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Présidentielle au Togo: un groupe de la société civile perd le droit de déployer des observateurs

Le recensement électoral à Lomé, au Togo, le 1er octobre 2018. (VOA/Kayi Lawson)

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a annulé mercredi l'accréditation accordée à la Concertation nationale de la société civile (CNSC) pour déployer des observateurs lors du scrutin présidentiel du 22 février, l'accusant "d'ingérence" dans le processus électoral.

La CNSC est un regroupement d'une soixantaine d'organisations togolaises, qui avait prévu de déployer quelque 500 observateurs dans l'ensemble du pays.

"Votre association est en train de s'apprêter à mener une activité d'ingérence dans le processus électoral, ce qui est bien contraire à l'objectif pour lequel elle a été accréditée", a écrit le président de la CENI, Tchambakou Ayassor, dans un courrier adressé aux responsables de la CNSC.

"Aussi, nous sommes au regret de vous signifier l'annulation de ladite accréditation qui vous a été délivrée et vous prions de bien vouloir la retourner à la CENI, accompagnée de tous les badges et accréditations individuelles reçus", a-t-il ajouté dans cette lettre, que l'AFP a pu consulter.

Le directeur exécutif de la CNSC, Koffi Délia Kepomey, interrogé par l'AFP, a expliqué que son conseil d'administration se réunirait pour décider de "la conduite à tenir".

Les autorités ont déjà rejeté fin janvier la demande d'accréditation en tant qu'observateur électoral du Conseil épiscopal justice et paix de l'Eglise catholique, invoquant "ses positions partisanes sur la situation politique" au Togo, qui a connu d'importantes manifestations anti-pouvoir depuis 2017.

D'autre part, les candidats de l'opposition se sont tous plaints de ne pas avoir touché la subvention que l'Etat devait leur verser pour mener campagne.

Au total sept candidats sont en lice pour la présidentielle, dont le chef de file historique de l'opposition, Jean-Pierre Fabre, l'ancien Premier ministre, Kodjo Agbéyomé, et le président Faure Gnassingbé, qui briguera un quatrième mandat.

Ce dernier est au pouvoir depuis 2005, après avoir succédé à son père Gnassingbé Eyadéma, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 38 ans. Il a été réélu en 2010 et en 2015 au terme de scrutins contestés.

Policiers et militaires ont voté par anticipation dès mercredi pour la présidentielle, afin de pouvoir assurer le 22 février la sécurité du vote général.

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Les Togolais sont "obligés de sacrifier leurs biens pour accéder à la nourriture"

Des sacs de nourriture distribués par le PAM dans le nord du Togo, le 28 septembre 2007.

Au Togo, en moins d’un an, le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire a été multiplié par 60. De 4.000, elles sont aujourd’hui 250.000 personnes à se retrouver en insécurité alimentaire sévère, suite à la crise socio-économique engendrée par la pandémie de Covid-19.

Le Togo n’est pas à risque de famine. Mais dans le pays, quelques milliers de personnes se retrouvent en insécurité alimentaire sévère.

"Il y a des populations qui sont dans une situation d’insécurité alimentaire sévère qui est due au nombre de repas par jour et à la qualité du repas", souligne Guy Mesmin Adoua, représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) pour le Togo. "Si on prend cette catégorie, où les gens sont obligés de vendre ou de sacrifier leurs biens pour pouvoir accéder à la nourriture, ça représente à peu près 4.000 personnes".

Il poursuit: "S’il y a le moindre choc, ils peuvent passer à la phase d’insécurité alimentaire sévère".

Un choc est venu bouleverser le cours de la situation. Et ce choc a un nom: la crise due à la pandémie de Covid-19.

Environ 3.900 tonnes de vivres

Selon Aboubacar Koisha, directeur adjoint du PAM au Togo, "pour nos distributions locales, il y aura environ 3.900 tonnes de vivres. Et en grande partie, ce sont des céréales. C’est le maïs, le riz, souvent aussi de fonio. Il y a de l’huile végétale vitaminée. Il y a également les légumineuses, à défaut de la viande ou du poisson, qui jouent ce rôle de protéines dans le corps. Et nous distribuons le sel iodé".

En octobre dernier, le PAM a reçu le prix Nobel de la paix pour son engagement contre la faim, à l’amélioration des conditions de paix dans les zones touchées par des conflits et dans la prévention de l’utilisation de la faim comme arme de guerre et de conflit.

Le Togo y a contribué, selon le directeur adjoint du PAM dans le pays: "le port de Lomé joue un grand rôle qu'il permet de transporter, chaque année, environ 100.000 tonnes de vivres vers les pays de l’hinterland, le Burkina Faso, le Mali et le Niger", relève Aboubacar Koisha. Et d'ajouter: "Ce prix Nobel de la paix, c’est pour le PAM certes, mais c’est aussi pour le Togo. Les Togolais doivent savoir qu’ils ont contribué au décernement de ce prix au PAM".

Guy Mesmin Adoua, représentant du PAM pour le Togo à Lomé, 13 novembre 2020. (VOA/Kayi Lawson)
Guy Mesmin Adoua, représentant du PAM pour le Togo à Lomé, 13 novembre 2020. (VOA/Kayi Lawson)

L’année 2021 s’annonce difficile pour l’agence onusienne qui s’occupe de la lutte contre la faim dans le monde. "Nous aurons des famines aux proportions bibliques en 2021", a prévenu le directeur général du PAM.

Dans un rapport conjoint, le PAM et la FAO, l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ont alerté sur le risque de détérioration de l’insécurité alimentaire aiguë dans le monde. Selon le rapport, quatorze pays africains sont en menace de famine.

Environ 250.000 Togolais vivent dans l'insécurité alimentaire
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La maladie Covid-19 aggrave la situation des diabétiques

Enseigne CHR Lomé Commune, centre de prise en charge des personnes atteintes de Covid-19 à Lomé, 8 mai 2020. (VOA/Kayi Lawson)

La co-morbidité entre les maladies non transmissibles et le coronavirus est très importante au Togo, puisque 95% des personnes décédées de la maladie Covid-19 étaient déjà porteuses d’une maladie non transmissible.

Au Togo, 27% des personnes décédées de la maladie Covid-19 souffraient du diabète.

"Sur 60 personnes décédées du Covid-19 au Togo, 27 avaient une hypertension artérielle, 16 portaient un diabète, 8 personnes décédées de la Covid-19 étaient obèses. Trois avaient un AVC, deux portaient une insuffisance rénale chronique et une personne présentait un cancer", a détaillé le Pr Mofou Belo, chef division de la surveillance des maladies non transmissibles au ministère togolais de la santé.

Le diabète est l’un des facteurs qui augmentent le risque de forme sévère et de décès parmi les patients infectés par le coronavirus, a expliqué à VOA Afrique le professeur Jean-Marie Dangou, coordinateur du programme de gestion des maladies non transmissibles à l’OMS Afrique.

"Le diabète fait que si vous êtes infectés par le coronavirus, vous développez des formes graves de Covid. Ce virus va déstabiliser votre diabète et vous développez des complications", a-t-il relevé.

Il poursuit: "ces complications généralement qui arrivent à plus ou moins longue échéance, cette fois-ci à cause du Covid-19, dès que vous êtes infectés dans les jours qui suivent, vous pouvez faire le coma diabétique. Vous pouvez faire une insuffisance rénale aiguë, une défaillance cardio respiratoire aigüe, vous pouvez avoir une défaillance de plusieurs de vos organes en même temps".

L’avènement du coronavirus a bouleversé la vie des diabétiques au Togo, comme le témoigne Augustin Nimon, président de la Coalition contre les maladies non transmissibles au Togo.

"Le Covid-19 a eu un impact très significatif sur les diabétiques. Nous avons, en effet, remarqué qu’il y a eu une rupture de stock de l’insuline dans les pharmacies. Le manque d’insuline a fait que beaucoup ont souffert. Et lorsqu’ils n’arrivent à s’injecter, il apparait des complications. Même les patients diabétiques qui avaient des rendez-vous avec les médecins, ces rendez-vous ont été annulés", a confié M. Nimon.

"Le personnel infirmier et le diabète" est le thème 2020 de la journée mondiale de lutte contre le diabète.

Il s’agit d’impliquer davantage, les infirmiers dans la prévention et le traitement de cette pathologie. Pour les populations africaines -- surtout celle des milieux ruraux qui pratiquent l’agriculture -- la prévention doit être beaucoup plus accentuée sur l’assainissement du mode de vie.

"Si vous marchez 5 kilomètres pour aller au champ et 5 kilomètres pour revenir, en plus de l’activité dans le champ, vous avez déjà une activité physique suffisante pour la journée", a fait remarquer Pr Jean-Marie Dangou. "Evitez l’alcool, le tabac, les sucres, de même. Avoir une alimentation pauvre en graisse. Réduire également la quantité de sel. Parce qu’au-delà du diabète, la consommation de grande quantité de sel donne automatiquement, une hypertension artérielle", a-t-il conseillé.

Selon l’OMS, 18,3 % des décès dus à la maladie Covid-19 sur le continent africain sont liés au diabète. En 2018, 16 millions de diabétiques ont été recensés en Afrique dont 312.000 patients qui ont succombé au cours de la même période.

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