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États-Unis

Près de 700 prêtres accusés d'actes pédophiles dans l'Illinois ces dernières décennies

Célébration de la messe dans une église catholique.

L'ampleur du scandale des prêtres pédophiles ne cesse de croître aux Etats-Unis, où la justice a révélé mercredi que près de 700 membres du clergé de l'Illinois avaient été accusés, sur plusieurs décennies, d'agression sur mineur.

La procureure de l'Illinois, Lisa Madigan, avait lancé une enquête en août dans cet Etat industriel du nord du pays, après la publication d'un rapport sur l'Eglise de Pennsylvanie qui avait suscité une onde de choc aux Etats-Unis.

Depuis, ses services ont épluché les archives des six diocèses de l'Etat et leurs conclusions préliminaires sont tout aussi accablantes.

Les diocèses de l'Illinois ont rendu publics les noms de 185 prêtres visés par des accusations sérieuses, mais ils avaient été avisés "d'accusations contre au moins 500 prêtres supplémentaires", écrit Lisa Madigan dans un rapport d'étape.

La plupart des cas n'ont pas fait l'objet d'enquêtes appropriées, ou n'en ont pas du tout fait l'objet, ajoute-t-elle, en regrettant que la justice n'ait pas été saisie.

"L'Eglise catholique n'est pas capable de faire sa police elle-même", en conclut Mme Madigan dans un communiqué au ton sévère pour l'institution religieuse.

- "A la pointe" -

Le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago, a immédiatement fait acte de contrition dans un communiqué publié sur le site du diocèse.

"Je tiens à redire les regrets profonds de toute l'Eglise pour notre échec à répondre au scandale des prêtres pédophiles", a-t-il écrit, en évoquant "la douleur inimaginable" des victimes.

Il a toutefois souligné que "la grande majorité des agressions avaient eu lieu il y a plusieurs décennies" et que son prédécesseur avait mis en place dès 1991 un "ensemble de procédures strictes pour protéger les jeunes des prédateurs".

L'archidiocèse s'est également vanté d'être "à la pointe de la réponse au scandale des abus sexuel dans l'Eglise depuis près de trois décennies".

A en croire, le rapport de Mme Madigan, les diocèses de l'Illinois ont pourtant "manqué de considération pour les victimes" et de "transparence".

Et, assène-t-elle, "les accusations d'agression sexuelle sur mineur, même si elles remontent à de longues années, ne peuvent pas être considérées comme une question interne".

- Plus de 200 jésuites -

L'Eglise catholique américaine a été ébranlée par une série d'articles du Boston Globe en 2002 sur les abus commis par le clergé dans cette ville de l'est. Ces révélations, popularisées dans le film Spotlight, ont libéré la parole des victimes dans tout le pays.

Depuis, de nombreux prêtres ont été exclus du clergé et poursuivis en justice. L'Eglise a aussi versé des sommes importantes pour dédommager les victimes.

Cet été, les services du procureur de Pennsylvanie ont porté un nouveau coup dur à l'Eglise, en détaillant les abus perpétrés par plus de 300 prêtres prédateurs sur un millier d'enfants au cours de plusieurs décennies.

Dans la foulée, l'archevêque de Washington, le cardinal Donald Wuerl, accusé d'avoir contribué à étouffer le scandale, a été contraint de démissionner. Des diocèses ont commencé à publier des listes noires et une dizaine d'Etats ont initié des investigations pour mettre au jour les abus.

L'ordre des jésuites, qui gère de nombreux établissement scolaires aux Etats-Unis, s'est joint à cet effort de transparence en publiant depuis début décembre les noms de plus de 200 prêtres "visés par des accusations crédibles" depuis les années 50.

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Maison Blanche: Joe Biden défend sa pole position aux primaires

Le Vice-président sortant Joe Biden parle de l’expérience d’Hillary lors de la troisième journée de la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet, 2016. (AP Photo / J. Scott Applewhite)

A huit mois du début des primaires démocrates pour la Maison Blanche, l'ancien vice-président Joe Biden organise un grand meeting en Pennsylvanie pour consolider son avance sur ses nombreux rivaux, jouant la carte de la modération centriste face à l'aile gauche de la famille démocrate.

Depuis son entrée en course avec un message de défiance envers le président républicain Donald Trump, le 25 avril, l'ex-bras droit de Barack Obama a largement creusé l'écart face à la grosse vingtaine d'autres candidats démocrates.

Après un premier acte public plutôt discret, devant quelques centaines de syndicalistes à Pittsburgh, le centriste a choisi de marquer le début de sa campagne avec un événement plus grand à Philadelphie, où il a installé son QG de campagne.

Symbole du combat à venir? Il a choisi un emplacement tout près des marches du musée où le boxeur du film "Rocky" s'entraînait.

Son coeur d'électorat est les ouvriers et les démocrates modérés, alors que l'aile gauche du parti se fragmente entre de nombreux candidats comme Bernie Sanders et Elizabeth Warren.

"Certains disent que les démocrates ne veulent pas entendre parler d'unité, qu'ils sont en colère, et que plus ils seront en colère, mieux ce sera. C'est ce qu'ils disent qu'il faut faire pour gagner l'investiture démocrate", va dire Joe Biden dans son discours, selon des extraits diffusés par son équipe avant le meeting. "Je n'y crois pas. Les démocrates veulent rassembler ce pays".

"Si les Américains veulent un président qui accentue les divisions, qui dirige d'un poing serré, d'une main fermée et d'un coeur de pierre, qui diabolise ses adversaires et vomit de la haine, alors ils n'ont pas besoin de moi. Ils ont déjà un président qui le fait".

Au-delà des primaires, le choix de la Pennsylvanie est stratégique: l'Etat a basculé dans le camp républicain à la présidentielle de 2016. Toute reconquête devra passer par là.

- Champ fragmenté -

Ce qui compte pour les démocrates "en ce moment, c'est de (...) parier sur un nom connu, capable de battre Donald Trump", analyse Lara Brown, politologue à l'université George Washington.

L'entrée en lice de Joe Biden a coïncidé avec le plongeon du sénateur indépendant Bernie Sanders, bien plus à gauche.

Joe Biden a l'avantage de suivre une voie centriste "dans un champ aussi fragmenté" avec 23 candidats dont de nombreux progressistes, observe Robert Boatright, professeur à l'université Clark.

Mais à 76 ans, après huit ans passés aux côtés du démocrate Barack Obama et plus de 35 au Sénat, Joe Biden pourrait avoir du mal à incarner le changement dont ont aussi soif de nombreux démocrates.

Donald Trump s'est d'ailleurs engouffré dans cette brèche en l'affublant du sobriquet "Joe-Dodo" ("Sleepy Joe").

Le président républicain l'appelle aussi "Le Vicieux", en référence aux femmes qui ont dénoncé les gestes d'affection trop marqués, selon elles, de M. Biden.

Juste avant d'annoncer sa candidature, le candidat avait promis de faire plus attention. Et depuis son entrée en campagne, il évite soigneusement les gaffes. "Mais voyons ce qu'il se passera quand il devra répondre à des questions qui n'ont pas été pré-approuvées", met en garde Lara Brown.

- Cible de la gauche du parti -

Joe Biden devra aussi défendre plusieurs épisodes controversés jalonnant sa carrière, comme son soutien à une loi anticriminalité qui a durement frappé les Noirs.

Déjà candidat malheureux par deux fois à la primaire démocrate, pour les présidentielles de 1988 et 2008, il avait été pris en flagrant délit de plagiat dans ses discours lors de sa première tentative.

Son statut de favori en fait aussi la cible de la gauche du parti.

La candidate à la Maison Blanche Elizabeth Warren l'a accusé d'être du côté des sociétés de cartes de crédit, à cause d'une loi qu'il avait soutenue au Sénat. Et la jeune élue socialiste du Congrès Alexandria Ocasio-Cortez l'a accusé, à mots à peine voilés, d'envisager des mesures trop molles pour lutter contre le changement climatique.

Kamala Harris, sénatrice californienne et autre candidate à l'investiture, a récemment ironisé sur son aîné, lançant: "Joe Biden ferait un excellent colistier (...). Il a prouvé qu'il connaissait bien le travail de vice-président".

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