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Lahou Kpanda est menacé de disparition en raison de l’avancée de l’océan

Le village de Lahou Kpanda, menacé par les eaux, en Côte d'Ivoire, le 24 janvier 2019. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)

En Côte d’Ivoire, le village de Lahou Kpanda, à 150 kilomètres à l’ouest d’Abidjan est menacé de disparition en raison de l’avancée de l’océan. Une situation due au changement climatique.

Pour accéder à Lahou Kpanda, il faut emprunter l’une de ces petites embarcations qui font chaque jour la navette entre ce village et la ville de Grand Lahou distante de 18 kilometres.

Ce jeudi 24 janvier, à bord de l’un de ces canots qui nous y mène, se trouve Antoinette une dame d’une quarantaine d’années et originaire de Lahou Kpanka. Elle a appris les derniers dégâts causés par la montée des eaux et vient donc rendre visite à la famille.

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A Lahou Kpanda, le spectacle qui s’offre à nous est affligeant. Des habitations détruites par les eaux, des arbres déracinés, des tombes ravagées, des corps emportés par les vagues. La désolation est totale dans ce village peuplé à majorité de pêcheurs.

Certains villageois ont commencé à exhumer les corps de leurs parents morts il y a plus de 50 ans, voire 100 ans. Des corps qui seront enterrés ailleurs loin de la mer.

Le village de Lahou Kpanda, menacé par les eaux, en Côte d'Ivoire, le 24 janvier 2019. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)
Le village de Lahou Kpanda, menacé par les eaux, en Côte d'Ivoire, le 24 janvier 2019. (VOA/Georges Ibrahim Tounkara)

Pour le chef de village de Lahou Kpanda, l’Etat doit vite agir pour éviter que tout le village ne disparaisse pas un jour.

Le gouvernement ivoirien semble avoir pris la mesure de la gravité de la situation. Le ministère de l’Environnement a eu une réunion d’urgence avec les autorités de Lahou Kpanda, pour leur annoncer une série de mesures.

Il a àannoncé le démarrage du projet WACCA, un programme lancé en novembre dernier par la Banque mondiale pour répondre aux préoccupations de la Côte d’ivoire, du Bénin, du Togo, du Sénégal de la Mauritanie, de Sao-Tomé-et-Principe dans le cadre de la gestion de leur littoral.

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Beaucoup d'Ivoiriens ne voient pas leurs noms sur la liste des électeurs

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L’opposition ivoirienne dans la rue contre un 3e mandat d’ADO

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Quatre morts dans des violences liées à la candidature d'Alassane Ouattara

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Quatre Ivoiriens morts lors des manifestations contre le 3e mandat de Ouattara

Un homme tient une machette alors que des habitants en colère brûlent des pneus et bloquent la rue pendant des manifestations qui avaient tué au moins six femmes, le 3 mars 2011 à Abobo, un quartier ouvrier de Abidjan. PHOTO AFP / ISSOUF SANOGO (Photo par ISSOUF SANOGO / AFP)

En Côte d'Ivoire, au moins quatre personnes sont mortes mercredi et jeudi dans des violences liées à la candidature controversée à un troisième mandat du président Alassane Ouattara.

L'opposition et des membres de la société civile avaient appelé à manifester jeudi alors que les autorités avaient interdit tout rassemblement pour non-respect "des procédures appropriées".

A Bonoua (Sud-Est), fief de l'ex-première dame Simone Gbagbo, un jeune de 18 ans a été tué lors de heurts avec les forces de l'ordre, a annoncé à l'AFP Jean-Paul Améthier, le maire de la ville.

"Le commissariat de Bonoua a été saccagé par les manifestants en colère", a témoigné Hervé Niamkey, un habitant. La situation était tendue jeudi soir dans cette ville traversée par la voie internationale qui relie Abidjan au Ghana.

Des violences ont fait trois morts mercredi lors de violences à Daoukro, fief de l'ancien président Henri Konan Bédié également candidat à la présidentielle, entre ses partisans et des jeunes favorables au président Ouattara.

"Le calme revient timidement, mais nous déplorons trois morts" a indiqué une source sécuritaire, sous couvert de l'anonymat. Des témoins ont aussi fait état de trois morts.

"Nous avons entamé des pourparlers avec la population pour ramener le calme" a annoncé le maire de la ville, Aubin Djè Koffi.

- "ADO, dégage !" -

D'autres heurts ont eu lieu jeudi entre manifestants et force de l'ordre, notamment dans la capitale économique Abidjan. Ces manifestation ont rassemblé plusieurs centaines de personnes.

"Nous manifestons pour le départ du président Ouattara, parce que sa candidature viole la Constitution. Nous ne voulons pas accepter un troisième mandat", a expliqué Hervé Séka, dans le quartier d'Anono.

Dans le quartier populaire de Yopougon, des affrontements entre policiers et manifestants ont paralysé la circulation.

A Port-Bouet, quartier donnant sur la mer et abritant le port et l'aéroport d'Abidjan, des dizaines de manifestants ont bloqué la voie principale, certains brandissant des pancartes "ADO dégage!" en référence aux initiales du président Alassane Dramane Ouattara.

Dans le quartier chic de Cocody, où résident beaucoup de hauts fonctionnaires et où se trouvent la plupart des ambassades, les forces anti-émeute avaient été déployées en grand nombre. Les policiers y ont interpellé un groupe de femmes chantant l'Abidjanaise (l'hymne national).

La situation restait volatile dans le reste du pays. Des incidents ont notamment eu lieu à San Pedro, deuxième port du pays (sud-Ouest).

Dans la région d'Adzopé (proche d'Abidjan), des femmes vêtues de blanc en signe traditionnel de colère ont envahi la voie principale.

- "On a tous peur" -

Des arbres ont été abattus pour paralyser l'axe routier Abengourou-Agnibilekro, dans l'Est.

Jeudi à Ferkessédougou (nord), fief de Guillaume Soro, ancien allié de Ouattara passé dans l'opposition et aujourd'hui en exil en France, le marché hebdomadaire s'est vidé après des rumeurs sur une marche de protestation.

"Aujourd'hui on a tous peur" , a témoigné Mourlaye Koné, employé d'une société sucrière.

"Ce n'est pas fini. Tant que Guillaume Soro n'est pas rentré au pays nous allons continuer", a promis un partisan de l'ancien chef de la rébellion, visé par plusieurs procédures judiciaires mais qui ambitionne toujours d'être candidat à la présidentielle.

Le président Alassane Ouattara, 78 ans, avait été élu en 2010 face au chef d'Etat sortant, Laurent Gbagbo. Ce dernier avait refusé de reconnaître sa défaite, plongeant le pays dans la crise jusqu'à son arrestation par les forces de son rival, appuyées par les forces française et de l'ONU.

Alassane Ouattara avait été réélu en 2015, puis avait annoncé en mars passer le relais à son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly pour le scrutin d'octobre. Mais celui-ci est décédé le 8 juillet d'un infarctus. Après ce décès, Alassane Ouattara a annoncé le 6 aout qu'il briguerait finalement un troisième mandat.

La Constitution limite à deux les mandats présidentiels, mais opposition et pouvoir sont en désaccord sur l'interprétation de la réforme adoptée en 2016: les partisans de Ouattara affirment qu'elle a remis le compteur des mandats à zéro, ses adversaires jugent anticonstitutionnelle une troisième candidature.

L'ex-président Henri Konan Bédié a dénoncé comme "illégale" la candidature de M. Ouattara, son ancien allié. Agé de 86 ans, il est lui-même le candidat désigné du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), la principale formation d'opposition).

La situation se tend de plus en plus à l'approche du scrutin du 31 octobre, dix ans après la crise née de la présidentielle de 2010, qui avait fait 3.000 morts et vu Alassane Ouattara accéder au pouvoir.

Des manifestations ont encore éclaté à Abidjan et dans ses environs

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