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Mauritanie

La candidature du "dauphin" d'Aziz plébicitée par la majorité

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz vote le 1er septembre 2018.

La candidature pour la présidentielle de juin en Mauritanie du "dauphin" de l'actuel président Mohamed Ould Abdel Aziz, l'ancien général Ould Ghazouani, a été plébiscitée samedi par le parti majoritaire, réuni en congrès.

Pendant ce temps, l'opposition ne parvient pas à s'entendre sur une candidature unique.

Le président Aziz, interdit de troisième mandat par la Constitution mais qui n'entend pas arrêter la politique, pourrait reprendre la direction de son parti, l'Union pour la République (UPR), après la présidentielle prévue mi-juin mais dont la date précise n'a pas encore été fixée.

"Les instances du parti ayant démissionné comme le veut la tradition, une commission provisoire sera chargée de conduire le fonctionnement du parti en attendant l'élection de son nouveau directoire, dont la présidence pourrait revenir à l'actuel président" de la république au terme de son mandat, a déclaré samedi à l'AFP un dirigeant de l'UPR s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Lors des législatives du 1er et 15 septembre, l'UPR avait remporté une large victoire (environ 120 sièges à l'Assemblée, en comptant les formations alliées), face à une opposition dite "radicale" comptant une trentaine de députés, dont 14 issus du parti islamiste Tewassoul, bête noire du régime.

Une résolution approuvant la candidature du ministre de la Défense Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, dit "Ould Ghazouani", qu'il a officialisée vendredi soir dans un stade de 8.000 personnes à Nouakchott, a été adoptée samedi par le congrès ordinaire de l'UPR, a constaté un correspondant de l'AFP.

Alors que le député et militant antiesclavagiste Biram Ould Dah Abeid a affiché sa volonté d'être candidat, les pourparlers en cours au sein du reste de l'opposition pour dégager une candidature "unique" semblent dans l'impasse.

"Nous continuons à travailler sur cette option, même si l'on sait combien ce sera difficile", a confié à l'AFP un des dirigeants de la plateforme de l'opposition, Moussa Fall. "Il sera pratiquement impossible de désigner un candidat interne aux partis qui la constituent, tant les divergences d'ordre idéologique sont profondes. On peut dans le meilleurs des cas s'entendre sur le soutien d'un candidat indépendant, ou bien chacun fera cavalier seul" a-t-il regretté.

Entré à l'armée en 1978, compagnon de toujours de Mohamed Ould Abdel Aziz, avec lequel il a participé à deux putschs, en 2005 et 2008, et dont il est très proche, M. Ould Ghazouani a été chef d'état-major de 2008 à son entrée au gouvernement en novembre.

Ancien général arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2008 puis élu en 2009 et réélu en 2014, M. Ould Abdel Aziz achèvera son second mandat de cinq ans en août.

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La banque centrale mauritanienne dénonce un vaste détournement de fonds

La Banque centrale de Mauritanie présente le nouveau ougiya, nouvelle monnaie du pays, 21 décembre 2017. (Twitter/ Banque centrale de Mauritanie)

La police mauritanienne a arrêté une employée de la banque centrale et plusieurs complices présumés suspectés d'avoir détourné plus d'un million d'euros de l'institution.

La banque centrale a indiqué dans un communiqué daté du 5 juillet avoir découvert, à la faveur d'un contrôle inopiné début juin, un trou de plus de 935.000 euros et 493.000 euros dans l'une de ses caisses. Elle assure qu'une employée a reconnu sa responsabilité.

Depuis lors, plusieurs personnes ont été arrêtées au sein et en dehors de la banque, a dit le parquet. Une source policière a chiffré le nombre des arrestations à six mardi, dont l'employée mise en cause.

Selon le quotidien Le Calame, le montant total serait de 2,4 millions de dollars, dont un million "en devises".

Aucune information n'a été fournie sur la manière dont le détournement aurait été opéré. Les attributions de l'employée elle-même sont restées floues.

La banque centrale a reconnu des "insuffisances du système de contrôle interne". Elle a assuré avoir entrepris de "rénover ses procédures pour améliorer la sécurité des fonds".

La police chargée des crimes économiques mène une enquête, selon Le Calame.

Le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani renforce son pouvoir

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Les Mauritaniens noirs victimes d'esclavage moderne, selon Biram Ould Abeid

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Des chefs d’Etat du G5 Sahel se réunissent avec Macron

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La France et ses alliés sahéliens tiennent sommet contre les jihadistes

Le président mauritanien Mohamed Ould Ghazouani à son arrivée à l'aéroport de Ouagadougou, le 13 septembre 2019, à la veille du début du sommet du G5 en Afrique de l'Ouest. (Photo par ISSOUF SANOGO / AFP)

Les présidents de cinq pays du Sahel et de la France sont arrivés mardi à Nouakchott pour faire le point sur leur combat contre les jihadistes six mois après avoir décidé d'intensifier l'effort commun pour reconquérir le terrain perdu dans la région.

L'hôte mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et ses homologues burkinabè, malien, nigérien, tchadien et français tiennent sommet six mois après s'être réunis à Pau (sud-ouest de la France) sous la pression d'une série de revers des armées de la région face aux jihadistes, de la mort de 13 soldats français et de remises en question de l'intervention française.

Ils se retrouvent dans le contexte inédit de la pandémie qui a longtemps fait douter de leur présence physique à cette réunion d'un jour. Malgré les masques et la profusion de précautions sanitaires, le climat est annoncé moins tendu que six mois plus tôt.

Emmanuel Macron, à son atterrissage pour son premier déplacement hors d'Europe depuis le début de l'épidémie, a déclaré que la France et ses alliés avaient "durant ces six derniers mois connu de vrais succès dans la lutte contre le terrorisme avec la neutralisation de chefs redoutés". Il a salué une "montée en gamme de l'intervention des armées sahéliennes".

Le sommet visera à "consolider (les) acquis", a-t-il dit, tout en affirmant la nécessité de "faire davantage en matière de retour de l'Etat", en particulier "au Mali, au Burkina, dans un contexte - on le sait - très compliqué".

Sahéliens et Français revendiquent les lourdes pertes infligées aux jihadistes en 2020 et la forte baisse des leurs.

Les experts, toutefois, continuent à dresser un sombre tableau. Chacun conserve à l'esprit la précarité de la situation et des gains réalisés, qui peuvent être annihilés en l'absence de progrès sur des fronts autres que militaire, comme la reconstruction civile ou la réconciliation.

De telles avancées sont jugées indispensables pour sortir la sous-région de la spirale des violences commencée en 2012 dans le nord du Mali.

Nouakchott est présenté, côté français, comme l'occasion de préparer l'avenir sur la lancée de Pau et de poursuivre l'effort consistant à associer à la lutte le plus grand nombre de partenaires, en particulier européens, par exemple au sein de Takuba, un groupement de forces spéciales censées accompagner les Maliens au combat.

Les chefs d'Etat du G5 Sahel, M. Macron, et des représentants d'organisations internationales (Union africaine, Francophonie, ONU, Union européenne) s'entretiendront d'abord à huis clos.

- "Gouvernement complaisant" -

Motif de satisfaction pour la France, la réunion sera ensuite élargie aux chefs de gouvernement allemand, espagnol et italien, par visioconférence pour la plupart.

A Pau, les présidents s'étaient entendus pour resserrer les rangs et de concentrer leur action contre l'organisation Etat islamique dans la "zone des trois frontières" (Mali, Burkina, Niger) sous un commandement conjoint de la force française Barkhane et de la Force antijihadiste du G5 Sahel.

Depuis, la France a augmenté les effectifs de Barkhane de 500 militaires pour les porter à 5.100. Elle et ses partenaires ont multiplié les offensives dans la zone des trois frontières, revendiquant la "neutralisation" de centaines de jihadistes.

Autre succès enregistré: dans le nord du Mali, où les forces spéciales françaises, aiguillées par un drone américain, ont tué le chef d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), l'Algérien Abdelmalek Droukdal.

Ces succès n'empêchent pas les groupes jihadistes d'étendre leur emprise au Burkina, qui s'enfonce dangereusement. Au Burkina, au Mali, au Niger, les accusations d'exactions contre les civils se multiplient contre les armées nationales.

La communauté internationale suit aussi avec préoccupation les évolutions politiques.

Au Burkina, des zones entières menacent d'être privées à la fin de l'année du scrutin présidentiel, qui risque donc d'être contesté. On élira aussi un nouveau président au Niger en 2020. Quant au Mali, son président est confronté à une contestation intérieure dont l'issue inquiète ses voisins ouest-africains et ses alliés.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé lundi pour un an la mission de plus de 13.000 Casques bleus au Mali.

Le vote a été l'occasion pour les Etats-Unis de dire que "la sécurité continue à se détériorer au Mali où les groupes terroristes étendent leur territoire, alimentent les conflits intercommunautaires et tuent qui bon leur semble". Ils s'en sont aussi pris à un "gouvernement complaisant".

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