6 juillet.

"Le pouvoir a perdu la bataille électorale", a affirmé le militant antiesclavagiste Biram Ould Dah Ould Abeid, lors d'une conférence de presse conjointe avec les trois autres opposants en lice.

Un autre candidat, l'ancien chef de gouvernement de transition (2005-2007) Sidi Mohamed Ould Boubacar, a dénoncé de "multiples irrégularités" qui selon lui "ôtent toute crédibilité" à cette élection, rappelant les griefs de longue date de l'opposition sur l'équité du processus.

"Nous rejetons les résultats de ce scrutin et nous considérons qu'ils n'expriment nullement la volonté du peuple mauritanien", a-t-il dit. L'opposition utilisera "toutes les voies de droit", a-t-il précisé, exigeant leur publication par la Céni "bureau par bureau".

- Incidents dans deux villes -

Les derniers résultats affichés par la Céni, sur près de 98 % des bureaux de vote, accordaient à M. Ghazouani 51,85 % des voix, devant M. Ould Abeid à 18,65 % et M. Ould Boubacar à 17,97 %.

"Nous lançons un appel au peuple mauritanien, un appel à résister dans les limites de la loi à ce énième coup d'Etat contre la volonté du peuple", a déclaré M. Ould Abeid.

Des incidents ont éclaté à la suite des déclarations de M. Ghazouani, en plusieurs endroits de la capitale et à Nouadhibou, (nord-ouest), l'unique province où il ne soit pas arrivé en tête, devancé par M. Ould Abeid.

La police a dispersé les manifestants qui brûlaient des pneus et scandaient des slogans hostiles au pouvoir au moyen de gaz lacrymogènes et de matraques, selon une source de sécurité. Des sources proches de l'opposition ont fait état de blessés.

Le représentant du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, a félicité dans un communiqué les Mauritaniens "pour la tenue paisible de l'élection présidentielle.

Il a réitéré l'appel de M. Guterres "à résoudre tout litige éventuel" par la voie judiciaire et exhorté "tous les candidats à faire preuve de patience en laissant la Commission électorale conduire le processus électoral".

M. Ould Abdel Aziz a stabilisé la Mauritanie, frappée dans les années 2000 par des attentats jihadistes et des enlèvements d'étrangers, en menant une politique volontariste: remise sur pied de l'armée, surveillance accrue du territoire et développement des zones reculées.

Mais les critiques se focalisent sur les droits fondamentaux, dans une société marquée par des disparités persistantes entre communautés arabo-berbère, haratine (descendants d'esclaves de maîtres arabo-berbères, dont ils partagent la culture) et afro-mauritanienne, généralement de langue maternelle d'ethnies subsahariennes.

La croissance économique, de 3,6% en 2018, bien qu'en amélioration, reste insuffisante par rapport à la démographie, selon un rapport de la Banque mondiale (BM) publié en mai.

La BM salue le rétablissement de la "stabilité macroéconomique", avec des projections de croissance annuelle de 6,2% en moyenne sur la période 2019-2021 mais appelle à lever les obstacles au secteur privé, en premier lieu les difficultés d'"accès au crédit" et "la corruption".

La Mauritanie se prépare à voter pour la présidentielle

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Présidentielle en Mauritanie: le candidat du pouvoir promet sécurité et justice sociale

Le candidat du parti à la présidence de l'Union pour la République (UPR), Mohamed O. Gazhouani, soutenu par le parti politique en exercice, se rend à Chinguetti pour une réunion le 11 avril 2019.

Le candidat du pouvoir à l'élection présidentielle en Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, dit Ould Ghazouani, a promis jeudi de faire de la sécurité et de la justice sociale ses priorités, au dernier jour d'une campagne électorale aux allures de kermesse.

Le président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, lui aussi ancien général, a pour sa part estimé que choisir l'un des cinq adversaires de son compagnon d'armes constituerait un "retour en arrière" pour le pays et lui a prédit une élection dès le premier tour samedi.

"La sécurité du pays est au-dessus de tout", a affirmé de M. Ould Ghazouani lors de son ultime meeting jeudi soir sur le site de l'ancien aéroport de la capitale, devant quelque 10.000 personnes, dont de nombreux jeunes, qui l'ont attendu pendant des heures au son de chansons traditionnelles et de rap.

"La justice sociale sera ma première préoccupation", a dit le candidat, qui s'est engagé à "mettre fin aux inégalités, aux disparités entre les différentes composantes de la société".

Il faisait notamment allusion au contraste entre les situations des communautés arabo-berbère, haratine (descendants d'esclaves de maîtres arabo-berbères, dont ils partagent la culture) et afro-mauritanienne, généralement de langue maternelle d'ethnies subsahariennes.

Le précédant à la tribune, le président sortant a appelé à voter pour lui sans hésitation.

"Il n'y a que deux choix, soit le retour en arrière, c'est-à-dire l'extrémisme, la gabegie et l'instabilité, soit votre candidat qui poursuivra ce qui a été accompli pour la construction d'un Etat stable et développé", a-t-il lancé.

Le rassemblement a été survolé à plusieurs reprises par un petit avion qui a largué en direction de la foule des fac-similé du bulletin de vote pour M. Ould Ghazaouani, que ses partisans sont invités à glisser dans l'urne samedi.

Lors d'une conférence de presse dans la soirée, le président sortant s'est déclaré convaincu que son dauphin serait élu "dès le premier tour".

"Dans son programme il a promis de construire des logements pour les pauvres, de s'occuper des enfants de la rue, de construire beaucoup d'écoles et des dispensaires", a dit à l'AFP un participant au meeting, Becaye Ould Moktar, âgé d'une vingtaine d'années, pour expliquer son soutien au candidat du pouvoir.

Dernier jour de campagne avant les élections présidentielles

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