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Le candidat de l'opposition à la présidentielle aux Etats-Unis

Atiku Abubakar, ancien vice-président, lors de la convention nationale de son parti, PDP, à Port Harcourt, dans le sud du Delta du Niger, au Nigeria, le 6 octobre 2018.

Le candidat de l'opposition nigériane est arrivé jeudi soir à Washington pour une tournée officielle en amont de la présidentielle, a annoncé son équipe de campagne, mettant fin aux rumeurs selon lesquelles il ne pouvait se rendre aux Etats-Unis, où il est cité dans une affaire de corruption.

"L'ancien vice-président du Nigeria et le candidat à la présidentielle du Parti Populaire Démocratique (PDP), Atiku Abubakar, est arrivé à Washington", selon un communiqué de ses conseillers en communication.

"Il est accompagné du directeur de campagne et président du Sénat, Bukola Saraki". Ils rentreront au Nigeria samedi.

"Cette visite est officielle et Atiku devrait rencontrer des Nigérians de la diaspora - très nombreux aux Etats Unis et notamment à Washington -, des diplomates ainsi que des membres du caucus noir du Congrès", représentants des élus afro-américains, a indiqué à l'AFP son porte-parole, Adekola Boladale.

Ce déplacement était extrêmement attendu, car les détracteurs du candidat affirmaient qu'Atiku Abubakar ne pouvait obtenir de visa pour les Etats-Unis, ou qu'il ne se rendait pas de peur d'être arrêté.

A la tête d'une richesse estimée à plusieurs centaines de millions de dollars, l'ancien vice-président et homme d'affaires est perçu comme l'un des hommes politiques les plus corrompus du Nigeria et est soupçonné d'avoir usé de sa fonction politique entre 1999 et 2007 pour faire prospérer ses affaires.

"Je mets au défi toute personne, à n'importe quel moment, d'apporter une quelconque preuve de corruption contre ma personne", clame le candidat du PDP, qui n'a jamais été visé personnellement par la justice nigériane.

Aux Etats-Unis pourtant, une enquête du Sénat cite son nom dans une affaire de blanchiment d'argent. Entre 2000 et 2008, sa quatrième épouse, de nationalité américaine, aurait "aidé son mari à rapatrier plus de 40 millions de dollars de fonds suspects aux Etats-Unis via des comptes off-shore", peut-on lire dans un rapport de 2010.

Le couple est accusé également d'avoir reçu plus de 2 millions de dollars de commission pour un contrat passé avec la multinationale Siemens, qui a depuis plaidé coupable dans cette affaire.

"Je vais surprendre tout le monde en combattant la corruption mieux que jamais", a-t-il promis dans un communiqué publié en début de semaine.

La lutte contre la corruption est au coeur de cette campagne présidentielle, en amont du scrutin prévu le 16 février prochain.

Atiku Abubakar affrontera le président sortant Muhammadu Buhari, de réputation stricte et austère, qui s'était engagé en 2015 à éliminer "ce cancer" qui gangrène le premier producteur de pétrole du continent africain.

Sa lutte contre la corruption est toutefois contestée, et a été perçue davantage comme une "chasse aux sorcières" pour museler l'opposition.

Avec AFP

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Trois mille déplacés de Boko Haram reconduits chez eux malgré la tuerie du weekend

Des femmes marchent dans le camp de déplacés d'El-Miskin à Maiduguri au Nigeria le 20 août 2020.

Les évacuations massives des camps des personnes déplacées par le conflit contre Boko Haram se poursuivaient lundi malgré la terrible tuerie du week-end dans le nord-est du Nigeria, "la plus violente de l'année" contre des civils selon l'ONU. 

Boko Haram et sa branche dissidente, le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), continuent de semer la terreur dans le nord-est du Nigeria. Des civils y ont été "froidement tués" samedi alors qu'ils travaillaient dans une rizière, selon les Nations unies. L'ONU avait avancé dimanche un bilan de 110 morts, mais est revenue lundi sur ce nombre, confirmant à ce stade "plusieurs dizaines" de morts, dans un nouveau communiqué.

Le gouverneur de l'Etat de Borno, qui a assisté aux obsèques, a fait savoir de son côté que "plus de 70 personnes" avaient péri et que la localité, à une vingtaine de kilomètres de Maiduguri, la capitale de l'Etat, comptait encore de nombreux disparus.

C'est dans ce contexte que 500 familles, soit environ 3.000 personnes, ont été conduites en bus de Maiduguri, où elles s'étaient réfugiés, il y a six ans pour la plupart, jusqu'à Marte, à 130 kilomètres de là, d'où elles sont originaires.

"Conformément aux directives données par le gouverneur Babagana Zulum concernant l'évacuation des déplacés dans leur communauté désormais sécurisée, nous procédons à la première phase de relogement vers Marte", a fait savoir l'Agence nationale de gestion des urgences (NEMA) dans un communiqué.

Environ 2 millions de personnes ont dû fuir leur domicile depuis le début du conflit en 2009, qui a fait plus de 36.000 morts.

Le gouverneur du Borno s'est engagé à reloger les déplacés du conflit chez eux malgré les menaces sécuritaires, affirmant qu'il n'est plus possible financièrement de les prendre en charge dans des camps protégés par l'armée et où ils vivent de distributions alimentaires.

Les déplacés étaient pour la plupart satisfaits de rentrer chez eux, selon les témoignages recueillis par l'AFP, mais la tuerie de samedi inquiète.

"Nous devons retourner chez nous et retrouver nos fermes et nos terres, mais nous espérons que le gouvernement va nous protéger des rebelles", a déclaré à l'AFP Bukar Kyarimi, l'un des déplacés.

Marte, considérée comme le grenier à blé du nord-est du Nigeria et située près des rives du lac Tchad, est particulièrement stratégique alors que les autorités et les Nations Unies s'inquiètent d'une grave crise alimentaire.

Mais cette région est également proche des territoires contrôlés par l'Iswap.

Les agriculteurs, pêcheurs ou bûcherons sont régulièrement pris pour cible par les jihadistes, qui les accusent de transmettre des informations à l'armée ou de ne pas leur payer les taxes qu'ils leur imposent pour exercer une activité économique et agricole.

Au moins 43 personnes tuées près de Maiduguri

Au moins 43 personnes tuées près de Maiduguri
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Enterrement des 43 fermiers tués dans l'État nigérian de Borno

Enterrement de masse à Zabarmari, dans la zone du gouvernement local de Jere, dans l'État de Borno, au nord-est du Nigeria, le 29 novembre 2020.

Les populations de l'État de Borno, au nord-est du Nigeria, ont enterré dimanche 43 fermiers tués lors d'une attaque perpétrée la veille par de militants islamistes présumés.

Les forces de sécurité recherchent encore des dizaines d’autres personnes, portées disparues.

Environ 30 des hommes tués ont également été décapités lors de l'attaque, qui a débuté samedi matin dans le village de Zabarmari, dans le nord-est de l'État de Borno. Les habitants ont déclaré que l'on craignait la mort de 70 personnes au total.

Bien qu'aucun groupe n'ait revendiqué cette attaque, de tels massacres ont été perpétrés dans le passé par Boko Haram ou par l'État islamique de la province d'Afrique de l'Ouest. Ils sont tous deux actifs dans la région, où les militants islamistes ont tué au moins 30 000 personnes au cours de la dernière décennie.

Le président nigérian Muhammadu Buhari a condamné ces meurtres et a déclaré que "le pays tout entier est blessé".

À Zabarmari, des dizaines de personnes en deuil ont entouré les corps, qui ont été enveloppés dans des linceuls blancs et placés sur des palettes en bois, tandis que des religieux menaient les prières pour les défunts.

Un habitant du village et l’ONG Amnesty International ont déclaré que dix femmes figuraient parmi les disparus.

Le gouverneur de l'État de Borno, Babagana Zulum, s'exprimant lors des funérailles, a appelé le gouvernement fédéral à recruter davantage de soldats, de membres de la Force opérationnelle interarmées civile et de combattants de la défense civile pour protéger les agriculteurs de la région.

Il a décrit les choix désespérés auxquels les gens sont confrontés. "D'un côté, ils restent chez eux, ils peuvent être tués par la faim et la famine, de l'autre, ils vont sur leurs terres agricoles et risquent de se faire tuer par les insurgés", a-t-il déploré.

Les prix des denrées alimentaires au Nigeria ont augmenté de façon spectaculaire au cours de l'année dernière, en raison des inondations, de la fermeture des frontières et de l'insécurité dans certaines zones de production agricole.

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Des activistes demandent un registre des délinquants sexuels dans les 36 États nigérians

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