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Dissolution des trois quarts des partis à l'approche de la présidentielle en Mauritanie

Une femme se fait marquer le doigt à l’encre indélébile après avoir voté à Nouakchott, Mauritanie, 21 juin 2014.

Le gouvernement mauritanien a fait le ménage dans le paysage politique à moins de quatre mois de la présidentielle en annonçant la dissolution des trois quarts des formations, jugées insuffisamment représentatives, sur la centaine que compte le pays.

"Sont dissous de plein droit les partis politiques ayant présenté des candidats aux élections municipales de 2013 et 2018 et qui ont obtenu moins de 1% des suffrages exprimés au premier tour de ces élections ou qui se sont abstenus de participer à ces deux consultations", indique un arrêté du ministère de l'Intérieur dont l'AFP a obtenu une copie mercredi.

Fondée sur une loi de 2012, complétée en 2018, conçue pour limiter le nombre de partis politiques et permettre un financement adéquats à leurs activités électorales suivant leur poids politique, cette décision de dissolution concerne 76 formations, n'en laissant que 28 en activité, selon la même source.

La mesure ne concerne pas les principaux acteurs de la vie politique, en pleins préparatifs pour la présidentielle qui doit avoir lieu avant le 30 juin mais dont la date n'a pas encore été fixée.

Le parti au pouvoir, l'Union pour la République (UPR), a choisi le weekend dernier comme candidat le ministre de la Défense, l'ex-général Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, dit "Ould Ghazouani", un proche de l'actuel président Mohamed Ould Abdel Aziz.

M. Aziz, qui selon la Constitution n'a pas le droit de briguer un troisième mandat, pourrait continuer à peser sur la vie politique, comme il en exprimé la volonté, en reprenant la direction de l'UPR après le scrutin, a confié samedi à l'AFP un dirigeant du parti majoritaire lors du congrès d'approbation de la candidature de M. Ould Ghazouani.

L'opposition avance pour sa part en ordre dispersé. Alors que le député et militant antiesclavagiste Biram Ould Dah Abeid a déjà affiché sa volonté d'être candidat, les pourparlers en cours au sein du reste de l'opposition pour dégager une candidature "unique" semblent dans l'impasse.

"Nous continuons à travailler sur cette option, même si l'on sait combien ce sera difficile", a confié le weekend dernier un des dirigeants de la plateforme de l'opposition, Moussa Fall.

"Il sera pratiquement impossible de désigner un candidat interne aux partis qui la constituent, tant les divergences d'ordre idéologique sont profondes. On peut dans le meilleurs des cas s'entendre sur le soutien d'un candidat indépendant, ou bien chacun fera cavalier seul", a-t-il regretté.

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Des ONG veulent poursuivre l'ex-patron de la "police politique" de Kabila

Kalev Mutond, ancien chef de l'ANR (agence nationale de renseignement) pour la RDC en réunion à Goma, en RDC, le 25 janvier 2917. (VOA/Charly Kaseraka)

Des défenseurs congolais des droits de l'Homme ont annoncé mercredi leur intention de poursuivre en justice l'ex-patron du renseignement, entre autres pour "détention arbitraire" et "tortures", au lendemain de l'annonce de son remplacement par le nouveau président de la RD Congo.

Des ONG accusent Kalev Mutond d'avoir fait de l'Agence nationale de renseignement (ANR) une "police politique" au service du régime de l'ancien président Joseph Kabila.

Patron tout puissant de l'ANR depuis 2011, proche de M. Kabila, M. Kalev est l'un des 14 responsables congolais sous sanctions de l'Union européenne (UE) pour atteinte aux droits de l'Homme et entrave à la démocratie.

"Maintenant qu'il n'est plus là, il doit être poursuivi par la justice. Sous Kalev ces huit dernières années, l'ANR a détenu au secret des opposants, des animateurs de la société civile et des mouvements citoyens pendant de longues périodes, sans l'assistance des avocats et des familles", a déclaré à l'AFP Jean-Claude Katende, président de l'Association africaine des droits de l'Homme (Asadho).

Il a cité en exemple Carbone Beni et ses trois compagnons du mouvement pro-démocratie Filimbi, détenus au secret dans les locaux de l'ANR pendant six mois en 2018 sans bénéficier de l'assistance de leurs avocats. Ils ont été libérés en décembre 2018 juste avant les élections du 30.

"Des dossiers sont déjà constitués. Nous comptons les déposer dans deux semaines", a-t-il ajouté.

Le président de l'Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj), Me Georges Kapiamba, a également annoncé des poursuites "avec un groupe de familles de victimes", "une dizaine", "d'ici le mois prochain".

"Ce sont des victimes d'enlèvements, d'arrestations, détention arbitraire, tortures, mauvais traitements", a-t-il énuméré.

Kalev Mutond a été remplacé à la tête de l'ANR par son numéro deux, Inzun Kakiak.

"Nous espérons que son successeur va opérer une rupture et qu'il va mettre au centre de son travail le respect de la Constitution et des droits humains", a commenté M. Kapiamba.

"L'ancien système était basé sur la répression systématique des opposants et des militants de la société civile", a-t-il jugé. "C'était une police politique en vérité".

M. Katende a mis en garde le nouveau président Félix Tshisekedi de "ne pas nommer Kalev à d'autres fonctions afin qu'il réponde d'abord des faits imprescriptibles de violation des droits de l'Homme qui pèsent sur lui".

Le camp Bouteflika se fissure selon des analystes

Des manifestants à Alger en Algérie le 15 mars 2019.

Le camp du président Abdelaziz Bouteflika continue mercredi de se fissurer face à la contestation sans précédent dont est la cible depuis un mois le chef de l'Etat algérien, qui apparaît de plus en plus isolé, estiment des analystes.

Depuis quelques semaines, les craquelures apparaissaient déjà au grand jour au sein de deux piliers du pouvoir: la centrale syndicale UGTA (Union générale des travailleurs algériens) et l'organisation patronale FCE (Forum des chefs d'entreprises).

Mercredi, c'est le propre parti du président Bouteflika, le Front de libération nationale (FLN) qui a apporté publiquement son soutien au "mouvement populaire", tout en prônant le dialogue proposé par le chef de l'Etat pour sortir d'une crise qui dure depuis un mois.

"Les militants du FLN soutiennent pleinement le mouvement populaire" de contestation, par lequel "le peuple a demandé, à travers des marches gigantesques, le changement" a déclaré à la presse Mouad Bouchareb, patron du parti, à l'issue d'une réunion de responsables de sections, décrite comme houleuse par plusieurs médias.

- "Forces non-constitutionnelles" -

"Il faut se mettre autour d'une table de dialogue pour arriver à une Algérie nouvelle", a néanmoins précisé M. Bouchareb, soulignant que M. Bouteflika, président du parti, avait annoncé "clairement qu'il allait vers un changement du système".

Pour tenter de calmer la contestation, inédite, M. Bouteflika, à la tête de l'Etat depuis 20 ans, a récemment annoncé la mise sur pied, à une date pas encore fixée, d'une Conférence nationale, "ouverte à tous" et chargée de réformer le pays et de proposer une nouvelle Constitution.

En attendant, il a reporté la présidentielle prévue le 18 avril, prolongeant de fait son mandat au-delà de son expiration le 28 avril.

Des mesures rejetées par les manifestants descendus en masse dans les rues depuis le 22 février et qui continuent de réclamer d'abord le départ du chef de l'Etat et celui du "système" au pouvoir.

Plusieurs cadres ou élus du FLN avaient déjà publiquement fait défection depuis le début du mouvement de contestation et l'autorité de M. Bouchareb est fortement contestée au sein de l'ancien parti unique, au pouvoir sans interruption depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962.

Principal allié du FLN au sein de la majorité présidentielle, le Rassemblement national démocratique (RND) se lézarde également. Mardi soir, son porte-parole Seddik Chihab a publiquement affirmé que le parti s'était "trompé" en soutenant la candidature de M. Bouteflika à un 5e mandat, qui avait jeté les Algériens dans la rue.

Plus grave, il a également accusé des "forces non constitutionnelles" de diriger le pays, disant ne pas savoir qui décide "réellement" à la présidence.

Un discours tenu habituellement par les plus féroces opposants à M. Bouteflika, 82 ans, affaibli par les séquelles d'un AVC qui, depuis 2013, l'ont empêché de s'adresser de vive voix aux Algériens et ont rendu rares ses apparitions publiques.

Même si le RND --dirigé par l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, fidèle du chef de l'Etat récemment sacrifié à la colère populaire-- a estimé que M. Chihab "avait perdu la maîtrise de ses nerfs" et assuré continuer de soutenir le plan présidentiel de sortie de crise, le mal est fait.

- "Sauver les meubles" -

"Bouteflika est en train de perdre la main et chacun essaye de sauver les meubles", a expliqué à l'AFP Rachid Grim, enseignant en Sciences politiques à l'Institut supérieur de gestion et de planification (ISGP) d'Alger. Il "n'a plus de base, le peuple l'a lâché. Tout le monde le lâche".

Interrogé par l'AFP, Mohamed Hennad, ancien professeur de sciences politiques à l'université d'Alger, voit dans les récentes déclarations du FLN, après celles du porte-parole du RND, "un signe supplémentaire de l'effondrement du système et que le changement est proche".

L'ensemble du camp présidentiel semble désormais prendre l'eau. A l'UGTA, unique interlocuteur syndical jugé "représentatif" par les autorités, qui revendique 3 millions d'adhérents, c'est l'hémorragie.

Des dizaines de sections locales ou de syndicats affiliés ont dénoncé ces dernières semaines l'autorité du secrétaire général Abdelmadjid Sidi Saïd, thuriféraire du chef de l'Etat, et ses exhortations au 5e mandat du président.

Mais aussi ses supposées compromissions avec le FCE d'Ali Haddad, patron des patrons, proche du clan présidentiel et qui avait aussi apporté le soutien inconditionnel de son organisation --où les démissions se multiplient-- à un nouveau quinquennat.

Naissance d'un mouvement pro-Duncan pour la réconciliation

Le vice-président ivoirien Daniel Kablan Duncan, Abidjan, le 12 janvier 2016. REUTERS/Luc Gnago - RTX221G0

Un nouveau mouvement, "Attoun", proche du vice-président ivoirien Daniel Kablan Duncan, a été constitué mercredi pour "éviter une seconde crise postélectorale" en Côte d'Ivoire où les grandes manoeuvres en vue de la présidentielle de 2020 ont déjà commencé.

M. Duncan est officiellement membre du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ex-président Henri Konan Bédié (1993-1999), mais il est surtout très proche du président ivoirien Alassane Ouattara qui l'a nommé vice-président à la création de ce poste en 2017 et dont il avait été le Premier ministre de 2012 à 2017.

Anciens alliés, MM. Ouattara et M. Bédié sont à couteaux tirés depuis que ce dernier a claqué la porte de l'ancienne coalition présidentielle, refusant de fondre le PDCI dans le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) qui s'est transformé en parti en janvier.

"Nous sommes à quelques mois de 2020 et aujourd'hui beaucoup des craintes subsistent, nous constatons des risques évidents. Tout le monde se demande : qu'est ce qui va se passer en 2020 ?" a expliqué à l'AFP Zié Daouda Coulibaly, député de Yopougon (quartier populaire d'Abidjan), président du nouveau mouvement "Attoun" et une figure du PDCI.

Le mouvement "Attoun" (mot que deux personnes prononcent lors d'une accolade dans la tradition akan) va soutenir M. Duncan qui "incarne la stabilité, le dialogue et la cohésion", une démarche destinée à "éviter une seconde crise postélectorale en Côte d'Ivoire".

"Nous ne pouvons pas aller à une élection présidentielle qui doit faire peur aux Ivoiriens et aux autres Africains. La Côte d'Ivoire a un rôle de locomotive dans la sous-région", a dit M. Coulibaly, auparavant très proche de M. Bédié.

"Attoun" va lancer très prochainement une caravane de la réconciliation qui va parcourir le pays afin de recueillir des signatures avec des messages pour la paix.

Le PDCI a refusé de fusionner avec le RHDP, accusant M. Ouattara de manquer à sa parole de soutenir un candidat PDCI à la présidentielle de 2020, alors que le PDCI l'avait soutenu en 2010 et 2015.

Le RHDP a néanmoins réussi à débaucher un grand nombre de cadres du PDCI, notamment la plupart des ministres.

La question de la réconciliation reste sensible en Côte d'Ivoire, après les douze années de crise politico-militaire qu'a connues le pays de 1999 à 2011. Elle s'est conclue par des violences postélectorales après le refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à son rival, l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara, qui ont fait plus de 3.000 morts en 2010-2011.

Le nouveau visage de l’ANR

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Des groupes armés signataires exigent la démission du 1er Ministre

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