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Présidentielle au Togo: le domicile d'un candidat de l'opposition encerclé après le scrutin

Agbéyomé Kodjo, lors d’un meeting à Agbodrafo, le 20 février 2020. (VOA/Kayi Lawson)

Quelques heures après la fermeture des bureaux de vote au Togo, le domicile du candidat de l'opposition à la présidentielle, Agbéyomé Kodjo, a été encerclé samedi soir par les forces de l'ordre qui assurent vouloir "garantir sa sécurité". 

L'opposant semblait indiquer une certaine avance dans le dépouillement des premiers bulletins de vote à Lomé,

"Nous sommes largement en tête partout (dans l'élection présidentielle), ma maison est entourée de +militaires+", a déclaré à l'AFP M. Kodjo. Une équipe de l'AFP a constaté la présence d'un important dispositif de forces de l'ordre autour des accès à son domicile de Lomé.

Ailleurs dans la capitale togolaise, des barrages militaires se mettaient en place et l'accès à internet était interrompu de manière sporadique.

"Les domiciles de Agbéyomé et de Mgr Kpodzro (ancien archevêque de Lomé, et soutien au candidat de l'opposition) ont été encerclés pour leur propre sécurité", a déclaré à l'AFP Yark Damehame, ministre de la Sécurité.

"Nous avons reçu des informations selon lesquelles il risque d’être agressé dans sa maison par des individus incontrôlés mais je ne peux pas vous dire de quel bord. Il vaut donc mieux jouer sur la prévention", a ajouté le ministre.

Ce dispositif sécuritaire a été mis en place à la fin d'une journée au cours de laquelle les Togolais ont voté dans le calme pour choisir leur président, un scrutin sans incident majeur auquel le président sortant, Faure Gnassingbé, héritier d'une famille au pouvoir depuis plus d'un demi siècle, est en lice pour un quatrième mandat.

Les 9.383 bureaux de vote du pays ont fermé comme convenu à 16 heures (locales et GMT), et ont connu une affluence moyenne, selon des informations recueillies par des journalistes de l'AFP.

Dans de nombreux bureaux de vote de la capitale togolaise, le candidat Agbéyomé Kodjo, ancien Premier ministre, qui a surpris par sa popularité pendant la campagne électorale, enregistrait de nombreuses voix par rapport à ses rivaux, notamment l'opposant historique Jean-Pierre Fabre de l'Alliance nouvelle pour le changement (ANC), ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Les Togolais veulent le changement, ils veulent l'alternance", avait-il déclaré samedi matin en votant à Lomé.

Des électeurs surexcités à Bè, quartier traditionnellement acquis à l'ANC interpellaient les observateurs: "Vous avez vu non, on a donné nos votes à Agbeyome. C'est un vote sanction pour Fabre. On l'a soutenu en 2005, en 2010, en 2015 et il nous a trahi".

- Second tour -

Les résultats officiels sont attendus en début de semaine, selon des sources au sein de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et les six candidats de l'opposition ont d'ores et déjà déclaré qu'ils s'uniraient pour faire bloc contre le président sortant en cas de second tour.

Si aucun des candidats n'obtient la majorité des voix, un second tour doit être organisé quinze jours après la déclaration des résultats et pourrait être préjudiciable pour le pouvoir en place.

Toutefois, l'opposition qui a contesté tous les précédents scrutins de 2005, 2010 et 2015, craint des "fraudes".

L'institution de la société civile Togo Debout a déclaré avoir recensé "des bourrages d'urnes ici et là, à Lomé et à Vogan (sud)".

Des délégués de l'opposition se sont également vus refuser les accès dans certains bureaux de vote, selon la société civile.

Ces incidents s'ajoutent toutefois au retrait d'accréditation de nombreux observateurs de la société civile, ainsi que l'abandon du système de sécurisation électronique des résultats quelques jours avant le vote.

Mais dans l'ensemble, le vote s'est déroulé sans violence, dans le calme et Faure Gnassingbé qui a voté dans son fief, dans le nord du pays, s'est dit "fier" du "déroulement pacifique du processus électoral" de la journée.

Pendant cette campagne, beaucoup de Togolais se sont dits "déçus" par l'opposition traditionnelle après l'échec des manifestations de 2017-2018.

Des dizaines voire des centaines de milliers de personnes étaient descendues dans les rues pour demander la démission de Faure Gnassingbé, arrivé au pouvoir en 2005 après le décès de son père, qui avait lui-même dirigé le pays pendant 38 ans.

Le président peut se targuer d'un bilan économique plutôt positif, avec une croissance stable de 5% mais ses détracteurs dénoncent une gouvernance autoritaire et la corruption de son entourage quand la moitié de la population vit sous le seuil de la grande pauvreté, avec moins d'1,90 dollar par jour.

La France, ex-puissance coloniale, allié traditionnel de la dynastie Gnassingbé et présente au Sahel voisin dans la lutte contre les mouvements jihadistes, est particulièrement sensible à la stabilité du Togo dans une Afrique de l'Ouest en proie à la violence jihadiste.

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L' assemblée togolaise lève l'immunité d'Agbéyomé Kodjo

L' assemblée togolaise lève l'immunité d'Agbéyomé Kodjo
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Le Parlement togolais saisi pour lever l'immunité de l'opposant Kodjo, son domicile encerclé

L'ancien Premier ministre togolais Agbeyomé Kodjo et ex candidat de l'opposition à la présidentielle au Togo, 19 février 2020.

Une commission parlementaire discutait mercredi de la levée de l'immunité parlementaire de l'opposant togolais Agbéyomé Kodjo, arrivé deuxième à la présidentielle du 22 février, sur demande du procureur général qui souhaite le poursuivre pour "atteinte à la sécurité de l'Etat".

Agbéyomé Kodjo, candidat malheureux face à Faure Gnassingbé, réélu pour un 4e mandat, devait être auditionné mercredi par la Commission, mais il n'a pas pu se rendre au rendez-vous, son domicile étant encerclé par les forces de l'ordre, a-t-il fait savoir à la presse. Il y est représenté par un membre de son parti.

Dans un courrier adressé à la présidente de l'Assemblée nationale, le procureur Essolissam Poyodi accuse le député de l'opposition de s'être "auto-proclamé président de la République (...) préalablement à la proclamation des résultats provisoires de la Commission électorale nationale indépendante (Céni)".

Le candidat du Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD) s'est également présenté illégalement comme "prétendu chef de l'Etat et chef suprême des armées", appelant la nation et les forces armées togolaises à se mobiliser contre le pouvoir.

"Ces propos et agissements rentrent dans les prévisions des dispositions pénales et reçoivent les qualifications de troubles aggravés à l'ordre public (...) et d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat", affirme le procureur, qui demande ainsi la levée de son immunité parlementaire afin de pouvoir engager des poursuites pénales contre le député.

Une fois que la commission parlementaire aura rendu ses conclusions, l'Assemblée nationale se réunira en séance plénière à une date encore non déterminée.

"Ils ont volé notre victoire et ils prennent des mesures de couardise pour effrayer les Togolais", a déclaré l'ancien archevêque de Lomé, Mgr Kpodzro, principal soutien de l'opposant.

M. Kodjo a obtenu 19,46% des suffrages exprimés, contre 70,78% pour le président sortant Faure Gnassingbé, selon les résultats définitifs de la Cour constitutionnelle.

Cet ancien Premier ministre et outsider de l'opposition s'était auto-proclamé "président de la République togolaise", quelques heures avant l'annonce des résultats officiels, dénonçant de graves "irrégularités".

Il avait fait un recours en justice, rejeté début mars, par la Cour constitutionnelle qui a validé le scrutin.

M. Gnassingbé, arrivé au pouvoir en 2005 après le décès de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait lui-même dirigé le Togo pendant 38 ans, a été réélu depuis lors de scrutins tous contestés par l'opposition.

Un cas de coronavirus signalé en territoire togolais

La salle de prélevement, à Lomé, Togo, le 12 juillet 2019. (VOA/Kayi Lawson)

Les autorités sanitaires du Togo ont annoncé vendredi le premier cas de coronavirus confirmé dans le pays.

La victime, une Togolaise de 42 ans habitant à Lomé, a séjourné entre le 22 février et le 2 mars au Bénin, en Allemagne, en France et en Turquie.

Elle est rentrée en territoire togolais par voie terrestre via la frontière bénino-togolaise, selon le gouvernement togolais.

C’est suite à des malaises avec des symptômes grippaux que la dame s’est rendue à L’hôpital pour une consultation.

Du côté des autorités, on se veut être rassurant tout en notant la gravité du moment.

Le Premier ministre Komi Sélom klassou a tenu à informer le public par conférence de presse.

« Les prélèvements effectués et analysés au laboratoire national de référence ont révélé un résultat positif. La patiente actuellement mise en isolement au centre de traitement des maladies infectieuses pour une prise en charge adéquaté », a précisé le chef du gouvernement. Et d'ajouter: « A ce jour, son état de santé ne suscite aucune inquiétude majeure ».

Le gouvernement togolais a appelé la population à ne pas céder à la panique, à respecter les règles d’hygiène et à s’en tenir strictement aux mesures de préventions recommandées par l’Organisation mondiale de la santé.

Premier cas de coronavirus en territoire togolais
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Premier cas de coronavirus en territoire togolais

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La cour constitutionnelle a confirmé la victoire du président Faure Gnassingbé

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